LES ASTRONEWS de planetastronomy.com:

Mise à jour : 11 Février 2017   

       

Conférences et Événements : Calendrier   .............. Rapport et CR

Prochaine conférence SAF : « Chronologie de la formation du système solaire » le 8 Mars par Marc Chaussidon cosmochimiste Directeur de l’IPGP  (Institut de Physique du Globe de Paris)., résa à partir du 9 Février. La suivante, le 12 Avril, « les Aventuriers de l’Astronomie » par JP Martin. Résa à partir du 9 Mars.

Liste des conférences SAF en vidéo.

Astronews précédentes : ICI        dossiers à télécharger par ftp : ICI

ARCHIVES DES ASTRONEWS : clic sur le sujet désiré :

Astrophysique/cosmologie ; Spécial Mars ; Terre/Lune ; Système solaire ; Astronautique/conq spatiale ; 3D/divers ; Histoire astro /Instruments ; Observations ; Soleil ; Étoiles/Galaxies ; Livres/Magazines ; Jeunes /Scolaires

Sommaire de ce numéro :  

Colloque Rosetta : CR de ce colloque à l’Académie des Sciences du 24 Janv 2017. (11/02/2017)

Le graviton massif ? : CR de la conf SAF (Cosmologie) de C Deffayet du 14 Janv 2017. (11/02/2017)

Le Pays qu’habitait Einstein : CR de la conf SAF d’Etienne Klein du 11 Janv 2017. (11/02/2017)

L’Univers Invisible : CR de la conf IAP de D Elbaz du 3 Janvier 2017. (11/02/2017)

Cartographie de l’Univers : VIPERS et ses 90.000 galaxies ! (11/02/2017)

Space X :.Retour en vol après une explosion funeste. (11/02/2017)

Histoire des stations spatiales : de Saliut à TianGong. Première partie. (11/02/2017)

CÉRÈS :.Serait-ce un objet Trans-neptunien ? (11/02/2017)

La formation des planètes : Les pièges à poussières y sont pour quelque chose ! (11/02/2017)

New Horizons :. Prochaine mission ! (11/02/2017)

M31 et M32 : Tout ce que vous avez voulu savoir sur ces galaxies ! (11/02/2017)

Vu d'en haut : Le détroit de Gibraltar. (11/02/2017)

Cassini-Titan :.Une nouvelle vidéo améliorée de l’atterrissage. (11/02/2017)

Cassini-Saturne :.Des vues impressionnantes des anneaux. (11/02/2017)

Livre conseillé :.De l’infini, chez Dunod, par JP Luminet et M Lachièze Rey (11/02/2017)

 

 

 

 

CARTOGRAPHIE DE L’UNIVERS : VIPERS ET SES 90.000 GALAXIES! (11/02/2017)

 

L’ESO et l’INSU sont heureux d’annoncer que la toile cosmique dans l'Univers distant est dévoilée pour la première fois par le sondage VIPERS.

 

 

Le plus grand projet jamais réalisé par les télescopes de l'Observatoire Austral Européen (ESO) pour cartographier l'Univers en trois dimensions vient de se terminer avec la mesure précise de la position de plus de 90 000 galaxies lointaines. La mise à disposition publique des données du sondage spectroscopique VIMOS Public Extragalactic Redshift Survey (VIPERS) le 18 novembre a été l'occasion de la sortie d'une série de résultats de premier plan, qui mettent en lumière l’importance de la structure à grande échelle de l’Univers pour comprendre la cosmologie et la formation des galaxies. Ces travaux ont été menés par une équipe internationale dans laquelle des chercheurs français du Laboratoire d'Astrophysique de Marseille, du Centre de Physique Théorique de Marseille et de l'Institut d'Astrophysique de Paris sont fortement impliqués.

 

Section d’Univers montrant la position de milliers de galaxies mesurées avec VIPERS. L’observateur est à gauche et les galaxies vers la droite sont de plus en plus éloignées dans le temps. Un redshift de 0,65 correspondant à 6 milliards d’années en arrière et un de 1,0 à 8 milliards d’années. Les couleurs indiquent les vraies couleurs des galaxies. Les rouges sont des galaxies elliptiques, les bleus sont des galaxies spirales en cours de formation d’étoiles. La taille des points ets proportionnelle à la brillance des galaxies. Crédit: ESO/L. Guzzo/VIPERS survey

 

 

Le sondage spectroscopique VIPERS a été mené pendant 8 ans à partir du spectrographe VIMOS au Very Large Telescope de l'ESO. Le but de ce projet a été de collecter des spectres de galaxies lointaines sur deux grands volumes de l'Univers tel qu'il était entre 5 et 9 milliards d'années après le Big Bang. L'échantillon de galaxies obtenu a révélé de manière très détaillée, et pour la première fois à ces époques lointaines, comment les galaxies étaient distribuées à grande échelle, révélant une toile cosmique gigantesque, constituée de vides, filaments et nœuds. Cette toile contient l'essentiel du contenu en matière de l’Univers. 

 

Entre les observations de l’Univers primordial obtenues par le satellite Planck de l’Agence Spatiale Européenne (ESA) et la cartographie détaillée de l'Univers local par le sondage Sloan Digital Sky Survey, les données de VIPERS fournissent un instantané de l’état d'évolution des structures de l'Univers telles qu'elles étaient il y a environ 7 milliards d’années. Elles permettent aux chercheurs de contraindre le processus global de croissance des structures aux grandes échelles ainsi que les processus complexes d’évolution du gaz, capturé dans ces structures filamentaires, et qui représente le réservoir indispensable aux galaxies pour soutenir la formation d'étoiles en leur sein. Plusieurs années d’observation et de traitement des données spectroscopiques de précision ont été nécessaires pour produire le grand catalogue mis à disposition de la communauté, avec une contribution importante de Sylvain de la Torre, Vincent Le Brun, Olivier Le Fèvre et Lidia Tasca, chercheurs au Laboratoire d’Astrophysique de Marseille (LAM). 

 

L’apport fondamental de VIPERS, comparé aux sondages précédents, est la combinaison de la qualité des spectres mesurés des galaxies, la quantité de données photométriques annexes et la densité numérique sans précédent de galaxies à ces distances, permettant de dépeindre avec une grande précision statistique l’évolution des propriétés des galaxies sur les derniers 10 milliards d’années. Pour la première fois à des époques aussi reculées de l’histoire de l’Univers, l’équipe VIPERS a pu reconstruire la structure filamentaire à grande échelle de la toile cosmique. Cette analyse, dirigée par Nicola Malavasi et Stéphane Arnouts, du LAM, en collaboration avec l’équipe de Christophe Pichon, de l'institut d'Astrophysique de Paris dans le cadre de l’ANR Spine, a permis d’analyser les propriétés physiques des galaxies (leur masse stellaire et activité de formation d’étoiles) en fonction de leurs distances aux filaments. Ils ont ainsi pu montrer l'influence des structures à grande échelle sur les propriétés physiques des galaxies. En particulier, les galaxies les plus massives préfèrent le cœur des filaments où elles semblent subir de multiples fusions avec d'autres galaxies lors de leur migration vers les nœuds de la toile cosmique. Les galaxies moins massives quant à elles, restent en périphérie des filaments où elles continuent d'accumuler du gaz, essentiel pour maintenir leur activité de formation d’étoiles. Ce résultat donne une nouvelle perspective pour appréhender les processus de formation et d’évolution des galaxies, en utilisant la toile cosmique comme cadre naturel pour de telles investigations. 

 

De plus, VIPERS permet de « voir » directement la croissance des structures à l’œuvre. La dynamique des galaxies aux grandes échelles a des implications importantes sur notre compréhension du modèle cosmologique et des lois fondamentales de la physique. Le mouvement cohérent des galaxies à grande échelle se superposant à l'expansion de l'Univers est une conséquence de la croissance des structures et ainsi permet de tester la théorie de la gravitation aux échelles cosmologiques.

Les scientifiques se posent en fait une question essentielle pour notre compréhension de l’histoire de l’Univers : si les lois de la gravitation telles qu’elles sont décrites par la Relativité Générale d’Einstein sont différentes aux échelles cosmologiques de l’Univers et sur Terre, l’accélération récente de l’expansion de l’Univers observée ne pourrait-elle pas s’expliquer sans avoir à invoquer la présence de la mystérieuse énergie noire ?

 

VIPERS a réussi à mesurer ces vitesses en observant les déformations qu’elles introduisent le long de la ligne de visée sur la distribution des galaxies formant la toile cosmique. Les mesures réalisées sont en accord avec les prédictions de la Relativité Générale même si elles ne sont pas encore assez précises pour identifier de possibles déviations à ce modèle. Cette analyse, dirigée par Sylvain de la Torre et Eric Jullo du LAM, est pionnière dans l’utilisation de plusieurs sondes cosmologiques en combinant à la fois l'information des vitesses radiales et celle de la déformation faible de l'image des galaxies induite par l'effet de lentille gravitationnelle [2]. Cette stratégie est cruciale pour les futurs sondages spectroscopiques cosmologiques, en particulier pour la mission Euclid de l’ESA qui sera lancée en 2020 et qui permettra de reproduire ces mesures mais avec une précision encore plus grande.

 

 

Voir article original présenté par nos amis Italiens.

 

 

D’autres illustrations sont disponibles :

 

https://www.osupytheas.fr/IMG/png/vipers_w1.png

 

https://www.osupytheas.fr/IMG/png/vipers_w4.png

 

Note (1) : Illustration "Distribution spatiale des galaxies dans les deux champs explorés au cours du sondage VIPERS": quand l'Univers avait entre 5 et 9 milliards d'années. Les galaxies sont indiquées par des cercles de taille variable proportionnellement à leur luminosité et les couleurs reproduisent la couleur intrinsèque observée des galaxies. Les galaxies rouges et oranges sont typiquement des galaxies de forme elliptique, dominées par des populations d’étoiles vieilles, et les bleues et vertes correspondent à des galaxies constituées d'étoiles jeunes, typiquement de forme spirale ou irrégulière. Le détail de la distribution des galaxies dans les données VIPERS montre clairement comment déjà à cette époque, les galaxies rouges occupaient préférentiellement les zones denses de la toile cosmique : les filaments et les intersections de filaments, et comment les propriétés des galaxies varient en fonction de l'environnement dans lequel elles vivent.

 

 

 

 

 

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SPACE X :.RETOUR EN VOL APRÈS UNE EXPLOSION FUNESTE. (11/02/2017)

 

 

Après une explosion au sol sur le pas de tir 40 de Cape Canaveral, sans prévenir, d’une fusée Falcon 9 le 1er Septembre dernier, la société SpaceX a cherché pendant des mois l’explication de ce défaut.

Photo de l’explosion au sol, perte de la charge utile.

Cela s’est produit pendant une phase de remplissage des réservoirs.

 

La panne semble maintenant avoir été trouvée et on a projeté le prochain lancement de 10 satellites Iridium en Janvier 2017 de la base californienne de Vandenberg.

 

 

 

L’anomalie s’est produite dans l’un des réservoirs de stockage d’Hélium (en aluminium/carbone) situé à l’intérieur réservoir d’oxygène liquide du 2ème étage, une accumulation d’oxygène se serait produite qui a favorisé une explosion en présence du carbone de cet oxygène. Maintenant les procédures de remplissage ont été modifiées pour tenir compte de ce problème.

On espère que ce sera maintenant parfait, car c’est ce modèle de lanceur qui doit propulser les astronautes l’année prochaine vers l’ISS dans une capsule Dragon.

 

Le lancement des 10 Iridium est le premier des 7 lancements programmés, menant ainsi 70 satellites dans l’espace par la Falcon 9

Ces satellites Iridium-NEXT font partie de la nouvelle génération d’Iridium devant remplacer l’ancienne, ils sont dédiés aux communications (mobile et données).

 

Début Janvier 2017, la FAA (Federal Aviation Administration) a accepté les rapports de SpaceX sur les circonstances de l’accident et a donné son feu vert pour le retour en vol de Falcon9 (Return to Flight). Elle est la seule administration autorisée à autoriser les vols.

 

Les vols de Falcon 9 peuvent reprendre.

 

Et c’est ce qui s’est passé, le 14 Janvier 2017, depuis Vandenberg avec sa charge utile de 10 Iridium.

Lancement parfait de cette fusée de 70m de haut.

 

Lancement des 10 Iridium par Falcon 9 le 14 janv 2017 depuis Vandenberg (photo : SpaceX)

 

 

La charge utile a parfaitement été mise en orbite et de plus la récupération sur barge du premier étage a été parfaite.

 

De nombreuses photos de cet évènement sont disponibles sur le site de SpaceX.

 

 

 

 

 

 

 

 

De retour, le premier étage bien bloqué sur la barge de récupération.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Très belles vidéos de la mission :

 

https://youtu.be/PZ0EmJ9DlQk

 

 

 

Le lancement complet en vidéo (1h30).

 

 

 

POUR ALLER PLUS LOIN :

 

 

De Universe today :

 

SpaceX Finds Failure Cause, Announces Sunday Jan. 8 as Target for Falcon 9 Flight Resumption

 

FAA Accepts Accident Report, Grants SpaceX License for Falcon 9 ‘Return to Flight’

 

SpaceX Falcon 9 Comes Roaring Back to Life with Dramatically Successful Iridium Fleet Launch and Ocean Ship Landing

 

 

 

 

 

 

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HISTOIRE DES STATIONS SPATIALES : DE SALIUT À TIANGONG. PREMIÈRE PARTIE. (11/02/2017)

 

 

La station spatiale internationale ou ISS ne s’est pas bâtie à partir de rien, elle est l’aboutissement d’une lignée de prédécesseurs plus ou moins chanceux.

Dans les années après guerre, les grandes nations spatiales, USA et URSS en tête se posaient la question de savoir si l’Homme pourrait vivre dans l’espace, l’idée de stations spatiales germait dans les cerveaux de Korolev et Von Braun. C’était pour eux le premier pas vers les autres planètes. Leur avènement était alors inéluctable.

Nous allons les passer en revue dans l’ordre chronologique.

 

Un dessin comparant à la même échelle les différentes stations :

 

 

 

Première partie : Saliut, Skylabe et Mir.

 

LES STATIONS SALIUT.

 

Ce sont nos amis Soviétiques qui dégainèrent les premiers avec la première station habitable Saliut 1 lancée en 1971.

N’oublions pas que les Soviétiques viennent de perdre la course à la Lune, ils avaient besoin de ce succès, être les premiers à avoir une station orbitale.

 

Elle est lancée par une puissante fusée Proton, et permet d’accueillir trois cosmonautes, qui s’y rendent grâce à un module Soyuz.

Plus tard une version plus évoluée de Saliut possédera deux ports d’amarrage, permettant ainsi d’accepter deux Soyuz ou un Souyuz et un Progress vaisseau de ravitaillement (vaisseaux toujours utilisés).

 

Soyuz 10 est prévu pour s’amarrer, mais l’écoutille ne s’ouvre pas, donc retour sur Terre, c’est Soyuz 11 qui prend la suite. Amarrage parfait, séjour à bord d’une vingtaine de jours, puis retour sur Terre.

Les cosmonautes ne sont pas équipés de scaphandres étanches, un problème survient lors de la rentrée, une explosion trop forte de tous les boulons explosifs fait que la capsule perd son atmosphère alors que l’on est encore en altitude. L’équipage est perdu !

Les héros de Soyuz 11 :

Georgi Dobrovolski (gauche), Vladislav Volkov (droite) et Viktor Patsayev (en arrière plan). Crédit : Space Facts.

 

 

 

Encore un drame national pour les Russes, qui viennent de perdre Gagarine. Soyuz sera modifié, il deviendra le Soyuz-T.

 

Cet accident va avoir des conséquences, en effet les Russes modifient le Soyuz pour permettre à des cosmonautes en scaphandres d’y entrer, il n’y en aura plus que deux maintenant. Ils vont un peu vite pour essayer de ne pas se laisser dépasser par les Américains. Quelques Saliut explosent au lancement avant un lancement couronné de succès.

 

Éclaté d’une station type Saliut 6 (clic sur l’image pour plus de détails)

 

Saliut est formée d’une seule structure de 18t qui rentre sous la coiffe d’une Proton et donne à l’équipage un volume de 100m3 à disposition. Pour un équipage de trois ce n’est pas trop mal, on fera mieux avec les MIR et ISS.

Saliut comprend un laboratoire orbital et une partie habitation.

 

Le concept est né dans les années 1960 quand l’URSS menait la course spatiale en tête. De là naitront les premières versions.

À l’origine, on étudie même une version militaire (Almaz), nous sommes en pleine guerre froide. Puis le projet devient civil sous la dénomination que l’on connaît.

 

Progressivement, les Russes améliorent aussi la station et lancent de nombreux modèles, dont certains militaires porteront le nom d’Almaz. La nouvelle génération ce sera Saliut 6 et 7 avec deux ports d’amarrage. Saliut 6 est lancée en 1977 et Saliut 7 en 1982.

 

 

Il est à noter que c’est cette station qui emporte le premier astronaute français Jean Loup Chrétien le 24 Juin 1982.

Il y restera jusqu’au 2 Juillet.

 

C’est le premier vol habité français.

Il retournera plus tard dans l’espace à bord de Mir.

 

Logo de la mission.

 

 

 

Photo : Saliut 7 vue par Soyuz T13 (DR)

 

 

 

 

Ce sont ces stations Saliut qui permirent aux Russes de se familiariser avec la vie dans l’espace longue durée, ce qui va déboucher sur la station Mir.

 

 

 

POUR ALLER PLUS LOIN :

 

Salyut space station - Russian Space Web

 

The little-known Soviet mission to rescue a dead space station, comment on a sauvé la mission Saliut 7

 

Saliut 6 ; document d’actualité russe, vidéo délicieusement retro!

 

Salyut 7: The Last and Longest-Running Soviet Space Station (Until Mir)

 

 

 

 

SKYLAB.

 

Lorsque l’Amérique  gagne la course à la Lune, le public se désintéresse peu à peu de l’espace, et les missions suivant Apollo 17 sont annulées (A18 à 20) par la NASA et le Congrès. Il restait alors des capsules (l’une deviendra Apollo 18, rendez vous avec Soyuz) et des lanceurs Saturn V.

 

En bricolant astucieusement le troisième étage d’une de ces fusées (le S-IVb) celui-ci deviendra la structure de Skylab.

On va l’équiper de larges panneaux solaires pour fournir l’électricité à bord.

Il sera surmonté d’un système d’adaptation pour recevoir une capsule Apollo et le télescope.

 

Elle deviendra la première station spatiale américaine de 1973 à 1979.

 

Vue d’ensemble de Skylab avec Apollo attachée à elle

Logo des missions Skylab

 

 

La station elle-même est envoyée en orbite terrestre basse par une fusée Saturn V, l’équipage devant suivre quelques jours après à bord d’une capsule Apollo (CSM : Command and Service Modules) au sommet d’une Saturn IB. 3 missions étaient prévues.

 

La vie de Skylab n’a pas été non plus un long fleuve tranquille.

 

Quelque chose s’est mal passé au lancement du laboratoire orbital, les contrôleurs au sol notent que la température intérieure augmente énormément, de même le niveau de production d’électricité n’est pas conforme, les panneaux solaires ne semblent pas fonctionner.

On change l’orientation de la station pour réduire la température, mais cela ne suffira pas. La mission est-elle perdue ?

En désespoir de cause on retarde le lancement de l’équipage. Il faut trouver une solution.

 

Je trouve nos amis Américains formidables, quand il faut sauver une mission, ils savent réagir promptement. On se rend compte rapidement que l’écran de protection a disparu, on va le remplacer par un bricolage d’un « parapluie » en Mylar qu’un astronaute déploiera le moment venu. Un des panneaux solaires a aussi disparu lors du lancement et le deuxième n’est pas ouvert, là aussi un bricolage avec cisaille devrait permettre le déploiement. Si tout cela fonctionne la station est opérationnelle et le télescope et l’observatoire solaire seront une première dans l’espace.

Maintenant il suffit d’exécuter !

 

Le 25 Mai 1973 l’équipage (Charles C. Conrad Jr., Commandant Paul J. Weitz, Pilote Joseph Kerwin, Scientifique) décolle de Cape Kennedy. Le laboratoire est depuis 11 jours dans l'espace sans refroidissement ni électricité.

La mission Skylab II est prête (il y a un petit problème de numérotation avec les missions, elles démarrent à 2, pourquoi, mystère ?)

Premier survol pour visualiser l’étendue des dégâts.

 

Premier survol : le bouclier thermique a disparu, sur la partie droite, le panneau solaire ne s’est pas ouvert, le deuxième, à gauche a été arraché !

La même après réparation, la feuille de mylar isolante a été déployée et le panneau solaire bloqué, débloqué ! Bravo les gars !

 

Le parasol est déployé, le panneau solaire débloqué, les astronautes pénètrent à l’intérieur où la température prend une allure normale maintenant (26°C dans quelques jours), la puissance électrique est faible mais suffisante ; la station est sauvée.

 

L’équipage peut travailler, ils vont rester près d’un mois à bord.

Les premières études du Soleil hors de l’atmosphère terrestre ont lieu et l’équipage a la chance d’assister en direct à une éruption solaire qu’ils vont suivre de bout en bout.

 

 

Une autre mission va suivre, la deuxième, Skylab III avec Bean, Lousma et Garriot, ils resteront 60 jours dans l’espace.

Ils continueront les expériences scientifiques sur le Soleil et l’étude de la Terre ainsi que diverses fonctions médicales. Ils procéderont à de nombreuses EVA. Ils vont être le premier équipage à trouver l’influence de la microgravité sur l’organisme.

De plus c’est une vraies station, il y a plein de place, beaucoup plus grand que Saliut. C’est une répétition de ce qui se passera avec l’ISS. On essaie même à l’intérieur qui est tellement vaste, quelques chose qui ressemble au MMU qui sera utilisé bien plus tard.

 

Une vidéo de 15 min sur l’intérieur de Skylab.

 

 

Coupe de Skylab. On note la structure : un plancher sépare la zone de travail et de vie de l’espace de stockage.

Photo d’une partie de l’intérieur.

 

 

Et c’est l’ultime mission Skylab IV, lancement de l’équipage (Carr, Pogue et Gibson) le 16 Nov 1973 ; ce sera la mission la plus longue, puisqu’ils ne rentreront sur Terre que le 8 Février 1974. Nombreuses observations scientifiques.

 

 

Leur planning à bord était de plus en plus compliqué et chargé, ce qui donna lieu à de nombreux problèmes avec les équipes au sol, certains ont même parlé de mutinerie !

 

Néanmoins tout se termine bien et les astronautes nous donnent à voir une superbe photo du télescope ATM prise de l’extérieur. Autre belle vue extérieure.

 

En conclusion concernant Skylab, personne ne parle de cette mission qui a été précurseur de l’ISS et qui a apporté une multitude d’informations à ceux qui vont développer cette ISS. On a étudié le Soleil, on a pu étudier la Terre sous tous les angles et dans toutes les longueurs d’onde, on a battu des records de durée en orbite. On aurait dû continuer à lancer des équipages mais le développement de la navette a mangé tous les crédits.

 

 

 

Skylab est rentré dans l’atmosphère en Juillet 1979.

 

 

 

Skylab par Wikipédia.

 

This Is The Woman Who Replaced Skylab's Destroyed Sunshield

 

Une belle photo de Skylab après réparation.

 

Une vue éclatée détaillée de Skylab.

 

L’histoire de Skylab en deux petites vidéos :

 

Part 1 - https://youtu.be/gQ2CFxtPHc4

Part 2 - https://youtu.be/7W2lS4w98Lg

 

Voir aussi :

https://youtu.be/S_p7LiyOUx0

 

https://youtu.be/iC1zmLgUjco

 

 

 

 

LA STATION MIR.

 

 

Les Russes sautent un cran dans la difficulté, MIR est la première station orbitale construite en plusieurs modules.

L’occupation humaine devient permanente à partir de MIR !

 

Le mot MIR en russe a deux significations : paix ou monde, on se rappelle le grand magasin de jouets moscovite Destki Mir (le monde du jouet), situé à côté de la tristement célèbre place de la Lioubianka (KGB).

 

C’est en fait une continuation de la station Saliut comprenant plusieurs modules ;

 

Le premier module, le module central est lancé en Février 1986 par une fusée Proton. Elle comporte en tout cinq autres modules qui seront lancés successivement.

 

Vue d’ensemble de la station Mir une fois complétée. (Wikipédia)

 

 

 

 

Une vue éclatée de la partie centrale de Mir.

 

 

 

On remarquera que le module central (en vert sur le schéma) possède en son extrémité une pièce d’adaptation comportant cinq ports d’amarrage pour les modules supplémentaire, on le voit très bien sur cette photo à l’extrême gauche.

 

Sur cette photo, on voit le module central puis le module Kvant-1 associé à un Soyuz. (Photo Wikipédia).

 

Une autre belle photo de ce nœud central.

 

 

 

 

 

 

Le module Kvant-1 est amarré à la pièce centrale en Mars 1987. Il contient des instruments scientifiques et astronomiques. Kvant signifie quantum ou quanta.

Les modules suivants ont ensuite été ajoutés : Kvant-2 (1989) ; Kristall  (1990); Spektr et Priroda (en 1996).

Spektr est particulièrement dédié à l’étude de la Terre. On le reconnait facilement grâce à ses 4 panneaux solaires.

 

Ces modules s’attachent automatiquement au nœud central

 

Notons que le module Kristall dédié plutôt à la biologie possède un sas d’amarrage pour la navette spatiale américaine, il avait d’ailleurs été apporté par celle-ci (Atlantis) lors d’un voyage vers Mir comme on le voit sur la photo.

 

Le port d’amarrage est la partie orange qui est en train d’être livrée à Mir à la partie Kristall. On reconnait Spektr à droite et Kvant-2 à gauche à l’opposé avec ses deux panneaux.

 

Photo : NASA.

 

 

 

 

 

 

Le dernier module est Priroda (nature en français), lui aussi dédié à l’observation de la Terre, il emporte aussi un radar à synthèse d’ouverture.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La station est enfin complète maintenant, nous sommes en 1996.

 

Elle fait 140 tonnes et 33 m de long.

 

 

On voit ici une très belle vue de Mir prise par la mission STS-81.

 

On reconnait à l’extrême droite, le module Kristall avec le sas navette en orange. Des Soyuz et Progress sont amarrés aux deux extrémités. (Photo NASA)

 

On voit sur cette image, le nœud d’amarrage avec plus de détails.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les différents équipages :

 

Mir a accueilli de très nombreux équipages, au début des Russes ou des citoyens de pays « frères », puis l’admission d’autres nationalités a été autorisée.

Notamment, des cosmonautes français ont participé à de nombreux séjours sur Mir comme par exemple :

·         En 1988 le retour de JL Chrétien dans l’espace, avec la mission Aragatz, il est resté un peu moins d’un mois à bord de Mir et il effectue une EVA de 6 heures.

·         En 1992 Michel Tognini pour la mission Antarès qui durera 15 jours.

·         En 1993, c’est au tour de JP Haigneré de monter à bord pour la mission Altaïr pour 3 semaines.

·         En 1996 Claudie André-Deshays (qui deviendra Claudie Haigneré) est la première Française astronaute, elle participe à la mission Cassiopée et restera quinze jours à bord (voir encadré). Elle est médecin, rhumatologue, docteur en neurosciences, et aura la chance d’aller plus tard dans l’ISS aussi.

·         En 1998 notre basque bondissant Léopold Heyarts est envoyé à bord de Mir pour la mission Pégase, elle durera 3 semaines et lui aussi aura la chance de pouvoir ensuite voler vers l’ISS.

 

 

La mission Cassiopée.

Claudie André-Deshays part à bord d’un Soyuz (TM-24) avec ses collègues Russes V ; Korzoun et A. Kaleri pour rejoindre après deux jours de poursuite la station Mir.

Elle doit y rester deux petites semaines et mener à bien l’imposant programme médical et de sciences de la vie. Claudie est médecin rhumatologue et a été sélectionné comme astronaute par le CNES en 1985.

Elle rencontrera lors de cette mission son futur mari JP Haigneré.

Photo : Claudie à bord de Mir (Roscosmos)

 

 

 

Lors de sa mission elle étudiera notamment les effets de l’impesanteur sur l’orientation notamment. Plus amusant, elle s’occupera de la fécondation de salamandres en apesanteur.

Nombreuses autres expériences. Essentielles au moral des troupes : les différentes nourritures françaises apportées par notre astronaute. Cela a été particulièrement bien apprécié.

 

 

 

 

 

Mais la grande nouveauté avec Mir, c’est l’écroulement de l’URSS qui vient de se produire, il va favoriser le rapprochement russo-américain.

 

Les navettes vont avoir le droit de s’amarrer à Mir et de participer à des séjours avec les cosmonautes Russes.

 

C’est le programme Shuttle-Mir de 1994 à 1998. Plus d’une dizaine de navettes vont se connecter à Mir pendant cette période.

 

 

Des astronautes Américains séjourneront aussi à bord, mais la qualité de la station commence à laisser à désirer.

 

 

 

 

 

On a dit aussi beaucoup de chose sur l’odeur à bord de Mir, et bien c’est vrai, Mir sentait dans le meilleur des cas…les pieds (sales bien sûr). D’autre part on a détecté à bord des moisissures de tous ordres. Cela a aidé à ne pas faire les mêmes erreurs pour concevoir l’ISS.

 

En fait, les Russes n’ont plus beaucoup d’argent pour l’entretenir correctement (fuites, scaphandres douteux..) et ce qui devait arriver, arriva : on a frôlé une catastrophe majeure, le feu s’est déclenché à bord !

 

On est le 23 Février 1997, il y a six astronautes à bord dont un Américain, Jerry Linenger. Lors d’une intervention normale sur un générateur à oxygène, une cartouche s’enflamme, le feu se propage. Une fumée très importante envahie toute la station, les cosmonautes sont obligés de porter des masques, on hésite à évacuer. Mais on arrive à maitriser la station. Tout le monde a eu chaud, c’est l’accident le plus grave avec la collision d’un Progress quelques mois plus tard qui occasionna une fissure. On a frôlé la catastrophe !

Bref il est temps de mettre Mir à la retraite.

 

Mir sera désorbité début 2001 après 15 ans en opération.

 

 

Le record de longévité de séjour dans l’espace est détenu par un cosmonaute de Mir, Valéry Polyakov, avec 437 jours en 1994/95.

 

Une anecdote plus amusante maintenant, les Soviétiques voulant habituer leurs cosmonautes à des vols longue durée (simulation Mars), Serguei Krikalev devait rester au moins 10 mois à bord, mais c’était entre 1991 et 1992, or à cette époque, c’est le chaos au sol, l’URSS n’existe plus, la Russie renait.

 

 

Krikalev parti citoyen soviétique est rentré …Russe, son pays avait disparu en partie.

 

Pour le récompenser, il participera à l’aventure ISS.

 

Photo : Heureux d’être de retour sur Terre.

 

 

 

 

 

Mir Space Station à la NASA

 

Il y a 15 ans, la station Mir se désintégrait dans l'atmosphère terrestre article de Sciences et Avenir.

 

La mission Cassiopée au CNES.

 

Mir Space Station Russian space web

 

 

 

À suivre….

 

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NEW HORIZONS :.PROCHAINE MISSION. (11/02/2017)

(Toutes images: crédit :  NASA/Johns Hopkins University Applied Physics Laboratory/Southwest Research Institute )

 

La sonde New Horizons a effectué il y a quelques jours une manœuvre devant lui permettre d’atteindre sa prochaine cible, à savoir le KBO 2014 MU69 situé à 6,4 milliards de km de la Terre.

 

Elle devrait l’atteindre le 1er Janvier 2019 ; quel beau cadeau de Nouvel An.

 

On a déclenché ses propulseurs pendant 44 secondes seulement afin d’ajuster sa vitesse de 44cm/s.

 

C’est peu, mais cela devrait suffire pour atteindre la cible en temps voulu.

La ligne rouge est la trajectoire que doit suivre New Horizons pour atteindre sa cible. Le point vert est la position actuelle (début 2017)

Credit : NASA/Johns Hopkins University Applied Physics Laboratory/Southwest Research Institute

 

 

 

Sur le parcours New Horizons devrait observer 6 autres KBO, les images devraient nous être fournies dans les prochaines semaines.

 

 

 

POUR ALLER PLUS LOIN:

 

 

 

Le site de la mission NH

 

 

LORRI Images from the Pluto Encounter

 

 

 

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SATURNE :.DES VUES IMPRESSIONNANTES DES ANNEAUX. (11/02/2017)

 

 

De nouvelles images de la sonde Cassini survolant de très près les anneaux viennent d’être diffusées par la mission.

Ces ont les vues parmi les plus proches de ces anneaux, on atteint des résolutions de l’ordre de 500m.

 

 

On voit sur cette partie de l’anneau A, des ondes de densité créées par l’influence des petites lunes Janus et Épiméthée.

 

 

Image prise dans le visible avec la caméra grand angle le 18 Dec 2016 d’une distance de 56.000km de l’anneau.

 

 

 

 

 

 

 

 

Voici maintenant une image très détaillée de l’extrémité de l’anneau B.

 

C’est une zone très perturbée car elle est en résonance 2:1 avec Mimas.

 

Cette résonnance combinée avec la présence de petites particules donnent naissance à ce phénomène de « paille » (straw) dans les anneaux.

 

Cette image est une exposition longue durée dans le visible prise le 18 Dec 2016 de 52.000km des anneaux. 360m par pixel.

 

 

 

 

 

 

 

De nombreuses autres photos  d’autres parties des anneaux comme les “propellers” sont disponibles sur le site du JPL.

 

Mais maintenant on se prépare tout doucement à la fin de Cassini ; le 15 Septembre il sera précipité dans l’atmosphère de Saturne.

Retenez cette date, on espère vous montrer cet évènement en direct encore une fois.

 

En attendant on joue avec différentes orbites comme on le voit sur ce schéma.

 

 

 

 

 

POUR ALLER PLUS LOIN :

 

Close Views Show Saturn's Rings in Unprecedented Detail par le JPL

 

Le site de la mission

 

 

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CÉRÈS :.SERAIT-CE UN OBJET TRANS-NEPTUNIEN ? (11/02/2017)

 

Ce sont des chercheurs du LAM (Laboratoire d’Astrophysique de Marseille) qui viennent de se poser cette question.

 

C’est l’objet d’une publication de l’INSU :

 

 

 

Une équipe internationale composée principalement de chercheurs français du LAM (CNRS-Aix-Marseille université) a révélé la présence de poussières exogènes à la surface de la planète naine Cérès, le plus gros astéroïde de la ceinture principale. Cette contamination provient vraisemblablement d’un nuage de poussières situé dans la ceinture principale externe et qui s’est formé à la suite d’une collision récente, il y a un moins de 10 millions d’années.

Cette étude remet en question le lien de parenté entre Cérès et les astéroïdes de sa classe spectrale (dits de type C) et ouvre la possibilité d’une origine trans-neptunienne : Cérès et Orcus pourraient être « jumeaux ».

Cette étude est publiée le 16 janvier 2017 dans The Astronomical Journal.

 

Les poussières interplanétaires, qui sont à l’origine de la plupart des étoiles filantes, représentent la fraction la plus importante de la matière extraterrestre accrétée par la Terre. Une équipe menée par Pierre Vernazza, CNRS au Laboratoire d’Astrophysique de Marseille, LAM a démontré qu’il en est vraisemblablement de même pour les astéroïdes. Pierre Vernazza explique « en analysant les propriétés spectrales de la planète naine Cérès, nous avons détecté la présence d’un composant anhydre à sa surface (des particules fines de pyroxène). Or tous les modèles d’évolution thermique pour cet objet prédisent une surface composée uniquement de minéraux hydratés (carbonates, phyllosilicates). L’hypothèse d’une origine endogène pour les particules de pyroxène semble ainsi peu plausible et une origine exogène apparaît comme la plus probable ».

 

 

 

Pour cette étude, les observations ont été réalisées dans l'infrarouge thermique avec SOFIA, un télescope embarqué à bord d'un avion. Crédits : DLR

 

 

(Dessin : SOFIA)

 

 

SOFIA : Boeing 747 équipé d’un compartiment séparé avec un télescope.

 

 

 

 

 

 

 

L’équipe s’est ensuite penchée sur la source de cette contamination. Les bandes de poussières produites au sein de la ceinture principale à la suite de collisions majeures entre astéroïdes apparaissent comme les sources les plus probables. En particulier, la bande dite alpha, issue de la famille collisionnelle Beagle (une sous famille de celle de Thémis) s’est formée il y a moins de 10 millions d’années et constitue une source majeure de poussières dans la partie externe de la ceinture principale. Des observations récentes ont par ailleurs montré que la poussière de pyroxène est une des briques principales à partir de laquelle le corps parent de la famille de Thémis s’est formé.

La bande de poussière alpha serait ainsi une source de contamination plausible de la surface de Cérès.

 

Si le pyroxène observé à la surface de Cérès est de nature exogène, alors plus rien ne relie Cérès aux autres astéroïdes de sa classe spectrale (dits de type C). Le fait que les silicates hydratés à sa surface soient riches en ammoniac ouvre la possibilité d’une origine trans-Neptunienne : Cérès et Orcus pourraient être « jumeaux ». Ainsi, Cérès pourrait, de même que les astéroïdes de type P et D pour lesquelles une origine trans-Neptunienne est évoquée, s’être formé aux confins du système solaire et aurait atterri dans la ceinture principale à la suite de la migration des planètes géantes.

 

Composition de surface et structure interne de la planète naine Cérès. La surface apparaît comme un mélange de poussières anhydres (pyroxène) vraisemblablement exogènes et de poussières hydratées endogènes (phyllosilicates, carbonates).

 

Les modèles prédisent également la présence d'un noyau rocheux.

 

Crédits : Pierre Vernazza, LAM–CNRS/AMU

 

 

 

 

 

 

 

Cette étude suggère par la même occasion que la présence surprenante et à ce jour inexpliquée de pyroxène à la surface des astéroïdes métalliques  est une conséquence directe de l’impact de ces poussières.

Ainsi, il semble que la contamination par ces particules fines soit un processus global qui affecte la surface de tous les astéroïdes situés à proximité de cette bande de poussières.  

 

Pierre Vernazza conclue « cette étude résout une question de longue date puisqu’on s’est toujours demandé à quel point les signatures spectrales des astéroïdes reflétaient réellement leur composition originelle ou celle des matériaux qui les impactent. Il s’avère que le niveau de contamination ne dépasse pas les ~20% et que la composition originelle reste spectralement bien identifiable. »

 

 

 

 

 

POUR ALLER PLUS LOIN :

 

Don’t Judge an Asteroid by its Cover: Mid-infrared Data from SOFIA Shows Ceres’ True Composition, de la NASA.

 

Découverte d'une composition inattendue de la surface de Cérès

 

 

 

 

 

Dawn blog

 

Où est dawn?

 

Site de la mission au JPL.

 

Site de la mission à la NASA.

 

 

 

 

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LA FORMATION DES PLANÈTES : LES PIÈGES À POUSSIÈRES Y SONT POUR QUELQUE CHOSE ! (11/02/2017)

 

La question de la formation des planètes (solaires ou extra solaires) est une question majeure en astrophysique.

 

Évidemment on pense à l’agrégation de poussières situées dans un disque protoplanétaire. Mais comment et par quel procédé ces poussières s’agglutinent-elles ?

 

 

Une équipe internationale d'astrophysiciens menée par des chercheurs du CRAL (Centre de recherche astrophysique de Lyon) a identifié un phénomène physique, la création spontanée de « pièges à poussières », qui permet enfin de lier entre elles les différentes étapes de la formation des planètes.

 

Leur étude a été mise en ligne sur ArXiv.

 

En voici les éléments principaux tels que diffusés par le CRAL :

 

Les observations montrent que les planètes, celles de notre Système Solaire ou les exo-planètes, se forment dans des disques protoplanétaires. Ces disques sont constitués de gaz et de grains de poussière.

Ces derniers, initialement plus petits qu’un micromètre, doivent s’agréger pour former des corps de plus en gros jusqu’à l’obtention d’une planète de plusieurs milliers de kilomètres. Les nombreuses planètes de notre Galaxie suggèrent que le mécanisme de formation doit être simple, efficace et universel !

 

Gaz (en bleu) et poussière (en rouge) dans un disque protoplanétaire après la formation d’un piège à poussières spontané, visible sous la forme d’un anneau brillant de poussières.

 

 

Crédits : JF Gonzalez

 

 

 

 

 

 

Il est relativement facile de modéliser la création d’agrégats de la taille d’un caillou (de 1 à 10 cm) à partir de poussières, ainsi que la formation d’un cœur planétaire à partir des planétésimaux (blocs rocheux de plusieurs kilomètres).

L’étape intermédiaire, c’est à dire le passage des agrégats aux planétésimaux, restait par contre incomprise.

 

En effet, la friction du gaz sur les grains provoque leur dérive rapide vers le centre du disque, le vidant théoriquement de tous ses solides. De plus, les collisions à grande vitesse fragmentent les agrégats en une multitude de petits morceaux. Les seuls endroits du disque protoplanétaire où ces problèmes peuvent être résolus sont appelés des « pièges à poussières ». Les agrégats dérivent vers ces zones de haute pression, éloignées du centre du disque, et s’y accumulent, échappant ainsi à la chute sur l’étoile. Leur vitesse diminue, évitant par la même occasion la fragmentation.

 

 

Jusqu’à présent, les astronomes pensaient que de tels pièges ne pouvaient exister que dans des conditions très particulières (présentant par exemple une variation importante de densité ou de température, ou même la présence d’une planète déjà existante) et ne leur attribuaient qu’un rôle secondaire.

Pourtant, une équipe internationale d'astrophysiciens, menée par des chercheurs du Centre de Recherche Astrophysique de Lyon (CRAL) vient de découvrir un mécanisme permettant d’expliquer la croissance des grains, depuis la taille d’une poussière jusqu’à celle d’une planète.

 

Au moyen de simulations numériques et de calculs analytiques, les astrophysiciens ont montré que les pièges à poussières se forment de manière spontanée et ce, quels que soient les disques étudiés : les pièges seraient donc bien plus fréquents qu’attendus. Les chercheurs ont mis en évidence le rôle-clé de la friction de la poussière sur le gaz dans ce mécanisme. « Cet effet, appelé rétroaction, était jusqu’à présent ignoré car dans la majorité des situations, il est négligeable. Ce n’est plus du tout le cas aux fortes concentrations de poussières rencontrées lors de la formation des planètes », explique Jean-François Gonzalez, enseignant-chercheur de l’Université Claude Bernard au CRAL.

 

 

Mécanisme de formation des pièges à poussières spontanés. Crédits : JF Gonzalez

 

 

La rétroaction ralentit le mouvement des grains, leur laissant ainsi le temps pour atteindre une taille suffisante qui leur permet ne plus ressentir les effets de la dérive vers l’étoile et de se concentrer.

Le gaz, toujours sous l’effet des frottements avec la poussière, va alors être repoussé vers l’extérieur et va s’accumuler pour former des zones de haute pression : les pièges à poussières.

Ces pièges spontanés vont alors accumuler très efficacement les grains venant des régions extérieures du disque, constituant un anneau très dense de solides, un environnement favorable à la formation de planétésimaux.

 

Ainsi, la découverte de la formation spontanée des pièges à poussières apporte une solution simple et solide à un problème de longue date dans la compréhension de la formation des planètes.

 

 

 

Self-induced dust traps: overcoming planet formation barriers texte et vidéos du CRAL

 

 

 

 

 

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M31 ET M32 : TOUT CE QUE VOUS AVEZ VOULU SAVOIR SUR CES GALAXIES. (11/02/2017)

 

J’ai lu récemment des articles très complets sur Andromède et sa galaxie satellite M32 et cela m’a donné envie d’en parler dans cette édition des astronews et d’y faire un point complet.

Donc voici : Tout ce que vous avez voulu savoir sur Andromède sans avoir osé le demander !

 

Je me suis aussi aidé de la conférence donnée par David Valls-Gabaud à la SAF sur M31 pour écrire c es quelques lignes. Merci à lui.

 

Ces galaxies sont appelées M31 et M32 en l’honneur de Charles Messier.

 

 

Une très belle photo de M31 et de M32 (en haut de l’image à 11 heures)
prise par Pascal Berteau de l’Association d’Astronomie VEGA de Plaisir (Yvelines).

 

 

 

Qui était donc Charles Messier ?

 

 

Afficher l'image d'origine

Il est né en 1730 a survécu à la Révolution (ce qui n’était pas simple) et est décédé en 1817.

C’était un astronome à l’époque de Louis XV principalement, réputé pour s’intéresser aux comètes, ces objets un peu mystérieux à l’époque. Il a créé un catalogue d’objets célestes qui porte son nom.

Il découvre lui-même de nombreuses comètes.

 

Le Roi lui avait demandé de lister toutes les comètes possibles et il eut l’idée non pas de cataloguer celles-ci, mais au contraire les objets diffus qu’il ne fallait pas confondre avec les comètes, cela a donné naissance à ce fameux catalogue universellement connu et qui contient une centaine d’objets.

Les objets listés commenceront tous par la lettre M, le premier sera la célèbre nébuleuse du Crabe que Charles avait déjà confondu avec une comète, elle sera baptisé M1.

 

 

 

 

Ce catalogue présente un intérêt historique et scientifique certain, néanmoins il est maintenant remplacé par d’autres plus complets comme le NGC (New General Catalog) où notre fameuse M31 possède le numéro NGC 224 et M32 : NGC 221.

La troisième édition du catalogue est publiée en 1781. Les derniers objets (jusqu’à M110) n’ont été rajouté que bien plus tard.

Ce catalogue répertorie les amas, les galaxies et les nébuleuses les plus visibles de l’hémisphère Nord.

La suite du catalogue Messier est en fait publiée curieusement par Camille Flammarion qui le complète avec d’autres éléments dans les années 1920.

Les objets Messier attire régulièrement les astronomes pour une compétition amicale qui s’appelle le Marathon Messier, où l’on doit observer pendant une même nuit le plus d’objets M possibles.

 

Louis XV l’appelait le « furet des comètes » et il reçoit la Légion d’Honneur de Napoléon lui-même.

 

Il avait le sens de l’art quand on contemple sa signature !

 

 

 

 

 

La galaxie d’Andromède.

 

Pour la mythologie, Andromède est la fille de Céphée et de Cassiopée qui voulurent la sacrifier pour sauver leur royaume.

Elle fut sauvée in extremis du Kraken par Persée, chevauchant Pégase,  qu’elle épousera.

 

 

http://www.planetastronomy.com/special/2013-special/13fev/M31-SA4.jpgLa galaxie d’Andromède est la galaxie spirale la plus proche de la nôtre (2,5 millions d’années lumière ou 780kpc, déterminée par la méthode des Céphéides), elle est située bien logiquement dans la constellation d’Andromède. C’est la galaxie la plus importante de notre groupe local, elle fait en effet approximativement 150.000al de diamètre alors que la Voie Lactée n’en fait que 100.00.

 

On remarquera qu’alors presque tous les objets célestes semblant s’éloigner de nous (expansion de l’Univers oblige !) M31 se rapproche de nous à 300km/s (première fois mesurée par Vesto Slipher en 1912), c’est un phénomène local, qui ne met pas en cause l’expansion de l’Univers.

 

 

Une fusion se produira alors dans quelques milliards d’années. M31 possède un compagnon, une plus petite galaxie baptisée M32. Simulation de la collision.

 

 

Pour se rendre compte de ce à quoi ressemblerait notre ciel dans quelques milliards d’années lors de la progression de cette collision, voir ces différentes illustrations d’artiste.

 

 

L’historique d’Andromède.

 

Ce serait Al Sufi qui en parle le premier dans son Livre des Fixes en 964.

Simon Marius l’a observée en 1612 et publie sa description en 1615.

Mais à l’époque on n’est pas très préoccupé par les nébuleuses, on s’intéresse plus aux planètes.

 

 

Andromède apparaît dans le grand catalogue d’Hevelius publié en 1690.

 

On trouve aussi des traces dans des cartes chinoises vers 1753.

 

 

C’est Charles Messier qui en donne dessin et description en 1771.

Voir dessin ci-contre.

 

Des observations ont aussi été faites à Juvisy à la fin du XIXème siècle.

 

 

 

 

 

 

 

https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/5/51/Pic_iroberts1.jpgSi les photos de M31 sont connus depuis le début de la photographie, les nouveaux télescopes avec leurs nouvelles fenêtres de longueurs d’onde (IR et UV) nous donnent à voir de merveilleuses images très informatives sur le plan astrophysique. En effet, depuis le sol, nous ne pouvons observer que quelques longueurs d’ondes, notre vue est extrêmement limitée.

Ci-contre, la première photo de la « nébuleuse » d’Andromède prise par Isaac Roberts en 1887, à cette époque on pensait qu’elle faisait partie de notre Galaxie.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Positive image of AndromedaÀ une époque plus moderne, en ce début de XXème siècle, c’est le Mont Wilson qui produit les plus belles images de M31.

 

Notamment grâce au célèbre G Ritchey (celui du Ritchey-Chrétien).

 

On voit ici la célèbre photo d’Andromède datant de 1923 qui permit à Hubble de parler d’expansion de l’Univers. On a l’habitude de la voir en négatif.

C’est là, qu’au point N il découvre la Céphéide (donc variable, d’où le VAR !) qui va lui permettre de mesurer la distance et de confirmer la nature extra galactique de M31.

Il se base là-dessus pour mesurer les distances des autres galaxies et à l’aide du redshift mesure leur vitesse. Elles s’éloignent toutes de nous (sauf M31) il remarque la loi linéaire entre distance et vitesse (qui va s’appeler loi de Hubble et non pas loi de Hubble-Lemaître, malheureusement) et là il a l’idée de l’expansion.

 

 

 

 

 

http://www.planetastronomy.com/special/2013-special/13fev/M31-SA5.jpg

Mais les nouvelles fenêtres nous apportent des éclairages nouveaux sur cette galaxie,
comme on le voit résumé sur la photo ci-dessus (dessin : CNRS).

M31 vue dans différentes longueurs d’onde, de gauche à droite : ondes radio ; micro ondes ; IR ; visible ; UV ; X et gamma.

Chacune de ces fenêtres est intéressante : Par exemple en radio et millimétrique, l’Hydrogène atomique ; en IR, on pénètre les nuages de gaz froids ; les UV nous renseignent sur les gaz chauds ; les X et gamma sur les évènements violents comme pulsars, SN et sursauts gamma.

 

 

Des étoiles et des poussières, très belles vues en différentes longueurs d’onde de M31.

 

Il existe une vidéo montrant toutes ces vues : https://youtu.be/pkHIVdx8oyM

 

 

 

 

Les caractéristiques d’Andromède.

 

 

On sait déjà qu’elle est située à 2,4 millions d’al de nous et qu’elle est plus grande que la Voie Lactée : 150.000al de diamètre. Elle contient aussi beaucoup plus de matière que la nôtre, approximativement 1000 milliards d’étoiles (Voie Lactée approx 100 à 200 milliards).

 

Elle est aussi un peu plus lumineuse que la nôtre.

Par contre il semble bien que la Voie Lactée ait un taux de formation d’étoiles (SFR) deux à trois fois plus élevé.

M31 serait-elle en pré-retraite ?

 

Photo : M31 dans l’Infra Rouge par WISE.

 

 

La galaxie d’Andromède est une galaxie du type spirale sans barre codée en Sb d’après la classification de Hubble.

 

 

 

 

 

C’est en 1993 que le télescope spatial Hubble (HST) découvre qu’Andromède possède un noyau double, probable reste de fusions antérieures.

 

Le noyau ferait approx. 20al de diamètre, les deux noyaux sont séparés de 5al. Chacun de ces noyaux contient des millions d’étoiles, le vrai centre de M31 est plutôt le noyau le moins brillant.

 

Cette partie centrale de cette galaxie a été étudiée récemment par un télescope spatial X, Chandra.

 

Voir plus bas

 

 

 

 

 

 

On a combiné sur cette photo des images dans le visible (la grande image) et en X de Chandra (les deux inserts) du centre de la Galaxie d’Andromède.

 

L’insert de gauche est la somme de 23 images avant janvier 2006 et celui de droite de 17 images après cette date.

Après cette date on remarque que la tache centrale est devenue plus brillante dans le domaine X; on pense que c’est le trou noir massif central (baptisé M31*) qui a avalé de la matière.

 

En étudiant les clichés des années précédentes on s’est aperçu que ce TN était en fait (comme le nôtre) très peu actif.

Sa masse serait de l’ordre de 100 millions de masses solaires.

 

Plus de détails sur le TNSM de M31 ICI.

 

Crédit: X-Ray NASA/CXC/SAO/Li et al.), Optical (DSS)

 

 

 

 

 

 

 

Le satellite en IR Spitzer s’est aussi beaucoup intéressé à M31, voici trois vues différentes de cette galaxie : en haut en IR à 24microns, en bas à gauche dans le visible et à droite en IR composite 24, 40 et 160microns.

Que remarque t on?

Une zone décentrée de formation d'étoiles et un endroit où il semble qu'une galaxie satellite l'aurait traversée dans le passé.

En effet, l'anneau semble partagé en deux parties, séparé par ce "trou" dans le bas à droite de la photo à 24 microns composite de 11.000 photos individuelles !).

On remarque par rapport à l'image en visible que beaucoup de bras spiraux prennent effectivement leur source au centre de la galaxie. En visible on ne voit que la lumière des étoiles qui composent la galaxie alors qu'en IR on voit aussi les poussières galactiques.

La photo du bas à droite prise à différents longueurs d'onde, donnent une idée de la température de la poussière.

La plus chaude (bleu/blanc dans le bulbe et là où les étoiles se forment) est à 24 microns et la plus froide (rouge) à 160 microns.

Le vert correspond à 70 microns.

 

D’autre part, le disque n’est pas parfaitement plan, il est tordu, probablement dû à des effets de marée avec des galaxies proches.

 

Le halo.

 

M31 comme toutes les galaxies possède un halo, et il semble qu’il soit particulièrement énorme.

En effet, ce que nous voyons n’est que la partie émergée de l’iceberg, M31 est entouré d’un énorme halo gazeux que l’on vient de mettre au jour (Hubble) récemment. Ce halo presque invisible s’étend sur plus de un million d’années lumière autour de cette galaxie, à mi distance de notre propre galaxie, la Voie Lactée.

 

Nous l’avions déjà évoqué dans un astronews précédent, dont je reproduis une partie des infos.

 

Ces halos sont l’atmosphère gazeuse des galaxies.

Leurs propriétés contrôlent le taux de formation d’étoiles à l’intérieur de celles-ci. Cet énorme halo autour de M31 contient la moitié de la masse des étoiles de la galaxie sous la forme de gaz chaud et diffus. S’il pouvait être vu à l’œil nu, il occuperait une surface dans le ciel équivalente à ….100 fois la pleine Lune !

 

http://www.planetastronomy.com/astronews/astrn-2015/07/clip_image041.jpg

Comme ce halo est sombre, les astronomes ont recherché des objets distants brillants qui pouvaient être observés à travers le gaz et ainsi voir comment leur lumière changeait.

Les sources idéales recherchées étaient des quasars qui sont très brillants puisque activés par des trous noirs au sein de galaxies à noyaux actifs.

 

L’équipe du HST a utilisé 18 quasars situés derrière M31 pour procéder à cette étude. La lumière de certains quasars est absorbée par le gaz du halo et dans certaines gammes de fréquences sa lumière apparaît plus sombre (voir dessin). Cette absorption donne une indication de la quantité de gaz entre nous et le quasar source.

 

Document : HST

 

 

 

C’est en utilisant la possibilité qu’a Hubble de voir en UV que l’on a pu mener ces expériences à bien, le télescope avait mémorisé de nombreuses mesures précédentes dans ses archives ce qui a aussi aidé à cette découverte.

 

Les simulations à grande échelle indiquent que le halo se forme en même temps que la galaxie, il est enrichi en éléments lourds (ce que les astronomes appellent les métaux, mais en fait tous les éléments plus lourds que H et He), mais on sait que la seule solution pour obtenir ces éléments est l’explosion d’une super nova. On pense donc qu’une super nova a explosé dans le disque d’étoiles de M31 et a propagé tous ces éléments dans l’espace.

 

Ce halo comprendrait des centaines d’amas globulaires.

 

 

Les satellites de M31.

 

Comme notre Galaxie possède des galaxies satellites (petit et grand nuages de Magellan), la galaxie d’Andromède en possède aussi de nombreuses petites. Elles feraient partie d’un disque contenant des galaxies naines On en a dénombré plus d’une vingtaine.

 

Les plus importants et les plus connus :

 

·         M32 (ou NGC 221) la plus grande et la plus brillante, a été découverte par notre ami Le Gentil de la Galaisière en 1749, c’est une galaxie elliptique. Elle ne mesure que 7000 al de diamètre. Elle est principalement composée de vieilles étoiles. Une belle vue de M32 par Hubble. Un TNSM se trouverait en son centre. M32 aurait déjà au moins une fois pénétré le disque de M31 (voir plus haut).

·         M110 (ou NGC 205) la plus brillante après M32. Messier l’aurait découverte en même temps que M32 mais elle aurait été incorporée plus tard dans le catalogue. Il semble bien aussi que Caroline Herschel l’ait découverte indépendamment en 1783. Cette galaxie est comme la précédente de type elliptique. À priori pas de TN central. Un APOD sur M110.

·         Les autres sont beaucoup moins lumineuses et moins intéressantes.

 

Photo : © Wikisky

 

 

 

 

Le cadeau de Hubble : la vue en très haute résolution d’Andromède.

 

 

http://www.planetastronomy.com/astronews/astrn-2015/01/clip_image028.jpg

Crédit : NASA, ESA, J. Dalcanton, B.F. Williams, et L.C. Johnson (University of Washington), the PHAT team, et R. Gendler

 

 

C’est l’image la plus grande et la plus précise prise de la galaxie M31 située à 2,5 millions d’al. Celle-ci est dans le visible.

 

C’est en fait une partie de l’image originale de 1,5 milliards de pixel qu’il est impossible de représenter ici mais que l’on peut télécharger ici. (Attention haute densité).

On y voit 100 millions d’étoiles et des milliers d’amas d’étoiles dans cette section de la galaxie s’étendant sur 48.000 al.

 

Ce panorama est élaboré à partir du programme PHAT (Panchromatic Hubble Andromeda Treasury), les différentes images ont été prises en proche UV, visible et proche IR avec les caméras ACS et WFC3 de Hubble.

La vue globale représente 7398 vues suite à 411 pointages différents.

 

Une vue avec commentaires et échelle est aussi disponible.

 

La position de cette portion de la galaxie par rapport à la galaxie en entière est représentée sur cette vue.

 

 

 

 

 

POUR ALLER PLUS LOIN :

 

 

Croissance des galaxies G Mamon IAP 10 nov 2009

 

Les galaxies conf SAF PA Duc du 8 avril 2015

 

Three faces of Andromeda par le JPL.

 

Hubble :M31 en HD, encore un cadeau Hubble ! Article d’un ancien astronews

 

F Combes galaxies SAF 11 janvier 2012

 

L’image la plus détaillée d’une partie de la galaxie d’Andromède

 

 

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VU D'EN HAUT :.LE DETROIT DE GIBRALTAR. (11/02/2017)

 

 

Voici une belle image prise par Sentinel 3A du détroit de Gibraltar le 7 Nov 2016.

 

 

Copyright: 2016 EUMETSAT

 

 

 

La galerie d’images d’Eumetsat.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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CASSINI-TITAN :.UNE NOUVELLE VIDÉO AMÉLIORÉE DE L’ATTERRISSAGE. (11/02/2017)

Crédit illustration : NASA/JPL

 

On se rappelle tous l’arrivée dramatique de Huygens sur Titan, que nous avons pu voir en direct à la Cité des Sciences il y a plus de 10 ans, c’était en 2005. La NASA a traité le film de la descente et nous propose une version améliorée que voici.

 

https://youtu.be/msiLWxDayuA

 

 

 

Après deux heures et demie de descente, on finit par voir la surface, une surface qui a des ressemblances avec notre planète : montagne côtes, rivières…

On se pose dans ce qui ressemble à un ancien lit de rivière (de méthane) gelé. Les « roches » sont en fait des blocs de glace.

 

La plupart des images de ce petit film sont originales, seules de petites séquences de raccord ont été rajoutées par computer.

 

Une vidéo plus technique est aussi disponible sur le site du LPI.

 

 

 

POUR ALLER PLUS LOIN :

 

 

Land On Titan With Huygens in Beautiful New Video  par Universe Today

The Incredible Story of How the Huygens Mission to Titan Succeeded When It Could Have Failed par les mêmes

 

 

 

 

Comme d'habitude, vous trouverez toutes les dernières images de Cassini au JPL

Les animations et vidéos : http://saturn.jpl.nasa.gov/multimedia/videos/videos.cfm?categoryID=17

Pour vous y retrouver dans la numération et l'ordre des anneaux.

 

Les prochains survols : http://saturn.jpl.nasa.gov/home/index.cfm

Tout sur les orbites de Cassini par The Planetary Society; très bon!

 

Voir liste des principaux satellites.

 

Sur ce site les dernières nouvelles de la mission Cassini.

 

 

 

 

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LIVRE CONSEILLÉ. :. DEL’INFINI CHEZ DUNOD PAR JP LUMINET ET M LACHIEZE REY. (11/02/2017)

 

Nos amis Jean Pierre Luminet et Marc Lachièze Rey ont encore frappé.

 

Ils viennent de refondre complètement leur célèbre ouvrage « De l’infini, Horizons cosmiques et vide quantique » avec cette toute nouvelle édition.

 

Voici ce qu’en dit l’éditeur :

 

Ce qui est directement connaissable est fini, pourtant dès que nous pensons surgit alors la notion d'infini. Depuis la plus haute Antiquité, les hommes ont ainsi été confrontés à la notion d'infini. En mathématiques le simple fait de vouloir diviser un nombre par zéro implique d'envisager ce concept.

 

 

Par ailleurs, il existe plusieurs sortes d'infinis mathématiques : par exemple, l'infini de l'ensemble des nombres réels est plus «peuplé» que celui des nombres naturels. Les physiciens, hommes de l'expérimentation, ont toujours concentré leurs efforts sur l'élimination des infinis. Pourtant, les théories les plus modernes, comme celles des quantas ou des trous noirs, font surgir de nouveaux infinis. Et que dire des fractales, de la théorie des cordes, de la cosmologie quantique ? L'infini y renaît sans cesse de ses cendres. Entièrement révisé à la lumière des derniers résultats de la recherche, cette nouvelle édition retrace quelques grandes étapes des «histoires parallèles» de l'infini en cosmologie, en mathématiques et en physique fondamentale et leurs inextricables relations avec le statut métaphysique qu'a également l'infini. Deux nouveaux chapitres développent les notions d'horizon cosmique et d'univers multiple.

 

 

248 pages -    EAN13 : 9782100738380

19€ bien placés !

 

 

 

 

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Bonne Lecture à tous.

 

 

 

C'est tout pour aujourd'hui!!

 

Bon ciel à tous!

 

JEAN PIERRE MARTIN

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