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Mise à jour : 28 Février 2006 (Rev)

 

Conférences et Événements : Calendrier   .............. Rapport et CR

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ARCHIVES DES ASTRONEWS

Sommaire de ce numéro :  

 

qSaturne Titan, …. : CR de la conférence de JP Martin. (28/02/2006)

qDernières nouvelles de Deep Impact : CR de la conférence de N Biver à la SAF. (28/02/2006)

qLes anneaux de Saturne : CR de la conférence de S Charnoz à l'Obs. de Paris. (28/02/2006)

q50 ans d'Astronomie : conférence d'A Dollfus à Plaisir.  (28/02/2006)

qBudget NASA : Des coupes sombres. (28/02/2006)

qDeep Impact : De la glace! (28/02/2006)

qÇa fond plus vite que prévu : Le Groenland perd sa glace. (28/02/2006)

qStardust : La poussière de la Saint Valentin!! (28/02/2006)

qCassini-Saturne :.Le globe de Titan se précise. (28/02/2006)

qCassini-Saturne : Rhéa en fausse couleur. (28/02/2006)

qLes rovers martiens.:.Homeplate sédimentaire. (28/02/2006)

qLes rovers martiens : Structure laminaire dans Meridiani. (28/02/2006)

qSMART : Amie et Billy! (28/02/2006)

qUn site Internet à découvrir :.Victor nous propose des logiciels gratuits.  (28/02/2006)

qLivre conseillé : La grande lunette de Meudon par A Dollfus. (28/02/2006)

 

 

 

50 ANS D'ASTRONOMIE : AUDOUIN DOLLFUS (28/02/2006)

 

 

Vous trouverez ICI le compte rendu et des photos de cette superbe manifestation de Véga au Théâtre de Plaisir qui a eu l'honneur de recevoir le professeur Audouin Dollfus qui nous a raconté ses aventures.

 

 

 

 

 

 

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BUDGET NASA : DES COUPES SOMBRES. (28/02/2006)

 

Le nouveau programme américain de reconquête de l'espace annoncé en 2004 semble avoir fait des dégâts collatéraux d'après de nombreux analystes US.

 

En effet en principe il n'était pas prévu de supprimer les programmes scientifiques en cours, mais il semble bien que reposer le pied sur la Lune aura un coût scientifique, ce qui est paradoxal techniquement mais pas économiquement, car comme on dit, tout a un prix!

 

Malgré les bonnes dispositions de Michael Griffin, le nouveau boss de la NASA, certains projets semblent abandonnés et le couperet est tombé il y a quelques jours.

 

·        La mission vers Europe, le satellite glacé de Jupiter est annulé

·        La mission TPF (Terrestrial Planets Finder) pour découvrir les exoplanètes est annulée

·        La mission SIM (Space Interferometry Mission) est retardée

·        Deux missions martiennes sont annulées

·        La mission DAWN vers les astéroïdes est annulée.

 

Quel désastre!

 

La plus grande partie du budget va à la navette (17 vols navette budgétés) et à l'ISS et a priori la mission de sauvetage de Hubble est toujours d'actualité, croisons les doigts.

Le développement du CEV est activé pour retourner sur la Lune. (voir pour le détail de ce plan cet ancien astronews)

 

Bref c'est quand même une affaire à suivre, je vous tiens au courant.

 

 

Voir aussi l'article de New Scientist à ce sujet (en anglais).

 

 

 

 

 

 

 

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DEEP IMPACT : DE LA GLACE D'EAU SUR UNE PARTIE DU NOYAU (28/02/2006)

(Photo NASA/JHUAPL)  Merci à O.G. pour les corrections

 

 

Un scientifique de la compagnie SAIC (http://www.saic.com ), Jessica Sunshine vient de mettre en évidence avec son équipe dont Mike A'Hearn, Olivier Groussin et Lucy Mc Faddeen trois endroits sur le noyau de Tempel 1 récemment visité par la sonde Deep Impact, qui contiennent de la glace d'eau.

Cette information est reprise sur le site de la sonde Deep Impact.

 

Ce sont les zones qui apparaissent en bleu sur la photo ci-dessous. C'est la première fois que de la glace d'eau est détectée directement à la surface d'une comète.

 

Cette étude va paraître dans la revue Science, où il est montré que la détection directe de glace solide à la surface de ce corps a été observée par le spectromètre (en proche IR) de la sonde Deep Impact.

 

Le site de la sonde publie d'ailleurs en exclusivité (interdiction de reproduire avant publication de la revue) un dessin de la carte de température du noyau de Tempel 1.

(les 3 zones de glace, zones sombres sont marquées 1,2 et 3 sur le graphique thermique du spectro de la sonde, elles correspondent à une température de l'ordre de 280K)

 

 

 

 

Les plus importantes informations concernant cette étude sont publiées dans la revue Science qui m'a autorisé à extraire une figure de l'article.

 

Cartes et spectres du rapport des zones riche en glace par rapport aux zones sans glace du noyau de la comète Tempel 1.

a et b : données HRI dans le visible (16m/pixel)

c et d : données MRI dans le visible (82m/pixel)

e et f : données IR à 2 microns (120m/pixel) de la partie supérieure du noyau.

 

 

 

 

 

 

 

 

Les variations de couleurs sont très faibles, aussi on procède au rapport des mêmes zones pour les longueurs d'onde 450/750nm (450nm choisie car filtre UV où la glace ressort mieux et 750nm est la longueur d'onde de référence) et 3 zones anormales très brillantes apparaissent alors pour la caméra HRI et MRI

Les pics de la glace d'eau (1,5 et 2 microns) apparaissent sur le graphique f qui a été normalisé à l'endroit marqué d'un carré rouge.

Ces trois zones sont après analyse plus brillante dans l'UV et plus sombre dans le proche IR, ce qui est aussi un indice de la présence de glace d'eau.

 

L'absorption IR a lieu dans la région usuelle à 1,5 et 2 microns et correspond d'après les modèles à un mélange de grains de glace d’eau et de matériaux réfractaires d’une taille de 10 à 50 micron.

L'intensité des spectres d'absorption dans chaque pic d'absorption caractéristique, dépend de la taille des particules, ce qui explique que l'on puisse arriver à déterminer l'ordre de grandeur des particules en lisant les spectres.

La taille de ces particules est plus grande que celle mesurée dans l’éjecta résultant de l’impact, suggérant une fragmentation des grains au cours de l’impact.

 

L’aire de la surface glacée est nettement insuffisante pour expliquer le dégazage observé et il doit dont y avoir de la glace d’eau sous la surface.

 

Ces zones glacées après étude en stéréo montrent qu'elles sont situées dans des dépressions (de 80m approx) sur la surface du noyau.

 

Lucy Mc Fadden de la mission Deep Impact me précise que la température des zones glacées est incompatible avec de la glace pure et que les régions observées sont donc composées d’un mélange de glace et de matériaux réfractaires (poussières).

La quantité d'eau découverte ici, n'est pas suffisante pour produire la totalité de la coma ajoute t elle.

Il y a donc bien des sources de vapeur d'eau provenant du dessous de la surface, surface qui est très poreuse.

 

Rappelons que la densité de Tempel 1 a été évaluée est très faible : de l'ordre de 0,4.

J'ai demandé à Lucy comment on pouvait calculer la densité d'un tel corps étant donné qu'on ne peut pas se baser sur l'influence gravitationnelle du passage du vaisseau mère (trop loin). Voici sa réponse :

La densité est tirée de la forme de l’éjecta résultant de l’impact et de l'évaluation de la masse des particules éjectées lors de l'impact. Ce calcul suppose une densité uniforme.

 

 

Vue rapprochée de cette zone de glace plus brillante que les alentours.

 

 

Les chiffres représentent le relief de la région, ces zones bleues sont situées 80m sous le niveau moyen et représentent seulement 0,5% de la surface observée.

 

 

C'est notre ami Olivier Groussin de la mission Deep Impact qui a créé les cartes de température.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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ÇA FOND PLUS VITE QUE PRÉVU : LE GROENLAND PERD SA GLACE (28/02/2006)

 

Sujet récurrent pour ce site qui est très concerné par le sauvetage de notre planète, la perte des glaces du Groenland a doublé entre 1996 et 2005, ses glaciers s'échappent vers l'océan à un rythme effréné suite au réchauffement climatique, comme semble l'indiquer une étude récente de l'Université du Kansas travaillant pour la NASA. Cette perte de glaciers, augmente le niveau des mers considérablement.

 

Cette étude est publiée dans le journal Science et notre ami le Dr Éric Rignot du JPL qui nous a déjà donné ses commentaires ici, et que vous connaissez bien, y a participé ainsi que P Kanagaratnam du  CRESIS (University of Kansas Center for Remote Sensing of Ice Sheets); leur communication est basée sur les données de plusieurs satellites européens et canadiens d'étude des glaces du Groenland sur les 10 dernières années.

(photo : glaciers du Groenland par Travelpod)

La fonte des glaciers du Groenland est la principale contribution à l'augmentation du niveau marin et est un signe avant coureur du changement de climat de cette région.

 

 

 

 

 

 

(Eric Rignot survolant l'Antarctique, photo par J Ross NASA)

 

L'évolution de la couverture de glace dépend de plusieurs facteurs :

·        l'accumulation de neige sur l'intérieur de l'île augmente la masse et diminue le niveau des mers

·        la fonte des glaces le long des côtes sont une perte de masse et augmente le niveau des mers

·        le flot des glaciers qui se jettent dans la mer sont aussi une perte de masse et participe à l'augmentation du niveau de la mer.

L'étude en question se penche principalement sur ce dernier facteur afin de le préciser plus en détail et ainsi évaluer le changement global de masse de l'île.

 

Suite à cette énumération, j'ai voulu en savoir plus, aussi ai-je contacté Éric au JPL qui m'a répondu immédiatement :

 

Question : comment se fait il que comme vous dites : l'accumulation de neige sur l'intérieur de l'île augmente la masse (cela je comprends) et diminue le niveau des mers (pourquoi quelle est l'influence sur le niveau des mers?)

 

Le réchauffement du climat conduit a plus d'évaporation sur les océans parce que la température des océans montent, et cette évaporation conduit à plus de précipitation sur les régions polaires parce qu'il y a plus d'humidité dans l'atmosphère.

Cette chute accrue de neige à l'intérieur du Groenland diminue la masse océanique et accroît la masse du

Groenland, donc effectivement fait baisser le niveau de la mer. C'est un transfert de masse de l'océan aux terres.

Dans le sens contraire, si le Groenland déverse plus d'eau dans l'océan qu'il n'en reçoit de l'atmosphère, par exemple si les fontes augmentent ou bien les glaciers accélèrent, cela se traduit par une croissance de la

masse océanique au détriment du Groenland.

 

En réalité les deux phénomènes se passent en même temps, le tout est de savoir qui gagne: l'accroissement de neige ou bien l'accroissement de fonte/iceberg. Notre étude suggère le deuxième, et de très loin.

 

Question : vous dites que vous avez étudié les trois quarts du Groenland, le dernier quart ne peut il pas avoir biaisé les résultats?

 

Notre étude est basée sur les 3/4 des glaciers, mais les glaciers manquants (sud ouest et nord est) sont des glaciers plus petits, avec une décharge faible donc sans conséquence importante sur le débit de glace.

Dans la partie ouest les glaciers accélèrent, je néglige cette influence donc sous estime leurs contributions a la perte de masse, mais l'erreur est d'environ 10-20 km3/an au plus.

Dans la partie est, il n'y a pas d'accélération, et les glaciers sont très probablement en équilibre parce que c'est le cas plus au nord et plus au sud, donc l'erreur par omission est sans doute 0.

Même si nous ne regardons que les 3/4 du Groenland, nous étudions 80 a 90% du volume déplacé parce que les glaciers manquant ont un faible débit.

 

 

Question : les modèles que vous avez crées ont ils été confrontés à la réalité?

 

Nous n'avons pas créé de modèle. Nous estimons cependant que les modèles actuels de prédiction de l'évolution du Groenland ne représentent pas la réalité et en particulier négligent l'importance des glaciers.

Le résultat est que les prédictions de changement du niveau des mers a long terme par ces modèles sont OPTIMISTES et conservatrices.

En réalité, la contribution du Groenland sera beaucoup plus forte.

 

 

Ces théories ont été testées grâce aux données des satellites ERS 1 et 2 , de Radarsat et de Envisat sur une période de dix ans, et ont été ensuite combinées entre elles afin de calculer le volume de glace transportée vers la mer et l'évolution de ces volumes dans le temps. L'étude couvre les trois quarts de la surface des glaciers de l'île.

Le flot est passé de 63 km3 en 1966 à 162 km3 en 2005, cela est donc la perte principale de la couverture de glace du Groenland des dix dernières années. Il semble que la progression vers le Nord de l'île continue augmentant encore le flux.

 

Comme je conclue malheureusement tous mes articles sur ce sujet : à suivre……

 

 

 

 

 

 

POUR ALLER PLUS LOIN :

 

Science et Avenir en parle dans son édition du Net.

 

Le journal Libération aussi.

 

Nos amis canadiens ne sont pas en reste sur le changement de la circulation atlantique.

 

La BBC a repris aussi l'info.

 

 

Bien entendu sur votre site préféré nous avons de nombreuses fois évoqué ce même sujet :

 

Groenland : la glace augmente

 

au secours la mer monte.

 

antarctique : la glace augmente.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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STARDUST : LA POUSSIÈRE DE LA SAINT VALENTIN. (28/02/2006)

(Photo NASA/JSFC)

 

Nos amis américains ont vraiment le sens du festif!

 

La première poussière de la sonde Stardust a été analysée par un laboratoire américain, le Brookaven Laboratory de New york.

 

À leur grande surprise la poussière prélevée dans cet échantillon le jour de la St Valentin (14 Février) avait la forme d'un cœur! (quelle coïncidence quand même, à moins qu'ils aient de bons publicitaires!).

 

Ils assurent que c'est vrai, pourquoi pas, de toutes façons c'est un bon signe.

 

J'ai donc contacté pour vous le responsable de cette partie là de la mission : le Dr Peter Tsou (voir astronews précédent) et lui ai posé quelques questions.

 

 

 

Est ce vraiment une poussière en forme de cœur ou bien la photo a t elle été trafiquée?

Non, la forme de la particule a bien effectivement la forme d'un cœur, c'est très surprenant et cela la rend évidemment très spéciale. La couleur de l'image dépend un peu de son éclairage.

 

De tous les échantillons de la capsule Stardust déjà étudiés, est ce le premier à avoir été analysé?

Cette particule a été la première à avoir été remarquée le 19 Janvier 2006 (je rappelle que le réceptacle a été ouvert le 17 Janvier) et la première a avoir été extirpée de l'aerogel.

 

Pourquoi doit elle être maintenant enveloppée dans du Soufre, comme il est dit sur votre site?

De façon à examiner la structure interne de cette particule (qui fait de l'ordre de 11 microns), nous devons la découper en tranches avec un couteau en diamant; mais nous devons la maintenir solidement et fermement.

Le Soufre est un matériau approprié à cette fonction, et ceci pour deux raisons : il ne contient que très peu de matière organique (à part des époxy) et il se favorise en très peu de temps.

Nous n'allons couper que quelques tranches et laisser le reste de la particule pour des analyses isotopiques.

 

Pourquoi, aussi devez vous envelopper le reste de la particule d'une feuille d'or?

Comme nous ne pensons pas trouver de l'Or dans les comètes et comme c'est un bon conducteur c'est un bon support physique pour transporter la particule vers l'instrument de mesures isotopiques.

 

 

 

D'autres images de ces poussières cosmiques.

 

 

 

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