LES ASTRONEWS de planetastronomy.com:
Mise à jour : 10 Octobre 2011  
 
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Astrophysique/cosmologie ; Spécial Mars ; Terre/Lune ; Système solaire ; Astronautique/conq spatiale ; 3D/divers ; Histoire astro /Instruments ; Observations ; Soleil ; Étoiles/Galaxies ; Livres/Magazines ; Jeunes /Scolaires
 
Sommaire de ce numéro :  
L’Astronomie en Angleterre : Compte Rendu du voyage d’étude de la SAF. (10/10/2011)
Quoi, des neutrinos plus rapides que la lumière : Ils sont fous ces Helvètes ! (10/10/2011)
Le Nobel de Physique : Consacre l’accélération de l’expansion de l’Univers. (10/10/2011)
Le boson de Higgs : Lourd ou léger ? (10/10/2011)
Le boson de Higgs : Il expliquerait la taille de l’Univers ! (10/10/2011)
ALMA : Il ouvre ses yeux ! (10/10/2011)
HARPS : 50 nouvelles exoplanètes ! (10/10/2011)
Dawn : Une nouvelle vidéo du survol de Vesta. (10/10/2011)
Curiosity :.Encore Gale Crater. (10/10/2011)
Hubble: Que de bulles! (10/10/2011)
Herschel :.Une nouvelle histoire de l’évolution des galaxies. (10/10/2011)
Vu d'en haut :.Voir Venise et…… apprécier ! (10/10/2011)
Les Mathématiques de l'Astronomie :.Partie 31 : 83 Prix Nobel à Cambridge. (10/10/2011)
Les rovers martiens.:.Opportunity, proche d’une découverte ? (10/10/2011)
Livre conseillé :.Histoire de l’Heure en France chez Vuibert. (10/10/2011)
Les magazines conseillés :..La Recherche spécial sur la Théorie du tout. (10/10/2011)
Les magazines conseillés : Pour la Science Octobre sur Gallois. (10/10/2011)
 
 
 
QUOI ! DES NEUTRINOS PLUS RAPIDES QUE LA LUMIÈRE ?: ILS SONT FOUS CES HELVÈTES ! (10/10/2011)
 
Ah, mes amis que d’émoi dans la communauté scientifique à propos de ces neutrinos helvètes qui auraient atteint les détecteurs romains en moins de temps qu’il n’en faudrait à la lumière pour parcourir la même distance.
 
(d’après Uderzo)
 
 
 
Résumons les faits :
 
 
Les protons du CERN sont accélérés par le SPS et envoyés sur des cibles, ils produisent de nouvelles particules qui se désintègrent en neutrinos notamment. Ces particules sont ultra légères et interagissent très peu avec la matière.
 
Les détecteurs du Gran Sasso en Italie à 732km de là (en ligne directe) sont capables de détecter ces particules, c’est l’expérience OPERA (Oscillation Project with Emulsion-tRacking Apparatus).
 
Voilà les données posées ; cela paraît simple.
 
 
 
 
Seulement, un jour quelqu’un a pensé mesurer le temps parcouru par ces neutrinos de Suisse en Italie.
C’est Dario Autiero, physicien du CNRS à l'Institut de physique nucléaire de Lyon et son équipe.
 
Évidemment, le problème crucial est la synchronisation des horloges entre les deux pays ; ce n’est pas une mince affaire.
 
 
 
Il faut en effet être certain de la synchronisation du temps, ceci est fait par des horloges atomiques au Cs, synchronisées par GPS.
 
Illustration : CERN synchro des horloges.
 
La précision de ces mesures étant de l’ordre de quelques 10ns !
 
La mesure du temps de parcours des neutrinos (on en a mesuré 15.000 sur les milliards de milliards émis) s’est avérée plus courte que prévu, 60 ns secondes plus courtes sur un total de 2,4ms (soit 2 400 000ns !) soit 20m d’avance sur les 732.000m (mesuré avec 0,2m de précision).
 
Cette opération aurait été répétée plusieurs fois sur plusieurs années, ce qui a conduit à la publication de l’article perturbant.
 
 
 
 
 
Alors, erreurs de mesure ? Limite de la relativité D’Einstein ?
 
Si cela se confirme, une petite révolution est en marche. Serait-ce compatible avec le RG d’Einstein ? certains disent oui en prétendant qu’Einstein ne dit pas que rien ne se déplace plus vite que la lumière, mais que les photons se déplacent à cette vitesse dans le vide.
Par exemple l’effet Cerenkov.
 
Bref il faudra confirmer ces expériences par d’autres laboratoires.
 
La communauté scientifique pense que la conclusion est fausse, que les résultats auraient été mal interprétés et qu’il faut refaire l’expérience. Il est très difficile de mettre Albert en défaut, jusqu’à présent on avait toujours échoué.
 
 
 
 
POUR ALLER PLUS LOIN :
 
L’expérience OPERA annonce une anomalie dans le temps de vol des neutrinos allant du CERN au Gran Sasso
 
Le CERN émet un faisceau de neutrinos en direction du Gran Sasso
 
Particles break light-speed limit de Nature News.
 
Ce ne sont pas les neutrinos qui vont trop vite, ce sont les médias, interview de JM Levy-Leblond, à lire absolument.
 
CNGS – CERN neutrinos to Gran Sasso
 
Des neutrinos plus rapides que la lumière ? article de Libération.
 
La revanche d'Einstein, article du Point.
 
Des neutrinos plus rapides que la lumière ? article de Pour la Science.
 
Relativité: Einstein contredit par des chercheurs du CNRS, très intéressant article du Figaro.
 
Les neutrinos : des particules qui se déplacent plus vite que la lumière article du portail de la science.
 
Le site OPERA.
 
Elementary, my dear neutrino…un blog sur cette expérience.
 
Astronomy Without A Telescope – FTL (Faster Than Light) Neutrinos (Or Not) de nos amis de Universe Today.
 
Those faster-than-light neutrinos. Four things to think about, article du Guardian, sceptique au sujet de cette expérience.
 
Neutrinos superluminiques: des résultats "à prendre avec des pincettes", commentaire du  physicien Yves Sacquin, du CEA.
 
 
 
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LE NOBEL DE PHYSIQUE : CONSACRE L’ACCÉLÉRATION DE L’EXPANSION DE L’UNIVERS. (10/10/2011)
 
 
Cette année 2011, le prix Nobel de Physique a récompensé trois célèbres astrophysiciens qui ont mis en évidence l’accélération de l’expansion de l’Univers.
Les premiers résultats publiés datent de ….1998 ; ces scientifiques sont :
·        L’Américain Saul Perlmutter, du Lawrence Berkeley National Laboratory,
·        L’Américain Adam Riess de Johns Hopkins University,
·        L’Américano-Australien Brian Schmidt de l’Australian National University
 
 
L’astrophysicien Saul Perlmutterà Berkeley.
(photo :Berkeley ?).
 
Ces physiciens ont découvert cette accélération en étudiant la position des Super Nova Ia, ces chandelles standard (ces explosions d'étoiles massives dont on connaît parfaitement la luminosité et qui servent à mesurer les distances dans l'univers) qui jalonnent l’Univers.
Les plus lointaines n’étaient pas à leur place, elles semblaient plus loin que prévu ; en fait c’est l’Univers qui s’accélérait.
Tout ceci a mené aussi à l’introduction de l’énergie sombre, qui entraînerait cette accélération de l’expansion.
 
 
 
Il est a noté que ces travaux avaient pour but à l’origine, au contraire de montrer et de calculer la décélération de l’Univers due à l’action de la gravité !
 
Bravo encore à nos trois cosmologistes !
 
POUR ALLER PLUS LOIN :
 
Article de Libération.
 
Article du Figaro.
 
Nobel Dreams: 2011 Physics Prize Honors Accelerating Universe, article de Scientific American.
 
Article de la BBC sur le sujet.
 
Physics Nobel Explainer: Why Is Expanding Universe Accelerating?, article de National Geographic.
 
 
 
 
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LE BOSON DE HIGGS : LOURD OU LÉGER ? (10/10/2011)
 
 
Nos amis de Techno-Science viennent de publier un article sur le boson de Higgs (Merci à JCC de Suisse de me l’avoir signalé) dont je reprends les points importants :
 
Cette particule mystère, quand on la trouvera sera-t-elle lourde ou légère ?
Pour Ignatios Antoniadis, du groupe Théorie du CERN, la réponse est: un Higgs léger, mais quelles en seraient les conséquences ?
 
"Les données expérimentales recueillies jusqu'à présent par les expériences tendent à confirmer ce que nous attendions en nous fondant sur le Modèle standard, explique Ignatios Antoniadis. Plusieurs paramètres qui, d'après la théorie, sont étroitement liés au boson de Higgs ont maintenant été mesurés avec une précision très élevée. Dans tous les graphiques, nous voyons que la meilleure adéquation est obtenue si l'on suppose un Higgs de masse faible. En d'autres termes, tout ce que nous savons à ce jour semble être parfaitement compatible avec l'existence d'une telle particule."
 
Les expériences en cours au CERN et dont nous avons rapportées ici les conclusions lors des récents congrès de Grenoble  et de Bombay, nous montrent que l’année 2012 va être cruciale, tout le monde espère que le voile sera enfin levé.
 
Il faudra encore attendre pour savoir si les particules super symétriques existent ou pas.
 
La Super Symétrie, est une nouvelle approche qui tente d’unifier les interactions, les particules fondamentales et l’espace-temps.
Il s’agit, entre autres, d’unifier par symétrie les fermions et les bosons (les fermions pouvant être des bosons miroirs et réciproquement) et donc d’imaginer des nouvelles particules à découvrir.
Cela doublerait bien sûr le nombre de particules "élémentaires".
Cette nouvelle symétrie étend alors la symétrie de l’espace à l’espace-temps avec des mathématiques complexes et inclut en partie la gravitation.
 
D’après l’auteur, un Higgs léger est compatible avec la super symétrie.
Par contre si on ne trouve pas de particules supersymétriques, il faudrait certainement rajouter des dimensions à l’espace.
 
Cela serait peut être même compatible avec les expériences récentes sur les neutrinos supraluminiques, d’après I. Antoniadis.
 
 
Bref attendons avec impatience les années qui viennent, pleines de promesses !
 
 
POUR ALLER PLUS LOIN :
 
John Ellis: le boson de Higgs et les dimensions supplémentaires
 
Super symétrie et défauts topologiques conférence IAP.
 
Brisure de symétrie par Hyperphysics (en anglais)
 
 
 
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LE BOSON DE HIGGS : IL EXPLIQUERAIT LA TAILLE DE L’UNIVERS ! (10/10/2011)
 
Le boson de Higgs dont on parle beaucoup en ce moment, jouerait-il un rôle aussi en cosmologie ?
 
C’est ce que semblent penser les scientifiques de l’École polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL) ; il expliquerait le début de l’Univers.
 
 
 
Afin de rendre compte de l’extrême homogénéité actuelle de l’Univers, on pense qu’il aurait subi à ses débuts une phase d’inflation énorme, le faisant grandir d’un facteur approximatif de 1026 en un temps extrêmement court.
Mais la justification théorique de ce phénomène est difficile à établir, en effet l’énorme densité initiale de l’Univers n’a pas freiné cette inflation énorme, pourquoi ?
C’est là que nos physiciens font introduire le boson de Higgs ; selon Mikhail Shaposhnikov et son équipe du Laboratoire de physique des particules et de cosmologie ; le Higgs aurait « changé les lois de la physique » en rendant la gravitation plus faible, autorisant ainsi cette inflation exponentielle.
Ce phénomène aurait donné naissance à une nouvelle particule sans masse baptisée « dilaton ».
Illustration : EPFL.
 
 
 
Cette nouvelle particule rendrait-elle compte de l’énergie sombre, cette énergie répulsive qui fait s’accélérer l’expansion ?
 
Le satellite Planck aura peut être la réponse.
Il faudra attendre 2013 !
 
 
 
Higgs-Dilaton Cosmology: From the Early to the Late Universe, article à l’origine de ce sujet. (très théorique, aspirine nécessaire pour tout comprendre!
 
Could the Higgs boson explain the size of the Universe
 
 
 
 
 
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ALMA : IL OUVRE SES YEUX. (10/10/2011)
 
 
L’ESO est heureux de nous communiquer sur la première « lumière » du télescope millimétrique et submillimétrique de nouvelle génération :
Extraits :
 
L’observatoire astronomique au sol le plus complexe de l’humanité, le Grand Réseau d’antennes en Millimétrique et submillimétrique de l’Atacama (ALMA - Atacama Large Millimeter/submillimeter Array), a officiellement ouvert ses portes aux astronomes. La première image publiée, obtenue avec un télescope encore en construction, dévoile une vision de l'Univers totalement invisible avec les télescopes en lumière visible et infrarouge.
Des milliers de scientifiques du monde entier ont concouru pour être parmi les premiers chercheurs à explorer certains des secrets les plus sombres, les plus froids, les plus lointains, les plus cachés de l'Univers avec ce nouvel outil astronomique.
 
Dans la configuration actuelle, environ un tiers des 66 antennes prévues pouvant être séparées de seulement 125 mètres, au lieu des 16 km maximum de la configuration finale, constitue ce réseau en plein développement sur le plateau de Chajnantor dans le nord du Chili, à une altitude de 5000 mètres.
Et bien que toujours en construction, ALMA est déjà le meilleur télescope de ce type - comme en témoigne le nombre extraordinaire d'astronomes qui a demandé du temps d'observation avec ALMA.
« Même dans cette phase très précoce ALMA dépasse déjà tous les autres réseaux submillimétriques. En atteignant cette étape clef nous rendons hommage aux efforts impressionnants de nombreux scientifiques et ingénieurs des partenaires du monde entier d’ALMA, qui ont permis d’en arriver là », a déclaré Tim de Zeeuw, Directeur Général de l'ESO, le partenaire européen d'ALMA.
ALMA observe l'Univers dans les longueurs d'onde millimétrique et submillimétrique, soit des longueurs d’onde environ un millier de fois plus grandes que la lumière visible.
L’observation à ces plus grandes longueurs d'onde permet aux astronomes d'étudier des objets extrêmement froids dans l'espace - comme les nuages denses de poussière cosmique et de gaz à partir desquels se forment les étoiles et les planètes - ainsi que des objets très éloignés de l'Univers primordial.
 
ALMA est radicalement différent des télescopes opérant en lumière visible et infrarouge. C’est un réseau d'antennes interconnectées agissant comme un télescope géant unique, et il détecte les longueurs d'onde beaucoup plus longues que celles de la lumière visible. Les images produites sont donc très différentes des images plus familières de l'Univers.
 
Ces derniers mois, l’équipe d’ALMA s’est concentrée sur les tests des systèmes de cet observatoire en prévision de la première série d’observations scientifiques que l’on appelle en anglais « Early Science ». Un des résultats de leurs tests est la première image d’ALMA publiée bien que ce télescope soit encore en plein développement.
La plupart des observations utilisées pour réaliser cette image des galaxies des Antennes ont été réalisées en utilisant seulement douze antennes fonctionnant ensemble (bien moins que ce qui sera utilisé pour les premières observations scientifiques) qui étaient de plus bien plus proches les unes des autres qu’elles ne le seront par la suite. 
 
 
La galaxie des Antennes, est une paire de galaxies spirales située à 70 millions d’années lumière en interaction entre elles.
Cette vue combine une vue dans le visible de Hubble (l’image la plus nette) avec les relevés ALMA à différentes longueurs d’onde.
Code couleurs :
Bleu: visible Hubble (étoiles qui viennent de naître).
Infra rouge de 814nm aussi Hubble représenté en vert clair.
ALMA en vert, jaune et orange (870 micron), en rouge et violet (2,6mm).
Image faite à partir de 12 antennes de Alma et de Hubble.
Crédit: ALMA (ESO/NAOJ/NRAO). Visible light image: the NASA/ESA Hubble Space Telescope
(image Alma seule)
 
 
 
 
En considérant ces deux données, cette nouvelle image n’est qu’un avant-goût de ce que permettra ce télescope.  Avec l’augmentation du nombre d’antennes et l’agrandissement de la taille du réseau, la netteté, l’efficacité et la qualité de ses observations augmenteront considérablement.
Les galaxies des Antennes sont en fait deux galaxies extrêmement déformées qui sont en collision.
Alors que les observations en lumière visible nous révèlent les étoiles de ces galaxies, ALMA nous dévoile quelque chose qui ne peut être vu en lumière visible : les nuages de gaz froid très denses à partir desquels les nouvelles étoiles se forment.
Cette image des galaxies des Antennes est la meilleure jamais réalisée dans les longueurs d’ondes submillimétriques.
 
Des concentrations massives de gaz sont visibles non seulement au cœur des deux galaxies, mais également dans la région plus chaotique où elles sont en collision. Ici, la quantité totale de gaz correspond à des milliards de fois la masse de notre Soleil – un riche réservoir de matière pour les futures générations d’étoiles.
 
De telles observations ouvrent une nouvelle fenêtre sur l’Univers dans le domaine submillimétrique et seront d’un apport considérable pour nous aider à comprendre comment les collisions de galaxies peuvent déclencher la naissance de nouvelles étoiles. Ce n’est toutefois qu’un exemple  de la manière dont ALMA dévoile des parties de l’Univers que l’on ne peut pas voir avec les télescopes observant dans la lumière visible et l’infrarouge.
 
Pour les neuf premiers mois de cette phase préliminaire d’observations scientifiques (la phase dite « Early science »), ALMA ne peut accepter qu’une centaine de projets environ. Néanmoins, au cours des derniers mois, les astronomes chevronnés du monde entier ont déposé plus de 900 projets d’observations. Ce niveau de demande, neuf fois supérieur aux possibilités, est un record pour un télescope. Les projets retenus ont été choisis sur la base de leur qualité scientifique, de leur pays d'origine et également en fonction de leur pertinence par rapport aux objectifs scientifiques majeurs d’ALMA.
 « Nous sommes en train de vivre un moment historique pour la science et plus particulièrement pour l’astronomie, et peut être aussi pour l’évolution de l’humanité, car nous commençons à utiliser le plus grand observatoire en construction actuellement » a déclaré Thijs de Graauw, directeur d’ALMA.
………..
Au cours des observations scientifiques préliminaires, ALMA continuera sa phase de construction dans les Andes Chiliennes, haut sur la lointaine plaine de Chajnantor dans le rude désert d’Atacama. Chaque nouvelle antenne, conditionnée pour résister au climat, rejoindra le réseau et y sera connectée par un câblage en fibre optique. Les signaux provenant de chacune des antennes éloignées sont rassemblées en une seule grande image par l’un des super ordinateurs les plus rapides au monde spécialement conçu, le corrélateur d’ALMA qui peut effectuer 17 quadrillions d’opérations par secondes (.1.7x1016 opérations par seconde).
 
D’ici 2013, ALMA sera un réseau de 66 antennes radio millimétriques et submillimétriques ultraprécises fonctionnant ensemble comme un seul télescope pouvant s’étendre jusqu’à 16 Km.
Il est construit par les partenaires internationaux d’ALMA en Europe, en Amérique du Nord et dans l’Asie de l’Est.
 
 
Les vidéos correspondantes.
 
 
Pour plus de détails sur l’interférométrie en radioastronomie.
 
 
 
 
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HARPS : 50 NOUVELLES EXOPLANÈTES. (10/10/2011)
 
 
La plus grande moisson d’exoplanètes jamais réalisée incluant 16 nouvelles super-terres.
 
Voici ce qu’en dit l’ESO :
 
Une équipe d’astronomes observant avec HARPS, l’instrument de l’ESO leader mondial des « chasseurs de planètes », annonce aujourd’hui une moisson riche de plus de 50 nouvelles exoplanètes, incluant 16 super-Terres, dont l'une est en orbite à la lisière de la zone habitable de son étoile.
 
En étudiant les propriétés de toutes les planètes découvertes avec HARPS jusqu'à présent, l'équipe à mis en évidence qu'environ 40% des étoiles semblables au Soleil ont au moins une planète plus légère que Saturne.
 
Le spectrographe HARPS du télescope de 3,6 mètres à l'Observatoire de l'ESO à La Silla au Chili est le découvreur de planète qui a le plus de succès au monde 
 
HARPS mesure la vitesse radiale d'une étoile avec une précision extraordinaire. Une planète en orbite autour d'une étoile entraîne des mouvements réguliers et périodiques de celle-ci qui s’approche et s’éloigne d'un observateur situé sur Terre. A cause de l'effet Doppler, ce changement de vitesse radiale induit un décalage du spectre de l'étoile vers des longueurs d'onde plus grandes (appelé redshift en anglais) lors de l’éloignement et un décalage vers le bleu (vers les courtes longueurs d'onde, appelé blueshift en anglais) lors de l'approche. Ce changement infime dans la signature spectrale de l'étoile peut être mesuré avec un spectrographe de haute précision tel que HARPS et utilisé afin de déduire la présence d'une planète.
L'équipe de HARPS, dirigée par Michel Mayor (Université de Genève, Suisse), a annoncé aujourd'hui la découverte de plus de 50 nouvelles exoplanètes en orbite autour d'étoiles proches, incluant seize super-Terres
(on appelle super Terres des planètes qui ont une masse entre 1 et 10 fois celle de notre planète NdlR)
 
C'est le plus grand nombre de planètes de ce type jamais annoncé d’un seul coup 
Les nouveaux résultats sont présentés à une conférence sur les Systèmes Solaire Extrêmes dans le Wyoming (États-Unis), où 350 experts en exoplanètes sont réunis.
« La moisson de découvertes avec HARPS va au-delà de toute attente et comprend une population exceptionnellement riche de planètes de type super-Terre et de type Neptune,  autour d’étoiles très semblables à notre Soleil. Et encore mieux, les nouveaux résultats montrent que le rythme des découvertes s'accélère, » explique Michel Mayor.
 
Depuis qu’HARPS a commencé à être utilisé pour observer les étoiles semblables au Soleil par la méthode des vitesses radiales, il y a huit ans, il a permis de découvrir plus de 150 nouvelles planètes. Environ les deux tiers de toutes les exoplanètes connues, dont la masse est inférieure à celle de Neptune , ont été découverts par HARPS.
Ces résultats exceptionnels sont le fruit de plusieurs centaines de nuits d'observation avec HARPS 
 
En travaillant avec les observations effectuées avec HARPS de 376 étoiles semblables au Soleil, les astronomes ont maintenant considérablement amélioré l'estimation de la probabilité qu'une étoile comme le Soleil héberge des planètes de faible masse (par opposition aux planètes géantes gazeuses).
Ils trouvent qu’environ 40% de ces étoiles ont au moins une planète moins massive que Saturne. La majorité des exoplanètes de la masse de Neptune ou moins semble être dans des systèmes à plusieurs planètes.
Avec des mises à niveau en cours, à la fois pour le matériel et les logiciels, HARPS est amené à un niveau supérieur de stabilité et de sensibilité pour la recherche de planètes rocheuses qui pourraient abriter la vie.
 
Dix étoiles proches similaires au Soleil ont été sélectionnées pour un nouveau relevé systématique. Ces étoiles avaient déjà été observées par HARPS et sont connues pour être adaptées à des mesures extrêmement précises de vitesses radiales.
Après deux ans de travail, l'équipe d'astronomes a découvert cinq nouvelles planètes avec des masses de moins de cinq fois celle de la Terre. « Ces planètes seront parmi les meilleures cibles pour les futurs télescopes spatiaux pour rechercher des signes de vie dans l'atmosphère de la planète en cherchant des signatures chimiques révélant la présence d'oxygène», explique Francesco Pepe (Observatoire de Genève, Suisse), l'auteur principal d'un des récents articles.
Une des nouvelles planètes récemment annoncées, HD 85512 b, est estimée à seulement 3,6 fois la masse de la Terre et est située en bordure de la zone habitable - une zone étroite autour d'une étoile où l'eau peut être présente sous forme liquide, si les conditions sont réunies 
 
 
 
« C’est la planète la moins massive, découverte et confirmée par la méthode des vitesses radiales qui se trouve potentiellement dans la zone habitable de son étoile, et la seconde planète de faible masse découverte par HARPS à l'intérieur de la zone habitable, » ajoute Lisa Kaltenegger (Institut Max Planck pour l'astronomie, Heidelberg, Allemagne et Harvard Smithsonian Center for Astrophysics, Boston, Etats-Unis), qui est une experte sur l'habitabilité des exoplanètes.
 
La précision croissante du nouveau relevé d’HARPS permet désormais la détection de planètes avec des masses inférieures à deux fois celle de la Terre.
 
Crédit dessin ESO/ Franck Selsis, Univ. of Bordeaux
 
 
 
 
HARPS est maintenant si sensible qu'il peut détecter des amplitudes de vitesse radiale sensiblement en dessous de 4 km/h – inférieur à la vitesse de marche d'un promeneur.
« HD 85512 b est loin de la limite de détection de HARPS et démontre la possibilité de découvrir d'autres super-Terres dans les zones habitables autour d'étoiles similaires au Soleil, » ajoute Michel Mayor.
 
Ces résultats confortent les astronomes dans  l’idée qu’ils sont proches de découvrir d’autres petites planètes rocheuses habitables autour étoiles semblables à notre Soleil. De nouveaux instruments sont prévus pour poursuivre cette quête. Il s'agit notamment d'une copie de HARPS qui va être installée sur le télescope national Galileo (Italie) dans les îles Canaries, qui fera des relevés systématiques d'étoiles dans le ciel de l’hémisphère Nord, ainsi qu'un nouveau et plus puissant « chasseur de planètes » appelé ESPRESSO, qui sera installé sur le VLT de l'ESO en 2016  
Dans un avenir plus lointain, l'instrument CODEX sur le télescope extrêmement grand européen (E-ELT) va pousser cette technique à un niveau supérieur.
 
« Dans les dix à vingt prochaines années nous devrions avoir la première liste des planètes potentiellement habitables dans le voisinage du Soleil. Faire une telle liste est indispensable avant que de futures expériences puissent rechercher d'éventuelles signatures spectroscopiques de la vie dans les atmosphères d'exoplanètes », conclut Michel Mayor, qui a découvert la toute première exoplanète autour d'une étoile normale en 1995.
 
 
Deux chercheurs français sont impliqués dans cette annonce :
François Bouchy (Observatoire de Haute-Provence (CNRS) et Institut d’astrophysique de Paris (CNRS/UPMC)), et
Jean-Loup Bertaux (Laboratoire "atmosphères, milieux, observations spatiales" (IPSL, CNRS/UVSQ/UPMC))
 
 
POUR ALLER PLUS LOIN :
 
Visite de l’Observatoire de Genève avec M Mayor et Harps-2.
 
À la recherche des autres Terres : CR de la conférence IAP de F Bouchy du 8 Janv 2008
 
Toutes les nouvelles découvertes et conférences précédentes sur les exoplanète sur planetastronomy.
 
 
 
 
 
 
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DAWN :.UNE NOUVELLE VIDÉO DE VESTA. (10/10/2011)
Image crédit: toutes images : NASA/JPL-Caltech/UCLA/MPS/DLR/IDA
 
Une nouvelle vidéo du survol de Vesta par la sonde Dawn est disponible, elle est vraiment époustouflante, on y voit les détails les plus fins. Peut être nous aidera-t-elle à comprendre le processus de formation de ce gros astéroïde.
 
On peut voir et télécharger cette vidéo sur cette page : http://www.jpl.nasa.gov/video/index.cfm?id=1020
Ou alors ICI.
 
Dans cette vidéo, Vesta n’est pas entièrement illuminée, en effet, l’hémisphère Nord est dans l’ombre, c’est l’hiver, Vesta possède des saisons comme notre planète.
 
On remarquera aussi une forme circulaire très massive au Pôle Sud de Vesta ; cette dépression est large de plusieurs centaines de km parsemée de hautes falaises de quelques km de haut. Une « montagne » se trouve au centre de cette dépression, elle culmine à 15.000m.
 
Les images ont été prises alors que Dawn survolait Vesta à 2700km d’altitude.
 
 
Le pôle Sud de Vesta :
 
Cette structure circulaire est-elle la marque d’une collision avec un autre astéroïde ou le résultat d’un processus interne ?
 
 
Des images avec plus de définition nous aideront peut être à trouver la bonne réponse.
 
Image prise de 2700km d’altitude en Septembre 2011.
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
POUR ALLER PLUS LOIN :
 
L’image du jour de Dawn.
 
Site de la mission au JPL.
 
Site de la mission à la NASA.
 
On peut visualiser sur cette animation l’orbite de DAWN dans notre système solaire lors de ces deux visites d’astéroïdes.
 
 
 
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CURIOSITY : ENCORE GALE CRATER. (10/10/2011)
(Photos: NASA/JPL)
 
Curiosity devrait donc atterrir au pied de cette haute montagne situé au centre du cratère Gale.
 
Une montagne au milieu d’un cratère d’impact, bizarre n’est-ce pas ? Mais en fait on pense que ce cratère s’est rempli de sédiments avec le temps et que les vents martiens (très forts) auraient sculpté cette montagne de 5000m de haut.
C’est une des raisons qui ont fait choisir ce cratère comme cible pour cette mission.
On espère tracer l’histoire martienne dans ces sédiments, c’est du moins ce que pense le célèbre Matthew Golombek, un des spécialistes du JPL et celui qui a permis la mission novatrice Pathfinder.
 
Sur les pentes de cette montagne, Curiosity va chercher des molécules organiques, dans les zones où MRO (qui tourne au dessus) a détecté des argiles et des sulfates , minéraux qui se forment en présence d’eau. Les molécules organiques pourraient être emprisonnées dans ces argiles.
Le robot est équipé d’instruments capables d’analyser le sol et de retransmettre les informations à la Terre ; de plus il sera plus rapide que les rovers MER, il pourra parcourir jusqu’à 150m par jour.
 
MSL en salle d’intégration, vue de l’intérieur du véhicule de descente. Le bouclier thermique a été enlevé.
 
 
Autres photos.
 
 
Crédit: NASA/JPL-Caltech
 
 
 
 
 
 
 
 
 
POUR ALLER PLUS LOIN :
 
La NASA met à notre disposition une vidéo de simulation de la mission MSL.
 
Un APOD sur Gale Crater.
 
Site de la mission MSL.
 
 
 
 
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HUBBLE:.QUE DE BULLES! (10/10/2011)
crédit photo : NASA, ESA
 
 
Hubble est connu pour ses belles images de Galaxies spirales bien enveloppées et élégantes ; mais cela n’est valable surtout que pour les grandes galaxies.
 
Les plus petites ont des formes plus bizarres et difficiles à catégoriser, comme par exemple cette galaxie naine irrégulière Holmberg II.
Cette galaxie comprend un grand nombre de bulles de gaz comme on le voit sur l’image ci-contre.
 
Ces bulles lumineuses ont été créées par de nombreuses générations d’étoiles.
 
Les étoiles de forte masse se forment dans ces régions denses de gaz, plus tard en mourant elles explosent en propulsant de la matière stellaire, elles deviennent des super novæ. Les ondes de choc produites donnent naissance à ces coquilles délicates que l’on voit.
 
 
 
 
Comme ces galaxies naines ne possèdent pas de bras spiraux ni de bulbes, cela en fait des havres de paix au point de vue gravitationnel, permettant ainsi à ces structures fragiles de se maintenir.
 
Cette image est une combinaison du visible et de l’IR de l’ACS de Hubble.
 
 
 
 
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HERSCHEL:.UNE NOUVELLE HISTOIRE DE L’ÉVOLUTION DES GALAXIES. (10/10/2011)
 
 
Le satellite européen en IR Herschel, vient de découvrir, qu’il n’est pas nécessaire aux galaxies d’entrer en collision pour donner naissance à des étoiles, comme on le pensait. Ces collisions de galaxies n’auraient joué qu’un rôle mineur dans la formation d’étoiles.
Herschel nous donne une image plus calme de l’évolution des galaxies.
 
C’est la conclusion des observations de deux zones du ciel chacune grande comme un tiers de la pleine lune.
Herschel a vu plus de 1000 galaxies au travers de ces deux trous de serrure ; elles étaient situées à différentes distances allant jusqu’à 80% de l’age de l’Univers.
 
On pense que la formation d’étoiles a subi un pic de formation il y a à peu près 10 milliards d’années, à cette époque, la taux de formation d’étoiles était 10 ou 100 fois plus important que maintenant.
À notre époque, de tels taux sont très rares et ne semblent apparaître que quand des galaxies collisionnent, on pensait donc que cela devait aussi être comme cela dans le lointain passé. Erreur.
 
David Elbaz du CEA et ses collaborateurs ont analyse les données d’Herschel et ont ainsi pu en déduire le rôle mineur joué par les collisions de galaxies.
 
 
En comparant la quantité de lumière IR émise à différentes longueurs d’onde par ces galaxies, ils ont pu montrer que le taux de formation d’étoiles dépendait de la quantité de nuages de gaz qu’elles contenaient et non pas de leur collision.
 
Le gaz est le carburant des étoiles, leur matière première, plus il y a de gaz dans une galaxie, plus d’étoiles pourront naître par accrétion de ce gaz.
Ce ne serait que dans les galaxies n’ayant pas assez de gaz à leur disposition que les collisions galactiques joueraient un rôle dans la formation des étoiles.
Comme on le voit aujourd’hui avec les galaxies qui ont épuisé la plupart de leur carburant.
 
Image d’un des deux champs d’étude : le champ GOODS Nord
 
Credits: ESA/GOODS-Herschel consortium/David Elbaz
IR : 100 micron (bleu) ; 160 (vert) ; 250 (rouge).
 
 
 
 
 
Herschel : la Formation des Étoiles au Cœur des Galaxies article de Laurence Bianchini.
 
GOODS–Herschel: an infrared main sequence for star-forming galaxies par David Elbaz et collègues.
 
Naissance des étoiles : la plupart des galaxies n'enfantent pas dans la douleur, communiqué du CNRS.
 
 
 
 
 
 
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VU D'EN HAUT :.VOIR VENISE ET……APPRÉCIER ! (10/10/2011)
(crédit photo : European Space Imaging (EUSI))
 
 
 
Vue de Venise prise par le satellite Ikonos 2 en Juin 2008.
 
En cliquant sur l’image, on a accès à la photo haute résolution, on pourra ainsi distinguer sur la gauche la gare, en haut vers la droite, l’île cimetière de San Michele, au milieu, le pont du Rialto, dans la partie centrale droite la place San Marco et la sortie du Grand canal.
 
La trace des bateaux et vaporettos se voient facilement.
En espérant que cela vous donne envie d’y aller !
 
 
 
 
 
 
 
 
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LES MATHÉMATIQUES DE L'ASTRONOMIE PAR B LELARD (10/10/2011)
 
Voici une nouvelle rubrique dans vos Astronews, suite à une demande forte, notre ami Bernard Lelard, Président de l'Association d'astronomie VEGA de Plaisir (Yvelines) se propose de nous faire découvrir la genèse des mathématiques qui ont été utiles à l'Astronomie dans cette rubrique qui comportera de nombreuses parties.
Les parties précédentes :
 
o           Les Mathématiques de l'Astronomie : Partie 1 Géométrisation de l'Espace . (28/02/2008)
o           Les Mathématiques de l'Astronomie : Partie 2 La Mésopotamie . (13/03/2008)
o           Les Mathématiques de l'Astronomie : Partie 3 Thalès . (27/03/2008) 
o           Les Mathématiques de l'Astronomie : Partie 4 Anaximandre et Pythagore . (19/04/2008)
o           Les Mathématiques de l'Astronomie : Partie 5 Platon (1) . (10/05/2008)
o           Les Mathématiques de l'Astronomie : Partie 6 Platon (2) p. (19/06/2008)
o           Les Mathématiques de l'Astronomie : Partie 7 Aristote et Pythéas . (03/07/2008)
o           Les Mathématiques de l'Astronomie : Partie 8 Alexandre le Grand . (09/09/2008)
o           Les Mathématiques de l'Astronomie : Partie 9 Alexandrie et Aristarque . (06/11/2008)
o           Les Mathématiques de l'Astronomie : Partie 10 Euclide et les géométries . (19/12/2008)
o           Les Mathématiques de l'Astronomie : Partie 11 Archimède et son palimpseste . (11/01/2009)
o           Les Mathématiques de l'Astronomie : Partie 12 L'idée géniale d'Ératosthène  (30/01/2009)
o           Les Mathématiques de l'Astronomie : Partie 13 Coniques et orbites d'Apollonius  (22/02/2009)
o           Les Mathématiques de l'Astronomie : Partie 14  360° et les étoiles d’Hipparque . (27/03/2009)
o           Les Mathématiques de l'Astronomie : Partie 15 Nicomède, Poseidonios, et les derniers grands . (27/04/2009) 
o           Les Mathématiques de l'Astronomie : Partie 16 Les écoles, les Chinois etc . (15/05/2009)
o           Les Mathématiques de l'Astronomie : Partie 17 Indous, Mayas et autres . (15/05/2009)
o           Les Mathématiques de l'Astronomie : Partie 18 Les Romains, Ptolémée et Galilée . (15/05/2009)
o           Les Mathématiques de l'Astronomie : Partie 19 D'Hypatie aux maths arabes . (06/08/2009)
o           Les Mathématiques de l'Astronomie : Partie 20 Les maths des étoiles à Bagdad . (22/09/2009)
o           Les Mathématiques de l'Astronomie : Partie 21  Les sages d’al-ma’mun et le Ptolémée des arabes (27/10/2009)
o           Les Mathématiques de l'Astronomie : Partie 22 La petit nuage d'Al Sufi et la règle de trois. (04/12/2009)
o           Les Mathématiques de l'Astronomie : Partie 23 les zij des astronomes musiciens par B Lelard. (04/02/2010)
o          Les Mathématiques de l'Astronomie : Partie 24  Aristote au Mont Saint Michel par B Lelard. (02/04/2010)
o          Les Mathématiques de l'Astronomie : Partie 25 : Univ. de la Sorbonne à Oxford par B Lelard. (17/05/2010)
o          Les Mathématiques de l'Astronomie : Partie 26 :Oresme, Einstein du XIV ième siècle (28/08/2010)
o          Les Mathématiques de l'Astronomie : Partie 27 :  Peuerbach, Müller,  La Trigo et Copernic (26/10/2010)
o          Les Mathématiques de l'Astronomie : Partie 28 : Copernic et la ronde des planètes. (22/01/2011)
o          Les Mathématiques de l'Astronomie : Partie 29 : La Nova de Tycho sur la table de Kepler. (05/05/2011)
o          Les Mathématiques de l'Astronomie :.Partie 30 : L’œil de Kepler. (17/08/2011)
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PARTIE 31 :. NUMÉRO HORS SÉRIE 1 : 83  PRIX NOBEL À CAMBRIDGE
 
Le voyage de la SAF vers les sites de l’astronomie anglaise commença à Londres en plein Piccadilly, face aux thés de  Fortnum & Mason, par la bibliothèque de la Royal Astronomy Society où Peter Hingley nous ouvrait les livres les plus rares. Nous pouvions voir  et toucher sans gant les premiers livres des Géants : Copernic, Galilée, dont le « Dialogo » banalement aligné entre 2 livres quelconques, Newton et bien d’autres. Monta alors l’impression de marcher avec les Pères de l’astronomie moderne : celle où l’on voit avec des télescopes et où on explique avec des spectroscopes. Les images sortaient des livres et devenaient des objets, des lieux et des hommes célèbres.
Comme tout bon astronome : nous voyions, alors, l’histoire de nos yeux.
Ainsi à South Kensington, prélude à Cambridge,  une vitrine au premier étage du Science Museum étalait l’histoire des outils de l’astronomie : le petit télescope de Newton (1669), la lunette de Galilée deux fois plus longue  avec, devant, le « Sidereus Nuncius » de 1610 premier vrai livre d’astronomie ouvert à la page des dessins des cratères de Lune, derrière le daguerréotype en bois qu’Arago fera acheter par l’Etat en 1839, devant : les premières photos de Lune de Daguerre (1838) et de Draper (1840), à côté les dessins de Caroline Hershell de la Voie Lactée (1797), les plans de 1576 de l’Uraniborg de Tycho Brahé. Au plafond des maquettes de satellites et du télescope Hubble.
 
 
 
 
Au second étage, dans une vitrine, une cordelette à 13 nœuds et 12 intervalles des Egyptiens que Pythagore dans ses voyages avait utilisé pour trouver la relation du carré de l’hypoténuse (vient du grec hupateinousa hupateinousa hupateinousa : hupo sous, et tenein tendre), un intervalle dont la longueur au carré égale la somme des carrés des intervalles qui suivaient. Les Incas, les Mayas, les Polynésiens se servaient de ces cordelettes pour calculer la longueur des voiles de bateaux, les Egyptiens la pente des toits et la solidité des temples. L’émotion du mariage de l’astro et des maths commençait.
 
 
 
 
 
A Cambridge Mark Hurn de « Institute of Astronomy » montrait fièrement la célèbre photo d’Einstein et d’Eddington assis sur le banc près des colonnes du bâtiment de style grec, fierté de l’Historical Monuments depuis 1823.
 
 
 
 
Il montra aussi le bureau qu’Eddington occupa de 1912 à 1944, aujourd’hui salle à manger de l’Institut qui reçoit beaucoup de visiteurs célèbres : au thé de 5 heures parmi les 42 graduate students et le directeur Robert C Kennicutt nous avons pu parler avec Mario Livio, un des responsables du satellite Hubble venant de Baltimore. Au milieu du couloir le reliant à la bibliothèque se trouve encore le bureau grillagé  où étudia Lemaître, Chandrasekhar et passa Oppenheimer étudiant de Rutherford.
Le moment était donc venu pour dire pourquoi je parle souvent de l’abbé scientifique Georges Lemaître (1884, 1966), le découvreur de la loi dite de Hubble, du concept du Big Bang, de la recherche du rayonnement cosmologique (découvert par hasard par Wilson et Penzias en 1964, prix Nobel 1978) et de la résolution numérique des équations différentielles prélude à l’informatique naissante. J’ai eu comme professeur complémentaire  de mathématiques un autre abbé astronome mathématicien, le chanoine Louyat, spécialiste du milieu interstellaire, président de la Société d’Astronomie Populaire de Toulouse fondée en 1910 et dont je fus adhérent étudiant. Celui ci expliquait les fonctions mathématiques par des exemples d’astronomie : ainsi les équations différentielles devenaient des orbites perturbées  de planètes. Or ce chanoine astronome mathématicien disait souvent que ses professeurs évoquaient régulièrement  l’injustice subie par le chanoine (encore !) chimiste Jean Baptiste Sendérens qui avait trouvé bien avant Paul Sabatier, prix Nobel 1912 de Chimie, le procédé d’hydrogénation des composés organiques par la  présence de métaux divisés, procédé de catalyse  qui bouleversa l’industrie chimique du XX ième siècle (ascension de Rhône Poulenc, Sendérens après avoir été assistant de Sabatier a été embauché par les Établissements Poulenc alors entreprise familiale). Sendérens ne fut même pas cité par le jury Nobel et Sabatier reçut avec Victor Grigniard gloire et prix. Bien qu’ayant auparavant étudié les travaux de Lemaître je fis instantanément le rapprochement Sendérens-Lemaître au cours d’une conférence sur l’histoire du Big Bang  de Jean Pierre Luminet à la SAF le 13 novembre 2004 dans le bel amphi de l’Institut Océanographique. Comme Sendérens, parce qu’il était prêtre catholique, Lemaître n’eut pas droit de cité par la communauté scientifique malgré une notoriété internationale grande mais passagère dans les années 30.
Il n’y eut donc pas de prix Nobel Sabatier Sendérens comme il n’y eut pas de loi Hubble Lemaître. La mémoire de Lemaître fut bien défendue par Dominique Lambert de l’Université de Namur, de James Peeble de l’université de Princeyon et JP Luminet du Luth à Meudon. (Et je viens de lire que Suzy Colin Zahn réouvre ce dossier dans le numéro de « l’Astronomie » d’Octobre 2011 page 11).
 
 
 
Mes efforts, grâce aux Archives de l’Institut d’Astrophysique Lemaître de l’Université de Louvain en Belgique, consistèrent à promouvoir à mon niveau amateur les travaux en cosmologie de Georges Lemaître qui débutèrent à Cambridge auprès d’Eddington. 
 
Après une conférence à la SAF et un article dans « l’Astronomie » j’ai transmis mes documents scannés à la bibliothèque de la SAF
 
 
 
 
 
 
Arthur Eddington donc (1882, 1944) le plus prestigieux occupant de l’Institut d’Astronomie de Cambridge (Newton travailla au Trinity College) fut président de la Royal Astronomy Society (1921, 1923), de la Physical Society (1930, 1932), de la Mathematical Society (1932, 1938), de l’Union Astronomique Internationale, et directeur du Cambridge Observatory.
 
De grands scientifiques ayant péris pendant la guerre 1914-1918 (Schwartzchild, Friedman) il fallait donc occuper le mobilisable et précieux Eddington pour lui éviter les combats meurtriers (bien que les scientifiques disparus le furent par maladie). Frank Dyson, ancien studient lui aussi  de l’Institute of Astronomy de Cambridge et alors  Royal Astronomer spécialiste de la couronne solaire et des éclipses, imagine pour répondre à une sollicitation d’Einstein, de monter une expédition sur la bande de totalité de la future éclipse totale au Brésil et en Guinée pour voir si les rayons lumineux sont courbés par une grosse masse : le Soleil, comme le prévoyait dès novembre 1915 la nouvelle théorie de la Relativité Générale d’Einstein dont Eddington est devenu un spécialiste par l’intermédiaire de l’astronome hollandais De Sitter. Le Home Office et l’Amirauté accordent un sursis d’incorporation de 2 ans à Eddington (qui prendra fin avant échéance, la guerre étant  finie).
 
 
 
 
Le 29 mai 1919 le Soleil est éclipsé au niveau de l’amas des Hyades (constellation du Taureau entre l’amas des Pléiades et  l’écliptique) et la lumière de 13 étoiles de magnitude 6 est déviée tout autour du Soleil éclipsé de 1’’75 comme Einstein l’avait calculé.
 
La déviation par un puits gravitationnel est démontrée par superposition de plaques photographiques prises pendant le passage du Soleil sur le fond d’étoiles photographié jour et nuit au même endroit.
 
 
 
 
Le New York Times titre « Einstein Theory Triumphs », « Stars Not Where They Seemed or Were Calculated to be, but Nobody Need Worry » (les étoiles ne sont pas où l’on croyait qu’elles fussent mais personne ne doit s’inquiéter). Le 6 novembre 1919 sir Joseph Thomson, découvreur de l’électron, et ancien studient du Trinity College à Cambridge, prix Nobel de Physique 1906, président de la Royal Society (équivalent de notre Académie) ouvre sous le portrait de Newton la séance Eclipse Joint Meeting qualifiée de « dramatique triomphe » en présence de Dyson, Eddington et tous les membres de la Royal Astronomy Society et proclame :
« après une étude soigneuse des plaques Sobral à Cambridge (« par Eddington à l’Institut d’Astronomie » BL), je suis prêt à déclarer qu’il n’y a aucun doute qu’elles confirment les prédictions d’Einstein ».
 
 
Einstein avait trouvé l’explication que Newton cherchait et les astronomes Anglais constataient que c’était un Allemand qui avait trouvé … pendant la guerre. Mais Einstein avait aussi un passeport suisse.
 
 
 
 
Cette annonce enthousiasme le jeune Lemaître qui sort des horreurs des tranchées de la bataille de l’Yser : d’ingénieur des Mines il s’inscrit aux cours de mathématiques supérieures à l’Université de Louvain et aux cours d’astronomie d’Allaume. Il passe un doctorat de math dont le directeur de thèse est le terrible De La Vallée Poussin qui lui donne un sujet impossible (les zéros de la fonction zêta de Rieumann, l’un des 7 problèmes non résolus annoncés par Hilbert pour le XX ième siècle). Devant l’impossibilité d’une solution rapide par Lemaître  (la démonstration reste encore à trouver) De La Vallée Poussin lui demanda par ironie d’étudier « la géométrie du triangle », Lemaître choisit alors  lui même son sujet « approximation des fonctions à variables réelles par polynômes », sujet qu’il reprendra pour ses recherches numériques du rayonnement fossile en utilisant les premiers ordinateurs (qu’il programmait lui même en langage machine) que lui donnaient ses anciens élèves devenus banquiers.
 
 
 
 
En 1921 Lemaître, après sa thèse de mathématiques, entre au séminaire des vocations tardives de Malines. Dans la solitude du séminaire des amis lui font passer des livres. Parmi eux De Donder, un mathématicien et astronome ami de De Witter (correspondant d’Einstein pendant la guerre) et d’Eddington, lui remet le dernier livre d’Eddington « The Mathematical Theory of Relativity », puis « Space, Time and Gravitation », puis la « Graviphique d’Einstein. Le séminariste étudie en même temps la théologie et la nouvelle théorie d’Einstein. Il écrit ses remarques sur des petits cahiers.
 
 
 
L’un dont le titre est « La Physique d’Einstein » est la synthèse de ces ouvrages épars et souvent très difficiles. Il est remarqué par un autre mathématicien chanoine De Muynck, visiteur du séminariste. Que de chanoines ! Ce cahier résume de façon pédagogique la Relativité, combinée avec l’électromagnétisme de Maxwell (autre studient du King’s College), et avec des implications astronomiques ce qu’un mathématicien n’aurait pas pu ou voulu écrire. Ce cahier de 131 pages  sera édité en 1995 par ses anciens étudiants. De Muynck indique à Lemaître  que ce cahier peut être proposé au jury d’un prix scientifique organisé par la « Commission for the relief in Belgium », comité à fonds américains  qui contribue à réparer les dommages de guerre (matériels et psychologiques). Lemaître se présente et gagne le prix qui est une bourse pour étudier à l’étranger payée par le Gouvernement belge.
 
Évidemment Lemaître demande d’aller étudier à Cambridge auprès d’Eddington. De Donder joue les intermédiaires et Eddington accepte comme chercheur un thésard Belge, inconnu, qui vient d’être ordonné prêtre le 22 septembre 1923.
Aussitôt prêtre Lemaître part à Cambridge, hébergé à St. Edmund’s House (l’inscription à un collège étant beaucoup trop onéreuse pour la bourse) et va approfondir son cahier de 1922.
 
Il va suivre les cours d’Eddington en astronomie à l’Institute of Astronomy, les cours de physique des particules de Rutherford au Cavendish College et les cours d’analyse numérique avec le mathématicien Hobson au Caius College, le collège de Stephen Hawking.
 
Exceptionnels enseignements par d’exceptionnels savants dans d’exceptionnels collèges. D’entrée Eddington, lui aussi très pieux et célibataire, va découvrir les talents de synthèse hors du commun  de Lemaître qui donne une réalité astrophysique à la théorie d’Einstein.
 
Eddington, tout comme Einstein plutard, est intrigué par ce prêtre qui écrit que la direction du Haut (donc des cieux des prières) n’est pas remarquable, ne signifie rien, que la formation de la Terre n’est qu’un petit détail, que l’espace n’a aucun point particulier, que le point d’ailleurs n’existe pas dans la nature, que la suite des évènements trouvés dans un espace-temps est une ligne d’Univers, qu’on la mesure avec une métrique (mesure entre deux évènements) qu’il s’empresse de calculer.
 
 
 
 
 
Lemaître va observer avec Eddington au télescope de l’Institut le compagnon B de Sirius, première naine blanche observée, un astre de la masse du Soleil et du diamètre de la Terre (donc énorme densité). Eddington déduira de cette fantastique densité un effondrement de la pression thermique dû au refroidissement de l’étoile et trouvera ainsi la constitution interne des étoiles (équilibre pression radiative et gravitation).
 
Lemaître va commencer à combiner intuitivement  la physique quantique et la relativité qui le conduira en 1931 à écrire dans « Nature » : « The beginning of the World from the point of view of Quantum Theory », un des plus beaux textes selon JP Luminet (en contradiction avec les idées d’Eddington qui est réticent avec la nouvelle physique quantique, tout comme Einstein). Niels Bohr avait été aussi boursier au Cavendish College auprès de Joseph Thomson, le découvreur de l’électron, toujours à Cambridge.
 
 
 
 
Pour Eddington, Lemaître est un brillant chercheur (I found M.Lemaître a very brilliant student wonderfully quick and clear-sighted, and a great mathematical hability. He did some excellent work whilst here » et constatant son engouement pour l’étude des céphéides lui recommande d’aller étudier à Harvard auprès de Harlow Shaley, grand spécialiste des céphéides avec Hubble avec qui il vient de travailler au Mont Wilson.
 
 
Lemaître, muni d’un PhD de l’Université de Cambridge,  rentre en Belgique et repart aussitôt accompagner Eddington à Toronto suivre 2 congrès sur la Relativité Générale et l’Astrophysique. Il assiste à l’International Mathematical Congress. Septembre 1924 avec une autre bourse Lemaître travaille auprès de Shapley sur les céphéides dans les amas (en 1916 il avait calculé la distance de l’amas M13 à la recherche de la dimension de notre galaxie qu’il croyait unique). Lemaître s’inscrit au MIT à Havard où il soutient une deuxième thèse (« The gravitational field in a fluid sphère of uniform invariant density according to the theory of relativity »).
Après la publication en 1925 de la découverte de Hubble sur les céphéides extragalactiques (datant du 6 octobre 1923) Lemaître rentre en Belgique d’où il publiera en 1927 son historique article « Un Univers homogène de masse constante et de rayon croissant, rendant compte de la vitesse radiale des nébuleuses extragalactiques ». L’expansion de l’Univers était découverte par le calcul et l’interprétation des mesures de spectographie, page 55 du compte rendu des séances de la Société Scientifique de Bruxelles du 27 avril 1927. Hubble publiera en 1929 la même formule qu’il trouva empiriquement sans  croire à l’expansion de l’Univers.
L’article de Lemaître sera traduit en anglais par Eddington lors de la séance de mars 1931 de la Royal Astronomical Society à Londres Picadilly.
 
 
Fort de sa thèse au MIT, de sa découverte de l’expansion et de l’enseignement de Rutherford Lemaître écrit dans « Nature » du 9 mai 1931 : « The beginning of the World from the point of view of the Quantum Theory ». Dans cet article, que JP Luminet considère comme un des écrits scientifiques les plus importants, Lemaître écrit que l’énergie de l’Univers existe en paquets (quantas) et que le total de cette énergie reste constant. Le nombre de ces quantas augmente à chaque instant selon l’expansion. En remontant le temps il y aura donc de moins en moins de quantas jusqu’à en trouver qu’un petit nombre, voire un seul, rendant caduc la notion d’espace et de temps en raison de la nature quantique et statistique des quantas. Lemaître va dire, pédagogiquement, que les quantas du début pourraient ressembler en une sorte d’atome primitif contenant d’emblée toute l’énergie de l’Univers.
 
 
Eddington est furieux : « Philosophically, the notion of a beginning of the présent of nature is répugnant for me ».
 
L’élève allait plus loin que le maître.
Toute cette formidable aventure avait commencé à l’Institute of Astronomy » à Cambridge.
 
 
 
 
Toujours à Cambridge, au même institut d’astronomie, Fred Hoyle (1915, 2001), adepte de la théorie de l’Univers stationnaire et de la panspermie, dénigra la théorie du chanoine belge. Celui ci passa le reste de sa vie à enseigner les mathématiques à l’université de Louvain en Belgique, à rechercher les cendres de l’expansion initiale dans les rayons cosmiques (prédisant donc  ce qui sera la découverte en 1965 du rayonnement 3 K). Lemaître aimait la bonne chère au point d’oublier ses élèves qui l’attendaient pour passer leurs examens de licence. Il expliquait l’expansion de l’Univers avec une coupe de champagne (les bulles étant les amas de galaxies). Il prit de l’embonpoint et Hoyle l’appelait « the Big Man ». En 1950 lors d’une émission de la BBC à Londres, « The Nature of Things », Lemaître arriva en retard au studio et quand il le vit enfin Fred Hoyle lança « here is the Big Man of the Big Bang ». La fausse expression était lancée.
 
 
Aujourd’hui à l’Institut de Cambridge il y a peu de traces de Lemaître : de cette histoire seule la statue noire de Hoyle  hante la pelouse du « Kavli Institute of Cosmology » construit par Fred Kavli, un business man américano norvégien qui, fortune faite comme Bill Gates, a fait construire à ses frais des instituts de neurosciences et de cosmologie à Stanford, Chicago, Harvard, Cambridge et Pékin. Les futurs génies  étudient toujours à Cambridge.
 
Bernard LELARD.
Des versions imprimables d’astromath peuvent m’être demandées à bernard.lelard@gmail.com 
 
 
 
 
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LES ROVERS MARTIENS :.OPPORTUNIY PROCHE D’UNE DÉCOUVERTE. (10/10/2011)
(Photos NASA/JPL-Caltech/Cornell/ASU)
 
 
Opportunity se trouve maintenant sur le bord du cratère Endeavour (22km de diamètre), il se prépare à analyser un nouveau type de roche, beaucoup plus ancien que les sédiments déjà étudiés.
Ce terrain date de 3,5 à 4 milliards d’années, à la fin du grand bombardement tardif du système solaire.
Endeavour a été produit durant ce bombardement pensent les scientifiques.
 
 
Opportunity se trouve sur la partie du bord du cratère appelé Cape York.
 
Les scientifiques espèrent trouver des argiles à cet endroit, argiles qui se forment en phase liquide neutre (plus neutre que les sulfates, légèrement acides et donc plus propices à la vie).
 
L’analyse de la roche baptisée Tisdale a révélé la présence très intéressante de Zinc, Brome, Phosphore, Chlore et Soufre.
 
Image Credit: NASA/JPL-Caltech/Cornell/ASU
 
 
 
 
 
 
La roche en cours d’analyse (photo ci-dessus) est appelée Chester Lake.
C’est un affleurement rocheux (outcrop en anglais) de dimension approximative 1m, dont on voit une image en fausse couleur et à travers différents filtres (proche IR, vert et violet) prise par la Pancam, elle date du 7 Septembre 2011.
 
C’est très probablement une brèche, une roche qui s’est agglomérée à d’autres lors de l’impact.
 
L’image en « vraie » couleur.
 
 
 
Les meilleures photos de Mars sont classées dans le planetary photojournal que vous pouvez retrouver à tout instant:
http://photojournal.jpl.nasa.gov/targetFamily/Mars
 
Où sont les rovers maintenant, cette page de la NASA vous donne la carte précise des chemins et emplacements.
 
Comprendre les couleurs : http://www.highmars.org/niac/education/mer/mer00b.html
 
Des belles photos (certaines retraitées) des robots martiens par James Canvin.
 
 
 
 
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LIVRE CONSEILLÉ.:.HISTOIRE DE L’HEURE EN FRANCE CHEZ VUIBERT. (10/10/2011)
 
Livre qui vient très à propos après notre voyage à Greenwich, il explique tout sur l’heure, la longitude et comment nous avons perdu le méridien de Paris au profit de celui des britanniques.
 
 
Par Jacques Gapaillard, ancien élève de l'ENS de Saint-Cloud, il est professeur émérite de l'université de Nantes où il enseignait les mathématiques et l'histoire des sciences. Auteur d'articles savants d'histoire de l'astronomie et d'histoire de la mécanique, il a également publié : Et pourtant, elle tourne ! Le mouvement de la Terre, Seuil, 1993.
 
 
À travers les différentes notions d’heure nationale, des chemins de fer, de Greenwich ou encore d’été et d’hiver… voici une histoire passionnante, émaillée de commentaires, d’anecdotes et de citations qui témoignent de la manière dont étaient perçus les divers changements horaires et des débats qu’ils ont suscités.
 
Quelle heure est-il ? Voilà une question bien banale à laquelle on répond aujourd’hui naturellement en consultant sa montre. Pourtant, l’invention de cet instrument a modifié notre rapport au temps, qui était auparavant bien plus complexe et aléatoire…
 
 
 
 
 
L’histoire de l’heure en France, depuis les heures inégales jusqu’au temps universel, est une histoire riche en péripéties et en bizarreries. Comment imaginer en effet que l’adoption d’un temps mécanique, déterminé par les horloges et non plus par le Soleil, ait été source de conflits ?
 
Feuilletez un extrait de l'ouvrage : http://fr.calameo.com/read/000015856ec4fb49af0d9?authid=3A7gkwCPcB7b
 
 
Sommaire :
 
·        LES MÉRIDIENNES
L'ÉQUATION DU TEMPS
L'HORLOGERIE MÉCANIQUE
LA DÉCIMALISATION DU TEMPS
DES HEURES INÉGALES AU TEMPS MOYEN LOCAL
DU TEMPS MOYEN LOCAL A L'HEURE NATIONALE
L'ASCENSION DU MÉRIDIEN DE GREENWICH
PARIS CONTRE GREENWICH : LA CONFÉRENCE DE WASHINGTON (1884)
DE PARIS A GREENWICH
HEURES ANCIENNES ET NOUVELLES HEURES
 
 
 
 
 
ISBN : 978-2-311-00353-6    320 pages     32€
 
 
 
 
 
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LES MAGAZINES CONSEILLÉS.:.LA RECHERCHE SPÉCIAL SUR LA THÉORIE DU TOUT. (10/10/2011)
 
À ne pas manquer.
 
Sous titré, comment la physique peut expliquer l’Univers.
 
 
Expliquer l’ensemble des lois physiques avec une même théorie : c’est le but de la théorie du tout. Les Dossiers de La Recherche lui consacrent leur 43e numéro.
Sans oublier le Cahier Technologies, qui fait le point sur les biomédicaments.
 
Le sommaire de cet exceptionnel numéro :
 
 
 
 
 
 
 
 
Sommaire
Fondamentaux
p.6 Le saviez-vous ? Six histoires de physique fondamentale
p. 8 Zoom L'unification des forces
p. 10 L'avis de l'expert Entretien avec Marc Lachièze-Rey
p.14 Les grandes étapes de la recherche De la pomme de Newton au boson de Higgs

Savoirs
I. Le besoin d'une cause fondamentale
p.18 "Dieu avait-il le choix en créant l'univers ?"
p.22 La nature s'organise comme les poupées russes
p.28 "Le boson de Higgs, la particule manquante" 
p.32 Pourquoi il faut unifier les forces
p.36 Six théories pour fonder la physique

II. Les réponses des théoriciens
p.40 Théorie des cordes : 4 raisons d'un succès
p.45 L'Univers comme un hologramme
p.48 L'hypothèse des mondes parallèles
p.52 Réinventer les lois de la gravitation
p.58 "Une bonne théorie doit être féconde"

Références
p.62 Histoire des sciences Deux W et un Z pour décrire l'interaction faible

p.66 Document
Du tout mécanique au tout électromagnétique Établir les lois des forces à distance
La théorie de Maxwell Vers les lois ultimes de la physique
 
 
 
 
 
 
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LES MAGAZINES CONSEILLÉS :.POUR LA SCIENCE OCTOBRE SUR GALLOIS. (10/10/2011)
 
 
 
Le numéro d’Octobre 2011 intéressera beaucoup les mathématiciens, il comprend un article de base sur l’héritage d’Évariste Gallois, célèbre mathématicien, mort bien trop jeune.
 
Le 25 octobre 2011 marque le bicentenaire de la naissance d'Évariste Galois.
Les découvertes du fougueux jeune homme, notamment sur les structures algébriques nommées corps finis, ont profondément marqué les mathématiques.
 
Le 200e anniversaire de la naissance de Galois offre l'occasion de revenir sur ces travaux qui ont marqué l'histoire des mathématiques et dont la postérité reste bien vivante. Nous passerons ainsi des équations polynomiales aux équations en congruence, qui permettent d'introduire les corps finis, puis nous terminerons par l'une des applications de la théorie des corps finis, le cryptage dit asymétrique.
 
 
 
 
 
Intéressant aussi un article de Howard Smith sur sommes nous seuls dans l’Univers ?
 
 
 
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Bonne Lecture à tous.
 
 
 
C'est tout pour aujourd'hui!!
 
Bon ciel à tous!
 
JEAN PIERRE MARTIN
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