LES ASTRONEWS de planetastronomy.com:
Mise à jour : 19 Juin 2008       
 
Conférences et Événements : Calendrier   .............. Rapport et CR
Astronews précédentes : ICI        dossiers à télécharger par ftp : ICI
ARCHIVES DES ASTRONEWS : clic sur le sujet désiré :
Astrophysique/cosmologie ; Spécial Mars ; Terre/Lune ; Système solaire ; Astronautique/conq spatiale ; 3D/divers ; Histoire astro /Instruments ; Observations ; Soleil ; Étoiles/Galaxies ; Livres/Magazines ; Jeunes /Scolaires
 
Sommaire de ce numéro :  
Atelier Cosmologie-Géométrie à l'Observatoire de Paris : Compte rendu succinct (19/06/2008)
Trois "Super Terres" découvertes : Michel Mayor a encore frappé! (19/06/2008)
Le Palais de la Découverte : Une merveille en péril! (19/06/2008)
Les Mathématiques de l'Astronomie : Partie 6 par B Lelard. (19/06/2008)
Phoenix : des nouvelles fraîches! (19/06/2008)
Nguyen Quang Rieu : Extrait de sa conférence sur la formation des étoiles. (19/06/2008)
GLAST : Décollage réussi! (19/06/2008)
Ulysses : Une fin de mission superbe. (19/06/2008)
Au secours! : La Galaxie manque de (deux) bras! (19/06/2008)
Notre Galaxie : Les Radio Astronomes aussi. (19/06/2008)
Spitzer :Notre Galaxie en IR. (19/06/2008)
Hubble :. La Galaxie et la Super Nova. (19/06/2008)
Stardust : Rapport de mission et prochaine étape. (19/06/2008)
STS 124 : Kibo et toilettes au programme! (19/06/2008)
Le LHC : On en voit le bout! (19/06/2008)
La constellation du moment :.Le Triangle de l'été par DB. (19/06/2008)
Mars :.Le survol de Mars en animation. (19/06/2008)
Photos d'amateurs :.Marc Jousset et la Rosette. (19/06/2008)
Les magazines conseillés :.Espace Magazine de Juillet Août est paru. (19/06/2008)
Les magazines conseillés :.Pour la Science de Juin : est ce la fin de la cosmologie? (19/06/2008)
Bulletin professionnel : Le bulletin de l'ESA de Mai 2008 est consultable en ligne. (19/06/2008)
 
 
 
 
 
 
TROIS "SUPER TERRES" DÉCOUVERTES : MICHEL MAYOR A ENCORE FRAPPÉ. (19/06/2008)
 
Il y a quelques jours, lors du congrès "Super Earth" qui se tenait à Nantes, l'astronome Suisse Michel Mayor (qui avait déjà été le premier à découvrir une exoplanète en 1995, Peg 51) et son équipe de l'UNIGE (Université de Genève) ont révélé leur dernière découverte autour de notre voisine, l'étoile HD 40307, située à 42 al, de planètes similaires à la Terre de par leurs dimensions au moins.
 
Cette découverte, par la méthode classique des vitesses radiales, a été faite grâce au spectrographe HARPS monté sur le télescope de l'ESO à La Silla au Chili.
 
La plupart des presque 300 exoplanètes découvertes jusqu'à présent sont des énormes planètes gazeuses, mais de temps en temps, nos appareils sont assez puissants et précis pour mettre au jour des planètes de type "terrestre", c'est à dire de l'ordre de grandeur de quelques masses terrestres.
 
 
Le système dont on parle aujourd'hui est triple, les planètes tournent autour d'une étoile approximativement de la taille de notre Soleil.
 
Ces trois exoplanètes (4,2, 6,7 et 9,4 fois la masse terrestre), sont situées bien près de leur étoile (gravitent respectivement en 4,3, 9,6 et 20,4 jours autour de HD 40307), ce qui à priori exclut toute possibilité de présence d'eau liquide et par conséquent de possible "vie".
 
Une image d'artiste de ce système solaire.
 
L'équipe Suisse a aussi annoncé la découverte de deux autres systèmes dont l'un (autour de HD 181433) possèderait au moins deux super Terres.
 
 
On pense que la plupart des étoiles possèdent des planètes, et beaucoup (celles de type solaire?) devraient posséder des "petites" planètes.
 
 
 
 
 
 
Alors à quand notre sœur jumelle??
 
Et Corot, que fait il ?, au travail, mon vieux, il faut aussi découvrir aussi des super Terres!!!
 
 
POUR ALLER PLUS LOIN :
 
Sur votre site préféré, toutes les infos sur les exoplanètes et comment les détecter :
 
http://www.planetastronomy.com/dossiers-astro/astrophysique-dossier.htm#exoplanetes
 
 
 
 
chickens_up.gif
 
 
 
LE PALAIS DE LA DÉCOUVERTE : UNE MERVEILLE EN PÉRIL. (19/06/2008)
 
Il se passe des choses en ce moment concernant le Palais de la Découverte qui nous semblent préjudiciables à son avenir, aussi beaucoup d'entre nous scientifiques, professeurs, public devrions nous sentir concernés.
 
Notre ami Christian Larcher a écrit un texte résumant la situation que je me suis permis de co-signer, car pour moi, le Palais c'est toute une jeunesse scientifique, je me souviens de la chambre à bulle, des expériences avec l'air liquide, de la salle d'électrostatique, bref tout ce qui fait que la science se met à la portée du plus grand nombre. C'est le Palais qui a été à l'origine de ma carrière scientifique et de celle de nombreux autres jeunes. Je trouve que cette institution est moins confuse que le monument qu'est la Cité des Sciences dans la présentation des différents aspects de la Science.
Alors ne faisons pas disparaître le Palais de la Découverte ou ne le noyons pas dans une entité qui l'absorberait complètement.
 
À l'époque où les sciences et techniques sont fondamentales pour relever le niveau de connaissances de notre pays, réfléchissons bien avant toute action irréversible.
 
 
 
·        Une brève histoire 
 
Le Palais de la Découverte fut créé par Jean Perrin en 1937 à l’occasion de l’Exposition Internationale de Paris qui eut lieu du mois de mai au mois de novembre 1937. Le succès fut immédiat, le Palais accueillit 2 225 000 visiteurs. Devant ce succès inattendu il fut décidé d’en faire un lieu pérenne.
Jean Perrin, Prix Nobel en 1926, était sous-secrétaire d’État à la Recherche Scientifique du gouvernement de Front populaire de Léon Blum ; il fut également à l’origine de la création du CNRS en 1939, de la construction de l’Observatoire de Haute Provence (OHP) et de l’Institut Astrophysique de Paris (IAP).
 
·        La mission du Palais de la Découverte
 
L’objectif initial est de rendre populaire la culture scientifique, de permettre au grand public de découvrir les « savoirs scientifiques fondamentaux ».
De présenter la « science en train de se faire » à l’aide d’exposés, d’expériences et de manipulations commentées.
La mission du Palais est restée la même jusqu’à aujourd’hui. Ce qui donne dans les termes actuels : 
« Le palais de la Découverte a pour mission de participer à la formation culturelle de toutes les catégories de la population dans le domaine des sciences et de leurs applications. Il est notamment chargé de familiariser, principalement par des expositions, l’ensemble du public avec les résultats et les méthodes de la recherche fondamentale, d’éveiller sa curiosité intellectuelle et de susciter des vocations en faveur de la science, de présenter les expériences qui sont à l’origine de ces recherches ou qui marquent leur aboutissement. »
Mission décrite par l’article 3 du décret n°90-99 du 25 janvier 1990.
 
·        Un bilan exceptionnel
 
Dans un rapport au Premier Ministre sur la diffusion culture scientifique Emmanuel Hamelin  écrivait en 2003:
« Le Palais de la Découverte a suscité et suscite encore un grand nombre de vocations et bon nombre des grands scientifiques d’aujourd’hui y ont été sensibilisés à l’aventure de la science. De plus, via les activités de médiation scientifique, un large public peut être initié aux grands phénomènes, ainsi qu’aux nouveaux champs de l’activité de recherche » ( La documentation française, 2 003).
 
Un sondage révèle que 56 % des scientifiques de plus de 30 ans et 41 % de moins de 30 ans indiquent que le Palais de la Découverte a joué un rôle dans leur vocation scientifique.
600 000 visiteurs viennent chaque année au Palais.
 
« Depuis 70 ans le Palais de la Découverte est l’institution de référence qui fait vivre la science au cœur de Paris.
Un lieu unique de science, de culture et d’émotion » indique Catherine Kintzler, professeur d’Université.
 
Lors de la séance publique du 1décembre 2006 au Sénat, le Ministre délégué à l’enseignement supérieur et à la recherche  M. François Goulard déclarait :
 « Ce qui fait la spécificité de cet établissement, c’est sa façon de montrer la science, qui conserve toute sa valeur. Des expériences sont réalisées devant le public, et chacun d’entre vous sait l’importance que cela peut avoir sur le jeune public, notamment pour les vocations scientifiques » ; et pourtant le Palais est en péril !
 
·        Une  conséquence de la réforme générale des politiques publiques
 
La Cité des Sciences et de l’Industrie fut créée en 1985 dans des bâtiments qui devaient à l’origine servir d’abattoir ce qui ne simplifia pas sa transformation en Cité des Sciences. Le personnel salarié travaillant à la Cité (environ 1 000 personnes) relève du droit privé. Le statut de la Cité des Sciences est celui d’un Établissement Public à caractère Industriel et Commercial (EPCI).
 
Par contre, le Palais de la Découverte a le même statut que la plupart des Universités c’est un Établissement Public à caractère Scientifique, Culturel et Professionnel (EPSCP). Il dépend du Ministère de l’enseignement supérieur en ce qui concerne la gestion de carrière des agents du Palais mais la responsabilité budgétaire revient au Ministère de la culture et de la communication.
Cette ambiguïté n’a pas favorisé financièrement le développement et la rénovation du Palais de la découverte et sa mise aux normes de sécurité !
 
Environ 200 personnes travaillent au Palais de la Découverte, les ¾ appartiennent à la fonction publique.. à un moment où la priorité du gouvernement est de diminuer le nombre de fonctionnaires !
 
Depuis la création de la Cité des Sciences, le Palais de La Découverte est en sursis. Les autorités politiques cherchent depuis longtemps la disparition du Palais de la Découverte ou la fusion des 2 établissements pour faire « des économies d’échelle ».
Pourtant leurs objectifs ou leurs finalités, leurs activités et leurs publics ne sont pas les mêmes.
 
·        Des établissements complémentaires
 
Pour la Cité il s’agissait, dès l’origine, de décloisonner les disciplines, de présenter des activités ludiques et spectaculaires, avec une présence importante de l’informatique.
Le Palais de la découverte a pour vocation de contribuer à la formation initiale et continue des jeunes et des moins jeunes.
Au Palais on voit couramment des enfants étonnés par le spectacle qu’ils découvrent sous le regard ému de leurs grands parents ou de leur professeur d’école. On voit de nombreux autodidactes qui veulent  comprendre ce qu’ils n’ont jamais eu la chance d’étudier.
Au Palais, des étudiants inscrits en thèse peuvent venir réaliser leur stage et mettre au service du public le savoir directement issu de la recherche.
 
La Cité des Sciences n’a jamais réussi la greffe avec le milieu enseignant comme parvient à le faire le Palais de la Découverte. L’intention d’interdisciplinarité est en soi très louable mais l’enseignement dispensé dans les collèges et les lycées, et la formation professionnelle des enseignants, restent étroitement disciplinaires. Les TPE (Travaux Personnels Encadrés) qui incitaient à l’interdisciplinarité n’ont pas été maintenus par le Ministère (sauf en première). De fait, pour remplir leur mission conformément aux programmes prescrits, les enseignants privilégient encore largement le Palais de la Découverte.
 
Il y a, au Palais, de nombreux départements scientifiques. Si vous ne les connaissez pas cliquez sur :
http://www.palais-decouverte.fr/index.php
 
Deux salles sont particulièrement célèbres celle d’électrostatique où vous pourrez sentir vos cheveux se dresser brusquement sur votre tête. Celle de mécanique où, sur une plate-forme tournante, vous pourrez tout comprendre de ces forces bizarres que l’on appelle forces d’inertie centrifuges et forces de Coriolis.
En Chimie les expériences réalisées avec de l’air liquide à – 193 °C restent longtemps dans la mémoire des visiteurs.
 
Certains font remarquer qu’il n’est pas judicieux que chaque établissement dispose d’un planétarium. En réalité on n’y fait pas la même chose.
Au Palais de la Découverte on va apprendre à connaître ou à reconnaître le ciel étoilé, les constellations, à repérer les astres au moyen de coordonnées adéquates.
A la Cité il s’agit plus d’un spectacle et le dôme du planétarium sert le plus souvent d’écran de cinéma.
 
Le Palais, malgré une sous dotation financière chronique, a monté de magnifiques expositions avec peu de moyens et dans les limites de la dimension de ses locaux…
Les dimensions et la logistique de la Cité des Sciences permettent d’organiser de grandes manifestations, des colloques, des grandes expositions comme celle qui vient d’être inaugurée intitulée  « Le grand récit de l’Univers », particulièrement réussie.
 
En conclusion, chaque établissement se positionnait sur des créneaux différents mais complémentaires. L’un, unique en France, servit de référence à plusieurs musées étrangers comme le Miraikan au Japon et L'exploratorium de San Francisco et se montre plus proche du monde éducatif,  l’autre, plus ludique, plus spectaculaire a la faveur d’un plus large public et de nombreux touristes.
 
La fusion du Palais de la Découverte avec la Cité des Sciences, pour des questions économiques, risque d’aggraver sensiblement le déficit des jeunes qui envisagent de se diriger vers des filières scientifiques.
 
En savoir plus :
 
http://palais-decouverte.eitic.org/dossier3.pdf
 
Pour voir et signer la pétition du personnel du Palais intitulée :
 La mort annoncée du Palais de la découverte :
http://palais-decouverte.eitic.org/index2.php
Il y a actuellement 27 982 signatures
Ou celle intitulée : Sauvons le Palais de la Découverte :
http://www.sauvonslepalaisdeladecouverte.fr/
Elle concerne actuellement 28 837 signatures avec souvent des commentaires.
 
Christian Larcher et Jean Pierre Martin
 
 
 
 
chickens_up.gif
 
 
 
 
 
LES MATHÉMATIQUES DE L'ASTRONOMIE : PARTIE 6 PAR B LELARD (19/06/2008)
 
Voici une nouvelle rubrique dans vos Astronews, suite à une demande forte, notre ami Bernard Lelard, Président de l'Association d'astronomie VEGA de Plaisir (Yvelines) se propose de nous faire découvrir la genèse des mathématiques qui ont été utiles à l'Astronomie dans cette rubrique qui comportera de nombreuses parties.
 
 
 
PARTIE 6 : PLATON ET LES ASTROMATHÉMATICIENS SOPHISTES (deuxième partie)
 
 
Empédocle d’Agrigente était un personnage haut en couleurs. Né à Akragas ( Agrigente en Sicile, quelle manie de toujours s’approprier des noms ( Pékin – Beijing ) incompris des autochtones ) en –490 avant JC.
J’ai vu à Agrigente le temple de la Concorde, presque intact. L’original Empédocle était habillé de pourpre, ceint d’une couronne et cosmologiste avant l’heure, imagina que l’Univers était composé de 4 éléments : l’eau, le feu, la terre et l’air. Le tout imbriqué par 2 forces opposés : l’Amour et la Haine.
L'Amour rapproche même ce qui est dissemblable, et la Haine sépare ce qui est joint.
Et il écrit en vers : « À un moment donné, l'Un se forma du Multiple, à un autre moment, il se divisa, et de l'Un sortit le Multiple — Feu, Eau et Terre et la hauteur puissante de l'Air. »
Selon lui, nous sommes dans une période haine ( bien vu ).
Il trouva aussi que la Lune reflétait la lumière du Soleil qui se trouvait ailleurs et conclut que la lumière voyageait, 20 siècles avant l’expérience de Römer. Il prépara aussi la théorie des atomes de Démocrite. En –435, il laissa une sandale au bord du cratère de l’Etna et se jeta dans le feu du volcan. Sa philosophie fut reprise par Nietzche et Bachelard
 
Musée archéologique d'Agrigento, ville natale d'Empédocle.
statue de Périclès par Phidias Il portait toujours le casque parce qu’il avait une déformation du crâne.
 
 
 
 
Œnopide de Chios (vers 450) fixe la valeur de e à 24° soit le coté du pentadécagone (15 cotés)
Et fixe les propositions reprises par Euclide :
Proposition 12 du Livre I : Tracer une perpendiculaire à une droite à partir d’un point hors de cette droite ,
Proposition 23 du Livre I : Sur une droite, et en un point de cette droite construire un angle donné.
 
Quelle époque !
Il y eu aussi Zénon d’Elée, né en –495. Il introduisit l’art de la dialectique ( discours brefs ).
Il remit en cause la mythologie et les croyances populaires au profit de la logique scientifique.
Maniant le premier les paradoxes, il considéra que l’Univers était infini. « si le lieu est quelque chose, il doit être dans quelque chose », ce qui d'une chose à une autre aboutit à l'« illimité ».
Très droit et pur, il mourut en se tranchant la langue avec ses dents et la cracha au visage du tyran Néarque qui le jugeait pour activisme. Il lança ainsi une mode ( la langue du philosophe )
 
Anaxarque d’Abdère ( Thrace ), compagnon d’Alexandre le Grand et disciple de Diogène et de Démocrite, cracha aussi sa langue en –340. Il promut le doute scientifique qui a marqué la pensée occidentale, repris par Descartes dans le discours de la méthode, et fit l’éloge de l’ »eudémonia » ( le bonheur, l’hédonisme ). Il fut condamné par Nicocréon, tyran de Chypre, a être broyé par un pilon de fer parce qu’il l’avait dénoncé à son ami Alexandre le Grand. « Broie donc, broie donc le sac qui enveloppe Anaxarque, tu ne broieras pas Anaxarque !». , Nicocréon ordonna alors de lui couper la langue, mais il se la coupa lui-même de ses dents et la lui cracha au visage.
 
Il y eu aussi Antiphon ( -480, -411 ) qui le premier approcha l’aire d’un cercle par les aires de polygones inscrits dont on double les côtés ( bien avant Leibniz ) et trouva par la même la borne supérieure de pi.
 
Démocrite troisième fils d’Hégésistrate naquit à Abdère dans la 80 ième olympiade ( qui, comme chacun sait va de –460 à –457 ) et serait mort à 103 ans en –356.
 
Il fit très jeune un gros héritage et donc, riche, il put se consacrer à parfaire ses connaissances en voyageant comme Thalès et Pythagore.
 
Il apprit l’astronomie en Perse chez les mages de Xersès I et la géométrie en Egypte.
Il se rendit aussi en Ethiopie , en Babylonie et à Athènes où il aurait rencontré Socrate incognito.
Il reprit l’école de Leucippe – dont il fut aussi l’élève – et continua les travaux de son maître sur la théorie des atomes.
 
 
Il admirait Pythagore au point d’en écrire un livre. Il était aussi imbu de sa personne : « De tous mes contemporains j’ai parcouru la plus grande partie de la terre, en étudiant les sujets les plus grands. J’ai vu le plus de climats et de pays. J’ai entendu la plupart des hommes doctes, et personne encore ne m’a surpassé dans l’art de combiner les lignes et d’en démontrer les propriétés, pas mêmes les arpenteurs d’Égypte, avec qui j’ai passé cinq ans en terre étrangère. »
Il revint ruiné de ses voyages, mais il se refit une fortune en spéculant sur les cours de l’huile d’olive ( comme Thalès ). Pour prouver son mépris de l’argent face à la connaissance, il rendit ses plus values . Démocrite apporta beaucoup à la science :
« Les atomes se meuvent éternellement dans le vide infini. Ils entrent parfois en collision et rebondissent au hasard ou s’associent selon leurs formes, mais ne se confondent jamais. La génération est alors une réunion d’atome, et la destruction, une séparation, les atomes se maintenant ensemble jusqu’à ce qu’une force plus forte vienne les disperser de l’extérieur. C’est sous l’action des atomes et du vide que les choses s’accroissent ou se désagrègent : ces mouvements constituent les modifications des choses sensibles. Ces agglomérations et ces enchevêtrements d’atomes constituent ainsi le devenir. L’être n’est donc pas un, mais est composé de corpuscules. »
 
 
En cosmologie, il avait aussi une vision moderne : «  Les mondes existent dans le vide et sont en nombre infini, de différentes grandeurs et disposés de différentes manières dans l’espace : ils sont plus ou moins rapprochés, et, dans certains endroits, il y a plus ou moins de mondes.
Certains de ces univers sont entièrement identiques.
Ces univers sont engendrés et périssables : certains sont dans des phases d’accroissement, d’autres disparaissent, ou bien encore ils entrent en collision les uns avec les autres et se détruisent.
 
 
Les mondes sont ainsi gouvernés par des forces créatrices aveugles, et il n’y a pas de providence.». Il vécut longtemps en mangeant du miel et buvant de l’huile mais décida du jour de sa mort.
 
 
 
Le siècle d’or connut aussi Théodore de Cyrène ( -465 , –398 ).
 
Pythagoricien, il étudia les nombres incommensurables et trouva une spirale qui donnait les racines carrées des nombres entiers en appliquant le théorème de Pythagore.
 
 
(figure de S.Mehl ).
 
On part du triangle isocèle rectangle de côté 1 et on reporte l’hypoténuse à angle droit et ainsi de suite.
 
 
 
 
 
 
 
 
Hippias d’Elis ( -465, -490 ), diplomate, sophiste aristocrate gagna beaucoup d’argent avec ses discours sur tout. Notamment en mathématiques : il trouva une méthode sur la trisection de l’angle : et invente la trisectrice, une courbe sensée démontrer la quadrature du cercle.
 
 
 
Hippias fut un des plus grands sophistes ( sophistês : expert, maître ), il mettait en doute la vérité absolue et la moralité enseignées par les philosophes qui ne l’aimaient pas.
 
 
 
Et puis, au V ième siècle, il y avait aussi Méton d’Athènes, natif de Leuconoé qui découvrit  en –432 le cycle luni-solaire de 235 lunaisons ou 6.940 jours ou 19 années solaires de 365 5/9 ièmes en érigeant des colonnes sur lesquelles il inscrivait les révolutions du Soleil.
 
Et puis encore Archytas de Tarente ( -435, -347 ) pythagoricien ( directeur de l’École ), mathématicien, astronome, 7 fois  stratège et  général grec. Professeur d’Eudoxe de Cnide et d’Empédocle  et grand ami de Platon.
En mathématiques, il est le fondateur de l’étude du mouvement : la mécanique, indispensable à l’astronomie qu’il pratiquait. Il aurait trouvé la solution au problème de la duplication du cube ( étant donné un cube : construire à la règle et au compas un cube de double volume ). Autre idée saugrenue : en fait les Déliens demandèrent à l’oracle de Delphes comment faire stopper une épidémie de peste qui ravageait le pays, l’oracle répondit qu’il fallait construire le double de l’autel d’Apollon qui était un cube. Les Déliens s’adressèrent à Platon qui confia le problème à son ami. Archytas inventa aussi la vis et la poulie avant Archimède.
 
Et vint Socrate ( -470, -300 ).
Il n’apporta rien à la construction de l’astronomie, sinon sa propre vision des choses.
Il fondait son enseignement sur le questionnement, le maieutikê ( l’art d’accoucher les idées et les questions , sa mère était sage femme). Il faut se poser des questions, sur tous les sujets.
Et l’astronomie est la source de tout questionnement sur le monde.
 
« Voilà donc ce dont je me suis laissé convaincre. C’est tout d’abord que si la Terre est au centre du monde et qu’elle soit ronde, elle n’a nul besoin, pour éviter de tomber, ni de l’air, ni d’aucune pression du même genre. Mais ce qui suffit à la retenir, c’est la similitude de toutes les directions du monde entre elles et l’état d’équilibre de la Terre elle même ; car pour une chose qui est placé en équilibre au centre d’un contenant homogène, il n’y aura lieu, ni peu ni prou, de tomber d’aucun côté ; or une telle position étant celle de la Terre, étant incapable de tomber elle restera immobile ».
 
Socrate fut condamné à mort en buvant la ciguë par l’Héliée, le tribunal populaire d’Athènes parce que, selon ce tribunal, il corrompait la jeunesse par son enseignement et ne croyaient pas à la mythologie officielle. Socrate n’a jamais écrit sa pensée et c’est son élève et disciple Platon qui nous rapporta son enseignement.
 
 
 
La figure majeure du siècle d’or est Platon. Son influence sur les Grecs et la pensée occidentale est immense. Pour autant, pour notre sujet, hors mis ses polyèdres et une énorme bêtise ( le géocentrisme ), il contribua peu. Platon – dont le nom signifie «  large d’épaules » est né en –427 à Athènes et y mourut en –347. Il eut comme précepteur Théodore de Cyrène qui lui donna le goût des mathématiques.
 
Il vécut, comme ses contemporains, pendant une période de troubles due à la guerre du Péloponèse qu’Athènes perdit contre Sparte. Aristocrate, le comportement de Platon sera toujours influencé par son origine noble, mais il ne se mêla pas de politique en raison aussi de ses principes moraux et de sa croyance en la bonté de l’homme.
Doux rêveur à l’image de maître Socrate dont il écrivit l’enseignement.
 
 
A 30 ans il décide de voyager pour connaître le monde, se rend d’abord à l’école pythagoricienne à Crotone puis à Syracuse en Sicile où il fit quelques bêtises et fut sauvé par Archytas ( qu’il avait rencontré chez Pythagore à Tarente ).
Platon revint à Athènes en –388 et décide d’enseigner en fondant une école.
Pour cela il achète un terrain prés d’Athènes sur le rivage de Céphissos ayant appartenu à un certain Akadêmos, personnage mythique de la légende d’Hélène et de Castor et Polux.
 
En ce temps là, l’enregistrement à un cadastre n’existait pas ( comme ce fut le cas, hélas pour eux, des Palestiniens qui ne purent prouver leurs propriétés et en furent dépossédés…) et les terrains étaient désignés par le nom de leurs premiers propriétaires.
C’est ainsi qu’Aristote acheta un terrain à Lycée pour y fonder aussi une école.  
Platon nomma son école » l’Académie » . Cette prestigieuse Académie dura 900 ans ( pas d’équivalent dans le monde ) et fut bêtement fermée en 529 par l’empereur Justinien, responsable de la fin de l’enseignement des Grecs et de leur éparpillement, eux et leur manuscrits, dans tout le Moyen Orient ( heureusement sauvés par les Arabes ).
 
 
 
 
L’Académie était un établissement d’enseignement supérieur de sciences et de philosophie au fronton duquel Platon fit inscrire :
«  Nul n’entre ici s’il n’est géomètre «.
Pour Platon la géométrie ( mais aussi l’astronomie et la musique –harmonie- ) était l’intermédiaire entre le monde matériel ( les humains et la Terre ) et les idées d’essence divine.   Pour lui toutes les démonstrations sont à faire à la règle et au compas par purisme. Il est ainsi l'initiateur de la géométrie euclidienne dont les figures sont les objets « sur lesquelles les mathématiciens construisent leurs  raisonnements, sans avoir dans l'esprit ces figures elles-mêmes mais les figures parfaites dont celles-ci sont les images visibles et que nul ne peut contempler autrement que par la pensée » (Platon, la République).
 
 
 
 
Il considérait que les mathématiques étaient le meilleur entraînement de l’esprit avec, pour conséquence, leur place importante dans nos concours et examens.
 
En astronomie, Platon expliquait le monde dont le centre était la Terre autour de laquelle tout tournait en étant agencé selon 5 polyèdres réguliers et convexes découverts par Théétète d’Athènes.
 
 
 
Platon professait aussi que tout ce que nous voyons grâce à nos sens n’est qu’apparence.
La vraie réalité existe mais nous ne la voyons pas. Il illustrait sa pensée en imaginant des hommes dans une caverne dont les parois renvoyaient des images extérieures qu’eux mêmes ne voyaient pas.
Nous ne sommes pas loin de la relativité .
 
 
 
Prochain chapitre : Aristote et l’Universel.
 
 
 
 
chickens_up.gif
 
 
 
PHOENIX : DES NOUVELLES FRAÎCHES! (19/06/2008)
 
Après un atterrissage parfait que vous avez pu suivre en direct avec nous à la Cité des Sciences, Phoenix poursuit sa courte mission dans la zone polaire Nord de Mars.
 
Il fait frais même si c'est l'été : min : -80°C et max : -30°C.
 
Une semaine après cet atterrissage il prenait le premier échantillon du sol martien pour analyse à l'aide du bras en Titane et Aluminium. Ce bras, le RAC (Robotic Arm Camera) est équipé d'une caméra/microscope qui sert aussi à voir la matière recueillie.
 
Ce bras articulé de 2m40 a été conçu par l'Université de l'Arizona et le Max Planck Institute for Solar System Research en Allemagne.
 
 
Vue de la tranchée creusée sol 7. des traces blanches apparaissent en haut à droite. (Glace? Sel?)
Cette matière est déposée à l'entrée du four aux fins d'analyse chimique sol 12 (6 juin 2008).
 
Malheureusement il semble que le matériau soit plus grossier que prévu, car il n'a pas passé les grilles d'entrée du four TEGA (Thermal and Evolved-Gas Analyzer). On pense aussi que l'une des deux portes du four n'était pas bien ouverte. Il y a en tout 8 fours.
Une vingtaine de mg est nécessaire pour l'analyse et on pense que moins de 1mg a été déposé seulement.
 
On doit d'abord extraire l'eau puis chauffer progressivement l'échantillon (jusqu'à 1000°C) sur une période de plusieurs jours.
On n'est malheureusement pas équipé pour faire des analyses biologiques.
 
 
Rappelons que les analyses ont pour but de savoir si le terrain polaire  où se trouve Phoenix a subi des fontes et gelées répétitives de glace d'eau pendant le cycle martien.
 
 
 
 
Il faudra recommencer l'opération en mettant au point une autre technique de déversement; faire vibrer le bras pour ne faire tomber que le matériau le plus fin (saupoudrage). Le sol étant plus granuleux que prévu, on ne sait pas encore pourquoi.
 
 
 
C'est ce qui devait être fait sol 15 comme on le voit sur l'image.
 
Et on vient d'apprendre que ce jour 11 juin 2008, ça y est on a réussi à remplir le premier four à analyse avec du sol martien. Les analyses débutent, résultats dans une semaine.
 
 
 
 
 
 
Par contre la poussière recueillie a été analysée par le microscope MECA (Microscopy, Electrochemistry and Conductivity Analyzer)
 
Cet ensemble d'instruments mis au point par le JPL, comprend :
·        Un microscope optique pouvant déceler des particules de l'ordre de 10 microns avec filtres RGB provenant de LED.
·        Un microscope à diffraction/fluorescence X pour analyser la structure
·        Un laboratoire permettant de mesurer le pH du sol et la quantité d'autres matériaux (O2, CO2 etc..)
·        Mesure des propriétés thermiques du sol (conductivité, température etc..)
·        Mesure de l'adhésion des particules par rapport à des corps de référence
 
 
L'analyse de la poussière est fondamentale pour les futures missions humaines, en effet celle ci est très "collante" et peut gêner les mouvements des futurs astronautes et éventuellement endommager même les articulations.
 
On voit ici la première photo composite de poussières adhérents au support, l'image de gauche étant la référence avant recueil d'échantillons, l'image de droite en couleur correspond à la prise de quelques poussières martiennes dont les dimensions sont indiquées.
 
Il est à remarquer qu'une (celle du haut) est translucide : glace??
 
 
 
 
 
 
Finalement le LIDAR (Light Detection and Ranging instrument) de nos amis Canadiens de la Canadian Space Agency de l'Université de Toronto, s'est parfaitement mis en route.
 
Rappelons que le LIDAR, composant essentiel de la station météo de Phoenix doit détecter les poussières, les nuages et les brouillards de l'atmosphère martienne en émettant des impulsions d'un laser vert dans l'atmosphère; la lumière se réfléchit sur les particules et sont mesurées au retour.
Voici le genre d'information que cet appareil transmet : poussières concentrées à 3500m d'altitude, opacité modérée.
 
 
Toujours quelques problèmes de communication avec Odyssey qui s'est mis en mode "sécurité", les communications passent maintenant par MRO.
 
 
DERNIÈRE NOUVELLE :
 
Après les premières analyses de sol martien dans le four (Expérience TEGA), il semble que Phoenix n'ait PAS TROUVÉ de glace ni d'eau.
Ce n'est pas un bon début!
 
 
 
 
 
La mesure du vent sur Mars à l'aide d'une petite vidéo QT, explication écrite ici.
 
Site de Phoenix au LPL.
 
Site de Phoenix à la NASA.
 
Site de Phoenix au CSA (Canada).
 
Les dernières nouvelles de Phoenix sur votre site préféré.
 
 
 
chickens_up.gif
 
 
 
NGUYEN QUANG RIEU : EXTRAIT DE SA CONFÉRENCE SUR LA FORMATION DES ÉTOILES. (19/06/2008)
(photo : JPM)
 
Mr Nguyen est Directeur de Recherche émérite au CNRS (Observatoire de Paris), et spécialiste en Radio astronomie.
 
Il nous a parlé lors de l'inauguration des 20 ans du Planétarium de Bretagne de :
 
Du Big Bang à la naissance des étoiles et à la recherche de la vie dans l’Univers.
 
L’observation du Cosmos a fait partie intégrante de la civilisation des peuples depuis la plus haute antiquité.
L’avènement des grands télescopes et radiotélescopes et le développement de la physique moderne ont permis à l’astronomie de faire un grand bond en avant dans l’étude de l’Univers. C’est ainsi que la théorie du Big Bang, après des ajustements successifs, a servi de base à la cosmologie qui est la branche de l’astrophysique étudiant l’origine et l’évolution de l’Univers.
Il s’avère que l’Univers est presque totalement invisible ! Ce n’est qu’un océan d’énergie et de matière que l’on ne peut pas « voir ».
La matière visible constituée d’atomes et de molécules et détectée par les télescopes sous forme de galaxies et d’étoiles, ne représente que ~ 5% du contenu énergétique de tout l’Univers. 
 
 
 
 
 
 
Les étoiles naissent et meurent comme les hommes sur la Terre.
 
Leur longévité dépend de la façon dont elles consomment leur énergie, les plus grosses ont une durée de vie plus courte et finissent brutalement leur vie en explosant.
Les étoiles et les galaxies nous envoient non seulement la lumière mais aussi les signaux radio.
Elles sont si lointaines que leur lumière est aussi faible que la flamme d’une bougie placée sur la Lune et observée depuis la Terre.
Quant à leur émission radio, elle est au plus des dizaines de milliers de fois plus faible que les signaux radio que nous captons dans nos postes radio.
 
 
(sur la photo : Nébuleuse d'Orion vue par Hubble © HST/NASA)
 
 
 
 
Des éléments chimiques très variés, de l’atome le plus simple, l’hydrogène, aux molécules organiques complexes comme l’alcool et le sucre etc…, voire le diamant incrusté dans des grains de poussière, ont été détectés dans La Voie Lactée.
 
Des astronomes y recherchent activement des acides aminés qui sont les constituants fondamentaux des protéines.
Il est possible que les processus biologiques qui ont engendré les premières formes de vie sur la Terre, aient pu aussi se réaliser sur d’autres planètes du système solaire. La vie telle que l’on conçoit sur terre ne peut exister sur le Soleil et sur les étoiles, car ces astres sont brûlants.
Elle ne pourrait subsister que sur les planètes où la température est plus modérée. Des engins spatiaux ont déjà déposé des robots sur la planète Mars et sur Titan (un des satellites de la planète Saturne) pour tenter d’y détecter des traces de vie. Notre système solaire ne possède que huit planètes.
 
Des méthodes récentes d’observation très élaborées ont été utilisées pour découvrir des planètes dans d’autres systèmes stellaires. Dans l’espace d’une dizaine d’années, quelque trois cents planètes « extrasolaires » (planètes en dehors du système solaire) ont été détectées, certaines d’entre elles  pourraient ressembler à notre planète Terre et possèderaient un environnement susceptible d’abriter des formes de vie. La détection de planètes extrasolaires constitue une condition préalable à la recherche de la vie extraterrestre.
 
Les distances qui séparent les systèmes stellaires sont tellement immenses que l’exploration de la Voie Lactée par des engins spatiaux en vue de détecter la vie extraterrestre s’avère quasiment impossible. Même les signaux radio qui se propagent à la vitesse de la lumière et qui seraient émis par des civilisations extraterrestres les plus proches - s’il en existe - devraient mettre des centaines, voire des milliers d’années, pour parvenir jusqu’à nous.
Des campagnes d’observation d’envergure pour détecter de tels signaux à l’aide de l’un des plus grands radiotélescopes du monde, restent jusqu’à présent infructueuses.
 
Sommes nous ainsi la seule civilisation dans l’Univers ?
 
 
 
 
chickens_up.gif
 
 
 
GLAST : DÉCOLLAGE RÉUSSI! (19/06/2008)
(dessin : NASA)
 
 
Le satellite GLAST (Gamma-ray large area space telescope) d'étude du ciel Gamma a parfaitement décollé ce 11 Juin 2008 de Cape Canaveral à l'aide d'une fusée Delta II.
 
Glast est un projet international qui incluse la France, Isabelle Grenier du Laboratoire Astrophysique interactions multi échelles (CEA/CNRS/Université Paris 7) y est d'ailleurs partie prenante. Elle est spécialiste des astres de
haute énergie dans l’Univers, elle fait partie des responsables scientifiques du projet.
 
Extraits du communiqué de presse :
 
 
 
 
Ce télescope spatial permettra de lever le voile sur les nombreux mystères qui entourent les sources connues de rayons gamma, voir de découvrir de nouvelles classes de sources de rayons gamma.
Cinq équipes françaises de l’IN2P3-CNRS, de l’INSU-CNRS et de l’IRFU/CEA contribuent à ce projet.
 
Les rayons gamma manifestent l’existence des phénomènes les plus extrêmes de notre Univers.
Les objets célestes associés à ces phénomènes, mettant en jeu des quantités d’énergie inimaginables, sont le siège d’accélération de particules à très haute énergie.
La liste de tels objets inclut les noyaux actifs de galaxie (AGN), les sursauts gamma (Gamma bursts), les vestiges de supernovae (SN remnants), les pulsars
 
Les conditions physiques précises qui prévalent dans ces objets extraordinaires restent en grande partie à déterminer.
Grâce à un gain en sensibilité d’un facteur 25 par rapport à la mission précédente, EGRET, GLAST devrait faire découvrir plusieurs milliers de sources de rayons gamma, décuplant ainsi le nombre de sources connues dans ce domaine.
 
GLAST permettra d’étudier également en détail le rayonnement gamma diffus émis par les rayons cosmiques se propageant dans la Galaxie. La présence de matière noire sera aussi activement recherchée.
 
Après une période d’un an, les données de GLAST seront mises à disposition de l’ensemble de la communauté scientifique internationale. La durée de vie prévue de la mission est de 5 ans, prolongeable à 10 ans.
 
Les rayons gamma étant absorbés par l’atmosphère (ils interagissent avec les molécules de l'atmosphère), il est nécessaire de les détecter depuis l’espace, ce que fera le satellite GLAST à une altitude de 560 km.
 
L’instrument principal, le LAT (Large Area Telescope), qui détectera les rayons gamma d’une énergie entre 30 MeV et 300 GeV explorera l’ensemble du ciel en trois heures grâce à son très grand champ de vue (20% du ciel à tout moment).
De nombreuses sources de rayons gamma étant variables, cette surveillance continuelle du ciel permettra d’alerter la communauté scientifique en cas d’éruptions.
Le LAT est principalement composé de trois éléments: un trajectographe permettant de mesurer la direction des rayons, un calorimètre pour mesurer leur énergie et un système permettant de différencier rayons gamma et particules chargées du rayonnement cosmique qui constituent un bruit de fond indésirable.
La technologie et les méthodes d’analyse sont similaires à celles employées en physique des particules, les énergies des particules détectées étant comparables.
 
Principe de fonctionnement du LAT :
Le LAT détecte les rayons gamma en utilisant la fameuse équation d'Einstein, E=mc2, via un effet connu sous le nom de “création de paire”. Quand un rayon gamma pénètre une des couches de tungstène du trajectographe, le détecteur dédié à la mesure de sa direction, son énergie peut se transformer en une paire de particules subatomiques : un électron, et son anti-particule, le positron.
La projection de la direction de ces particules, mesurée par plusieurs détecteurs en silicium du trajectographe, permet ainsi de remonter à la source émettrice du rayon gamma. L'énergie des particules est ensuite absorbée puis mesurée dans un autre détecteur, le calorimètre. La somme des énergies de ces particules donne ainsi l'énergie du rayon gamma incident. Comme le LAT est bombardé en
permanence par une myriade de particules autres que les rayons gamma, on le coiffe d'un « chapeau », un troisième détecteur, qui signale que la particule incidente n'est pas un rayon gamma. La condition simultanée de l'absence de signal dans ce « chapeau », avec la présence d'une paire électron/positron dans le LAT, signale la présence d'un rayon gamma.
Ainsi, en mesurant les rayons gamma un par un, le LAT peut reconstruire des images astronomiques, tout en mesurant aussi leur énergie.
 
 
Un instrument secondaire, le GBM (Glast Burst Monitor) est dédié à la détection de l’émission de basse énergie (8 keV-30 MeV) des sursauts gamma.
 
 
La collaboration GLAST inclut la NASA et la DOE (Departement of Energy) du côté américain et des instituts de six pays (Etats-Unis, France, Italie, Japon, Suède et Allemagne).
 
Côté français, cinq équipes y participent : trois équipes de l’IN2P3-CNRS (LLR, CENBG , LPTA4), une du CEA (IRFU/SAp5) et une de l’INSU-CNRS (CESR6). Le Laboratoire Leprince-Ringuet (CNRS/Ecole Polytechnique) a conçu et fabriqué la structure du calorimètre. Des équipes de l’IN2P3-CNRS ont étudié en détail la réponse du détecteur à différents types de particules, grâce à plusieurs tests sur accélérateurs, en particulier au CERN, et des simulations par ordinateur. Ces équipes ont développé des techniques d’analyse et d’étalonnage sophistiquées qui seront mises à profit lors du vol. Le groupe du CEA/SAp a fait l’étude de définition des détecteurs du calorimètre à laquelle une équipe du laboratoire Astroparticule et cosmologie, (APC, CNRS/Université Paris 7/CEA/Observatoire de Paris), a également contribué. Il est en charge de la détection des sources gamma pour en établir le catalogue et les identifier. Il est aussi responsable du modèle d’émission interstellaire. Le CESR contribue à l'identification des sources.
 
 
 
 
 
Objectifs scientifiques de GLAST :
 
Le Gamma-Ray Large-Area Space Telescope (GLAST) est un observatoire spatial révolutionnaire qui:
·        explorera les environnements les plus extrêmes de l'Univers, où la nature met en jeu des énergies considérablement supérieures à celles disponibles sur Terre.
·        recherchera des signes de nouvelles lois physiques et la nature de la mystérieuse Matière Noire.
·        permettra d’expliquer comment les trous noirs accélèrent de grandes quantités de matière à une vitesse proche de celle de la lumière (les «jets».)
·        aidera à percer les mystères des explosions gigantesques que sont les sursauts gamma.
·        apportera des réponses aux problèmes depuis longtemps ouverts concernant les sursauts solaires, les pulsars et l’origine des rayons cosmiques.
 
 
 
 
POUR ALLER PLUS LOIN :
 
Brochure de Glast en français pdf
 
Dossier de presse en français .
 
Communiqué de presse du CNRS.
 
Schéma éclaté de Glast.
 
Galerie multimédia chez Sonoma/GSFC.
 
Video 360° de Glast de 10MB :
 
Le Ciel Gamma sur votre site préféré.
 
 
 
 
 
chickens_up.gif
 
ULYSSES : UNE FIN DE MISSION SUPERBE. (19/06/2008)
 
 
Après avoir exploré sans relâche, pendant plus de 17 ans, les effets de l'activité solaire sur notre environnement spatial, la mission Ulysses (oui les anglo-saxons écrivent Ulysse avec un "s" à la fin, c'est le nom officiel de la mission) arrive à son terme.
 
Ulysses, projet pionnier de l'ESA et de la NASA, a été lancé le 6 octobre  1990.
 
 
Son objectif : explorer pour la première fois les régions situées au-dessus et au-dessous des pôles du Soleil et étudier l'héliosphère dans les quatre dimensions de l'espace-temps.
 
Conçue à l'origine pour une durée de vie de cinq ans, la mission a dépassé de beaucoup les attentes.
 
Sa mission va s'achever car ses générateurs de bord commencent à être trop faibles.
 
La moisson de données envoyées par la sonde a profondément modifié les connaissances scientifiques concernant le Soleil et ses effets sur le milieu spatial environnant.
 
Les principaux objectifs d'Ulysses étaient d'étudier l'héliosphère sous tous les angles et en particulier les Pôles qui ne sont pas étudiables depuis le Terre ni depuis les autres sondes solaires.
 
 
Il est en ce moment au dessus du Pôle Nord du Soleil.
 
Il a révélé que le champ magnétique sortant des pôles est beaucoup plus faible que prévu, ce qui pourrait vouloir dire que le maximum solaire de la prochaine période serait moins intense que ce que l'on a connu dans le passé. Il a cartographié le champ magnétique solaire dans les 4 dimensions espace et temps et on s'est aperçu de la complexité de ce champ.
Ulysses a montré que les particules solaires issues des basses latitudes peuvent trouver un chemin vers les hautes latitudes et s'échapper du Soleil à ces niveaux là.
De même le flux de poussières se dirigeant vers le système solaire était plusieurs dizaines de fois plus important que ce que l'on pensait.
 
Plus lointain, venant du fin fond de l'espace, il a détecté les atomes d'He et confirmé que l'Univers ne contenait pas assez de matière pour freiner l'expansion.
 
Cette sonde avec ses 10 instruments dédiés au Soleil a été très robuste pour résister pendant autant de temps aux radiations solaires et même aux radiations intenses de Jupiter lors de son insertion en orbite solaire en 1992.
 
Une surprise de la mission fut son aide à la caractérisation de la queue de certaines comètes, comme l'indique Ed Smith du JPL.
 
La première rencontre eu lieu en 1996 avec la célèbre Hyakutake, Ulysses détecte les gaz de la queue de la comète alors que celle ci était encore très loin (des centaines de millions de km), c'est ainsi que l'on put dire que la queue de Hyakutake s'étendait jusqu'à plus de 480 millions de km, probablement la queue la plus longue jamais observée.
 
En 2004 Ulysses trave