Mise à jour le 31 Juillet 2011
VISITE DU MUSÉE GALILÉE À FLORENCE (ITALIE)
 
Le 16 JUILLET 2011
 
Photos : JPM pour l'ambiance. (les photos avec plus de résolution peuvent m'être demandées directement)
Voir les crédits des autres photos si nécessaire
 
 
BREF COMPTE RENDU
 
Petite escapade estivale dans la superbe ville de Florence, qui abrite notamment le musée Galilée (anciennement musée des Sciences) et d’autres hauts lieux de l’astronomie. Notamment :
 
·        Le Dôme et son gnomon.
·        Le Musée Galilée
·        Le tombeau de Galilée dans l’église Santa Croce.
 
 
 
 
LE DÔME ET SON GNOMON.
 
 
 
Le Campanile et la Cathédrale (Duomo) de Florence.
 
Quelques mots d’abord sur cette cathédrale (Santa Maria del Fiore), avec sa célèbre coupole érigée sans cintre de bois, par Brunelleschi entre 1420 et 1436. C’est la plus grande coupole jamais construite en maçonnerie de briques (plus léger que la pierre), sa diagonale mesure plus de 45m intérieur (extérieur 54m), car il contient un escalier intérieur menant au sommet de la coupole.
Il s’élève à près de 60m au dessus du sol. Il utilise une structure autoportante à 8 nervures.
 
Pour construire cette coupole novatrice Brunelleschi, mit au point de nouvelles techniques et de nouvelles machines.
La coupole intérieure est couverte de superbes fresques peintes par Vasari et Zuccaro.
C’est l’apogée du Quattrocento Italien.
 
 
 
 
C’est l’astronome Paolo Toscanelli qui fit pratiquer une vingtaine d’années après la finition de la Coupole, une ouverture circulaire de 4cm de diamètre, sur le Dôme (on voit la position de ce trou en vue de dessus sur ce dessin), servant de gnomon, afin de projeter une image du Soleil sur le sol de la cathédrale (malheureusement cette partie de la cathédrale n’était pas accessible le jour de notre visite) pour déterminer les solstices et autres grandeurs astronomiques.
Système identique quoique beaucoup plus modeste à Paris dans la Cathédrale St Sulpice.
 
À Florence, l’image du Soleil était grosse et nette comme on ;le voit sur la photo ci dessus (très peu de photos du phénomène disponibles sur Internet). On pouvait même visualiser les taches solaires.
Ce gnomon permit aussi de mettre en évidence la variation des solstices donnant ainsi un argument supplémentaire à la réforme du calendrier ordonnée par le Pape Grégoire XIII en 1582 (passage du calendrier julien au calendrier grégorien).
 
 
 
À l’intérieur de cette cathédrale, se trouve une horloge mécanique datant de 1443 et peinte par P. Uccello .
 
On remarquera qu’elle est « anti-horaire » et basées sur 24 heures et non pas 12 heures.
 
Les heures sont marquées à partir du coucher du Soleil de la journée précédente .
 
Leurs durées sont variables en fonction des saisons.
 
 
 
 
 
 
 
POUR ALLER PLUS LOIN :
 
Welcome to the Brunelleschi's Dome Web Site, assez complet.
 
Percer les mystères du dôme de Florence par Karel Vereycken
 
La méridienne de la cathédrale Santa Maria del Fiore, excellent reportage et belles vues de la méridienne au sol.
 
Une visite très complète de la cathédrale
 
 
 
 
 
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LE MUSÉE GALILÉE (MUSÉE DES SCIENCES).
 
Le musée Galilée, c’est le nouveau nom musée de l’histoire des sciences de Florence, il a été complètement refait.
 
 
C’était en fait le but de ma visite, j’avais entendu parler de ce nouveau musée qui a ouvert en 2010 après deux ans de travaux intenses.
Il est situé sur les bords de l’Arno, non loin du Palais des Offices.
 
Ce musée contient notamment les lunettes de Galilée ainsi qu’une importante collection de ses plus importantes inventions.
On y trouve même deux doigts (!!) du savant.
 
En plus des instruments de Galilée, tout un étage est dédié à la collection d’instruments de la dynastie Médicis. L’étage supérieur est lui dédié à la collection d’instruments de la maison de Lorraine. Ces deux dynasties ont procuré pendant des siècles encouragements et protection aux savants.
 
 
 
 
 
Sur le pas de la porte, dans la rue se trouve un gnomon original et monumental en bronze de 6m de haut, dont on voit le style à droite sur la photo ci-dessus.
 
Il est entouré d’une rose des vents avec les signes du zodiaque.
 
 
Photo tiré d’un reportage de Michel Lalos.
 
 
 
 
 
 
 
LES INSTRUMENTS DES COLLECTIONS MÉDICIS.
 
Le fondateur de la dynastie : Cosimo de Médicis, grand Duc de Toscane, était un protecteur des arts et sciences, ses descendants firent de même, ils nous lèguent une quantité importante d’instruments visibles à ce niveau du musée.
 
 
Certaines photos sont des photos volées, je n’ai pas pu m’en empêcher….
Astrolabe XVIème siècle de B. Giusti montée sur une tablette inclinable . Cet astrolabe a été utilisé par Galilée lui même. Au premier plan des livres sur les instruments de A. Santucci.
De haut en bas : cadran astrolabique (1556), compas d’Antonio Bianchini (1564) sur un des bras se trouve une boussole ; quadrant de P. Apianus, fait par E. Danti (1568), il servait à calculer les sinus et les cosinus.
 
 
À voir aussi ce cadran solaire polyédrique exceptionnel. Il a été fabriqué par Stefano Buonsignori en 1587, il est en bois et chaque face est un cadran différent, scaphé, vertical, incliné etc. La partie supérieure abritait une boussole pour bien s’orienter. Photo © Museo Galileo.
Quadrant en bois et laiton fabriqué par Carlo Renaldini en 1667.
 
 
 
 
La salle II est réservée principalement aux instruments d’astronomie et de mesure du temps .
 
Superbe vitrine où l’on voit accroché un astrolabe de 1483 attribué à Hans Dorn, sur la plaquette en dessous de cet astrolabe, de nombreux autres instruments , comme d’autres astrolabes, notamment un très ancien, arabe datant de 1102.
 
On peut distinguer les deux côtés sur ces photos 1 et 2.
 
 
On distingue aussi à ce même niveau un quadrant de Tobias Volkmer datant de 1608 et des nocturlabes (cadran à utiliser la nuit).
 
L’étage le plus inférieur, contient un très grand calendrier perpétuel de Chritian Boyle (deuxième moitié du 17ème) au centre et un petit nécessaire astronomique (compendium en anglais) à la droite.
 
 
 
 
 
 
 
 
De nombreux autres cadrans solaires de tous types et d’anneaux astronomiques dans cette salle, on remarquera surtout un très intéressant cadran type cadran de berger.
 
Aussi, quelques belles sphères armillaires, comme celle-ci datant de 1600 approximativement, elle est ptoléméenne, avec la Terre au centre.
 
Cette salle contient aussi le plus vieil astrolabe de la collection, daté du 10ème siècle (de Charlemagne ??), dont on peut voir une photo ici.
 
Une belle explication vidéo sur l’utilisation des astrolabes. (attention dézipper à l’arrivée avec clic droit « extraire ici »).
 
 
 
 
 
 
 
POUR ALLER PLUS LOIN :
 
Une explication théorique de la sphère armillaire.
 
Site superbe sur les instruments anciens, à voir.
 
 
 
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REPRÉSENTATION DU MONDE.
 
Les salles suivantes (III et IV) s’attachent à nous faire comprendre la représentation du monde qu’avaient les gens à cette époque.
 
C’est là où sont montrées, globes terrestres et célestes, cartes marines de l’époque, sphère armillaire etc…
Voir cette vidéo sur globes terrestres et astrolabes.
 
La pièce maîtresse de cette partie de l’exposition est la monumentale sphère armillaire en bois, d’Antonio Santucci, datant de 1593.
 
 
C’est Ferdinand I de Médicis qui commanda cette sphère à A. Santucci, elle représente le monde selon les vues d’Aristote et modifié par Ptolémée ; donc avec le globe terrestre au centre.
Certains territoires qui venaient à peine d’être découverts, sont aussi représentés.
 
Les parties en bois de la sphère sont généreusement décorées et recouvertes de feuilles d’or.
 
Sphère de 2m de diamètre et de 3,7m de haut.
Vidéo sur cette sphère et sur les cartes.
 
 
 
 
 
 
Ces salles contiennent aussi 6 globes magnifiques de Vincenzo Maria Coronelli, cosmographe et cartographe vénitien célèbre, dont les diamètres varient de 400mm à 2000mm.
 
On se rappelle les globes de 4m de diamètre construit pour Louis XIV et exposés à la BnF de Paris.
 
À droite dans la vitrine, globe terrestre de 1688 ; de 1080mm de diamètre en papier mâché; il contient les dernières découvertes dues aux explorations maritimes, des représentations d’animaux et de personnages en costumes locaux sont dessinés dessus.
À la gauche de ce globe, un globe céleste de 470mm de diamètre de la même époque (1696) et dédié au roi Guillaume III d’Angleterre, il contient les nouvelles étoiles détectées par Halley dans l’hémisphère Sud.
 
 
 
 
Dans le fond de la vitrine, on peut voir comment sont découpés les secteurs constituant ces sphères et imprimés d’après l’original de la Bibliothèque Nationale de Paris.
 
On peut voir aussi une belle photo de la vitrine complète des globes de Coronelli (sans reflet !).
 
 
Une autre vitrine nous montre un fac-similé de la grande carte de Fra Mauro dont l’original date de 1457.
 
Dimensions : un carré de 2,2m de côté.
 
Elle est représentée dans ce musée « à l’envers », le Nord en bas, voici une vue avec le N en haut.
 
Fra Mauro était un moine vénitien qui réalisa cette mappemonde sur parchemin, elle contient des détails à peine connus à l’époque probablement basés sur les récits de Marco Polo.
 
 
L’original est à la Biliothèque Marciana de Venise.
 
 
Photo © Museo Galileo.
 
 
 
 
 
 
La sale V est consacrée à la science de la navigation.
 
 
 
Elle contient des cartes et portulans (cartes servant principalement à repérer les ports et les courants marins) ; notamment ces 4 cartes que l’on voit (mal) dans le fond de la vitrine, et qui sont de Bartolomeu Velho sur parchemin et datant de 1561.
 
On remarquera le passage entre l’Atlantique et le Pacifique découvert par Magellan en 1520.
 
Cette salle expose aussi de nombreux astrolabes et instruments permettant la recherche de la longitude.
 
 
 
 
 
 
 
L’astrolabe de gauche est celui d’Arsenius datant de 1572, celui de droite (pas clairement visible sur la photo, désolé) attribué au célèbre Mercator en 1570.
 
Au premier plan des atlas nautiques.
 
 
Dans le fond, grande planisphère portugaise ; datant de 1554 du fameux cartographe, Lopo Homem.
 
 
 
 
 
 
 
La salle suivante est consacrée à l’instrumentation militaire.
 
 
POUR ALLER PLUS LOIN :
 
Les cartes portulans de la BnF.
 
Description de la mappemonde de Fra Mauro.
 
 
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SALLE DE GALILÉE ET DE SES INVENTIONS.
 
 
Et le clou de ce musée, la salle VII entièrement dédiée à Galilée.
 
 
Il contient les deux seules lunettes originales de Galilée ainsi qu’une lentille (cassée) utilisée par lui.
D’autres lunettes de l’époque dans cette vitrine, on remarquera, comme partout dans ce musée de nombreuses vidéos explicatives.
 
 
 
La lunette (attention, en anglais on dit telescope pour lunette et télescope) originale de Galilée comprend un tube principal en bois avec deux extrémités séparées pour l’objectif et l’oculaire. Elle est recouverte de cuir rouge contenant certaines dorures.
 
L’objectif d’épaisseur 2mm, a un diamètre de 37mm et une ouverture de 15mm, sa longueur focale est de 980mm.
Le grossissement était de 21, et c’est avec cette lunette grossière que Galilée découvrit les satellites de Jupiter en 1609, qu’il baptisa à l’époque, les planètes médicéennes en l’honneur des Médicis.
 
Galilée, donna sa lunette au grand Duc Ferdinand, II, mais la lentille se fendilla accidentellement plus tard ; c’est celle-ci que l’on peut voir dans un écrin d’ivoire.
 
 
 
Ses découvertes furent publiées dans son livre « le messager des étoiles » (Sidereus Nuncius) dont on peut voir le facsimilé dans une vitrine.
 
Nous avions eu la chance de voir et de toucher un original à la RAS à Londres il y a peu et dont on peut voir une photo ci-contre.
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
L’étude de la dynamique des mouvements.
 
 
Pour étudier le mouvement de la chute des corps, Galilée doit le ralentir, il a l’idée d’utiliser un plan incliné pour établir un lien entre le temps et la distance parcourue.
 
Ce plan incliné est équipé de 5 clochettes et d’un pendule.
Cela lui permit de démontrer la loi d’accélération constante de la chute des corps ; la distance parcourue est proportionnelle au carré du temps de parcours.
Qu’il traduisait ainsi : pendant des périodes de temps égales (mesurées par le pendule) les distances parcourues par un corps en chute libre sont proportionnelles aux nombres impairs : 1,3,5,7,9…
Il fit même la démonstration à Don Giovanni de Médicis, que l’on peut voir sur cette toile de 1639.
 
Une superbe vidéo du musée expliquant l’expérience du plan incliné.
 
 
 
De nombreux autres appareils de Galilée dans cette salle comme des expériences sur l’isochronisme du pendule, ou sur les trajectoires paraboliques des projectiles.
 
Un peu plus scabreux; sous verre, deux doigts du célèbre astronome !
 
 
 
D’autres salles exposent des lunettes un peu plus récentes et un peu plus complexes dans leur fabrication.
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
POUR ALLER PLUS LOIN :
 
Article en anglais très complet sur les lunettes de Galilée.
 
Vidéo sur la salle Galilée avec les lunettes.
 
Nos amis de l’Université d’Arizona, ont une très belle page décrivant parfaitement les expériences de Galilée avec le plan incliné.
 
Le plan incliné et ce qui tourne autour.
 
 
 
 
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LE NIVEAU SUPÉRIEUR DE LA COLLECTION LORRAINE.
 
 
 
Ce sont des instruments plutôt du XVIIIème siècle qui sont exposés là ; concernant l’acoustique, l’optique et l’électricité.
 
Mais aussi de nombreuses sujets de sciences expérimentales (médecine).
 
Néanmoins, il y a à cet étage de nombreux télescopes et autres cercles répétiteurs.
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
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POUR ALLER PLUS LOIN. SUR LE MUSÉE EN GÉNÉRAL :
 
Tour virtuel du musée. À voir absolument, on peut accéder à tous les instruments du musée, c’est assez exceptionnel.
 
Le catalogue (époustouflant !) du musée en téléchargement.
 
Description de tous les objets par ordre alphabétique.
 
Mini guide du musée en français.
 
Généralités sur la salle Médicis. En vidéo
 
Petit résumé bien fait de la vie de Galiléee.
 
Les cadrans solaires de Toscane par Michel Lalos, à voir.
 
 
 
 
 
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LE TOMBEAU DE GALILÉE BASILIQUE SANTA CROCE.
 
 
La tombe de Galilée se trouve dans cette superbe église franciscaine de Florence, sa tombe est située en face de celle de Michel-Ange.
Elle est de Giovan Battista et Giulio Foggini et date d’un demi siècle après sa mort !
 
 
Rappelons que Galilée meurt en 1642, près de Florence après un long procès au cours duquel il fut obligé d’abjurer ses dires concernant la place de la Terre dans le système solaire.
 
Ce n’est qu’en 1737 que son corps a été transféré à cette basilique, on découvrit à cette occasion qu’il n’était pas seul dans son tombeau, deux autres corps s’y trouvaient, dont l’un de son fervent élève Viviani et l’autre d’une femme inconnue, probablement sa sœur.
Durant l’ouverture de sa tombe, quelques doigts furent détachés du corps, ce sont ceux qui se trouvent au Musée Galilée.
 
Ce ne fut qu’en 1992, après un temps aussi incroyablement long, que Jean Paul II a réhabilité le grand homme.
 
 
POUR ALLER PLUS LOIN :
 
Excellent reportage sur la Basilique de Santa Croce.
 
Le procès de Galilée par notre ami Th Lombry de Luxorion. Très bien documenté.
 
 
 
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Bon ciel à tous
 
Jean Pierre Martin  SAF
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