LES ASTRONEWS de planetastronomy.com:

Mise à jour : 19 Octobre 2021     

       

Conférences et Évènements : Calendrier   .............. Rapport et CR

Prochaine conférence SAF.. Les conférences seront en présence du public. Un PASS SANITAIRE ou un test PCR négatif récents seront exigés à l’entrée dues aux récentes précautions sanitaires.

Le mercredi 10 Novembre 2021 à 19H00  au CNAM amphi JB Say exceptionnellement. Alan Sacha BRUN du dépt d’Astrophysique du CEA Paris Saclay, nous parlera de : LE SOLEIL A RENDEZ-VOUS AVEC LA TERRE : MAGNÉTISME SOLAIRE ETC..

Réservation comme d’habitude ou à la SAF directement.

Transmission en direct sur le canal YouTube de la SAF : https://www.youtube.com/channel/UCD6H5ugytjb0FM9CGLUn0Xw/feautured

 

Astronews précédentes : ICI        dossiers à télécharger par ftp : ICI

ARCHIVES DES ASTRONEWS : clic sur le sujet désiré :

Astrophysique/cosmologie ; Spécial Mars ; Terre/Lune ; Système solaire ; Astronautique/conq spatiale ; 3D/divers ; Histoire astro /Instruments ; Observations ; Soleil ; Étoiles/Galaxies ; Livres/Magazines ; Jeunes /Scolaires

Certains peuvent recevoir en double ces news, car ils sont inscrits sur plusieurs listes. J’en suis désolé.

Sommaire de ce numéro :  

Livre conseillé :.« Meurtre au CFHT » par votre serviteur. (19/10/2021)

Mars 2020 :.Les premiers résultats de Perseverance. (19/10/2021)

Lucy : En route pour les Troyens ! (19/10/2021)

Chang’e-5 :.Analyse des échantillons lunaires. (19/10/2021)

JWST :.Arrivée en Guyane, ça devient sérieux ! (19/10/2021)

BepiColombo :.Premier survol de Mercure. (19/10/2021)

Le Soleil :.De superbes aurores en ce moment vues à Kiruna. (19/10/2021)

Vu d'en haut :.Les Pyramides par Thomas Pesquet (19/10/2021)

 

 

LIVRE CONSEILLÉ :."MEURTRE AU CFHT" PAR VOTRE SERVITEUR. (19/10/2021)

 

Chers amis,

Je parle très souvent dans mes chroniques de livres écrits par les autres et pour une fois je vais parler d’un livre écrit par moi.

 

Comment cela s’est-il produit ?

Pendant la phase « covidaire » que nous avons vécue, nous avons été plus ou moins contraints de rester chez nous, aussi pendant cette période, pour passer le temps, je me suis décidé à faire ce que j’avais toujours eu envie de faire : écrire des romans policiers. Mais pas de simples romans policiers, des romans policiers scientifiques, c’est-à-dire où l’action se passe dans des lieux scientifiques et principalement des lieux dédiés à l’astronomie ou à l’espace.

Romans policiers scientifiques, cela supposait aussi, une explication au fil de l’eau des termes et situations rencontrés afin que le lecteur comprenne de quoi on parle. Fini, les notes de bas de page ou les explications reportées à la fin de l’ouvrage, elles sont expliquées dès qu’on les rencontre.

Il me fallait un héros, je décidai de le faire astrophysicien, spécialiste d’exoplanètes à l’IAP, haut lieu de l’Astrophysique à Paris. Son nom, il me fallait un nom qui sonne bien et qui soit facile à retenir. Comme son domaine touchait à la vie dans l’Univers, je me suis basé sur deux sommités qui ont marqué ce domaine de recherche : Frank Drake avec sa fameuse formule supposée évaluer la quantité de civilisations intelligentes dans l’Univers et Stanley Miller qui mit au pont une célèbre expérience prouvant l’apparition d’acides aminés à partir d’atmosphère primordiale et de décharges électriques.

Ça y était, j’avais trouvé le nom de mon héros, ce serait Frank Miller, et c’est sous ce nom que je publiais ou plutôt que j’essayais de publier mes premiers romans. Parcours du combattant, mais, bref, j’y suis arrivé et mon premier roman sort enfin en Octobre 2021.

 

Son titre : Meurtre au CFHT.

Son sujet : C’est un roman policier qui nous emmène dans le domaine de l’astronomie et de l’astrophysique. Le héros, Frank Miller, un jeune astrophysicien se trouve emmêlé à une histoire où sa vie est en jeu.

Il ne sait pas qui lui en veut, ni pourquoi. À cette occasion durant un séjour d’observation à Hawaï au célèbre télescope franco-canadien CFHT, il est accusé à tort de meurtre.

Après de nombreuses péripéties il remonte le fil de l’affaire et la conclusion se produit sur le toit de l’Observatoire de Paris. D’autres personnages viendront participer à son aventure, un inspecteur un peu troublant, une physicienne dont il aimerait bien faire la conquête, son père au passé pas très clair, et quelques autres.

 

PRIX : 18 € TTC

EAN : 9782754309523 – 90 pages, format 14*22,5 cm

Distribué par Hachette Livre

On le trouve en librairie et aussi dans le e-commerce comme Amazon ou Fnac etc..

 

 

 

 

 

Ce roman fait partie d’une série, je termine actuellement le tome 5 :

Tome 1 : Meurtre au CFHT

Tome 2 : Les protons perdus du LHC, l’action se déroule au CERN et su la côte Est des USA

Tome 3 : Le mystère du Méridien zéro, se déroule entièrement à Londres et à Greenwich

Tome 4 : L’inconnue du Pic, action à Biarritz, au Pic du Midi, à Séville et à l’ESTEC en Hollande

Tome 5 : ISS en péril, le lieu de l’action semble évident l’ISS et les lieux liés à l’ISS.

 

 

Voilà, merci d’en parler autour de vous si vous pouvez.

 

Cordialement

Jean Pierre Martin alias Frank Miller.

 

 

 

 

 

 

 

BEPICOLOMBO :.PREMIER SURVOL DE MERCURE.V

 

Après avoir survolé Vénus il y a un an, la sonde ESA/JAXA a survolé de très près Mercure, sa destination finale, ce 2 octobre 2021 tôt le matin heure de Paris.

Le survol a eu lieu à 200 km de la surface de Mercure.

 

C’est son premier survol de Mercure pour y prendre un peu de son énergie cinétique (assistance gravitationnelle) afin de pouvoir dans quelques années (2025), après 5 autres survols, se satelliser autour de Mercure.

En effet, il n’est pas aussi simple d’atteindre une planète proche du Soleil, car il faut ralentir pour ne pas être happé par la gravitation puissante de l’astre du jour. Cela ne se fait actuellement qu’à l’aide d’assistances gravitationnelles auprès de planètes auxquelles on vole un peu de leur énergie.

 

 

Voici un exemple de quelques photos prises lors de ce survol.

Ce sont les caméras appelées monitoring cameras situées sur le module MTM qui étaient à la manœuvre.

La sonde arrivait du côté nuit de Mercure, comme on le remarque sur la première image diffusée.

 

 

Une image contenant texte, satellite

Description générée automatiquement

On voit de gauche à droite (toutes photos crédit : ESA/BepiColombo/MTM, CC BY-SA 3.0 IGO):

·         Prise par la monitoring camera 3 du module MTM, lever de soleil sur Mercure (hémisphère S). Distance de Mercure 1183 km.

·         Prise par la monotoring camera 2 du module MTM à 1410 km de la surface. On distingue le magnétomètre.

·         De nouveau par la monitoring camera 2 de MTM quelques minutes plus tard. Hémisphère N 2418 km de la surface.

·         Et par la monitoring camera 2 de MTM où l’on voit une partie de l’antenne grand gain et de l’hémisphère Sud (2687 km de la surface)..

 

 

Une dernière vue du survol de Mercure. La sonde était alors à 2418 km de la planète et s’en éloignait.

 

L’ESA a annoté certains éléments caractéristiques de la planète.

 

 

On voit ici une partie de l’hémisphère Nord de Mercure.

 

 

Une infographie très claire du rendez-vous nous est proposée par l’ESA : voir plus bas.

 

 

 

Photo crédit : ESA/BepiColombo/MTM , CC BY-SA 3.0 IGO

 

 

 

 

 

 

 

Illustration du premier survol de Mercure par BepiColombo. Crédit : ESA.

 

 

 

De nombreux mystères entourent cette planète, notamment, pourquoi possède-t-elle un si gros noyau ?

 

Certains pensent que Mercure était plus grosse à l’origine et qu’un impact géant lui aurait fait perdre une partie de son manteau.

 

 

 

 

Pour conclure, une vue de la surface de Mercure, voir ci-contre.

 

 

 

D’après la mission Messenger

 

Document : domaine public.

 

 

 

 

 

 

 

 

Une vidéo du passage : https://youtu.be/GdOLeGeqAEI

vidéo :

 

Les explications des images : https://www.esa.int/ESA_Multimedia/Videos/2021/10/Meeting_Mercury

 

 

 

POUR ALLER PLUS LOIN :

 

Les premières images de Mercure frôlée par la sonde BepiColombo ce week-end

 

BepiColombo a réussi à survoler Mercure : jamais une sonde n’était allée aussi près de la planète

 

BepiColombo’s first views of Mercury

 

Navigating a very close approach sur la technique des survols.

 

Meeting Mercury

 

BepiColombo Meets Mercury for the First Time on October 1 de Universe Today.

 

Des images incroyables de Mercure capturées par la sonde Mercure ‘Bepicolombo’ – Nouvelles

 

BepiColombo gets first glimpse of Mercury

 

Mercury chez Wikipedia

 

 

 

 

LE SOLEIL : DE SUPERBES AURORES VUES À KIRUNA. (19/10/2021)

 

La NOAA (National Oceanic and Atmospheric Administration) l’organisme en charge des observations atmosphériques et notamment des humeurs du Soleil, ont détecté une éruption solaire associée à une éjection de masse coronale (CME) le 9 Octobre 2021. Les particules chargées (principalement des protons) mettent 3 à 4 jours pour atteindre l’orbite de la Terre.

Ils prévoient une arrivée sur Terre le 11 Octobre, et l’impact pourrait provoquer des orages magnétiques de moyenne intensité (G1 et G2).

On sait que la plupart des particules chargées des CME sont déviées par notre champ magnétique, mais certaines particules particulièrement énergétiques, arrivent à interagir avec notre atmosphère, elles pénètrent par les pôles pour donner un magnifique spectacle dans le ciel visible dans les hautes latitudes.

Cette tempête pourrait donner lieu à des aurores particulièrement belles et intéressantes. Donc tous les chasseurs d’aurores se sont mis à l’affut.

 

Ce show a été filmé par une caméra « fish-eye » située à Kiruna dans le Nord de la Suède, appartenant au réseau ESA.

 

Cela a donné naissance à cette vidéo superbe, une image a été prise toutes les minutes et ajouter à la vidéo..

 

https://youtu.be/hkAYlHHxf78

 

vidéo :

 

 

Crédit: All-sky camera, Kiruna Atmospheric and Geophysical Observatory (KAGO) within the Swedish Institute of Space Physics (IRF). Data provided as part of ESA’s Space Weather Service Network.

 

Si la couleur la plus répandue est le vert, il est rare de voir comme ici du violet aussi, cette couleur correspondant à l’azote ionisé.

Les aurores se sont formées aux alentours de 120 à 180 km d’altitude.

 

Cette caméra est opérée par la KAGO (Kiruna Atmospheric and Geophysical Observatory) de l’Institut Suédois de physique spatiale (IRF)

 

 

 

 

POUR ALLER PLUS LOIN :

 

Voici la vue de la Suède pendant la récente tempête solaire

 

Solar storm stirs stunning aurora

 

The CME From 9 October, 2021, Arrived Early On 12 October Utc-Day

 

Alerte de tempête géomagnétique modérée pour le 11 octobre 2021

 

 

 

 

CHANG’E-5 :.ANALYSE DES ÉCHANTILLONS LUNAIRES. (19/10/2021)

 

 

La Chine ayant réussi à ramener 2 kg d’échantillons de la Lune grâce à la sonde Chang’e-5, ceux-ci ont commencé à être analysés par les laboratoires du monde entier. On peut voir sur cette illustration d’artiste les divers instruments de la sonde Chang’e-5.

Il est à noter que c’est la première fois que l’on reçoit des échantillons lunaires depuis la glorieuse époque Apollo, en fait depuis la dernière mission soviétique Luna 24 en 1976 où elle rapporta 170 g de matériau lunaire sur Terre.

 

Ce qui est intéressant avec la sonde chinoise, c’est que les échantillons proviennent d’un tout autre endroit de la Lune, non encore exploré, de la région de l’Océan des Tempêtes (Procellarum Ocean) situé dans le quart Nord-Ouest de la Lune. C’est une des zones géologiques les plus jeunes de la Lune, son âge est estimé à 2 milliards d’années (Ga) seulement (la Lune comme la Terre date de 4,5 milliards d’années).

Eh bien, les échantillons rapportés datent pour 90% d’entre eux justement de 2 Milliards d’années (1,97 exactement), ce sont des basaltes. 10% d’entre eux sont d’un matériau que les scientifiques qualifient d’exotique.

 

Ils font l’objet d’une publication dans la revue Science par la Chinese Academy of Geological Sciences dans son numéro du 7 Octobre 2021. Et aussi durant le congrès Europlanet 2021.

 

Les échantillons d’Apollo étaient plus vieux, 3 Ga.

 

Une image contenant texte, satellite, casque

Description générée automatiquement

Panorama pris par la caméra de Chang’e-5 après prélèvement d’échantillons.

On remarque dans le bas à droite de la photo les 4 tranchées (en noir) faites pour recueillir les matériaux.

Crédit : : CNSA / CLEP (China Lunar Exploration Program) / GRAS (Ground Research Application System).

 

 

 

Point d’atterrissage de Chang’e-5 visible sur cette photo.

 

La détermination exacte des roches de cette zone est fondamentale, dans le sens où elles permettent d’étalonner l’échelle de temps et de la comparer avec la cratérisation du milieu.

En effet, on part du principe que plus la surface est cratérisée et plus celle-ci est ancienne, la moins cratérisée est plus jeune. Évidemment des mesures in-situ permettent de caler l’échelle de temps de façon absolue, d’où l’importance de ce prélèvement, dont l’âge est différent des échantillons Apollo, cela donne un deuxième point absolu de comparaison.

Cette chronologie basée sur la cratérisation peut aussi ensuite être utilisée sur d’autres corps, Mercure ou Mars par exemple etc…

 

Ces études sur ces échantillons lunaires ont été menées avec les scientifiques du SHRIMP (Sensitive High Resolution Ion MicroProbe ) de Beijing.

Études menées par un consortium comportant des scientifiques de diverses nations comme la Chine, l’Australie, les USA, UK et la Suède.

 

 

 

Vidéo : présentation par Yuqi Qian pour le congrès Europlanet 2021. 10 minutes, très intéressant.

 

 

https://youtu.be/QMv1qjf8kI4

 

 vidéo :

 

 

 

 

POUR ALLER PLUS LOIN :

 

Les éruptions volcaniques relativement récentes sur la Lune, révélées par Chang'e 5, surprennent les scientifiques !

 

Samples returned by Chang'e-5 reveal key age of moon rocks

 

Exotic Mix In China's Delivery Of Moon Rocks

 

EPSC2021: Exotic Mix in China’s Delivery of Moon Rocks

 

The Exotic Materials at the Chang’e-5 Landing Site

 

 

 

 

 

 

MARS 2020 : LES PREMIERS RÉSULTATS DE PERSEVERANCE. (19/10/2021)

 

De nombreuses publications cette semaine sur les dernières découvertes de Perseverance dans le sol du cratère Jezero.

On peut résumer ainsi ces divers articles (tiré de l’article CNRS)

 

 

Le CNRS justement poste un article à ce sujet que voici :

 

Le rover Perseverance vient de confirmer l’intérêt de son site d’atterrissage : le cratère Jezero a bien abrité un lac, alimenté par une rivière via un delta, il y a 3,6 milliards d’années. Dirigée par un chercheur du CNRS, l’équipe internationale a notamment impliqué en France des scientifiques de l’Université Claude Bernard Lyon 1 et de l’Université Toulouse III – Paul Sabatier et publie ses conclusions le 7 octobre dans Science. Ces observations ont été obtenues grâce à l’instrument Supercam du rover de la NASA, construit en France sous l’autorité du CNES.

 

Arrivé en février dernier à la surface de Mars, Perseverance a rapidement débuté ses investigations afin de mieux comprendre l’histoire passée de la planète rouge. Dans cette toute première étude issue des données de ce rover, dirigée par un géologue CNRS du Laboratoire de planétologie et géodynamique (CNRS/Université de Nantes/Université d’Angers)1, le rover de la Nasa a permis de confirmer l’intérêt de son site d’atterrissage et apporte de nouveaux éclairages sur son évolution hydrologique.

 

Une image contenant carte

Description générée automatiquementLe cratère Jezero avait été choisi car les images satellites donnaient des indices géologiques évoquant notamment un ancien lac au débouché d’une vallée fluviale.

Perseverance a justement observé dans cette zone un ensemble de strates sédimentaires inclinées, prises en sandwich entre des strates horizontales : une géométrie typique de celle des deltas sur Terre et qui permet de déterminer le niveau du lac lors de ces dépôts.

 

Illustration : image de fond NASA/JPL/Caltech avec partiellement des textes de JPM.

 

Les flèches correspondent à des explications plus loin dans le texte.

 

 

 

 

Ces résultats confirment et précisent le passé lacustre du cratère Jezero : il y a 3,6 milliards d’années, l’étendue d’eau faisait plusieurs dizaines de mètres de profondeur et s’étendait sur tout le fond du cratère Jezero, une surface d’environ 35 km de diamètre.

 

L’équipe de recherche a également noté au-dessus des dépôts lacustres des strates drastiquement différentes caractérisées par la présence de gros galets et de blocs rocheux de plus d’un mètre de côté. Ces dépôts témoignent de forts courants fluviaux, comme lors de crues soudaines. La fin de la période lacustre du cratère a donc été le théâtre d’un changement radical d’hydrologie, probablement signe d’un changement climatique majeur.

 

Une image contenant carte

Description générée automatiquement

À gauche, en bleu, le niveau estimé du lac du cratère Jezero suite aux observations de Perseverance (étoile rouge),
100 m plus bas que le niveau suggéré par les données satellites. © NASA/JPL-Caltech/MSSS/LPG/Science

À droite, détails de la butte Kodiak montrant les strates sédimentaires successives, dont certaines inclinées, comparés à une
coupe des strates d’un delta terrestre. © NASA/JPL-Caltech/LANL/CNES/CNRS/IRAP/LPG/Science

 

Le rover a réalisé ses observations à distance, en se tenant à plus de 2 km des formations géologiques étudiées, grâce à l’instrument américain Mastcam-Z et surtout à l’instrument franco-américain Supercam dont la caméra permet d’observer des détails de moins de 10 cm à cette distance.

 

Ces résultats orientent le programme d’analyses futures du rover à l’intérieur du cratère Jezero car les deux types de roches identifiées sont des objectifs majeurs de la mission : les strates sédimentaires sont de très bonnes candidates pour retrouver des traces de vie passée et les blocs rocheux de grande taille pourraient fournir des fragments de croûte martienne. Des échantillons pourraient être prélevés en préparation d’un retour sur Terre à l’horizon 2032.

 

 

C’est Nicolas Mangold, géologue au Laboratoire de planétologie et géodynamique (CNRS/Université de Nantes) qui est le principal auteur de l’article original en anglais publié chez Science.

 

En complément, on remarque que le site d’atterrissage de Perseverance a été baptisé de l’écrivain (je suis désolé je n’arrive pas à écrire écrivaine !!) Octavia E. Butler.

 

Une image contenant texte, extérieur, plage, sableux

Description générée automatiquementOn peut voir sur cette photo une meilleure vue de cette butte appelée Kodiak.

C’est une butte sédimentaire de soixante mètres de haut.

 

Cela a été important pour les chercheurs, car les strates sont caractéristiques d’un environnement lacustre. Les strates sont d’abord orientées horizontalement, puis inclinées comme on le voit dans l’article ci-dessus ; puis elles redeviennent horizontales. Cela serait typique de roches sédimentaires d’un delta terrestre, là où les eaux s’écoulent dans un milieu fermé, d’où elles ne peuvent pas s’échapper.

 

Un lac fermé, endroit favorable à la vie !

 

Photo : NASA/JPL/Caltech

 

 

Une image modifiée afin de rendre compte de l’eau qui coulait au pied de Kodiak.

 

 

 

 

 

Vous remarquez aussi, autour de Kodiak, de nombreuses roches de grande taille. Elles ont été charriées par des crues soudaines des eaux qui alimentaient Jezero. Était-ce à la fin de la période lacustre ? On n’en sait encore rien.

 

On attend avec impatience le retour des échantillons prélevés ? Mais ce ne sera pas pour tout de suite !

 

 

 

L’article original : Perseverance rover reveals an ancient delta-lake system and flood deposits at Jezero crater, Mars

Est particulièrement intéressant et je vous engage à le lire et à étudier les illustrations.

Notamment l’étude de la stratigraphie de la butte Kodiak.

 

 

 

 

POUR ALLER PLUS LOIN :

 

Perseverance rover confirms existence of ancient Mars lake and river delta

 

NASA’s Perseverance Sheds More Light on Jezero Crater’s Watery Past

 

Mars : le rover « Perseverance » livre ses premiers résultats article du Point.

 

Rover images confirm Jezero crater is an ancient Martian lake

 

Perseverance rover reveals an ancient delta-lake system and flood deposits at Jezero crater, Mars  

 

NASA’s Mars Perseverance “Kodiak” Moment – Jezero Crater’s Lake Is More Complicated and Intriguing Than Thought

 

 

 

 

 

 

 

LUCY : EN ROUTE POUR LES TROYENS ! (19/10/2021)

 

Non, non, LUCY ce n’est pas cette gentille petite peste qui apparait dans les Peanuts ; c’est une mission très sérieuse de la NASA qui doit visiter six astéroïdes « Troyens » (bloqués aux points de Lagrange L4 et L5 du système Soleil-Jupiter ; à 120° en avant et en arrière de la planète géante)

 

C’est quoi un Troyen ?

 

Une image contenant texte, différent, très coloré, ligne

Description générée automatiquementLorsque des petits corps tournent autour d’un grand corps (la Terre autour du Soleil, Jupiter autour du Soleil, la Lune autour de la Terre, etc..), il existe des positions favorites pour attirer des petits corps, ce sont les Points de Lagrange. Les positions L4 et L5 sont des positions stables, les autres, notamment L1 ou L2, sont moins stables disons, mais intéressantes quand même, car on peut y résider à peu de frais de carburant, pour une sonde par exemple (JWST).

Dans le système solaire, il y a des endroits où ces astéroïdes s'amassent donc en position stable c'est à dire en L4 et L5. Voyons voir lesquels.

Le premier exemple qui vient à l'esprit est Jupiter, en effet c'est la plus grande planète de notre système, elle doit donc jouer un certain rôle dans ces histoires d'équilibre d'attractions.

Illustration : Wiki Domaine public

En effet sur l'orbite de Jupiter on trouve à L4 et L5 (60 degrés en avant et en arrière) les astéroïdes appelés les "Troyens". Pourquoi ? les premiers astéroïdes découverts ont pris les noms de héros de la Guerre de Troie, d’où le nom Troyens.

Les premiers découverts étaient principalement ceux situés en arrière de Jupiter en L5, puis on en découvrit en L4, on les nomma Grecs par opposition à Troyens, mais comme il y en avait des milliers en ces deux points on n’a pas toujours respecté la nomenclature.

On préfère appeler ce type de satellites du terme générique Troyens. Les Troyens sont très communs dans le système solaire.

On a découvert aussi un "Troyen" pour Mars : l'astéroïde 5261 Eureka ; Saturne possède de nombreux satellites (30) dont Dione et 60 degrés en avant de Dione il y a un petit bout de roche qui s'appelle Hélène, etc..

On pourrait trouver des amas de matières à tous les points de Lagrange stables des plus importantes planètes et aussi des systèmes solaires et galaxies. Si on en n'a pas trouvé encore c'est que la résolution des instruments n'est pas suffisante.

 

Reprenons.

 

 

Une image contenant texte, ciel, extérieur

Description générée automatiquement

Donc, la mission Lucy, qui faisait partie des missions du type Discovery (low cost !) a été lancée avec succès ce 16 Octobre 2021 de Cap Canaveral à bord d’une puissante fusée Atlas V.

 

Lancement de nuit, toujours impressionnant.

 

 

Photo : Transport de l’Atlas V sur le pas de tir

 

 

Crédit: ULA : United Launch Alliance.

 

ULA = Alliance entre Boeing et Lockheed Martin. Ils fabriquent les puissants lanceurs spatiaux Atlas V, Delta II et Delta IV.

 

 

 

 

 

 

Lucy devrait arriver à sa première destination en 2025, l’astéroïde de la ceinture principale, 1981 EQ5 alias (52246) Donaldjohanson en l’honneur du paléontologue D Johanson, un des découvreurs du fossile Lucy en Afrique, d’où le nom de la mission. Cette visite est un « plus », cet astéroïde se trouvait sur la route, donc on profite pour l’examiner. La destination finale, ce sont les Troyens de Jupiter.

 

 

En tout Lucy devrait explorer 6 Troyens :

 

·         Deux en L5 (le binaire Paatroclus) et 

·         Quatre en L4 (Eurybates, Polymele, Leucus et Orus)

 

 

 

L’orbite de LUCY est très complexe comme on peut le voir sur l’illustration ci-contre.

 

L’orbite de Lucy (en forme de bretzel !) est en vert, elle est tracée dans un repère où Jupiter reste stationnaire.

Deux assistances gravitationnelles avec la Terre pour commencer.

Sur le chemin de L4, Lucy va visiter le petit astéroïde Donaldjohanson (point blanc) en 2025.

Lucy passe d’abord dans la partie L4 pour rencontrer Eurybates (point blanc) Polymele (rose) Leucus (rouge) et Orus (rouge aussi) de 2027 à 2028.  Ensuite on refait une assistance gravitationnelle avec la Terre on se dirige vers L5 pour rencontrer Patroclus-Menoetius (en rose) en 2033.

Après ce survol, Lucy va faire des va et vient entre L4 et L5 tous les six ans.

Crédits : Southwest Research Institute

 

 

 

Une belle illustration sur les Troyens de Jupiter pendant la mission LUCYavec cette animation gif.

Mercure en brun, Vénus en blanc, la Terre en bleu et Jupiter en orange.

Les deux groupes de Troyens en vert. Crédits: Astronomical Institute of CAS/Petr Scheirich

 

 

 

Une image contenant texte

Description générée automatiquement

Illustration d’artiste de Lucy passant près d’un astéroïde. Crédit SwRI Domaine public.

 

On pense que ces astéroïdes sont des restes d’une période très ancienne et pourraient avoir été formés bien au-delà de l’orbite de Jupiter, peut-être dans la ceinture de Kuiper.

 

De plus, ils ont peu évolué depuis leurs formations, ce sont des astéroïdes primitifs, datant peut-être de quelques dizaines de millions d’années après la formation du Système Solaire. D’où l’intérêt de les étudier.

 

Cette mission va être conduite par ceux qui ont mis au pont New Horizons et le PI en est Harold Levison du SwRI.

 

 

Lockheed Martin est le constructeur de la sonde. Celle-ci a une envergue avec panneaux déployés de 14 m et 7 m de haut.

Évidemment elle complètement pliée pour entrer dans la coiffe de l’Atlas.

Masse : 1,5 tonnes dont près de la moitié en ergols.

 

Trois instruments principaux sont à bord :

·         Une caméra haute résolution L’LORRI,

·         Un spectromètre imageur visible et proche infrarouge L’Ralph et

·         Un spectromètre infrarouge thermique L’TES.

Beaucoup sont basés sur les instruments identiques des missions New Horizons et Osiris-Rex.

 

 

 

 

POUR ALLER PLUS LOIN :

 

United Launch Alliance Launches Lucy Mission for NASA

 

Atlas 5 rocket rolls out to launch pad with NASA’s Lucy asteroid probe

 

Qui est Lucy, la sonde spatiale qui va décoller samedi pour un long voyage ?

 

Le périple de Lucy, première mission de la Nasa vers les astéroïdes troyens, a commencé

 

Lucy chez Wikipedia, relativement complet

 

Les Troyens : C’est un GO pour LUCY ! (01/12/2018)

 

Lucy Integration Continues

 

NASA's Lucy mission: A journey to the young solar system

 

 

 

 

Le site de Lucy au SwRI. À voir

 

Le site de Lucy à la NASA.

 

 

 

 

 

 

 

JWST : ARRIVÉE EN GUYANE ÇA DEVIENT SÉRIEUX ! (19/10/2021)

 

Comme déjà dit, le JWST voyage en bateau vers son site de lancement, en effet, un voyage en avion aurait été problématique à l’arrivée.

Le reste du parcours de l’aéroport de Cayenne à Kourou aurait été plus difficile à surmonter pour ses fragiles instruments et aussi le passage de nombreux ponts aurait été problématique, c’est la raison pour laquelle on a choisi le transport par bateau.

 

 

Une image contenant eau, extérieur, bateau, nature

Description générée automatiquement

Finalement le télescope est arrivé au port de Pariacabo le 12 Octobre 2021.

 

Son container de 30 m de long (70 tonnes) est placé à bord du MN Colobri qui a voyagé depuis la Californie et le canal de Panama jusqu’à la Guyane.

 

Le MN Colibri est la réplique du MN Toucan qui sert aussi au transport des pièces d’Ariane vers la Guyane en traversant l’Atlantique.

Ces deux bateaux sont conçus pour pouvoir remonter le fleuve Kourou jusqu’au port indiqué.

L’avantage de ce port, c’est qu’il est situé à Kourou, près du site de lancement, il n’y a plus qu’à décharger l’ensemble et à l’amener sur site.

 

Photo : ESA

 

 

 

 

Lancement toujours prévu le 18 Décembre 2021.

 

 

 

 

On vient de publier une infographie intéressante sur l’après lancement et les différentes phases de déploiement pour atteindre L2.

 

 

Ce que l’on pourrait appeler les 30 jours de terreur !

 

 

 

Illustration : ESA/NASA Domaine public

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

POUR ALLER PLUS LOIN :

 

James Webb’s 30 Days of Terror

 

L'ESA accueille Webb en Guyane pour un lancement sur Ariane 5

 

Dans les coulisses du télescope spatial James Webb : les hauts et les bas d'un projet pharaonique

 

Présentation sur le JWST : https://indd.adobe.com/view/bfc94a9b-40ad-45c1-93ab-6165a3d319b1 et en pdf

 

 

NASA’s Webb Space Telescope Arrives in French Guiana After Sea Voyage

 

 

 

Site Internet du JWST. À la NASA

 

Site du JWST

 

 

 

 

 

VU D’EN HAUT :.LES PYRAMIDES PAR THOMAS PESQUET. (19/10/2021)

 

 

Une image contenant carte

Description générée automatiquement

Les Pyramides prise par T Pesquet de l’ISS, à droite zoom sur les Pyramides elles-mêmes.

Crédit NSAS/ESA T Pesquet

 

Sur la grande photo en HR (clic sur l’image) on distingue l’aéroport du Caire et le canal de Suez.

 

 

 

 

 

 

 

Bonne lecture à tous.

 

C’est tout pour aujourd’hui !!

 

Bon ciel à tous !

 

JEAN-PIERRE MARTIN

 

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