LES ASTRONEWS de planetastronomy.com:
Mise à jour : 19 Juin 2008       
 
Conférences et Événements : Calendrier   .............. Rapport et CR
Astronews précédentes : ICI        dossiers à télécharger par ftp : ICI
ARCHIVES DES ASTRONEWS : clic sur le sujet désiré :
Astrophysique/cosmologie ; Spécial Mars ; Terre/Lune ; Système solaire ; Astronautique/conq spatiale ; 3D/divers ; Histoire astro /Instruments ; Observations ; Soleil ; Étoiles/Galaxies ; Livres/Magazines ; Jeunes /Scolaires
 
Sommaire de ce numéro :  
Atelier Cosmologie-Géométrie à l'Observatoire de Paris : Compte rendu succinct (19/06/2008)
Trois "Super Terres" découvertes : Michel Mayor a encore frappé! (19/06/2008)
Le Palais de la Découverte : Une merveille en péril! (19/06/2008)
Les Mathématiques de l'Astronomie : Partie 6 par B Lelard. (19/06/2008)
Phoenix : des nouvelles fraîches! (19/06/2008)
Nguyen Quang Rieu : Extrait de sa conférence sur la formation des étoiles. (19/06/2008)
GLAST : Décollage réussi! (19/06/2008)
Ulysses : Une fin de mission superbe. (19/06/2008)
Au secours! : La Galaxie manque de (deux) bras! (19/06/2008)
Notre Galaxie : Les Radio Astronomes aussi. (19/06/2008)
Spitzer :Notre Galaxie en IR. (19/06/2008)
Hubble :. La Galaxie et la Super Nova. (19/06/2008)
Stardust : Rapport de mission et prochaine étape. (19/06/2008)
STS 124 : Kibo et toilettes au programme! (19/06/2008)
Le LHC : On en voit le bout! (19/06/2008)
La constellation du moment :.Le Triangle de l'été par DB. (19/06/2008)
Mars :.Le survol de Mars en animation. (19/06/2008)
Photos d'amateurs :.Marc Jousset et la Rosette. (19/06/2008)
Les magazines conseillés :.Espace Magazine de Juillet Août est paru. (19/06/2008)
Les magazines conseillés :.Pour la Science de Juin : est ce la fin de la cosmologie? (19/06/2008)
Bulletin professionnel : Le bulletin de l'ESA de Mai 2008 est consultable en ligne. (19/06/2008)
 
 
 
 
 
 
TROIS "SUPER TERRES" DÉCOUVERTES : MICHEL MAYOR A ENCORE FRAPPÉ. (19/06/2008)
 
Il y a quelques jours, lors du congrès "Super Earth" qui se tenait à Nantes, l'astronome Suisse Michel Mayor (qui avait déjà été le premier à découvrir une exoplanète en 1995, Peg 51) et son équipe de l'UNIGE (Université de Genève) ont révélé leur dernière découverte autour de notre voisine, l'étoile HD 40307, située à 42 al, de planètes similaires à la Terre de par leurs dimensions au moins.
 
Cette découverte, par la méthode classique des vitesses radiales, a été faite grâce au spectrographe HARPS monté sur le télescope de l'ESO à La Silla au Chili.
 
La plupart des presque 300 exoplanètes découvertes jusqu'à présent sont des énormes planètes gazeuses, mais de temps en temps, nos appareils sont assez puissants et précis pour mettre au jour des planètes de type "terrestre", c'est à dire de l'ordre de grandeur de quelques masses terrestres.
 
 
Le système dont on parle aujourd'hui est triple, les planètes tournent autour d'une étoile approximativement de la taille de notre Soleil.
 
Ces trois exoplanètes (4,2, 6,7 et 9,4 fois la masse terrestre), sont situées bien près de leur étoile (gravitent respectivement en 4,3, 9,6 et 20,4 jours autour de HD 40307), ce qui à priori exclut toute possibilité de présence d'eau liquide et par conséquent de possible "vie".
 
Une image d'artiste de ce système solaire.
 
L'équipe Suisse a aussi annoncé la découverte de deux autres systèmes dont l'un (autour de HD 181433) possèderait au moins deux super Terres.
 
 
On pense que la plupart des étoiles possèdent des planètes, et beaucoup (celles de type solaire?) devraient posséder des "petites" planètes.
 
 
 
 
 
 
Alors à quand notre sœur jumelle??
 
Et Corot, que fait il ?, au travail, mon vieux, il faut aussi découvrir aussi des super Terres!!!
 
 
POUR ALLER PLUS LOIN :
 
Sur votre site préféré, toutes les infos sur les exoplanètes et comment les détecter :
 
http://www.planetastronomy.com/dossiers-astro/astrophysique-dossier.htm#exoplanetes
 
 
 
 
chickens_up.gif
 
 
 
LE PALAIS DE LA DÉCOUVERTE : UNE MERVEILLE EN PÉRIL. (19/06/2008)
 
Il se passe des choses en ce moment concernant le Palais de la Découverte qui nous semblent préjudiciables à son avenir, aussi beaucoup d'entre nous scientifiques, professeurs, public devrions nous sentir concernés.
 
Notre ami Christian Larcher a écrit un texte résumant la situation que je me suis permis de co-signer, car pour moi, le Palais c'est toute une jeunesse scientifique, je me souviens de la chambre à bulle, des expériences avec l'air liquide, de la salle d'électrostatique, bref tout ce qui fait que la science se met à la portée du plus grand nombre. C'est le Palais qui a été à l'origine de ma carrière scientifique et de celle de nombreux autres jeunes. Je trouve que cette institution est moins confuse que le monument qu'est la Cité des Sciences dans la présentation des différents aspects de la Science.
Alors ne faisons pas disparaître le Palais de la Découverte ou ne le noyons pas dans une entité qui l'absorberait complètement.
 
À l'époque où les sciences et techniques sont fondamentales pour relever le niveau de connaissances de notre pays, réfléchissons bien avant toute action irréversible.
 
 
 
·        Une brève histoire 
 
Le Palais de la Découverte fut créé par Jean Perrin en 1937 à l’occasion de l’Exposition Internationale de Paris qui eut lieu du mois de mai au mois de novembre 1937. Le succès fut immédiat, le Palais accueillit 2 225 000 visiteurs. Devant ce succès inattendu il fut décidé d’en faire un lieu pérenne.
Jean Perrin, Prix Nobel en 1926, était sous-secrétaire d’État à la Recherche Scientifique du gouvernement de Front populaire de Léon Blum ; il fut également à l’origine de la création du CNRS en 1939, de la construction de l’Observatoire de Haute Provence (OHP) et de l’Institut Astrophysique de Paris (IAP).
 
·        La mission du Palais de la Découverte
 
L’objectif initial est de rendre populaire la culture scientifique, de permettre au grand public de découvrir les « savoirs scientifiques fondamentaux ».
De présenter la « science en train de se faire » à l’aide d’exposés, d’expériences et de manipulations commentées.
La mission du Palais est restée la même jusqu’à aujourd’hui. Ce qui donne dans les termes actuels : 
« Le palais de la Découverte a pour mission de participer à la formation culturelle de toutes les catégories de la population dans le domaine des sciences et de leurs applications. Il est notamment chargé de familiariser, principalement par des expositions, l’ensemble du public avec les résultats et les méthodes de la recherche fondamentale, d’éveiller sa curiosité intellectuelle et de susciter des vocations en faveur de la science, de présenter les expériences qui sont à l’origine de ces recherches ou qui marquent leur aboutissement. »
Mission décrite par l’article 3 du décret n°90-99 du 25 janvier 1990.
 
·        Un bilan exceptionnel
 
Dans un rapport au Premier Ministre sur la diffusion culture scientifique Emmanuel Hamelin  écrivait en 2003:
« Le Palais de la Découverte a suscité et suscite encore un grand nombre de vocations et bon nombre des grands scientifiques d’aujourd’hui y ont été sensibilisés à l’aventure de la science. De plus, via les activités de médiation scientifique, un large public peut être initié aux grands phénomènes, ainsi qu’aux nouveaux champs de l’activité de recherche » ( La documentation française, 2 003).
 
Un sondage révèle que 56 % des scientifiques de plus de 30 ans et 41 % de moins de 30 ans indiquent que le Palais de la Découverte a joué un rôle dans leur vocation scientifique.
600 000 visiteurs viennent chaque année au Palais.
 
« Depuis 70 ans le Palais de la Découverte est l’institution de référence qui fait vivre la science au cœur de Paris.
Un lieu unique de science, de culture et d’émotion » indique Catherine Kintzler, professeur d’Université.
 
Lors de la séance publique du 1décembre 2006 au Sénat, le Ministre délégué à l’enseignement supérieur et à la recherche  M. François Goulard déclarait :
 « Ce qui fait la spécificité de cet établissement, c’est sa façon de montrer la science, qui conserve toute sa valeur. Des expériences sont réalisées devant le public, et chacun d’entre vous sait l’importance que cela peut avoir sur le jeune public, notamment pour les vocations scientifiques » ; et pourtant le Palais est en péril !
 
·        Une  conséquence de la réforme générale des politiques publiques
 
La Cité des Sciences et de l’Industrie fut créée en 1985 dans des bâtiments qui devaient à l’origine servir d’abattoir ce qui ne simplifia pas sa transformation en Cité des Sciences. Le personnel salarié travaillant à la Cité (environ 1 000 personnes) relève du droit privé. Le statut de la Cité des Sciences est celui d’un Établissement Public à caractère Industriel et Commercial (EPCI).
 
Par contre, le Palais de la Découverte a le même statut que la plupart des Universités c’est un Établissement Public à caractère Scientifique, Culturel et Professionnel (EPSCP). Il dépend du Ministère de l’enseignement supérieur en ce qui concerne la gestion de carrière des agents du Palais mais la responsabilité budgétaire revient au Ministère de la culture et de la communication.
Cette ambiguïté n’a pas favorisé financièrement le développement et la rénovation du Palais de la découverte et sa mise aux normes de sécurité !
 
Environ 200 personnes travaillent au Palais de la Découverte, les ¾ appartiennent à la fonction publique.. à un moment où la priorité du gouvernement est de diminuer le nombre de fonctionnaires !
 
Depuis la création de la Cité des Sciences, le Palais de La Découverte est en sursis. Les autorités politiques cherchent depuis longtemps la disparition du Palais de la Découverte ou la fusion des 2 établissements pour faire « des économies d’échelle ».
Pourtant leurs objectifs ou leurs finalités, leurs activités et leurs publics ne sont pas les mêmes.
 
·        Des établissements complémentaires
 
Pour la Cité il s’agissait, dès l’origine, de décloisonner les disciplines, de présenter des activités ludiques et spectaculaires, avec une présence importante de l’informatique.
Le Palais de la découverte a pour vocation de contribuer à la formation initiale et continue des jeunes et des moins jeunes.
Au Palais on voit couramment des enfants étonnés par le spectacle qu’ils découvrent sous le regard ému de leurs grands parents ou de leur professeur d’école. On voit de nombreux autodidactes qui veulent  comprendre ce qu’ils n’ont jamais eu la chance d’étudier.
Au Palais, des étudiants inscrits en thèse peuvent venir réaliser leur stage et mettre au service du public le savoir directement issu de la recherche.
 
La Cité des Sciences n’a jamais réussi la greffe avec le milieu enseignant comme parvient à le faire le Palais de la Découverte. L’intention d’interdisciplinarité est en soi très louable mais l’enseignement dispensé dans les collèges et les lycées, et la formation professionnelle des enseignants, restent étroitement disciplinaires. Les TPE (Travaux Personnels Encadrés) qui incitaient à l’interdisciplinarité n’ont pas été maintenus par le Ministère (sauf en première). De fait, pour remplir leur mission conformément aux programmes prescrits, les enseignants privilégient encore largement le Palais de la Découverte.
 
Il y a, au Palais, de nombreux départements scientifiques. Si vous ne les connaissez pas cliquez sur :
http://www.palais-decouverte.fr/index.php
 
Deux salles sont particulièrement célèbres celle d’électrostatique où vous pourrez sentir vos cheveux se dresser brusquement sur votre tête. Celle de mécanique où, sur une plate-forme tournante, vous pourrez tout comprendre de ces forces bizarres que l’on appelle forces d’inertie centrifuges et forces de Coriolis.
En Chimie les expériences réalisées avec de l’air liquide à – 193 °C restent longtemps dans la mémoire des visiteurs.
 
Certains font remarquer qu’il n’est pas judicieux que chaque établissement dispose d’un planétarium. En réalité on n’y fait pas la même chose.
Au Palais de la Découverte on va apprendre à connaître ou à reconnaître le ciel étoilé, les constellations, à repérer les astres au moyen de coordonnées adéquates.
A la Cité il s’agit plus d’un spectacle et le dôme du planétarium sert le plus souvent d’écran de cinéma.
 
Le Palais, malgré une sous dotation financière chronique, a monté de magnifiques expositions avec peu de moyens et dans les limites de la dimension de ses locaux…
Les dimensions et la logistique de la Cité des Sciences permettent d’organiser de grandes manifestations, des colloques, des grandes expositions comme celle qui vient d’être inaugurée intitulée  « Le grand récit de l’Univers », particulièrement réussie.
 
En conclusion, chaque établissement se positionnait sur des créneaux différents mais complémentaires. L’un, unique en France, servit de référence à plusieurs musées étrangers comme le Miraikan au Japon et L'exploratorium de San Francisco et se montre plus proche du monde éducatif,  l’autre, plus ludique, plus spectaculaire a la faveur d’un plus large public et de nombreux touristes.
 
La fusion du Palais de la Découverte avec la Cité des Sciences, pour des questions économiques, risque d’aggraver sensiblement le déficit des jeunes qui envisagent de se diriger vers des filières scientifiques.
 
En savoir plus :
 
http://palais-decouverte.eitic.org/dossier3.pdf
 
Pour voir et signer la pétition du personnel du Palais intitulée :
 La mort annoncée du Palais de la découverte :
http://palais-decouverte.eitic.org/index2.php
Il y a actuellement 27 982 signatures
Ou celle intitulée : Sauvons le Palais de la Découverte :
http://www.sauvonslepalaisdeladecouverte.fr/
Elle concerne actuellement 28 837 signatures avec souvent des commentaires.
 
Christian Larcher et Jean Pierre Martin
 
 
 
 
chickens_up.gif
 
 
 
 
 
LES MATHÉMATIQUES DE L'ASTRONOMIE : PARTIE 6 PAR B LELARD (19/06/2008)
 
Voici une nouvelle rubrique dans vos Astronews, suite à une demande forte, notre ami Bernard Lelard, Président de l'Association d'astronomie VEGA de Plaisir (Yvelines) se propose de nous faire découvrir la genèse des mathématiques qui ont été utiles à l'Astronomie dans cette rubrique qui comportera de nombreuses parties.
 
 
 
PARTIE 6 : PLATON ET LES ASTROMATHÉMATICIENS SOPHISTES (deuxième partie)
 
 
Empédocle d’Agrigente était un personnage haut en couleurs. Né à Akragas ( Agrigente en Sicile, quelle manie de toujours s’approprier des noms ( Pékin – Beijing ) incompris des autochtones ) en –490 avant JC.
J’ai vu à Agrigente le temple de la Concorde, presque intact. L’original Empédocle était habillé de pourpre, ceint d’une couronne et cosmologiste avant l’heure, imagina que l’Univers était composé de 4 éléments : l’eau, le feu, la terre et l’air. Le tout imbriqué par 2 forces opposés : l’Amour et la Haine.
L'Amour rapproche même ce qui est dissemblable, et la Haine sépare ce qui est joint.
Et il écrit en vers : « À un moment donné, l'Un se forma du Multiple, à un autre moment, il se divisa, et de l'Un sortit le Multiple — Feu, Eau et Terre et la hauteur puissante de l'Air. »
Selon lui, nous sommes dans une période haine ( bien vu ).
Il trouva aussi que la Lune reflétait la lumière du Soleil qui se trouvait ailleurs et conclut que la lumière voyageait, 20 siècles avant l’expérience de Römer. Il prépara aussi la théorie des atomes de Démocrite. En –435, il laissa une sandale au bord du cratère de l’Etna et se jeta dans le feu du volcan. Sa philosophie fut reprise par Nietzche et Bachelard
 
Musée archéologique d'Agrigento, ville natale d'Empédocle.
statue de Périclès par Phidias Il portait toujours le casque parce qu’il avait une déformation du crâne.
 
 
 
 
Œnopide de Chios (vers 450) fixe la valeur de e à 24° soit le coté du pentadécagone (15 cotés)
Et fixe les propositions reprises par Euclide :
Proposition 12 du Livre I : Tracer une perpendiculaire à une droite à partir d’un point hors de cette droite ,
Proposition 23 du Livre I : Sur une droite, et en un point de cette droite construire un angle donné.
 
Quelle époque !
Il y eu aussi Zénon d’Elée, né en –495. Il introduisit l’art de la dialectique ( discours brefs ).
Il remit en cause la mythologie et les croyances populaires au profit de la logique scientifique.
Maniant le premier les paradoxes, il considéra que l’Univers était infini. « si le lieu est quelque chose, il doit être dans quelque chose », ce qui d'une chose à une autre aboutit à l'« illimité ».
Très droit et pur, il mourut en se tranchant la langue avec ses dents et la cracha au visage du tyran Néarque qui le jugeait pour activisme. Il lança ainsi une mode ( la langue du philosophe )
 
Anaxarque d’Abdère ( Thrace ), compagnon d’Alexandre le Grand et disciple de Diogène et de Démocrite, cracha aussi sa langue en –340. Il promut le doute scientifique qui a marqué la pensée occidentale, repris par Descartes dans le discours de la méthode, et fit l’éloge de l’ »eudémonia » ( le bonheur, l’hédonisme ). Il fut condamné par Nicocréon, tyran de Chypre, a être broyé par un pilon de fer parce qu’il l’avait dénoncé à son ami Alexandre le Grand. « Broie donc, broie donc le sac qui enveloppe Anaxarque, tu ne broieras pas Anaxarque !». , Nicocréon ordonna alors de lui couper la langue, mais il se la coupa lui-même de ses dents et la lui cracha au visage.
 
Il y eu aussi Antiphon ( -480, -411 ) qui le premier approcha l’aire d’un cercle par les aires de polygones inscrits dont on double les côtés ( bien avant Leibniz ) et trouva par la même la borne supérieure de pi.
 
Démocrite troisième fils d’Hégésistrate naquit à Abdère dans la 80 ième olympiade ( qui, comme chacun sait va de –460 à –457 ) et serait mort à 103 ans en –356.
 
Il fit très jeune un gros héritage et donc, riche, il put se consacrer à parfaire ses connaissances en voyageant comme Thalès et Pythagore.
 
Il apprit l’astronomie en Perse chez les mages de Xersès I et la géométrie en Egypte.
Il se rendit aussi en Ethiopie , en Babylonie et à Athènes où il aurait rencontré Socrate incognito.
Il reprit l’école de Leucippe – dont il fut aussi l’élève – et continua les travaux de son maître sur la théorie des atomes.
 
 
Il admirait Pythagore au point d’en écrire un livre. Il était aussi imbu de sa personne : « De tous mes contemporains j’ai parcouru la plus grande partie de la terre, en étudiant les sujets les plus grands. J’ai vu le plus de climats et de pays. J’ai entendu la plupart des hommes doctes, et personne encore ne m’a surpassé dans l’art de combiner les lignes et d’en démontrer les propriétés, pas mêmes les arpenteurs d’Égypte, avec qui j’ai passé cinq ans en terre étrangère. »
Il revint ruiné de ses voyages, mais il se refit une fortune en spéculant sur les cours de l’huile d’olive ( comme Thalès ). Pour prouver son mépris de l’argent face à la connaissance, il rendit ses plus values . Démocrite apporta beaucoup à la science :
« Les atomes se meuvent éternellement dans le vide infini. Ils entrent parfois en collision et rebondissent au hasard ou s’associent selon leurs formes, mais ne se confondent jamais. La génération est alors une réunion d’atome, et la destruction, une séparation, les atomes se maintenant ensemble jusqu’à ce qu’une force plus forte vienne les disperser de l’extérieur. C’est sous l’action des atomes et du vide que les choses s’accroissent ou se désagrègent : ces mouvements constituent les modifications des choses sensibles. Ces agglomérations et ces enchevêtrements d’atomes constituent ainsi le devenir. L’être n’est donc pas un, mais est composé de corpuscules. »
 
 
En cosmologie, il avait aussi une vision moderne : «  Les mondes existent dans le vide et sont en nombre infini, de différentes grandeurs et disposés de différentes manières dans l’espace : ils sont plus ou moins rapprochés, et, dans certains endroits, il y a plus ou moins de mondes.
Certains de ces univers sont entièrement identiques.
Ces univers sont engendrés et périssables : certains sont dans des phases d’accroissement, d’autres disparaissent, ou bien encore ils entrent en collision les uns avec les autres et se détruisent.
 
 
Les mondes sont ainsi gouvernés par des forces créatrices aveugles, et il n’y a pas de providence.». Il vécut longtemps en mangeant du miel et buvant de l’huile mais décida du jour de sa mort.
 
 
 
Le siècle d’or connut aussi Théodore de Cyrène ( -465 , –398 ).
 
Pythagoricien, il étudia les nombres incommensurables et trouva une spirale qui donnait les racines carrées des nombres entiers en appliquant le théorème de Pythagore.
 
 
(figure de S.Mehl ).
 
On part du triangle isocèle rectangle de côté 1 et on reporte l’hypoténuse à angle droit et ainsi de suite.
 
 
 
 
 
 
 
 
Hippias d’Elis ( -465, -490 ), diplomate, sophiste aristocrate gagna beaucoup d’argent avec ses discours sur tout. Notamment en mathématiques : il trouva une méthode sur la trisection de l’angle : et invente la trisectrice, une courbe sensée démontrer la quadrature du cercle.
 
 
 
Hippias fut un des plus grands sophistes ( sophistês : expert, maître ), il mettait en doute la vérité absolue et la moralité enseignées par les philosophes qui ne l’aimaient pas.
 
 
 
Et puis, au V ième siècle, il y avait aussi Méton d’Athènes, natif de Leuconoé qui découvrit  en –432 le cycle luni-solaire de 235 lunaisons ou 6.940 jours ou 19 années solaires de 365 5/9 ièmes en érigeant des colonnes sur lesquelles il inscrivait les révolutions du Soleil.
 
Et puis encore Archytas de Tarente ( -435, -347 ) pythagoricien ( directeur de l’École ), mathématicien, astronome, 7 fois  stratège et  général grec. Professeur d’Eudoxe de Cnide et d’Empédocle  et grand ami de Platon.
En mathématiques, il est le fondateur de l’étude du mouvement : la mécanique, indispensable à l’astronomie qu’il pratiquait. Il aurait trouvé la solution au problème de la duplication du cube ( étant donné un cube : construire à la règle et au compas un cube de double volume ). Autre idée saugrenue : en fait les Déliens demandèrent à l’oracle de Delphes comment faire stopper une épidémie de peste qui ravageait le pays, l’oracle répondit qu’il fallait construire le double de l’autel d’Apollon qui était un cube. Les Déliens s’adressèrent à Platon qui confia le problème à son ami. Archytas inventa aussi la vis et la poulie avant Archimède.
 
Et vint Socrate ( -470, -300 ).
Il n’apporta rien à la construction de l’astronomie, sinon sa propre vision des choses.
Il fondait son enseignement sur le questionnement, le maieutikê ( l’art d’accoucher les idées et les questions , sa mère était sage femme). Il faut se poser des questions, sur tous les sujets.
Et l’astronomie est la source de tout questionnement sur le monde.
 
« Voilà donc ce dont je me suis laissé convaincre. C’est tout d’abord que si la Terre est au centre du monde et qu’elle soit ronde, elle n’a nul besoin, pour éviter de tomber, ni de l’air, ni d’aucune pression du même genre. Mais ce qui suffit à la retenir, c’est la similitude de toutes les directions du monde entre elles et l’état d’équilibre de la Terre elle même ; car pour une chose qui est placé en équilibre au centre d’un contenant homogène, il n’y aura lieu, ni peu ni prou, de tomber d’aucun côté ; or une telle position étant celle de la Terre, étant incapable de tomber elle restera immobile ».
 
Socrate fut condamné à mort en buvant la ciguë par l’Héliée, le tribunal populaire d’Athènes parce que, selon ce tribunal, il corrompait la jeunesse par son enseignement et ne croyaient pas à la mythologie officielle. Socrate n’a jamais écrit sa pensée et c’est son élève et disciple Platon qui nous rapporta son enseignement.
 
 
 
La figure majeure du siècle d’or est Platon. Son influence sur les Grecs et la pensée occidentale est immense. Pour autant, pour notre sujet, hors mis ses polyèdres et une énorme bêtise ( le géocentrisme ), il contribua peu. Platon – dont le nom signifie «  large d’épaules » est né en –427 à Athènes et y mourut en –347. Il eut comme précepteur Théodore de Cyrène qui lui donna le goût des mathématiques.
 
Il vécut, comme ses contemporains, pendant une période de troubles due à la guerre du Péloponèse qu’Athènes perdit contre Sparte. Aristocrate, le comportement de Platon sera toujours influencé par son origine noble, mais il ne se mêla pas de politique en raison aussi de ses principes moraux et de sa croyance en la bonté de l’homme.
Doux rêveur à l’image de maître Socrate dont il écrivit l’enseignement.
 
 
A 30 ans il décide de voyager pour connaître le monde, se rend d’abord à l’école pythagoricienne à Crotone puis à Syracuse en Sicile où il fit quelques bêtises et fut sauvé par Archytas ( qu’il avait rencontré chez Pythagore à Tarente ).
Platon revint à Athènes en –388 et décide d’enseigner en fondant une école.
Pour cela il achète un terrain prés d’Athènes sur le rivage de Céphissos ayant appartenu à un certain Akadêmos, personnage mythique de la légende d’Hélène et de Castor et Polux.
 
En ce temps là, l’enregistrement à un cadastre n’existait pas ( comme ce fut le cas, hélas pour eux, des Palestiniens qui ne purent prouver leurs propriétés et en furent dépossédés…) et les terrains étaient désignés par le nom de leurs premiers propriétaires.
C’est ainsi qu’Aristote acheta un terrain à Lycée pour y fonder aussi une école.  
Platon nomma son école » l’Académie » . Cette prestigieuse Académie dura 900 ans ( pas d’équivalent dans le monde ) et fut bêtement fermée en 529 par l’empereur Justinien, responsable de la fin de l’enseignement des Grecs et de leur éparpillement, eux et leur manuscrits, dans tout le Moyen Orient ( heureusement sauvés par les Arabes ).
 
 
 
 
L’Académie était un établissement d’enseignement supérieur de sciences et de philosophie au fronton duquel Platon fit inscrire :
«  Nul n’entre ici s’il n’est géomètre «.
Pour Platon la géométrie ( mais aussi l’astronomie et la musique –harmonie- ) était l’intermédiaire entre le monde matériel ( les humains et la Terre ) et les idées d’essence divine.   Pour lui toutes les démonstrations sont à faire à la règle et au compas par purisme. Il est ainsi l'initiateur de la géométrie euclidienne dont les figures sont les objets « sur lesquelles les mathématiciens construisent leurs  raisonnements, sans avoir dans l'esprit ces figures elles-mêmes mais les figures parfaites dont celles-ci sont les images visibles et que nul ne peut contempler autrement que par la pensée » (Platon, la République).
 
 
 
 
Il considérait que les mathématiques étaient le meilleur entraînement de l’esprit avec, pour conséquence, leur place importante dans nos concours et examens.
 
En astronomie, Platon expliquait le monde dont le centre était la Terre autour de laquelle tout tournait en étant agencé selon 5 polyèdres réguliers et convexes découverts par Théétète d’Athènes.
 
 
 
Platon professait aussi que tout ce que nous voyons grâce à nos sens n’est qu’apparence.
La vraie réalité existe mais nous ne la voyons pas. Il illustrait sa pensée en imaginant des hommes dans une caverne dont les parois renvoyaient des images extérieures qu’eux mêmes ne voyaient pas.
Nous ne sommes pas loin de la relativité .
 
 
 
Prochain chapitre : Aristote et l’Universel.
 
 
 
 
chickens_up.gif
 
 
 
PHOENIX : DES NOUVELLES FRAÎCHES! (19/06/2008)
 
Après un atterrissage parfait que vous avez pu suivre en direct avec nous à la Cité des Sciences, Phoenix poursuit sa courte mission dans la zone polaire Nord de Mars.
 
Il fait frais même si c'est l'été : min : -80°C et max : -30°C.
 
Une semaine après cet atterrissage il prenait le premier échantillon du sol martien pour analyse à l'aide du bras en Titane et Aluminium. Ce bras, le RAC (Robotic Arm Camera) est équipé d'une caméra/microscope qui sert aussi à voir la matière recueillie.
 
Ce bras articulé de 2m40 a été conçu par l'Université de l'Arizona et le Max Planck Institute for Solar System Research en Allemagne.
 
 
Vue de la tranchée creusée sol 7. des traces blanches apparaissent en haut à droite. (Glace? Sel?)
Cette matière est déposée à l'entrée du four aux fins d'analyse chimique sol 12 (6 juin 2008).
 
Malheureusement il semble que le matériau soit plus grossier que prévu, car il n'a pas passé les grilles d'entrée du four TEGA (Thermal and Evolved-Gas Analyzer). On pense aussi que l'une des deux portes du four n'était pas bien ouverte. Il y a en tout 8 fours.
Une vingtaine de mg est nécessaire pour l'analyse et on pense que moins de 1mg a été déposé seulement.
 
On doit d'abord extraire l'eau puis chauffer progressivement l'échantillon (jusqu'à 1000°C) sur une période de plusieurs jours.
On n'est malheureusement pas équipé pour faire des analyses biologiques.
 
 
Rappelons que les analyses ont pour but de savoir si le terrain polaire  où se trouve Phoenix a subi des fontes et gelées répétitives de glace d'eau pendant le cycle martien.
 
 
 
 
Il faudra recommencer l'opération en mettant au point une autre technique de déversement; faire vibrer le bras pour ne faire tomber que le matériau le plus fin (saupoudrage). Le sol étant plus granuleux que prévu, on ne sait pas encore pourquoi.
 
 
 
C'est ce qui devait être fait sol 15 comme on le voit sur l'image.
 
Et on vient d'apprendre que ce jour 11 juin 2008, ça y est on a réussi à remplir le premier four à analyse avec du sol martien. Les analyses débutent, résultats dans une semaine.
 
 
 
 
 
 
Par contre la poussière recueillie a été analysée par le microscope MECA (Microscopy, Electrochemistry and Conductivity Analyzer)
 
Cet ensemble d'instruments mis au point par le JPL, comprend :
·        Un microscope optique pouvant déceler des particules de l'ordre de 10 microns avec filtres RGB provenant de LED.
·        Un microscope à diffraction/fluorescence X pour analyser la structure
·        Un laboratoire permettant de mesurer le pH du sol et la quantité d'autres matériaux (O2, CO2 etc..)
·        Mesure des propriétés thermiques du sol (conductivité, température etc..)
·        Mesure de l'adhésion des particules par rapport à des corps de référence
 
 
L'analyse de la poussière est fondamentale pour les futures missions humaines, en effet celle ci est très "collante" et peut gêner les mouvements des futurs astronautes et éventuellement endommager même les articulations.
 
On voit ici la première photo composite de poussières adhérents au support, l'image de gauche étant la référence avant recueil d'échantillons, l'image de droite en couleur correspond à la prise de quelques poussières martiennes dont les dimensions sont indiquées.
 
Il est à remarquer qu'une (celle du haut) est translucide : glace??
 
 
 
 
 
 
Finalement le LIDAR (Light Detection and Ranging instrument) de nos amis Canadiens de la Canadian Space Agency de l'Université de Toronto, s'est parfaitement mis en route.
 
Rappelons que le LIDAR, composant essentiel de la station météo de Phoenix doit détecter les poussières, les nuages et les brouillards de l'atmosphère martienne en émettant des impulsions d'un laser vert dans l'atmosphère; la lumière se réfléchit sur les particules et sont mesurées au retour.
Voici le genre d'information que cet appareil transmet : poussières concentrées à 3500m d'altitude, opacité modérée.
 
 
Toujours quelques problèmes de communication avec Odyssey qui s'est mis en mode "sécurité", les communications passent maintenant par MRO.
 
 
DERNIÈRE NOUVELLE :
 
Après les premières analyses de sol martien dans le four (Expérience TEGA), il semble que Phoenix n'ait PAS TROUVÉ de glace ni d'eau.
Ce n'est pas un bon début!
 
 
 
 
 
La mesure du vent sur Mars à l'aide d'une petite vidéo QT, explication écrite ici.
 
Site de Phoenix au LPL.
 
Site de Phoenix à la NASA.
 
Site de Phoenix au CSA (Canada).
 
Les dernières nouvelles de Phoenix sur votre site préféré.
 
 
 
chickens_up.gif
 
 
 
NGUYEN QUANG RIEU : EXTRAIT DE SA CONFÉRENCE SUR LA FORMATION DES ÉTOILES. (19/06/2008)
(photo : JPM)
 
Mr Nguyen est Directeur de Recherche émérite au CNRS (Observatoire de Paris), et spécialiste en Radio astronomie.
 
Il nous a parlé lors de l'inauguration des 20 ans du Planétarium de Bretagne de :
 
Du Big Bang à la naissance des étoiles et à la recherche de la vie dans l’Univers.
 
L’observation du Cosmos a fait partie intégrante de la civilisation des peuples depuis la plus haute antiquité.
L’avènement des grands télescopes et radiotélescopes et le développement de la physique moderne ont permis à l’astronomie de faire un grand bond en avant dans l’étude de l’Univers. C’est ainsi que la théorie du Big Bang, après des ajustements successifs, a servi de base à la cosmologie qui est la branche de l’astrophysique étudiant l’origine et l’évolution de l’Univers.
Il s’avère que l’Univers est presque totalement invisible ! Ce n’est qu’un océan d’énergie et de matière que l’on ne peut pas « voir ».
La matière visible constituée d’atomes et de molécules et détectée par les télescopes sous forme de galaxies et d’étoiles, ne représente que ~ 5% du contenu énergétique de tout l’Univers. 
 
 
 
 
 
 
Les étoiles naissent et meurent comme les hommes sur la Terre.
 
Leur longévité dépend de la façon dont elles consomment leur énergie, les plus grosses ont une durée de vie plus courte et finissent brutalement leur vie en explosant.
Les étoiles et les galaxies nous envoient non seulement la lumière mais aussi les signaux radio.
Elles sont si lointaines que leur lumière est aussi faible que la flamme d’une bougie placée sur la Lune et observée depuis la Terre.
Quant à leur émission radio, elle est au plus des dizaines de milliers de fois plus faible que les signaux radio que nous captons dans nos postes radio.
 
 
(sur la photo : Nébuleuse d'Orion vue par Hubble © HST/NASA)
 
 
 
 
Des éléments chimiques très variés, de l’atome le plus simple, l’hydrogène, aux molécules organiques complexes comme l’alcool et le sucre etc…, voire le diamant incrusté dans des grains de poussière, ont été détectés dans La Voie Lactée.
 
Des astronomes y recherchent activement des acides aminés qui sont les constituants fondamentaux des protéines.
Il est possible que les processus biologiques qui ont engendré les premières formes de vie sur la Terre, aient pu aussi se réaliser sur d’autres planètes du système solaire. La vie telle que l’on conçoit sur terre ne peut exister sur le Soleil et sur les étoiles, car ces astres sont brûlants.
Elle ne pourrait subsister que sur les planètes où la température est plus modérée. Des engins spatiaux ont déjà déposé des robots sur la planète Mars et sur Titan (un des satellites de la planète Saturne) pour tenter d’y détecter des traces de vie. Notre système solaire ne possède que huit planètes.
 
Des méthodes récentes d’observation très élaborées ont été utilisées pour découvrir des planètes dans d’autres systèmes stellaires. Dans l’espace d’une dizaine d’années, quelque trois cents planètes « extrasolaires » (planètes en dehors du système solaire) ont été détectées, certaines d’entre elles  pourraient ressembler à notre planète Terre et possèderaient un environnement susceptible d’abriter des formes de vie. La détection de planètes extrasolaires constitue une condition préalable à la recherche de la vie extraterrestre.
 
Les distances qui séparent les systèmes stellaires sont tellement immenses que l’exploration de la Voie Lactée par des engins spatiaux en vue de détecter la vie extraterrestre s’avère quasiment impossible. Même les signaux radio qui se propagent à la vitesse de la lumière et qui seraient émis par des civilisations extraterrestres les plus proches - s’il en existe - devraient mettre des centaines, voire des milliers d’années, pour parvenir jusqu’à nous.
Des campagnes d’observation d’envergure pour détecter de tels signaux à l’aide de l’un des plus grands radiotélescopes du monde, restent jusqu’à présent infructueuses.
 
Sommes nous ainsi la seule civilisation dans l’Univers ?
 
 
 
 
chickens_up.gif
 
 
 
GLAST : DÉCOLLAGE RÉUSSI! (19/06/2008)
(dessin : NASA)
 
 
Le satellite GLAST (Gamma-ray large area space telescope) d'étude du ciel Gamma a parfaitement décollé ce 11 Juin 2008 de Cape Canaveral à l'aide d'une fusée Delta II.
 
Glast est un projet international qui incluse la France, Isabelle Grenier du Laboratoire Astrophysique interactions multi échelles (CEA/CNRS/Université Paris 7) y est d'ailleurs partie prenante. Elle est spécialiste des astres de
haute énergie dans l’Univers, elle fait partie des responsables scientifiques du projet.
 
Extraits du communiqué de presse :
 
 
 
 
Ce télescope spatial permettra de lever le voile sur les nombreux mystères qui entourent les sources connues de rayons gamma, voir de découvrir de nouvelles classes de sources de rayons gamma.
Cinq équipes françaises de l’IN2P3-CNRS, de l’INSU-CNRS et de l’IRFU/CEA contribuent à ce projet.
 
Les rayons gamma manifestent l’existence des phénomènes les plus extrêmes de notre Univers.
Les objets célestes associés à ces phénomènes, mettant en jeu des quantités d’énergie inimaginables, sont le siège d’accélération de particules à très haute énergie.
La liste de tels objets inclut les noyaux actifs de galaxie (AGN), les sursauts gamma (Gamma bursts), les vestiges de supernovae (SN remnants), les pulsars
 
Les conditions physiques précises qui prévalent dans ces objets extraordinaires restent en grande partie à déterminer.
Grâce à un gain en sensibilité d’un facteur 25 par rapport à la mission précédente, EGRET, GLAST devrait faire découvrir plusieurs milliers de sources de rayons gamma, décuplant ainsi le nombre de sources connues dans ce domaine.
 
GLAST permettra d’étudier également en détail le rayonnement gamma diffus émis par les rayons cosmiques se propageant dans la Galaxie. La présence de matière noire sera aussi activement recherchée.
 
Après une période d’un an, les données de GLAST seront mises à disposition de l’ensemble de la communauté scientifique internationale. La durée de vie prévue de la mission est de 5 ans, prolongeable à 10 ans.
 
Les rayons gamma étant absorbés par l’atmosphère (ils interagissent avec les molécules de l'atmosphère), il est nécessaire de les détecter depuis l’espace, ce que fera le satellite GLAST à une altitude de 560 km.
 
L’instrument principal, le LAT (Large Area Telescope), qui détectera les rayons gamma d’une énergie entre 30 MeV et 300 GeV explorera l’ensemble du ciel en trois heures grâce à son très grand champ de vue (20% du ciel à tout moment).
De nombreuses sources de rayons gamma étant variables, cette surveillance continuelle du ciel permettra d’alerter la communauté scientifique en cas d’éruptions.
Le LAT est principalement composé de trois éléments: un trajectographe permettant de mesurer la direction des rayons, un calorimètre pour mesurer leur énergie et un système permettant de différencier rayons gamma et particules chargées du rayonnement cosmique qui constituent un bruit de fond indésirable.
La technologie et les méthodes d’analyse sont similaires à celles employées en physique des particules, les énergies des particules détectées étant comparables.
 
Principe de fonctionnement du LAT :
Le LAT détecte les rayons gamma en utilisant la fameuse équation d'Einstein, E=mc2, via un effet connu sous le nom de “création de paire”. Quand un rayon gamma pénètre une des couches de tungstène du trajectographe, le détecteur dédié à la mesure de sa direction, son énergie peut se transformer en une paire de particules subatomiques : un électron, et son anti-particule, le positron.
La projection de la direction de ces particules, mesurée par plusieurs détecteurs en silicium du trajectographe, permet ainsi de remonter à la source émettrice du rayon gamma. L'énergie des particules est ensuite absorbée puis mesurée dans un autre détecteur, le calorimètre. La somme des énergies de ces particules donne ainsi l'énergie du rayon gamma incident. Comme le LAT est bombardé en
permanence par une myriade de particules autres que les rayons gamma, on le coiffe d'un « chapeau », un troisième détecteur, qui signale que la particule incidente n'est pas un rayon gamma. La condition simultanée de l'absence de signal dans ce « chapeau », avec la présence d'une paire électron/positron dans le LAT, signale la présence d'un rayon gamma.
Ainsi, en mesurant les rayons gamma un par un, le LAT peut reconstruire des images astronomiques, tout en mesurant aussi leur énergie.
 
 
Un instrument secondaire, le GBM (Glast Burst Monitor) est dédié à la détection de l’émission de basse énergie (8 keV-30 MeV) des sursauts gamma.
 
 
La collaboration GLAST inclut la NASA et la DOE (Departement of Energy) du côté américain et des instituts de six pays (Etats-Unis, France, Italie, Japon, Suède et Allemagne).
 
Côté français, cinq équipes y participent : trois équipes de l’IN2P3-CNRS (LLR, CENBG , LPTA4), une du CEA (IRFU/SAp5) et une de l’INSU-CNRS (CESR6). Le Laboratoire Leprince-Ringuet (CNRS/Ecole Polytechnique) a conçu et fabriqué la structure du calorimètre. Des équipes de l’IN2P3-CNRS ont étudié en détail la réponse du détecteur à différents types de particules, grâce à plusieurs tests sur accélérateurs, en particulier au CERN, et des simulations par ordinateur. Ces équipes ont développé des techniques d’analyse et d’étalonnage sophistiquées qui seront mises à profit lors du vol. Le groupe du CEA/SAp a fait l’étude de définition des détecteurs du calorimètre à laquelle une équipe du laboratoire Astroparticule et cosmologie, (APC, CNRS/Université Paris 7/CEA/Observatoire de Paris), a également contribué. Il est en charge de la détection des sources gamma pour en établir le catalogue et les identifier. Il est aussi responsable du modèle d’émission interstellaire. Le CESR contribue à l'identification des sources.
 
 
 
 
 
Objectifs scientifiques de GLAST :
 
Le Gamma-Ray Large-Area Space Telescope (GLAST) est un observatoire spatial révolutionnaire qui:
·        explorera les environnements les plus extrêmes de l'Univers, où la nature met en jeu des énergies considérablement supérieures à celles disponibles sur Terre.
·        recherchera des signes de nouvelles lois physiques et la nature de la mystérieuse Matière Noire.
·        permettra d’expliquer comment les trous noirs accélèrent de grandes quantités de matière à une vitesse proche de celle de la lumière (les «jets».)
·        aidera à percer les mystères des explosions gigantesques que sont les sursauts gamma.
·        apportera des réponses aux problèmes depuis longtemps ouverts concernant les sursauts solaires, les pulsars et l’origine des rayons cosmiques.
 
 
 
 
POUR ALLER PLUS LOIN :
 
Brochure de Glast en français pdf
 
Dossier de presse en français .
 
Communiqué de presse du CNRS.
 
Schéma éclaté de Glast.
 
Galerie multimédia chez Sonoma/GSFC.
 
Video 360° de Glast de 10MB :
 
Le Ciel Gamma sur votre site préféré.
 
 
 
 
 
chickens_up.gif
 
ULYSSES : UNE FIN DE MISSION SUPERBE. (19/06/2008)
 
 
Après avoir exploré sans relâche, pendant plus de 17 ans, les effets de l'activité solaire sur notre environnement spatial, la mission Ulysses (oui les anglo-saxons écrivent Ulysse avec un "s" à la fin, c'est le nom officiel de la mission) arrive à son terme.
 
Ulysses, projet pionnier de l'ESA et de la NASA, a été lancé le 6 octobre  1990.
 
 
Son objectif : explorer pour la première fois les régions situées au-dessus et au-dessous des pôles du Soleil et étudier l'héliosphère dans les quatre dimensions de l'espace-temps.
 
Conçue à l'origine pour une durée de vie de cinq ans, la mission a dépassé de beaucoup les attentes.
 
Sa mission va s'achever car ses générateurs de bord commencent à être trop faibles.
 
La moisson de données envoyées par la sonde a profondément modifié les connaissances scientifiques concernant le Soleil et ses effets sur le milieu spatial environnant.
 
Les principaux objectifs d'Ulysses étaient d'étudier l'héliosphère sous tous les angles et en particulier les Pôles qui ne sont pas étudiables depuis le Terre ni depuis les autres sondes solaires.
 
 
Il est en ce moment au dessus du Pôle Nord du Soleil.
 
Il a révélé que le champ magnétique sortant des pôles est beaucoup plus faible que prévu, ce qui pourrait vouloir dire que le maximum solaire de la prochaine période serait moins intense que ce que l'on a connu dans le passé. Il a cartographié le champ magnétique solaire dans les 4 dimensions espace et temps et on s'est aperçu de la complexité de ce champ.
Ulysses a montré que les particules solaires issues des basses latitudes peuvent trouver un chemin vers les hautes latitudes et s'échapper du Soleil à ces niveaux là.
De même le flux de poussières se dirigeant vers le système solaire était plusieurs dizaines de fois plus important que ce que l'on pensait.
 
Plus lointain, venant du fin fond de l'espace, il a détecté les atomes d'He et confirmé que l'Univers ne contenait pas assez de matière pour freiner l'expansion.
 
Cette sonde avec ses 10 instruments dédiés au Soleil a été très robuste pour résister pendant autant de temps aux radiations solaires et même aux radiations intenses de Jupiter lors de son insertion en orbite solaire en 1992.
 
Une surprise de la mission fut son aide à la caractérisation de la queue de certaines comètes, comme l'indique Ed Smith du JPL.
 
La première rencontre eu lieu en 1996 avec la célèbre Hyakutake, Ulysses détecte les gaz de la queue de la comète alors que celle ci était encore très loin (des centaines de millions de km), c'est ainsi que l'on put dire que la queue de Hyakutake s'étendait jusqu'à plus de 480 millions de km, probablement la queue la plus longue jamais observée.
 
En 2004 Ulysses traverse la queue ionisée (celle qui est dirigée en permanence à l'opposé du Soleil) de Mc Naught-Hartley, grâce à une éruption solaire qui dévia les particules vers les capteurs de la sonde.  Comme cela s'était déjà passé pour la comète Encke.
 
Toujours en 2004, Ulysses rencontre la comète Mc Naught (la célèbre celle là)  qui était à 250 millions de km de la sonde.
Même à une telle distance les capteurs ont détecté les gaz et molécules émis par cette comète. Même le vent solaire qui en dehors de la queue de la comète indiquait 700km/s se réduisait à 400km/s dans celle-ci.
 
 
Le site d'Ulysses au JPL.
 
Le site d'Ulysses à l'ESA.
 
Les dernières nouvelles d'Ulysses par l'équipeJPL/ESA.
 
La mission Ulysses sur votre site préféré.
 
 
chickens_up.gif
 
 
 
AU SECOURS ! : LA GALAXIE MANQUE DE (DEUX) BRAS! (19/06/2008)
(Image credit: NASA/JPL-Caltech)
 
 
Depuis des décennies on pense que notre galaxie, la Voie Lactée, possédait 4 bras principaux comme par exemple, NGC 4414 et un noyau sphérique.
 
Et bien on avait tout faux, en effet il y a quelque temps on découvrait que le centre était une barre, puis ces jours ci, le télescope spatial IR Spitzer vient de révéler la vraie structure de notre Galaxie : 2 bras manquent, elle ne posséderait que deux bras principaux comme on le voit sur ce dessin d'artiste.
 
Le problème avec notre Galaxie, c'est que pour l'étudier, ce n'est pas facile car on est en plein dedans!
 
Les premiers modèles datent des années 1950, ils proviennent de relevés de radio astronomie, ils mettaient au jour 4 bras spiraux auxquels on avait déjà donné des noms : La Règle (Norma), Écu-Centaure (Scutum-Centaurus), Sagittaire et Persée. En plus de ces bras il y avait des bandes de gaz et poussières vers le centre galactique. Notre Soleil, lui se trouvait près d'un bras inachevé appelé bras d'Orion ou éperon d'Orion (Orion Spur en anglais).
 
 
C'est principalement Robert Benjamin de l'Université du Wisconsin, Whitewater, qui a travaillé sur ce sujet et a fait une présentation lors du dernier congrès de l' American Astronomical Society à Saint Louis (Missouri) en Juin 2008.
Il s'est basé avec ses collègues sur les relevés de Spitzer, en effet les IR pénètrent la poussière interstellaire et nous permettent ainsi d'atteindre le cœur de ces bras spiraux.
À partir de 2005 il a obtenu des information détaillées sur notre centre galactique et sur sa fameuse barre, il trouva qu'elle s'étend beaucoup plus loin que prévu.
 
Puis possédant plus de 800.000 photos IR d'une grande partie de notre Galaxie (110 millions d'étoiles), il développa un logiciel qui devait ……compter les étoiles et mesurer leur densité. Il s'aperçut que dans la direction de l'Écu-Centaure il y avait bien une augmentation de densité comme on s'y attendait pour un bras spiral. Mais lorsqu'il examina dans la direction des bras supposés de la Règle (Norma) et Sagittaire , il n'y eut pas d'augmentation du nombre d'étoiles.
 
Il en déduisit alors que notre Galaxie comme la plupart des galaxies barrées n'avait que deux bras principaux : les bras de l'Écu-Centaure et Persée. Ils possèdent les plus grandes densités d'étoiles jeunes et lumineuses et de plus vieilles, les géantes rouges.
Il y aurait deux bras plus petits ou inachevés les "bras" du Sagittaire et de la Règle (Norma) qui seraient remplis de gaz et de bulles de jeunes étoiles. Les deux bras principaux se raccordent parfaitement à la barre centrale.
 
 
 
On pense aussi qu'il existerait deux plus petits "bras" ou ébauches de bras appelés Far & Near 3kpc arm  (bras proche et loin de 3 kiloparsec) découverts par radiotélescope, ils se situeraient le long de la barre.
C'est ce que viennent d'annoncer les astronomes Tom Dame et Patrick Thaddeus du CfA de Harvard. Celui appelé "far arm" est le petit frère symétrique de celui nommé "near arm" qui avait été détecté il y a….50 ans situé à 10.000 al du centre (soit 3kpc d'où le nom) par radio astronomie.
 
Les dernières études ont été menées grâce au radio télescope de Cerro Tololo Inter-American Observatory au Chili.
 
Ces deux mini bras 'éloignent du centre galactique à la vitesse moyenne de 50km/s.
Nos astronomes pensent que ces deux bras sont des conséquences naturelles de la barre centrale.
 
Crédit dessin : Tom Dame (Harvard-Smithsonian CfA).
 
 
 
Il est à remarquer que même si les bras semblent être des structures immuables, les étoiles elles se déplacent constamment d'un endroit à un autre autour du centre de la galaxie, notre propre étoile, le Soleil a une période de l'ordre de 220 millions d'années et il aurait déjà fait 16 fois le tour de la Galaxie.
 
 
POUR ALLER PLUS LOIN :
 
Tout sur notre Galaxie chez Wikipedia.
 
Une vue de notre Galaxie impressionnante.
 
La voie lactée vibre : Et en plus elle est tordue! (21/01/2006)
 
Les bras de notre Galaxie : nous indiquent sa structure. (14/062006)
 
 
 
 
chickens_up.gif
 
NOTRE GALAXIE : LES RADIO ASTRONOMES AUSSI. (19/06/2008)
Credit dessin : Bill Saxton (NRAO) & Mark Reid (CfA)
 
 
 
Signalons aussi que les radio astronomes du VLBA (Very Large Baseline Array) ont eux aussi de leur côté effectué ces relevés topographiques de notre Galaxie en s'axant principalement sur les étoiles proches du centre.
Ils ont montré que les étoiles cartographiées ont une vitesse orbitale plus faible que prévue et que leurs orbites sont plus ovales que ce que l'on attendait.
 
Mark Reid du Harvard-Smithsonian Center for Astrophysics (CfA) a remarqué que Presque toutes les étoiles étudiées semblaient avoir été accélérées dans la direction opposée à la rotation de la Galaxie.
 
Il émet l'hypothèse que cette force accélératrice proviendrait des bras spiraux de la galaxie, et plus précisément d'un phénomène d'ondes de densité que l'on retrouve aussi dans les particules des anneaux de Saturne.
Cette force fait perdre du moment angulaire aux orbites des étoiles considérées, qui deviennent elliptiques, contrairement à ce que l'on pensait.
 
 
 
Reid et ses collègues utilisèrent le VLBA pour mesurer la parallaxe de certaines étoiles appelées des Masers (microwave amplification by stimulated emission of radiation). C'est un phénomène similaire à l'effet LASER ("Light Amplification of Stimulated Emission of Radiation"), mais dans un domaine de longueurs d'ondes différent (dans les micro ondes).
L'effet Maser produit des raies fortes et étroites détectables dans les spectres des étoiles froides.
 
Ces mesures ont permis d'atteindre des précisions 100 fois meilleures que la précision de 1 millisec d'arc avec le satellite Hipparcos.
 
Il pense aussi par cette méthode pouvoir confirmer ou non la découverte de ses collègues sur le nombre de bras de la Galaxie, voir article précédent.
 
 
 
Le site du VLBA.
 
 
chickens_up.gif
 
 
SPITZER : NOTRE GALAXIE EN IR. (19/06/2008)
(crédit photo : NASA/JPL-Caltech/ Univ. of Wisconsin)
 
 
La photo ci contre correspond à l'assemblage de plus de 444.580 photos prises par Spitzer, notre télescope spatial IR, du centre de notre Galaxie; là où se forment de nombreuses étoiles.
 
Je vous conseille de cliquer sur l'image afin de voir tous les fins détails de cette superbe composition.
 
Dans cette vue, le plan galactique est découpé en 5 parties en partant de la gauche (située en haut de l'image) et en allant vers la droite (l'image la plus inférieure).
 
Cet ensemble représente à lui seul près de la moitié de notre Galaxie.
 
 
 
 
 
Le brouillard rouge que l'on retrouve sur toutes les photos correspond aux molécules organiques d'Hydrocarbure Aromatiques Polycycliques ou HAP (en anglais : polycyclic aromatic hydrocarbons ou PAH) qui sont éclairés par la lumière des étoiles naissantes.
 
Ces HAP se trouvent sur Terre dans tous les éléments de combustion incomplète : pots d'échappement, barbecues etc..
 
Les zones noires sont des nuages de poussières qui sont si denses que même la vue perçante de Spitzer ne peut pas les traverser.
Par contre les parties les plus lumineuses (arcs blancs) sont des zones de forte densité d'étoiles naissantes.
 
Les zones bleutées de l'image centrale correspondent aux lumières de populations d'étoiles plus vieilles situées au centre de la Galaxie.
 
Images prises par Spitzer dans le cadre de l'étude GLIMPSE (Galactic Legacy Infrared Mid-Plane Survey Extraordinaire); mais ce mot Glimpse veut dire aussi "coup d'œil" en anglais.
 
C'est un composite 4 couleurs avec le codage suivant : bleu : 3.6-micron, vert : 4.5 microns, orange : 5.8 microns et rouge : 8.0 microns
 
 
Consulter aussi cette campagne d'images de Spitzer sur la même zone galactique mais avec des IR plus lointains.
 
 
 
chickens_up.gif
 
 
HUBBLE : LA GALAXIE ET LA SUPER NOVA. (19/06/2008)
 (crédit photo : HST)
 
Une des dernières images publiées par le Hubble Space Telescope nous montre la Galaxie spirale NGC 2397 incluant une vue de la Super Nova SN 2006bc découverte en Mars 2006.
 
Cette galaxie est située à 60 millions d'années lumière de la nôtre. On remarquera que les étoiles les plus anciennes (jaunes et rouges) se situent plutôt dans le centre alors que les étoiles plus jeunes (bleues) se trouvent à la périphérie dans les bras.
 
Cette image est particulièrement pointue et nous fait découvrir (vue en haute résolution) beaucoup de détails des étoiles situées dans les bras de la galaxie.
Mais surtout elle nous donne à voir la super nova (carré situé dans le coin inférieur droit) à un stade où sa luminosité était en train de décliner.
 
 
 
 
chickens_up.gif
 
 
 
STARDUST :RAPPORT DE MISSION ET UNE AUTRE ÉTAPE ARRIVE. (19/06/2008)
(Photo : © NASA. CNES. INSU-CNRS.)
 
Consulter aussi le résumé de la conférence donnée par J Borg à la SAF le 14 Juin 2008 pour les dernières informations sur les résultats de la mission.
 
 
 
La revue du CNES "Espace et Science" publie dans son numéro d'Avril 2008 un long article sur la mission Stardust dont je reproduis les plus importants passages:
 
 
 
A l’issue d’une mission de sept ans à travers notre système solaire, la sonde spatiale Stardust de la NASA, a rapporté sur Terre des échantillons de poussières de la comète Wild 2 (Son diamètre est d’environ 5 km. Son passage en 1974 à proximité de la planète Jupiter a modifié son orbite et sa période orbitale est alors passée de 40 ans à environ 6,4 ans ) ainsi que des échantillons de poussières interstellaires.
 
Lors du survol de Wild 2, le 2 janvier 2004, à une vitesse relative de 6,1 km/s, Stardust a capturé dans la coma et piégé dans un «aérogel»des poussières éjectées par le noyau.
 
La capsule qui rapportait ces échantillons a atterri le 15 janvier 2006 dans le désert de l’Utah (USA). Des scientifiques regroupés dans des équipes thématiques (Preliminary Examination Teams, PET) ont effectué les premières analyses des poussières rapportées.
Un consortium de sept laboratoires français, piloté par François Robert et Hugues Leroux, participe à ces travaux. Les premiers résultats obtenus par les équipes thématiques ont été publiés dès décembre 2006.
 
Dans l’article publié le 4 janvier 2008 dans la revue Science (vol. 319, issue n°5859, pp. 75-78, january2008), les équipes de Nancy en France et de Minneapolis aux USA analysent avec précision la teneur en gaz rares des échantillons recueillis dans l’aérogel.
Le grain a laissé dans l’aérogel de l’échantillon analysé, une trace d’environ 1 cm de long. Lors de sa capture le grain a subi, par frottement, une élévation de température extrêmement rapide et intense. L’impact a créé au sein de l’aérogel une petite vésicule dont les parois sont tapissées d’aérogel fondu et de petits fragments provenant du grain cométaire.  Deux particules d’un diamètre de 10 à 15 μm ont pénétré plus profondément, créant les canaux individuels effilés (voir figure ci-contre).
 
 
 
Cinq petits morceaux de la paroi de la cavité ont été prélevés. Deux ont été utilisés pour les analyses menées au Centre de Recherche Pétrographiques et Géologiques de Nancy (CRPG), trois autres ont été analysés indépendamment dans un laboratoire de l’Université du Minnesota (Minneapolis) aux USA (voir tableau ci-après).
 
 
 
Tableau : Contenu en hélium et néon, abondances relatives et rapports isotopiques dans les échantillon analysés à partir de la trace 41.
L’incertitude est donnée à ±1s (NM: non mesuré).
 
Les évaluations pour 4He et 3He/4He dans l’échantillon St-3 traduisent la présence d’une contribution anormale de 4He provenant du blanc analytique.
 
 
 
La composition de la phase Q (voir explication plus bas) et du vent solaire sont présentées à titre de comparaison. Les données de la phase Q proviennent d’une référence citée dans l’article. Les données solaires sont les ordres de grandeur issus des mesures effectuées sur le matériel collecté par la mission Genesis.
 
 
Au CRPG, les gaz rares ont été extraits par «chauffage»laser en une seule étape alors que l’Université du Minnesota a utilisé une technique de pyrolyse progressive. Avec cette dernière technique, l’hélium et le néon ont commencé à être libérés des échantillons à des températures supérieures à1250°C. Une telle température de libération implique que les gaz ne peuvent pas provenir de l’aérogel lui-même. Plusieurs analyses ont montré que le matériel déposé sur les parois de cette cavité était d’abord composé de métal ainsi que de sulfures et de carbures métalliques.
Un quart du matériel est composé de silicates mélangés à des composés qui n’ont pu être déterminés.
Aucune fraction organique, contenant du carbone, de l’oxygène, de l’azote ou de l’hydrogène, n’a été identifiée.
L’abondance était suffisante pour pouvoir calculer le rapport de différents isotopes notamment les rapport 20Ne/22Ne, 21Ne/22Ne et 3He/4He. Ces différents rapports sont comparés à des rapports connus de concentration dans l’atmosphère terrestre, les météorites, le vent solaire ou la nébuleuse à partir de laquelle le système solaire s’est formé
 
Les rapports des différents isotopes du néon sont très proches de ceux observés dans une fraction particulière de certaines météorites: la phase Q. Cette fraction très faible des météorites, composée de matière organique mal caractérisée, est très riche en gaz rares. Le rapport des isotopes de l’hélium est, lui, deux fois plus élevé que celui de la phase Q. Plusieurs mécanismes d’acquisition de ces gaz dans les grains cométaires ont été utilisés comme modèles.
Aucun n’explique cependant les rapports élevés 3He/4He et 4He/20Ne.
 
 
L’hypothèse qui correspond le mieux aux résultats mesurés implique que les gaz rares ont été implantés dès la formation des grains au voisinage du Soleil dans une phase précoce de sa formation. La différence de concentration en hélium montre cependant que le mécanisme d’implantation de ces gaz est probablement différent de celui qui a conduit aux rapports observés dans la phase Q des météorites. D’autres analyses sur les petits grains résiduels dans les traces effilées de l’aérogel montrent aussi la présence de minéraux qui se sont formés à très haute température et donc très près du Soleil. Les comètes orbitent essentiellement très loin du Soleil et ne font que de rares incursions vers le centre du système solaire. Ces observations impliquent donc que lors de la formation du système solaire il y a eu au moins une période de mélange telle que des matériaux formés très près du Soleil jeune ont été propulsés aux confins du système. Quoiqu’il en soit, les analyses des gaz rares dans les comètes et les météorites sont autant d’éléments nécessaires pour comprendre la contribution des produits volatils contenus dans ces corps à la composition de l’atmosphère des planètes telluriques.
 
 
La phase Q : Les météorites ont été classées en de nombreux groupes. Le groupe des chondrites est subdivisé en diverses catégories selon les minéraux qui les forment et selon leur proportion en certains éléments comme le carbone, l'oxygène et le fer. Certaines contiennent une proportion importante de carbone (jusqu'à5% en masse) souvent sous forme de matière organique. Lors de l'étude des météorites, la portion de matière organique est extraite après destruction des minéraux par des acides (acides chlorhydrique et acide fluorhydrique) puis par d'autres acides. A la fin il reste un résidu solide qui contient la plus grande partie des gaz rares identifiés dans ces corps. La quantité de gaz rares, leurs différentes proportions et les rapports isotopiques sont autant de traces de l'histoire des objets au sein du système solaire. Cette observation surprenante, confirmée sur de nombreuses météorites, n'a pas encore d'explication. S.R. Lewis a appelé ce résidu, dans une publication dans Science, la phase Q en référence à la notion médiévale du cinquième élément, la «quintessence », qui venait après l'eau, l'air, la terre et le feu. La similarité des observations dans la phase Q des météorites et dans les grains cométaires pourrait indiquer des similitudes dans le mode de formation et l'origine de ces différents corps
 
 
Mission Stardust à la NASA.
 
Mais les scientifiques de la mission veulent donner un nouveau but à leur sonde, actuellement à plus de 350 millions de km de nous; une nouvelle cible lui est assignée; une cible bien connue de nos lecteurs : la comète impactée par Deep Impact, c'est à dire Tempel 1!
 
On veut revisiter le site du crash de l'impacteur, ce sera la nouvelle mission, elle a été baptisée Stardust NExT (New Exploration of Tempel) et devrait survoler la comète à 200km d'altitude le 14 Février 2011.
 
 
 
 
chickens_up.gif
 
STS 124 : KIBO ET TOILETTES AU PROGRAMME. (19/06/2008)
(Photos : NASA)
 
La navette Discovery, mission STS 124 lancée fin Mai 2008 a deux missions principales:
·        amener la module laboratoire Japonais Kibo (espoir en Japonais) avec son bras robotisé à poste
·        améliorer le système de toilettes de l'ISS.
 
C'est une mission de 14 jours.
 
Le laboratoire Japonais Kibo est bien plus grand que la laboratoire Européen Columbus (4m de plus) et même plus grand que le laboratoire Américain Destiny (2,7m de plus).
 
Dessin du module complet Kibo, 11,2m de long et 4,4m de diamètre. 15 tonnes.
Au premier plan Kibo avec son ELM-PS dans la partie supérieure, au fond le nœud Harmony auquel il doit être rattaché.
 
Voici maintenant vue de l'extérieur (au moment du départ de la navette) de l'ensemble :
 
De gauche à droite : le labo Columbus, le nœud Harmony avec son port d'attache, le labo Japonais Kibo avec sur le dessus le module logistique; à l'extrême droite on aperçoit le bras robotisé du Kibo.
 
On remarque dans la partie inférieure de la photo, deux capsules Soyuz attachées à l'ISS.
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Donc après le passage de STS 124, la station spatiale a changé de look, voici la vue début Juin 2008.
 
 
On remarque en haut de l'image à gauche Kibo et à droite Columbus; dans le bas de l'image avec les 4 panneaux solaires l'ATV.
On commence à apercevoir la structure de l'ISS; en vertical les modules de vie, en horizontal les modules de servitudes sur la poutre.
 
Autre très belle vue de l'ISS ainsi complétée.
Rappelons quelques vues intéressantes :
 
L'ISS avant STS 124.
 
Le robot Dextre en action.
 
Une autre belle vue de Kibo.
 
video kibo : http://news.bbc.co.uk/1/hi/world/americas/7432626.stm
 
 
 
Mais une autre partie important de cette mission a été …..la réparation des toilettes à bord.
En effet l'instrument, une pompe, qui séparait les matières solides des matières liquides semblait ne fonctionner que sporadiquement, il fallait faire venir le SAV assez rapidement sinon l'utilisation des toilettes était problématique.
 
Étant donné que les toilettes sont de fabrication Russe, il a fallu à quelques jours de l'envol de Discovery faire venir par courrier diplomatique les bonnes pièces de rechange.
 
Une fois arrivée à bord la pièce a été changée, l'ancienne renvoyée sur Terre pour vérification et tout semble bien fonctionner maintenant, ouf!
 
Voir plus de détails sur ce sujet :
 
http://spaceflightnow.com/shuttle/sts124/080529issparts/
 
http://spaceflightnow.com/shuttle/sts124/080604fd5/
 
http://news.bbc.co.uk/2/hi/science/nature/7428814.stm
 
 
 
 
 
 
chickens_up.gif
 
 
LE LHC : ON EN VOIT LE BOUT! (19/06/2008)
(Photos : site de Atlas)
 
Le CNRS nous signale la fin proche du montage du LHC (Large Hadron Collider ou Le Grand collisionneur de hadrons); le plus grand puzzle du monde se termine enfin.
 
 
Le dernier grand élément de Atlas, le plus grand détecteur de particules polyvalent au monde, a été descendu cet après-midi dans la caverne artificielle située à 100 mètres de profondeur, autour d'un des points de collision des protons du grand collisionneur de hadrons (LHC, Large hadron collider) au Cern à Genève.
 
Cette descente couronne la fin de cinq années d'assemblage du gigantesque puzzle d'Atlas. Les laboratoires du CNRS et du CEA ont joué un rôle pionnier dans ce projet réalisé par une collaboration de 180 Instituts dans 37 pays issus des cinq continents.
Conscients de participer à une aventure unique de la physique fondamentale, les chercheurs attendent avec impatience les premières collisions prévues à la fin de l'été 2008.
Désormais totalement assemblé, Atlas permettra aux scientifiques de mieux appréhender les interactions fondamentales entre les particules élémentaires, de répondre aux questions déterminantes sur l’origine de la masse des particules et éventuellement de révéler de nouvelles particules ou bien de valider certaines théories de l’infiniment petit.

 
 

Le détecteur Atlas (acronyme de "A Toroidal LHC Apparatus") mesure 46 mètres de longueur, 25 mètres de hauteur et 25 mètres de largeur. Cet immense détecteur de particules de 7000 tonnes et constitué de 100 millions de capteurs identifiera et mesurera les particules produites lors des collisions proton‑proton au LHC du Cern. Le premier élément d’Atlas avait été installé en 2003.
Le détecteur Atlas est constitué d'un détecteur de traces (Instrument qui enregistre et visualise les trajectoires des particules, permettant d'obtenir des informations sur la vitesse, la masse et la charge d'une particule) de précision, entouré d'un calorimètre hermétique très segmenté, lui-même entouré par le spectromètre à muons (Particule élémentaire de charge positive ou négative, de la même famille que l'électron) dont la dernière pièce vient d’être mise en place.
Ce dernier élément, appelé « petite roue » ou « small wheel », descendu à son tour dans le hall d'expérimentation souterrain, à 100 mètres de profondeur, complète le spectromètre à muons d’Atlas. Cette "petite" roue - à l’échelle d’Atlas - mesure 9,3 mètres de diamètre et, avec ses éléments de blindage massifs, pèse 100 tonnes. Elle est recouverte de détecteurs sensibles qui permettront de définir et de mesurer l’impulsion des muons qui seront créées lors des collisions du LHC et la traverseront.

Sept laboratoires français ont joué un rôle de pionnier dans le développement et la construction du détecteur de traces, du calorimètre, et du spectromètre à muon d'Atlas. Les 6 laboratoires du CNRS/IN2P3  ont été à l’origine du choix du calorimètre électromagnétique « accordéon » à argon liquide pour la détection des électrons et des photons et ont largement contribué à sa construction et à son financement.
Ils ont également participé à la partie la plus centrale du détecteur de traces (pixels), ainsi qu’au calorimètre pour les gerbes de particules. Le CEA/Irfu  (Institut de recherche sur les lois fondamentales de l'Univers) a contribué au calorimètre et joué un rôle de premier plan dans le spectromètre a muons, en particulier pour l'aimant central toroïdal. Tous ces laboratoires français ont également participé à la construction de l’électronique d'acquisition et de déclenchement et aux logiciels d’analyse.

À l'instar de l’accélérateur du LHC lui-même, une grande partie d’Atlas fonctionne à très basse température (jusqu'à 1,9 K ou -271,1°C) pour profiter des propriétés de la supraconductivité (absence de résistance électrique de certains matériaux en dessous d'une température en général proche du zéro absolu.). L’état de préparation de cet ensemble unique peut être jugé en observant la température de ses éléments. Aujourd’hui, la totalité des aimants et du calorimètre d’Atlas sont à leur température de fonctionnement, et la moitié du LHC est en cours de refroidissement, avec le but d’être entièrement froid avant l’été.

La collaboration Atlas va maintenant se concentrer sur les activités de mise en service du détecteur, afin d’être prête a observer les premières collisions prévues à la fin de l’été.
 
En plus de la recherche du boson de Higgs (à l’origine de la masse des particules), les expériences du LHC essaieront également de percer le mystère de la matière noire de l’Univers et tenteront d’expliquer pourquoi la matière prédomine sur l’antimatière dans la Nature. Ces expériences chercheront également à savoir si des dimensions supplémentaires de l’espace-temps existent. Pour cela, elles exploreront la matière telle qu'elle se présentait aux origines, quelques fractions de seconde après le ‘Big Bang’. L’analyse de la quantité énorme de données produites requiert des moyens informatiques considérables, actuellement déployés au Centre de Calcul de Lyon du CNRS/IN2P3 (CC-IN2P3) et dans les laboratoires français.


 
Extrait du site du LHC :
 
"Le Grand collisionneur de hadrons (LHC) est un gigantesque instrument scientifique situé près de Genève, à cheval sur la frontière franco-suisse, à environ 100 mètres sous terre.
C’est un accélérateur de particules, avec lequel les physiciens vont étudier les plus petites particules connues : les composants fondamentaux de la matière.
Le LHC va révolutionner notre compréhension du monde, de l’infiniment petit, à l'intérieur des atomes, à l’infiniment grand de l’Univers.
 
Deux faisceaux de particules subatomiques de la famille des « hadrons » (des protons ou des ions de plomb) circuleront en sens inverse à l’intérieur de l’accélérateur circulaire, emmagasinant de l’énergie à chaque tour. En faisant entrer en collision frontale les deux faisceaux à une vitesse proche de celle de la lumière et à de très hautes énergies, le LHC va recréer les conditions qui existaient juste après le Big Bang. Des équipes de physiciens du monde entier analyseront les particules issues de ces collisions en utilisant des détecteurs spéciaux.
 
Il existe de nombreuses théories quant aux résultats de ces collisions. Les physiciens s’attendent en tous cas à une nouvelle ère de physique, apportant de nouvelles connaissances sur le fonctionnement de l’Univers. Pendant des décennies, les physiciens se sont appuyés sur le modèle standard de la physique des particules pour essayer de comprendre les lois fondamentales de la Nature. Mais ce modèle est insuffisant. Les données expérimentales obtenues grâce aux énergies très élevées du LHC permettront de repousser les frontières du savoir, mettant au défi ceux qui cherchent à confirmer les théories actuelles et ceux qui rêvent à de nouveaux paradigmes. "
 
Site du LHC  http://public.web.cern.ch/public/fr/LHC/LHC-fr.html
 
Le site de Atlas  http://atlasexperiment.org/index.html
 
http://atlasexperiment.org/webcams.html
 
 
Mais comme nous le fait remarquer notre collègue Jean Holtz, le LHC n'est pas encore opérationnel l'on parle déjà de ses successeurs, en effet, le Fermilab vient de commencer le remplacement des aimants supraconducteurs défectueux : 3 ont été réparés, la réparation des 5 autres est en cours.  http://www.fnal.gov/pub/today/Magnetupdate6.html
 
Extrait des nouvelles du Chicago Tribune-Metro, 20/08/2007
 
Fermilab, à Batavia dans la banlieue de Chicago, possède l'accélérateur le plus puissant actuel (le Tevatron). Mais sa fermeture est programmée pour 2009, date à laquelle le relais sera pris par le Large Hadron Collider (LHC) du CERN à Genève.
 
L'avenir de Fermilab est donc incertain. L'espoir des physiciens de Chicago, pour maintenir sur place l'excellence en physique des hautes énergies, réside dans la candidature de Fermilab comme site pour la construction de l'International Linear Collider (ILC), un projet international colossal (accélérateur linéaire de 40 kms) qui n'entrerait en service qu'aux alentours de 2020.
 
La compétition pour accueillir le nouvel instrument promet, comme toujours pour des projets internationaux, d'être sévère, même si Fermilab est assuré d'être le candidat des Etats-Unis.
Pour améliorer ses chances de recevoir l'ILC, Fermilab vient d'annoncer, pour un montant de 500 millions de dollars, un avant-projet de nouvel accélérateur (projet "X") qui pourrait combler le créneau des années 2010-2020 en maintenant à Chicago une activité de haut-niveau en physique des hautes énergies.
Il s'agit aussi d'un projet d'accélérateur linéaire qui serait utilisé comme une puissante source de protons utilisés ensuite dans l'installation actuelle et qui pourrait être utilisé plus tard dans l'ILC. Dans ce but, le projet X suit scrupuleusement les spécifications de l'ILC.
Le financement du projet X est en cours de montage, mais une étape importante sera l'avis rendu par le National Physics Advisory Group-P5.     
 
A suivre...
 
 
 
 
chickens_up.gif
 
 
 
 
 
LA CONSTELLATION DU MOMENT :.LE TRIANGLE DE L'ÉTÉ PAR DANIELLE BAUDVIN; (19/06/2008)
 
 
 
Parlons ce mois-ci de trois constellations qui se trouvent en été plein sud au zénith vers minuit et dont les trois étoiles principales très brillantes forment une figure géométrique triangulaire virtuelle que l'on nomme le triangle de l'été.
 
Les trois étoiles qui le dessinent sont :
- VEGA de la Lyre,
- DENEB du Cygne,
- ALTAIR, de l'Aigle.
 
Ce triangle se situe sur le chemin de la voie lactée, c'est pourquoi vous le verrez toujours se détacher sur un fond laiteux.
 
 
Schéma du triangle de l'été
Le triangle de l'été comme vous ne le verrez probablement jamais.
 
L'étoile Deneb du Cygne se trouve en plein milieu de ce brouillard blanchâtre, alors que l'étoile Véga de la Lyre et Altaïr de l'Aigle semblent faire le guet de chaque côtés.
 
Ces trois étoiles furent répertoriées par Ptolémée, grand savant Grec, dans son Almageste ou Grande Syntaxe Mathématique, vaste compilation des connaissances astronomiques des Anciens (140 après J.C.).
 
La Lyre est une petite constellation qui prend la forme d'un trapèze et son étoile principale Véga, de couleur bleutée, de magnitude + 0,03, cinquième étoile la plus brillante du ciel se situe à 25 années lumières du soleil.
Son nom vient de l'Arabe et signifie "Aigle en piqué".
 
N'oublions pas qu'il y a 12 000 ans, Véga se trouvait sur le chemin de l'axe de rotation de la terre et représentait alors l'étoile polaire de l'époque.
 
 
A cause du phénomène de précession des équinoxes (qui modifie continuellement la direction de l'axe de rotation d'une planète en décrivant un cône dans le ciel) ajouté au mouvement propres des étoiles, l'étoile Véga se retrouvera vers l'an 14 600, à nouveau dans la position de notre étoile polaire.
Cette constellation, Véga, se rattache à une très émouvante légende Grecque :
 
Cette lyre serait, selon l'histoire, l'instrument de musique créé par le Dieu Hermès (Mercure chez les Romains,  Dieu du commerce et des voyageurs), à partir d'une carapace de tortue. Hermès en fit cadeau au Dieu Apollon, qui la donna à son fils Orphée, le musicien des Argonautes.    
Orphée avait épousé Eurydice, mais celle-ci mourut d'une piqûre de serpent en voulant échapper aux assiduités du berger-apiculteur Aristée.
Fou de douleur, Orphée parcourut les enfers pour retrouver sa bien-aimée.
Par le jeu de sa lyre et de son chant, il charme les démons.
Perséphone elle-même, reine du monde souterrain, est émue par le témoignage d'amour désespéré d'Orphée et le prend en pitié.
 
C'est promis : elle lui rendra sa femme qui devra le suivre, à la seule condition de ne pas se retourner pour la voir avant l'arrivée dans le monde des vivants.
Mais le voyage du retour est long, trop long pour Orphée dont l'esprit se remplit de doute.
Et si Perséphone lui avait menti !!!!!…..
Et si Eurydice n'était pas derrière lui ?…..
N'y tenant plus, rongé par le doute, l'anxiété et l'angoisse, il jette un furtif regard par-dessus son épaule, et hélas
voit Eurydice éplorée, mourir et disparaître à nouveau pour toujours…….
 
Un autre chance ne lui sera pas accordée, et il n'aura plus accès aux enfers.
 
Orphée retournera seul chez les humains avec toute sa douleur et sa lyre désormais inutile……..
 
Inconsolable, il néglige d'honorer Dyonisos, qui, vexé, le livre aux prêtresses de Bacchus, les Bacchantes, qui le mettent en pièces.
 
Les muses éplorées, recueillent ses membres et les enterrent au pied du Mont Olympe et interviennent avec Apollon auprès de Zeus,  pour que sa lyre qui ne l'avait pas quitté, puisse figurer comme constellation dans le ciel.
 
 
 
 
L'Aigle est une constellation qui fait partie du triangle de l'été et qui se reconnaît facilement par l'alignement de trois étoiles dont Altaïr est le centre. Cet alignement représente la tête de l'Aigle.
 
Altaïr est une étoile double dont le nom arabe signifie "l'Aigle en vol".
C'est la 12ème étoile la plus brillante du ciel, de magnitude + O,8 et située à 17 années-lumières du soleil.
 
Les légendes qui se rattachent à Altaïr sont touchantes.
 
Différentes selon les mythologies, elles évoquent  :
 
D'après les Hindous : l'empreinte du pied de Vishnou.
 
D'après les Grecs : l'échanson Ganymède, le plus beau des adolescents, enlevé par l'aigle de Zeus qui voulait le garder pour lui seul, jaloux de le voir très apprécié des autres Dieux à qui il versait du vin et du nectar, le mit au firmament sous la forme de la constellation du Verseau.
 
D'après une histoire Chinoise : Altaïr et ses deux enfants (les deux autres étoiles de l'alignement des trois étoiles), sont séparés de leur mère Véga qui est située de l'autre côté de la voie lactée.
 
 
 
 
Le Cygne est la plus grande constellation du triangle de l'été, appelée parfois "croix du Nord".
 
Son étoile principale Deneb, super géante bleue, 200 fois plus grosse que notre soleil et 25 fois sa masse, intensément lumineuse, de magnitude apparente de 1,25 et de magnitude absolue située entre – 7,2 et – 8,75, est la 19ème étoile la plus brillante du ciel.
Son nom vient de l'arabe et signifie "la queue" et désigne en général l'étoile  "x cygni".
Sa tête est représentée par l'étoile Albiréo (bec en arabe) et les deux autres extrémités sont les ailes déployées du cygne.
 
Il est très difficile de définir sa distance à la Terre vu son éloignement. Certaines sources donnent  des distances comprises entre 1600 et 3200 années-lumières.
 
La détermination de distances aussi énormes est très difficile car la méthode de la parallaxe ne s'applique qu'avec une approximation du satellite Hipparcos, d'erreur estimée à 60 %.
 
Si Deneb était située à la place de notre soleil, sa lumière serait plus intense que nos lasers industriels les plus puissants ,  et sa taille atteindrait l'orbite de la Terre.
 
Pas étonnant  qu'avec de telles caractéristiques et de telles mensurations, elle finisse dans un million d'années en Super-Novæ.
 
Selon la légende Grecque, Zeus se serait déguisé en cygne pour séduire Léda dont il eut deux enfants immortels, Hélène de Troie  et Pollux.
Tyndare, le mari de Léda, lui fit également le même jour, deux autres enfants mortels : Clytemnestre et Castor.
Mais cette légende n'explique pas la présence de la constellation dans le ciel, par contre l'histoire touchante de deux amis, Cygnus et Phaëton, le fils mortel du soleil, pourrait bien en être l'origine.
 
Phaëton eut un terrible accident en conduisant les chevaux du char de son père et tomba mortellement blessé dans le fleuve Eridan.
 
Cygnus se mit à le chercher désespérément et plongea maintes et maintes fois dans l'espoir de le retrouver et de le ramener sur la berge.
 
Hélas, ses efforts furent vains…………..
 
Devant tant de compassion pour son ami, et tant d'acharnement à plonger sans cesse pour le retrouver, Zeus eût pitié de lui et le transforma en oiseau aquatique qu'il plaça au ciel en plein milieu de la voie lactée, ce long fleuve d'argent qui lui rappellerait ses incessants plongeons.
 
C'est pourquoi depuis ce temps, on peut admirer au firmament les soirs d'été, ce grand dessin d'un oiseau aux ailes déployées, prêt à plonger à nouveau pour retrouver son compagnon perdu.
 
Une légende Chinoise veut que la constellation du Cygne héberge une fois par an le pont qui relie les amants Niu Lang et Zhi Nu.
 
 
 
À suivre.
 
POUR ALLER PLUS LOIN :
 
Très bons sites français sur les constellations : http://www.abm.asso.fr/astroguide/hsconst.htm
Et  http://lamap93.free.fr/cours/lml/constellations.htm
 
Les légendes des constellations : http://mythologica.fr/grec/constellation.htm
 
http://www.astrosurf.com/durville/triete.htm
 
 
chickens_up.gif
 
 
 
MARS : LE SURVOL DE MARS EN ANIMATION. (19/06/2008)
 
 
Une des derniers APOD (Astronomy Picture Of the Day, une image astro par jour, à voir tous les jours c'est un must!!) nous invite grâce à MRO et les rovers à un survol d'une partie de Mars.
 
Alors cliquez sur le lien et ensuite sur l'image centrale pour faire dérouler le film.
 
 
Bon vol!!
 
 
 
chickens_up.gif
 
 
 
 
PHOTOS D'AMATEUR :.MARC JOUSSET ET LA ROSETTE.
(Photos :Marc Jousset)
 
Notre ami Marc Jousset de Véga, est un grand spécialiste du ciel profond, il possède d'ailleurs un site très complet sur ses photos que je vous conseille d'aller visiter.
 
 
 
 
Astrographe Takahashi FSQ 106 ED  Focale : 530 mm Ouverture : f/d 5  Champ plan : 88 mm Champ 24x36 : 3,9° x2,7°
 
Caméra : SBIG STL11000M C2 à t° -20°C   Monture : Astrophysics AP1200 GTO
 
 
Voici une photo de NGC 2237 (la Rosette) prise le 18 Décembre 2007, avec filtre – Ha 6 nm 18 x 20min - RGB 6x5 min
 
 
 
 
 
 
 
 
chickens_up.gif
 
 
LES MAGAZINES CONSEILLÉS :.ESPACE MAGAZINE DE JUILLET AOUT EST PARU. (19/06/2008)
 
Ce numéro (le 38) est particulièrement bien fourni, en effet en plus des rubriques habituelles il y a plusieurs articles de fond intéressants comme :
 
·        Un dossier sur Phoenix riche en photos
·        Un reportage sur le départ de l'expédition 17 de Baïkonour
·        La télédétection européenne par satellite
·        Le troisième vol habité chinois
·        L'ESTEC (centre technique de l'ESA) ouvre ses portes
·        Google Earth
·        Un poster double face : paysage martien de Phoenix/navette spatiale en vol
 
 
 
 
 
 
 
chickens_up.gif
 
LES MAGAZINES CONSEILLÉS :.POUR LA SCIENCE DE JUIN , EST CE LA FIN DE LA COSMOLOGIE? (19/06/2008)
 
Nos amis de Pour la Science (Belin) ont encore frappé, un titre accrocheur à ce numéro de Juin 2008 : La fin de la cosmologie?
 
Pour la Science vous propose des sujets étonnants, que ce soit le dossier sur l’immunité innée, l’article sur la fin de la cosmologie ou encore – entre autres – le retour des éléphants en Amérique.
 
Autre sujet étonnant : quelles traces du Big Bang restera-t-il lorsque l’expansion de l’Univers les aura effacées ?
L’Univers sera-t-il un jour plongé dans une éternelle obscurité ?
 
Vous pourrez aussi lire à quoi ressemblerait un voyage aux abords d’un trou noir ou encore comment empiler des briques pour obtenir le plus grand surplomb possible. Bonne lecture !
 
 
 
 
 
 
Voici une partie du sommaire :
 
 
 
 
La fin de la cosmologie?
Lawrence Krauss - est cosmologiste à l’Université Case Western Reserve, à Cleveland dans l’Ohio (États-Unis).
Robert Scherrer - est directeur du Département de physique et d’astronomie de l’Université Vanderbilt, à Nashville, dans le Tennessee.
L’expansion de l’Univers efface derrière elle les traces du Big Bang, tant et si bien que les cosmologistes d’un lointain futur se forgeraient une vision de l’histoire cosmique entièrement différente de la nôtre.
 
 
 
Les limites de l'exploration des trous noirs par A Riazzuelo  de l'IAP
L’exploration de ces objets ponctuels d’une densité infinie est évidemment difficile. Les observations sont impossibles. Seuls les effets indirects, les calculs et les modélisations permettent aux astrophysiciens de les étudier.
Alain Riazuelo, de l’Institut d’astrophysique de Paris, expose les défis que pose l’étude des millions de trous noirs présents dans l’Univers.
 
 
 
 
 
 
 
 
 
chickens_up.gif
 
BULLETIN PROFESSIONNEL : LE BULLETIN DE L'ESA DE MAI 2008 EST MAINTENANT EN LIGNE (19/06/2008)
 
 
L'ESA communique que son bulletin d'information spatiale (en anglais) est maintenant disponible au téléchargement sur le Net.
 
 
Voici par exemple pour le numéro de Mai 2008 :
http://www.esa.int/esaCP/SEMA8LUG3HF_index_0.html
 
 
Ce bulletin est publié 4 fois par an et peut être reçu gratuitement en version papier sur demande à l'ESA.
 
 
 
 
 
 
Voici le sommaire de ce numéro (en anglais) :
 
 
Contents
 
The Next Decade with XMM-NEWTON
- Its Scientific Impact and Challenges for the Next 10 Years

Norbert Schartel & Arvind Parmar
 
Mission Analysis
- Towards a European Harmonisation

Johannes Schoenmaekers et al.
 
Flight of the Phoenix
- ESOC Supports NASA Mars Mission

Peter Schmitz et al.
 
Getting Customer-orientated
- ESA Procurement in Cooperation with Other Organisations

Stefano Fiorilli
 
Expander Demonstrator
- Paving the Way for European Advanced Upper-stage Engines

Jérôme Breteau & Jean-Noël Caruana
 
 
 
 
chickens_up.gif
 
 
 
 
 
Bonne Lecture à tous.
 
 
 
C'est tout pour aujourd'hui!!
 
Bon ciel à tous!
 
JEAN PIERRE MARTIN
 
 
Astronews précédentes : ICI