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Mise
à jour : 15 Août 2006
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Sommaire de ce
numéro :
La constante de Hubble : Quelle valeur??? (15/08/2006)
Rien
ne va plus : L'Univers serait plus âgé que prévu! (15/08/2006)
Les
Planemos ont encore frappé : Des jumeaux vus par le VLT. (15/08/2006)
Une naine brune survit à une géante rouge : Nouvelle
découverte de l'ESO. (15/08/2006)
Galex
: Trois ans de bons et loyaux services en orbite. (15/08/2006)
Les rovers martiens.:.Spirit toujours sur le Parking. (15/08/2006)
Les rovers
martiens : Opportunity voit Beagle Crater. (15/08/2006)
Mars :.De l'eau oxygénée sur Mars? (15/08/2006)
SMART :.La fin est proche. (15/08/2006)
Crash sur la Lune : C'est vilain de copier! (15/08/2006)
Rappel : la constante de Hubble est le facteur trouvé par E Hubble et G Lemaître
dans les années 1930, correspondant au taux d'expansion des galaxies entre
elles.
En effet on avait trouvé que les galaxies éloignées
nous fuaient de plus en plus vite, plus leurs distances étaient grandes, plus
la vitesse était grande. (attention uniquement pour l'univers lointain, car par
exemple Andromède nous fonce dessus, mais c'est un phénomène local).
Cette loi empirique a été à la
base de la notion d'expansion de l'Univers.
Elle s'exprime de la façon suivante :
Vitesse d'expansion entre les galaxies = constante x
distance ou V = H x D
Cette constante a été appelée constante de Hubble en
l'honneur du grand astronome et notée H.
Cette constante s'exprime si on regarde les dimensions
en vitesse par unité de distance. En astronomie il nous faut prendre des
grandes unités de distances, la plus courante c'est le parsec
(distance à laquelle se trouve un objet céleste que l'on voit sous le
demi-angle de 1 seconde d'arc quand la Terre décrit son orbite; en d'autres
mots correspond à une parallaxe de 1 seconde).
Son lien avec l'année lumière :
1 pc = 3,2 al = 206.000 UA 1 al = 0,3 pc
= 63.000 UA
La constante de Hubble s'exprime généralement en km/s
par Mpc (Méga parsec = 106 pc)
Hubble l'avait fort mal déterminée, il avait trouvé
quelques chose aux alentours de 500 km/s/Mpc, alors que sa valeur réelle est
approximativement 8 à 10 fois plus faible.
D'ailleurs sa valeur a été longtemps incertaine.
Pourquoi cette
valeur a t elle une importance?
Élémentaire mon cher Watson, remontons le film de
l'expansion.
Si les galaxies s'éloignent les unes des autres à
vitesse constante proportionnelle à leur distance, en remontant le passé, il
existe un point où elles étaient très proches toutes les unes des autres. (le
Big Bang).
En fait cela revient à dire que si on connaît la
distance à une galaxie et sa vitesse d'expansion, on est capable de dire depuis
combine de temps elle s'éloigne, donc de déterminer "l'age de
l'Univers". Si le taux d'expansion est CONSTANT dans le temps, hypothèse
de départ).
C'est en fait une grandeur inverse de la constante de
Hubble (1/H) qu'il faut exprimer dans les bonnes unités, on l'appelle aussi le
temps de Hubble.
Exemple si H = 65 km/s/Mpc (valeur a peu près admise)
, on trouve 1/H = 15 milliards d'années.
La valeur absolue de H est importante car
plus H est petit et plus l'Univers est vieux.
La constante de Hubble est calculée normalement en
mesurant la vitesse d'éloignement des corps et en divisant par leur distance.
Ceci suppose bien sûr que notre échelle de distance soit bonne et précise.
Bien entendu pour les objets très éloignés, on ne peut
pas utiliser la méthode de la
parallaxe, c'est le célèbre mathématicien Bessel qui utilisa le premier
cette méthode pour mesurer un objet hors de notre système solaire, la
constellation du Cygne, il trouva 0,3" d'angle (une prouesse en 1838!) ce
qui correspondait à une distance de approx. 11 al.
Mais évidemment une telle méthode atteint vite ses
limites, on emploie ensuite la méthode des chandelles standard (standard
candles) ou Céphéides. Ce
sont des étoiles pulsantes et c'est à Henrietta Leavitt qu'on doit d'avoir
trouvé une caractéristique : Elle étudia différentes Céphéides dans le même
endroit galactique et eut une INTUITION GÉNIALE : elle trouva une relation
directe entre la magnitude apparente et la période de variation : la magnitude
apparente (du max de luminosité par exemple) ou la luminosité apparente était
linéaire avec le log de la période. Mesurer la période revenait à mesurer la
distance pour peu qu'on ait un point de référence permettant d'étalonner la
courbe, on l'a eu, une Céphéide proche que l'on put mesurer par parallaxe.
Cette méthode a aussi ses limites vers 1 milliard
d'al.
Ensuite la méthode des Super Novas Ia prend le relais,
c'est une autre histoire.
Vous avez compris le principe de proche en proche on
passe d'une méthode de mesure à une autre.
Notre télescope spatial en X, Chandra
vient de participer à la détermination de H.
Cette nouvelle valeur est cohérente avec les valeurs
obtenues par d'autres méthodes et est valable sur les grandes distances (c'est
à dire de plus en plus près du Big Bang).
C'est en combinant les informations X de Chandra avec
les observations radio d'amas de galaxies, que les scientifiques ont déterminés
leurs distances allant de 1,4 à 9,3 milliards d'années lumière.
Ils ont trouvé à cette occasion une valeur de 77 km/s/Mpc (+/-
15%) pour la constante de Hubble.
Ce résultat est en accord avec les valeurs trouvées
par d'autres méthodes, notamment par le télescope spatial Hubble (72 +/-8
km/s/Mpc), de plus ce nouveau résultat est indépendant des méthodes précédentes
et confirme l'age de l'Univers entre 12 et 14 milliards d'années.
La méthode employée est basée sur l'effet
Sunyaev-Zeldovich (ou effet SZ car difficilement prononçable!), c'est
l'interaction entre le plasma d'électrons chauds dans lequel se trouvent les
mas de galaxies avec les photons du
fond cosmologique (CMB).
Cette interaction perturbe la signature spectrale du
CMB par effet Compton
inverse, le photon gagne de l'énergie dans cette interaction. Lorsqu'on étudie
le CMB en direction d'un tel amas par ondes radio, on mesure des photons plus
chauds ce qui donne des informations sur l'épaisseur de l'amas et sur sa
distance en combinant les informations du rayonnement X.
Cette technique a été mise en œuvre sur 38 amas de
galaxies (galaxy clusters) dont on en voit quelques uns sur la photo jointe.
Les résultats sont publiés dans la revue : The
Astrophysical Journal du 10 Août 2006 et dont vous pouvez avoir le texte
gratuitement en pdf
ICI.
On pourra consulter aussi l'excellent site de Hyperphysics
sur la loi de Hubble et l'expansion de l'Univers (en anglais) ainsi que le non
moins excellent site
de G Villemin sur le même sujet (en français)