LES ASTRONEWS de planetastronomy.com:

Mise à jour : 5 Octobre 2023     

   

Conférences et Évènements : Calendrier   .............. Rapport et CR

Prochaine conférence SAF. : le mercredi 11 Octobre (CNAM amphi Grégoire°) 19 H    avec Manuel RODRIGUES Ingénieur ONERA sur MICROSCOPE, premier test de la Relativité Générale dans l’espace »
Réservation comme d’habitude à partir du 14 Sept 9h00 ou à la SAF directement.  La suivante : le 8 Novembre :      Transmission en direct sur le canal YouTube de la SAF : https://www.youtube.com/channel/UCD6H5ugytjb0FM9CGLUn0Xw/feautured

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ARCHIVES DES ASTRONEWS : clic sur le sujet désiré :

Astrophysique/cosmologie ; Spécial Mars ; Terre/Lune ; Système solaire ; Astronautique/conq spatiale ; 3D/divers ; Histoire astro /Instruments ; Observations ; Soleil ; Étoiles/Galaxies ; Livres/Magazines ; Jeunes /Scolaires

 

Sommaire de ce numéro :  

 

L’écume de l’espace-temps : CR de la conf SAF de JP Luminet du 13 sept 2023. (05/10/2023)

Prix Nobel de Physique : cuvée 2023 : deux Français sur trois ! (05/10/2023)

Galaxies :.La nôtre a maigri grâce à GAIA ! (05/10/2023)

JWST :.Du CO2 en provenance de l’océan d’Europe ! (05/10/2023)

JWST : Un radical essentiel à la vie dans Orion ! (05/10/2023)

Constante de Hubble : Le JWST s’en mêle. (05/10/2023)

Parker Solar Probe :.Se prend une CME de plein fouet et survit ! (05/10/2023)

Météorites :.Elle tombe dans un jardin français !

Livre conseillé :.JWST, destination Orion par O. Berné chez Dunod. (05/10/2023)

OSIRIS-REX :.RETOUR SUR TERRE DE LA PRÉCIEUSE CAPSULE. (05/10/2023)

 

 

NOBEL DE PHYSIQUE : CUVÉE 2023, DEUX FRANÇAIS SUR TROIS. (05/10/2023)

 

 

COCORICO, les Français ont encore été à l’honneur cette année pour le prix Nobel de Physique 2023.

 

Voici tiré d’un texte de l’Ambassade de France :

 

 

Le prix Nobel de physique 2023 a été attribué à :

 

Anne L’Huillier, professeure franco-suédoise à l’université de Lund en Suède.

Pierre Agostini, professeur émérite français à l’université d’État de l’Ohio aux États-Unis.

Ferenc Krausz, autrichien et hongrois, directeur de l’Institut Max Planck d’optique quantique et professeur à l’Université Ludwig Maximilian de Munich en Allemagne.

Ces trois scientifiques ont reçu le prix "pour des méthodes expérimentales qui génèrent des impulsions lumineuses attosecondes pour l’étude de la dynamique des électrons dans la matière", a annoncé l’Académie royale des sciences de Suède le 3 octobre 2023.

 

 

Une image contenant croquis, dessin, art, Visage humain

Description générée automatiquementUn an après Alain Aspect, qui a reçu le Nobel en 2022 pour ses travaux fondateurs dans le domaine de la physique quantique, Anne L’Huillier et Pierre Agostini sont les 15e et 16e Français à recevoir un prix Nobel de physique depuis 1901.

Anne L’Huillier est seulement la cinquième femme à recevoir ce prix, après Marie Curie (1903), Maria Goeppert-Mayer (1963), Donna Strickland (2018) et Andrea Ghez (2020).

 

De gauche à droite : Pierre Agostini, Ferenc Krausz et Anne L’Huillier.

 

Illustration : Niklas Elmehed © Nobel Prize Outreach

 

 

À propos des lauréats :

 

ANNE L’HUILLIER

Entrée à l’ENS de Fontenay-aux-Roses en 1977 et agrégée de mathématiques en 1980, elle a effectué un doctorat au service des photons atomes et molécules au centre CEA de Saclay. Elle obtient un poste permanent au CEA la même année.

Elle soutient en 1986 une thèse d’État intitulée Ionisation multiphotonique et multiélectronique à l’Université Pierre-et-Marie-Curie (aujourd’hui Sorbonne Université), puis elle effectue des recherches postdoctorales à l’École polytechnique Chalmers à Göteborg en 1986, à l’Université de Californie du Sud à Los Angeles en 1988 et au Laboratoire national de Lawrence Livermore en 1993.

En 1995, elle devient professeure associée à l’université de Lund, puis professeure de physique atomique en 1997.

En 2022, elle avait reçu le Prix Wolf avec Ferenc Krausz et le Canadien Paul Corkum.

 

PIERRE AGOSTINI

Pierre Agostini obtient son doctorat en 1968 à l’Université d’Aix-Marseille, puis entre au CEA à Saclay, où il reste jusqu’en 2002.

Il a aussi pendant cette période des positions de chercheur invité à l’Université de Californie du Sud, à la FOM (Fondation pour la recherche fondamentale sur la matière) d’Amsterdam, et au BNL (Laboratoire national de Brookhaven) aux États-Unis.

Depuis 2005, il est professeur de physique à l’Université d’État de l’Ohio.

 

FERENC KRAUSZ

Ferenc Krausz suit d’abord une formation universitaire à Budapest, en génie électrique et en physique théorique. Il obtient ensuite son doctorat à l’Université de Technologie de Vienne (Autriche) en 1991, en se spécialisant en physique des lasers, puis occupe plusieurs postes d’enseignement.

Il prend la direction de l’Institut Max-Planck d’optique quantique, en Allemagne, en 2003, et il est également placé à la tête du département de physique expérimentale à l’Université Louis-et-Maximilien de Munich en 2004. En 1996 il est l’un des premiers lauréats du Prix Start.

 

Ce sont des scientifiques pionniers dans le domaine des temps ultra courts, de l’ordre du milliardième de milliardième de seconde, à savoir de l’attoseconde ! (10-18 seconde). Ils ont pu filmer le mouvement des électrons grace à des lasers ultra rapides.

 

 

 

 

Signalons à cette occasion les préoccupations du Prix Nobel Alain Aspect sur le désintérêt des jeunes pour les maths :

 

Alain Aspect, Prix Nobel de physique 2022 : « Je suis préoccupé par la désaffection des jeunes pour la science »

 

Notons aussi cette visite du temple des maths qu’est l’IHES :

 

L’IHES, le temple discret des mathématiques du Point

 

 

 

 

POUR ALLER PLUS LOIN :

 

 

Communiqué de presse du comité Nobel.

 

Prix Nobel de physique 2023 : les Français Anne L’Huillier et Pierre Agostini à l'honneur avec les impulsions laser ultra-courtes

 

Nobel de physique: trois spécialistes du mouvement ultra-rapide des électrons récompensés

 

Prix Nobel de physique : l’étonnant parcours d’Anne L’Huillier, de Paris à Lund

 

Nobel de physique 2023 pour Anne L'Huillier et Pierre Agostini pour leurs travaux initiés et conduits au CEA

 

 

 

 

 

 

 

GALAXIES :.LA NÔTRE A MAIGRI GRÂCE À GAIA ! (05/10/2023)

 

Notre Galaxie, la Voie Lactée, a vu sa masse fortement réduite suite aux mesures effectuées par la sonde GAIA et ses données de son troisième catalogue d’étoiles (1,8 milliards d’étoiles).

En effet, les astronomes de l’Observatoire de Paris et notamment notre ami François Hammer, ont obtenu la mesure la plus précise de la masse de notre Galaxie.

Cette masse (2 1011 masses solaires) est approx 5 fois plus faible que ce l’on avait évalué, soit 1012 masses solaires.

Et ceci entraîne des conséquences, en effet la proportion de matière noire serait ainsi beaucoup plus faible, nous obligeant à revoir nos théories.

 

Les données traitées par l’Observatoire de Paris, ont permis de tracer la courbe de rotation précise des étoiles de notre galaxie.

Courbe de rotation de la Voie lactée représentant la vitesse circulaire de rotation en fonction de la distance au centre.

Cette courbe n’est pas plate comme on aurait pu s’y attendre, comme pour toutes les autres galaxies spirales.

Ce qui est contraire aux découvertes de Zwicky et V Rubin qui avaient menées à l’introduction de la notion de matière noire.

 

Une image contenant texte, capture d’écran

Description générée automatiquementLes points blancs et les barres d’erreur représentent les mesures obtenues à partir du catalogue Gaia DR3. La courbe bleue représente le meilleur ajustement de la courbe de rotation par un modèle incluant matière ordinaire et matière sombre. La partie orange de la courbe montre la décroissance Képlérienne, qui commence au-delà du disque optique de notre Galaxie. Une vitesse de rotation constante est rejetée avec une probabilité de 99,7% (3σ).

© Jiao, Hammer et al. / Observatoire de Paris – PSL / CNRS / ESA / Gaia / ESO / S. Brunier

 

 

 

De cette courbe, les astronomes ont pu en déduire la masse de notre Galaxie, se basant sur la vitesse de rotation des corps, plus ils sont massifs, plus ils tournent vite. On remarque aussi que les étoiles éloignées du centre suivent une courbe « képlérienne » (comme pour les planètes de notre système solaire).

 

 

Les résultats ont été publié dans la revue Astronomy & Astrophysics du 27 sept 2023.

 

Ces résultats vont-ils conduire à une remise en cause de certaines théories en cosmologie ??

Pourquoi notre Galaxie serait-elle différente ? Erreurs de mesures pour les autres galaxies ou pour Gaia ?

 

Il faut attendre.

 

 

POUR ALLER PLUS LOIN :

 

Revue fortement à la baisse, la masse de la Voie lactée questionne la cosmologie

 

La Voie lactée est moins massive qu’on ne le pensait : une nouvelle énigme pour la matière noire

 

Article disponible aussi sur : https://arxiv.org/abs/2309.00048

 

Mass models of the Milky Way and estimation of its mass from the GAIA DR3 data-set

 

The revisited mass of the Milky Way is much smaller than expectations from cosmology

 

GAIA finds the milky way contains less dark matter than previously thought

 

What Does the Milky Way Weigh? Hubble and Gaia Investigate

 

The Milky Way's Mass is Much Lower Than We Thought

 

Comment pèse-t-on une galaxie ?

 

 

 

 

 

 

 

JWST :.DU CO2 EN PROVENANCE DE L’OCÉAN D’EUROPE ! (05/10/2023)

 

On se doutait bien qu’Europe, un des satellites galiléens de Jupiter possédait très certainement un océan interne d’eau salé. Océan situé quelques dizaines de km sous la couche de glace et en contact avec le noyau rocheux de ce corps.

 

Une image contenant espace, obscurité, capture d’écran, cercle

Description générée automatiquementMais ce que vient de découvrir le Webb est encore plus formidable !

Il a détecté que du CO2 solide (neige carbonique) en provenance des profondeurs de cet océan. Et ce dépôt serait récent (au sens astronomique du terme). Deux études indépendantes basées sur les mesures du JWST semblent indiquer que de la glace de CO2 s’est déposée sur la surface d’Europe en grande quantité dans la région baptisée Tara Regio.

 

Image par la NIRCam d’Europe, cette lune qui apparait bleue car brillant plutôt dans les longueurs d’onde courte, comporte des taches blanches, celle centrale est Tara Regio, où de la glace de CO2 s’est déposée.

 

Crédit photo : Science, NASA, ESA, CSA, Gerónimo Villanueva (NASA-GSFC), Samantha K Trumbo (Cornell University)

 

 

 

 

Ces deux études ont donné naissance à deux articles du journal Science :

 

The distribution of CO2 on Europa indicates an internal source of carbon

 

Endogenous CO2 ice mixture on the surface of Europa and no detection of plume activity

 

 

Revenons un peu en arrière, on se doute qu’Europe possède un océan interne, on a d’ailleurs noté (Hubble) des émissions de vapeur d’eau de temps en temps s’échappant de failles. Cet océan, très probablement salé afin d’abaisser le point de congélation, serait dû à l’effet des forces de marée à l’intérieur d’Europe due à la proximité de Jupiter, qui agissent sur le noyau rocheux de ce corps.

 

 

Les scientifiques ont montré que cette glace se situe principalement dans une large zone, Tara Regio.

Région dont la surface est très perturbée, chaotique disent les géologues.

 

Une image contenant capture d’écran, Caractère coloré, léger

Description générée automatiquement

De gauche à droite : Europe à la NIRCam dans le proche IR ; ensuite des images dues à la NIRSpec
où les zones blanches correspondent au CO2 de Tara Regio.

Crédit : Nasa, ESA, CSA, Gerónimo Villanueva (NASA-GSFC), Samantha K Trumbo (Université Cornell)

 

 

Le CO2 sous forme de glace provient de l’intérieur d’Europe d’après les études effectuées et non pas d’impacts météoritiques.

On a donc de l’eau, du sel et du CO2. Cela suffit-il pour abriter une forme de vie primitive ? On ne le sait pas encore, mais la découverte de CO2 provenant de cet océan est un premier pas positif.

 

Espérons que les futures missions Juice (ESA déjà partie) et Europa Clipper (NASA en 2024) nous aideront à progresser dans nos investigations. Il faudra attendre 8 ans, la durée du voyage.

 

 

 

 

 

POUR ALLER PLUS LOIN :

 

NASA’s Webb Finds Carbon Source on Surface of Jupiter’s Moon Europa

 

Du CO2 détecté à la surface de Europe provenant de son océan à lire absolument !

 

Webb finds carbon source on surface of Jupiter’s moon Europa

 

James Webb Découvre Que Le CO2 Sur Europe, Une Lune De Jupiter, Provient D'un Océan Caché

 

James-Webb détecte la présence de carbone utilisable par la vie dans l'océan d'Europe, la lune de Jupiter

 

 

 

Une vidéo expliquant l’océan d’Europe.

 

Toutes les photos du JWST sur Flickr.

 

 

 

 

 

JWST :.UN RADICAL ESSENTIEL À LA VIE DANS ORION ! (05/10/2023)

 

 

On a détecté pour la première fois le cation méthyle (CH₃) dans le disque protoplanétaire entourant une jeune étoile dans la région du nuage moléculaire dOrion, à environ 1300 al de la Terre

 

Le cation méthyle est une molécule carbonée assez simple qui possède une propriété unique : il réagit de manière relativement inefficace avec la molécule la plus abondante de notre univers (l’hydrogène moléculaire), mais il réagit facilement avec d'autres molécules, ce qui permet la formation de molécules beaucoup plus complexes à base de carbone.

 

On a pu observer dans une région de l'espace qui pourrait éventuellement former des planètes capables d'accueillir la vie.

 

Une image contenant texte, capture d’écran, astronomie

Description générée automatiquement

Figure du haut : images JWST de la barre d’Orion avec un zoom sur le disque proto-planétaire d203-506 .

 

 

Figure du bas : comparaison entre le spectre JWST du disque proto-planétaire d203-506 par MIRI et le spectre modélisé CH₃.

 

 

(Image NIRCam) © ESA/Webb, NASA, CSA, M. Zamani (ESA/Webb), the PDRs4All ERS Team

 

 

C’est notre ami Olivier Berné de l’IRAP qui a initié ces mesures dans Orion.

 

CH₃+ est une molécule qui est recherchée depuis longtemps par les astronomes, car elle est considérée comme étant essentielle dans la chimie extraterrestre.

 

 

 

 

 

POUR ALLER PLUS LOIN :

 

Webb makes first detection of crucial carbon molecule in a planet-forming disc

 

Une nouvelle espèce détectée par le télescope spatial JWST

 

Le cation méthyle (CH3+) détecté pour la première fois dans l’espace

 

 

 

 

 

Les images du Webb sur Flickr.

 

 

 

 

 

CONSTANTE DE HUBBLE : LE JWST S’EN MÊLE. (05/10/2023)

 

Rappel :

L’Univers est en expansion, on le sait depuis presque un siècle, mais à quelle vitesse ?

Une constante, logiquement appelée Constante de Hubble (maintenant on doit dire constante de Hubble-Lemaître) et notée H0 (sa valeur d’aujourd’hui, car H varie dans le temps très probablement) représente ce degré d’expansion.

Elle est exprimée en km/s/Mpc (kilomètre par seconde par Méga Parsec, un Parsec = 3,26 années-lumière)

Le problème, dès l’origine a été la détermination exacte de cette constante, cette constante joue un rôle fondamental dans la théorie de la formation de l’Univers.

 

Il existe principalement deux méthodes pour déterminer H0 :

 

 

Le problème est que ces deux méthodes ne donnent pas la même valeur !!!

Les Céphéides donnent : 73 km/s/Mpc

Le CMB donne : 67 km/s/Mpc

 

Ces deux valeurs étant très précises, ce n’est donc pas une erreur de mesure. Une telle différence entre 73 et 67 même minime, n’est pas compatible avec les barres d’erreur de mesures.

 

Le télescope spatial Hubble avait mesuré pendant près de 30 ans cette constante et la valeur de 73 est particulièrement « solide ».

 

Une image contenant texte, capture d’écran, Espace lointain, Univers

Description générée automatiquement

Combinaison des mesures de Céphéides de Hubble et du JWST

On rappelle que les Céphéides sont des étoiles servant de chandelles standard dans l’Univers.

© NASA, ESA, CSA, Adam G. Riess (JHU, STScI) / webbtelescope.org

 

 

C’est là que le télescope spatial James Webb entre en scène, le prix Nobel de physique Adam Riess de la Johns Hopkins University, reprend les mesures de Hubble avec le JWST, en les étendant aux Céphéides situées aussi dans l’IR.

Lui et ses collègues ont ainsi mesuré plus de 300 Céphéides.

 

Et le résultat vient de tomber, ils confirment en tout point les mesures de Hubble : 73 km/s/Mpc !!!!

 

 

Une image contenant capture d’écran, texte, musique

Description générée automatiquement

Il était fondamental au début de l’étude de calibrer les Céphéides utilisées, c’est-à-dire de comparer leur relation période/luminosité.

 

Ce qui a été fait, voir les courbes, les points rouges sont pour le JWST et les points gris pour Hubble.

 

Courbe du haut dans NGC 5584

Courbe du bas dans NGC4258

 

Les deux graphes montrent une excellente corrélation.

 

 

 

Crédit : NASA, ESA, CSA, J. Kang (STScI). Science: A. Riess (STScI)

 

 

 

 

 

 

 

Le mystère des deux valeurs de H0 reste entier !!

Va-t-il falloir faire intervenir l’énergie noire ? Ou une autre force ?

 

RAPPEL : le Dr Adam Riess prix Nobel de physique interviendra dans le cadre des conférences cosmologiques de l’École Chalonge le 12 Décembre en vidéo (Zoom), si vous n’étiez pas inscrit l’année dernière, il faut vous inscrire (gratuit) à :

https://chalonge-devega.fr/registration_zoom.html

Sa conférence en anglais : H0 et l’expansion de l’Univers. À NE PAS MANQUER !!

 

 

POUR ALLER PLUS LOIN :

 

Uncrowding Cepheids in the Near Infrared

 

Webb Confirms Accuracy of Universe's Expansion Rate Measured by Hubble, Deepens Mystery of Hubble Constant Tension

 

Mystère cosmologique: James Webb en quête de la constante de Hubble

 

Crowded No More: The Accuracy of the Hubble Constant Tested with High Resolution Observations of Cepheids by JWST, l’article scientifique publié par A Riess et collègues.

 

Constante de Hubble : Mystère autour de sa vraie valeur !

 

Cosmologie  :.Une nouvelle mesure de H0 !

 

Le James-Webb confirme l'énigmatique tension entre les mesures de la vitesse d'expansion de l'Univers

 

It's Going to Take More Than Early Dark Energy to Resolve the Hubble Tension  à lire

 

Expansion Rate: The Hubble Tension  vidéo

 

 

 

 

 

 

 

PARKER SOLAR PROBE :.SE PREND UNE CME DE PLEIN FOUET ET SURVIT ! (05/10/2023)

 

Depuis plus de 5 ans que la sonde solaire Parker (PSP) est en opération, elle nous a habitué à sa résistance dans un environnement si proche de notre étoile. Et maintenant elle vient (en fait en septembre 2022) de traverser une énorme éjection de masse coronale, l’a filmée et a survécu.

 

Une CME est une éjection de plasma ultra chaud comportant des particules chargées (électrons, protons) émises à une vitesse phénoménale, ici, 1350 km/s, mesurée par l’instrument SWEAP (Solar Wind Electrons, Alphas and Protons).

 

C’est ce 5 sept 2022 que PSP étant à près de 9 millions de km de la surface solaire qu’elle se fait atteindre par cette énorme CME, une des plus puissantes dira la NASA, en fait, si elle avait atteint la Terre, elle aurait été du même ordre que le célèbre évènement Carrington de 1859.

Les boucliers thermiques et autres protections ont bien fonctionné.

 

Voyons tout d’abord le film de l’évènement, avec l’autorisation du JHUAPL (Johns Hopkins Applied Physics Laboratory).

 

https://youtu.be/FF_e5eYgJ3Y

 

 

Ce sont les images prises par l’instrument WISPR (Wide-field Imager for Solar Probe), la CME explose au time code 14 secondes, le son correspond à la conversion audio du champ magnétique. La CME a été étudiée pendant deux jours complets.

 

Cet évènement a été décrit dans la revue The Astrophysical Journal du 5 sept 2023, article que vous pouvez aussi consulter en pdf.

 

Cette CME a pu aussi être étudiée simultanément par une autre sonde solaire de la NASA, STEREO, permettant de recouper certaines informations et d’établir de nouveaux modèles.

 

 

 

 

 

POUR ALLER PLUS LOIN :

 

Parker Probe’s Path Through Solar Blast Yields Unparalleled Space Weather Insights

 

NASA's Parker Probe Flew Through A Massive Solar Eruption And Caught It All On Camera

 

 

 

Le site de PSP à la NASA.

 

Le site de parker solar probe au JHUAPL

 

L’actualité Parker Solar Probe sur votre site préféré.

 

 

 

 

 

OSIRIS-REX :.RETOUR SUR TERRE DE LA PRÉCIEUSE CAPSULE. (05/10/2023)

 

Ah, mes amis, quelle aventure ! J’ai pu suivre en direct, ce 24 Septembre 2023, la récupération de la capsule d’échantillons de l’astéroïde Bennu ramenée par la sonde Osiris-Rex de la NASA lancée en 2016.

La mission de cette sonde vous a été conté sur ce site même pendant ces 7 ans de voyage.

C’est donc l’ultime étape de ce voyage de plus de 2 milliards de km, qui a mené cette sonde à prélever des échantillons du sol du petit astéroïde Bennu (250 g approx collectés en 2020) et de les ramener sur Terre, afin que nous puissions les analyser.

 

Tout était bien préparé et calculé par la NASA pour un atterrissage sans encombre dans le désert de l’Utah, près de la ville de Salt Lake City. La capsule pénètre l’atmosphère à près de 11 km/s, le bouclier thermique va jouer son rôle ainsi que les deux parachutes.

 

Reportage : copies d’écran de NASA TV

 

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Visualisation de la trajectoire de rentrée, au-dessus de la Californie, on vise 58km x 14km !

Suivi de la capsule par des caméras au sol

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Atterrissage parfait, la capsule et le parachute

Applaudissement dans la salle de contrôle 

 

Bravo à toute l’équipe, on a même vu Dante Lauretta, le PI de la mission, maintenant barbu essuyer une larme.

 

La NASA a même capturé la vidéo du largage de la capsule depuis la sonde Osiris-Rex. Voir cette séquence gif.

 

 

Une image contenant plein air, désert, sol, montagne

Description générée automatiquementRapidement une équipe récupère la capsule, effectue les mesures de température et l’empaquète et la transporte par hélicoptère vers une salle blanche de transit provisoire.

Dans cette salle, la capsule va être débarrassée de son bouclier thermique et de son couvercle. On va procéder à une purge d’azote permanente (même pendant le transport) afin de protéger l’intérieur d’une contamination éventuelle.

Ensuite elle est envoyée par avion au Johnson Space Center de Houston où le réceptacle sera ouvert dans la salle blanche prévue à cet effet pour la première fois.

 

Photo : NASA.

 

 

 

 

Une image contenant capture d’écran, texte, léger

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Vue de la capsule de rentrée et de l’intérieur. Illustration Lockheed Martin Space

 

 

Le plus gros travail reste à faire, on va rechercher des traces de molécules organiques par exemple.

 

Ces analyses devraient nous en apprendre beaucoup sur notre propre histoire de notre système solaire, étant donné que les astéroïdes sont des objets primitifs datant de la formation du système solaire.

Ce sont des meilleurs sujets d’étude que les météorites que l’on recueille au sol, car elles peuvent avoir été contaminées par le passage dans l’atmosphère et le séjour sur le sol terrestre.

 

N’oublions pas que nos amis Japonais ont déjà ramené chez eux les échantillons rapportés par la sonde Hayabusa 2.

 

Même si ces deux astéroïdes Bennu et Ryugu ont une forme similaire, ils sont probablement différents et il sera intéressant de comparer les analyses.

 

Arrivée à Houston, on a commencé à ouvrir la capsule. Beaucoup de poussière de l’astéroïde (piégée lors du contact du bras sur le sol) entoure le réceptacle, maintenant il faut ouvrir ce réceptacle pour accéder aux échantillons recueillis.

 

 

Voilà, maintenant on attend les premiers résultats, alors comme on dit là-bas : Stay Tuned !

 

 

Mais la science n’est pas finie pour Osiris, il lui reste du carburant et on lui a assigné une nouvelle cible : l’astéroïde Apophis, même s’il ne peut plus prendre d’échantillons, il peut toujours effectuer des mesures et des photos. Ce sera pour 2029 !

 

 

Vidéo de la récupération : https://youtu.be/wVSM_xPWN1c

 

 

 

POUR ALLER PLUS LOIN :

 

 

OSIRIS-REx's asteroid sample lands in Houston (photos)

 

OSIRIS-REx sample-return press kit.  

 

NASA’s OSIRIS-REx Capsule Arrives in Houston

 

Photos officielles NASA de la récupération.

 

OSIRIS-REx, Returning the Asteroid Sample par la NASA

 

NASA collected a sample from an asteroid for the first time — here’s why it matters

 

OSIRIS-REx et ses morceaux d’astéroïde sont arrivés sur Terre : et maintenant ?

 

NASA’s First Asteroid Sample Has Landed, Now Secure in Clean Room

 

Major asteroid sample brought to Earth in NASA first

 

OSIRIS-REx Makes Final Course Adjustment Before Sept. 24 Sample Delivery

 

Pourquoi la Nasa pulvérise de l’azote sur ses morceaux d’astéroïde

 

Mission OSIRIS-REx : pourquoi les scientifiques s’intéressent autant aux astéroïdes

 

Initial Curation of NASA’s OSIRIS-REx Sample

 

Osiris-REx : une première surprise à l’ouverture de la capsule d’échantillons d’astéroïde

 

NASA's OSIRIS-REx spacecraft views sample return capsule's departure

 

 

 

https://youtu.be/O8R2hsoIgTc    simulation

 

 

 

Le site de la mission à l’Université d’Arizona.

 

Tout sur la mission Osiris Rex sur votre site préféré.

 

Tout sur la mission Hayabusa sur votre site préféré.

 

 

 

 

 

MÉTÉORITES :.ELLE TOMBE DANS UN JARDIN FRANÇAIS ! (05/10/2023)

 

Le réseau FRIPON (pas d’excitations, c’est purement scientifique !!), réseau chargé d’étudier en continu le ciel pour signaler la chute de météores et autres météorites. FRIPON et l’IMCCE nous informe de la chute d’une nouvelle météorite.

 

FRIPON est l’acronyme anglo-saxon de Fireball Recovery and InterPlanetary Observation Network, il est très développé surtout en France.

 

 

C’est la caméra située à l’Observatoire de Nançay qui a capturé la chute de ce bolide.

 

Je reprends le communiqué de presse en partie :

 

 

Dans la nuit du samedi 9 au dimanche 10 septembre 2023 à 22h13 TU, à peine sept mois après la découverte des météorites normandes, un bolide (gros météore) a traversé et illuminé le ciel du centre de la France.

 

Une image contenant capture d’écran, sphère, cercle, astronomie

Description générée automatiquement

Capté par dix caméras du réseau FRIPON (fig. 1), de nombreuses personnes ont pu l’admirer et parfois même entendre l’objet passer le mur du son. Plus de 300 signalements ont aussi été reçus sur la plateforme AMS/IMO/Vigie-Ciel.

 

 

Fig. 1 – Mosaïque d’images du bolide du 9 septembre 2023, 22h13 TU, filmé avec les caméras FRIPON. Crédits FRIPON/Vigie-Ciel

 

L’équipe FRIPON/Vigie-Ciel a calculé la trajectoire du bolide (fig. 2) dans sa phase lumineuse, permettant d’obtenir son orbite dans le Système solaire (fig. 3). On voit ainsi que l’aphélie de l’orbite (point le plus éloigné du Soleil) se situe dans la ceinture d’astéroïdes externe proche de Jupiter avec un demi-grand axe de 2,56 au. Plus intéressant, la vitesse initiale faible de 17 km/s et finale de seulement 4 km/s (fig. 4) nous faisaient espérer la possibilité qu’une partie de l’objet initiale ait survécu à sa rentrée atmosphérique.

 

 

 

Nos calculs donnaient une masse finale comprise en 300 g et 1 kg. Cette incertitude provient de paramètres que l’on ne connait pas initialement, comme la forme de l’objet et sa densité. Nous avons également calculé une zone de chute qui se situait à une dizaine de kilomètres de l’observatoire de Nançay. Après l’excitation de la détection est venue la déception de constater que la météorite était tombée dans la forêt solognote qui est très dense à cet endroit, nos chances de retrouvaille étaient très faibles. Nous avions donc décidé de ne pas organiser de campagne de recherche sur le terrain, mais seulement d’informer nos relais Vigie-Ciel de science collaborative locaux.

 

Dans la matinée du mardi 12 septembre, l’équipe a été contactée par des membres d’une structure relais du programme FRIPON/Vigie-Ciel : le Pôle des étoiles de Nançay. Les responsables annoncent avoir été approchés par une habitante de la communauté de communes de Sauldre et Sologne qui pense avoir retrouvé des météorites dans sa propriété, mais voudrait une expertise. Un simple examen des images permet de confirmer que c’est bien une météorite (fig. 5). De plus, la zone de chute se situe à seulement 200 m de notre prédiction !

 

Des membres de l’équipe FRIPON/Vigie-Ciel (fig. 6) se sont rendus rapidement sur les lieux pour rencontrer l’heureuse découvreuse, expliquer le phénomène et répondre à ses questions. À l’issue de cet échange, un beau fragment de la météorite a été confié au Muséum national d’histoire naturelle pour être analysé.

 

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Fig. 5 – Assemblage des fragments de la météorite cassée en 3 morceaux lors de son impact. Crédits FRIPON/Vigie-Ciel

Fig. 6 – De gauche à droite : François Colas (responsable du projet FRIPON, OBSPM), Philippe Cavier et Charbal Kanzandjian (respectivement animateur et responsable au Pôle des étoiles de Nançay), Sylvain Bouley (planétologue, équipe FRIPON/Vigie-Ciel, Université Paris Saclay, Président de la SAF). Crédits FRIPON/Vigie-Ciel

 

 

 

À peine quatre jours après la chute, le fragment (image en entrée d’article) de la météorite est arrivé dans l’un des spectromètres gamma du Département de physique nucléaire et de biophysique de l’université Comenius (Bratislava, Slovaquie). Certains des noyaux radioactifs comptés par le spectromètre sont instables, il est donc primordial de commencer ces analyses le plus tôt possible après la chute de la météorite. Celles-ci permettent d’en apprendre plus sur la taille de l’objet originel, mais aussi sur sa fragmentation et sa vie dans l’espace (plus d’informations sont disponibles sur le site web FRIPON/Vigie-Ciel).

 

 

POUR ALLER PLUS LOIN :

 

Une nouvelle météorite française !

 

Météorite du 10 septembre : 4 jours après la chute, les mesures par spectrométrie gamma sont déjà en cours !

 

Une météorite est tombée dans le jardin d’une habitante du Cher : écoutez le son de sa chute !

 

 

 

 

 

LIVRE CONSEILLÉ :.JWST DESTINATION ORION PAR O. BERNÉ CHEZ DUNOD. (05/10/2023)

 

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Un livre qui se lit comme un polar !

 

Destination Orion -Voyage à bord du télescope James Webb

Par Olivier Berné aux éditions Dunod.

 

Olivier Berné est astrophysicien à l’IRAP de Toulouse, et il participe au JWST depuis 2015. C’est aussi un spécialiste de la nébuleuse d’Orion et il entend bien dédier certaines observations du Webb à Orion.

 

C’est cette aventure que l’on va suivre dans cet ouvrage, les réussites, les craintes et les embuches des programmes spatiaux.

 

Finalement on aboutira à des images exceptionnelles de cette nébuleuse. Il nous expliquera en détails aussi le secret de fabrication de ces images.

 

 

 

 

 

SOMMAIRE DE L'OUVRAGE

Préambule. Un mystérieux signal extraterrestre d'origine inconnue. À la recherche des premières galaxies. Construire une équipe. Just Wonderful Space Telescope. Négocier. Travailler à 100 ou à 1 000. L'observatoire. Remonter à la naissance des planètes et de la vie. Des idées et des scientifiques. "Failure is not an option". Une mission d'une autre dimension. Irréparable. Stress maximum.  Go Webb!  Silence radio. Disséquer le cosmos. Première lueur. Les étoiles ont-elles cinq branches ? Armageddon. Une histoire de famille. Nouvelles images du cosmos. rendre visible l'invisible. Les galaxies monstres existent-elles ? L'attente. Observer Orion. Toulouse,  we have a problem. J-1. Jour J. J+1. Dans la fabrique des images du JWST. Le pouvoir des images. d203-506. Faire parler la lumière. Fabriquer des planètes. Le retour de MIRI. Ouf ! La grand-messe. Avis de tempête sur d203-506. Les nerfs. Un mystérieux signal extraterrestre d'origine inconnue (suite). La quête du Saint-Graal astrochimique.  Good news. L'hypothèse américaine. Le doute. La visioconférence des papes.  Science. "C'est une découverte". Liberté. Des nouvelles des galaxies monstres. Le destin. Qu'avons-nous compris ? Sommes-nous seuls ? Épilogue. Glossaire. Remerciements. Notes et références.

 

 

17,90 Euros

 

 

Olivier Berné à la radio :

https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/la-terre-au-carre/la-terre-au-carre-du-mercredi-30-aout-2023-6494820

 

 

 

 

 

 

 

 

Bonne lecture à tous.

 

C’est tout pour aujourd’hui !!

 

Bon ciel à tous !

 

JEAN-PIERRE MARTIN

 

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