LES ASTRONEWS.de planetastronomy.com:
Mise
à jour : 22 Mars 2006
Conférences et
Événements : Calendrier
.............. Rapport
et CR
Astronews
précédentes : ICI dossiers à télécharger par ftp : ICI
Sommaire de ce
numéro :
qSciences
Islamiques : Visite de l'exposition à l'IMA. (22/03/2006)
qLes
équations de la cosmologie : par Alain Mertz de la SAF.
(22/03/2006)
qWMAP : De nouveaux
résultats enfin! (22/03/2006)
qLa Face cachée du Soleil
: Elle est maintenant entièrement visible! (22/03/2006)
qGiotto : Halley
déjà vingt ans ! (22/03/2006)
qSpitzer : Le cigare est en feu !
(22/03/2006)
qStardust : Le
Fer et la Glace ! (22/03/2006)
qLa Navette : Ça ne
s'arrange pas! (22/03/2006)
qLes rovers martiens.:.Spirit
: Adieu Homeplate! (22/03/2006)
qMars Express
:.Le cratère du sablier revisité. (22/03/2006)
qMRO : Mise en orbite
débutée. (22/03/2006)
qLes galaxies lointaines
: Vous dansez Mesdames? (22/03/2006)
qUn site Internet à découvrir
:.De S Lerique à Wancourt (Pas de Calais). (22/03/2006)
qLivre conseillé : Le
secret de Copernic par Jean Pierre Luminet. (22/03/2006)
qLes magazines conseillés
:. Espace Magazine spécial Mars. (22/03/2006)
(dessins et photos NASA/WMAP)
Enfin après trois ans d'études, la NASA met enfin à notre disposition les résultats des trois dernières années
d'étude du rayonnement cosmologique (CMB).
Les dernières données de WMAP (d’abord baptisé MAP (Microwave
Anisotropy Probe) puis WMAP en l’honneur de David Wilkinson de Princeton qui
eut l’idée du concept des sondes COBE et MAP. Il meurt en 2002 et la NASA lui
rend ainsi honneur) permettent à nos scientifiques d'approcher de plus en plus
l'instant zéro et de confirmer la plupart des valeurs cosmologiques déjà
publiées.
Ce sont les données de trois années d'observations continues
du rayonnement cosmologique qui ont ainsi été mises à la disposition du public
et des professionnels.
IL VA FALLOIR DU TEMPS POUR FAIRE DES REMARQUES
PERTINENTES SUR CES RAPPORTS (la totalité des rapports doit couvrir au
moins cinq cents pages et votre serviteur n'a pas encore tout lu!!); par contre
vous trouverez tous ces rapports en anglais et en pdf à
cette page.
En quelques mots et en quelques images voilà ce que l'on peut
dire.
Comme le signalait C Picard lors de la réunion de cosmologie :
"Globalement, les résultats
précédents sont confortés, avec une forte diminution des incertitudes
La polarisation du rayonnement cosmologique a pu
être mesurée. Ceci permet de contraindre les modèles, en particulier en ce qui
concerne l'inflation.
L'estimation du paramètre w de l'équation d'état se
rapproche lentement, mais sûrement, de -1, ce qui vient conforter l'idée d'une
constante cosmologique et repousser les autres modèles comme moteur de
l'accélération de l'expansion."
Le scénario de l'inflation qui suivit presque immédiatement le
Big Bang et plusieurs fois évoqué ici même est confirmé.
La formation des premières étoiles vers 400 millions d'années
a aussi été confirmée.
On est ainsi amené à la représentation ci dessous de la
formation de l'Univers.
Les derniers résultats sont publiés dans Astrophysical
Journal.
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Données de WMAP de la première année,
carte bien connue du ciel découvrant le bruit de fond cosmologique. (reproduced from
Bennet et al) |
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Données des trois années suivantes qui ne
font que confirmer la carte précédente en réduisant les marges d'erreur. |
Mais ce qui est intéressant c'est le nouveau spectre en
puissance de ces données. (Angular Power Spectrum en anglais) . il est très
comparable à l'ancien, les marges d'erreurs étant réduites.

Graphique WMAP.
L'échelle horizontale inférieure peut être considérée comme
étant proportionnelle au nombre d'ondes (inverse de la longueur d'onde);
l'échelle horizontale supérieure correspond à l'échelle angulaire du ciel;
l'échelle verticale est proportionnelle aux carrés des fluctuations de
température.
Ce graphique représente de combien varie la température en
chaque point du ciel.
Le grand pic correspond à l'harmonique fondamental (comme pour
un instrument de musique) qui indique la taille typique d'un
"grumeau" du ciel approximativement 1°. Les pics secondaires (les
"harmoniques") donnent d'autres informations complémentaires.
La gauche du spectre est celle qui s'éloigne le plus de la
courbe idéale, il y a des anomalies locales. Cela correspond aux "basses
fréquences" comme la perte de puissance dans les graves d'un instrument de
musique, c'est à dire aux grandes échelles angulaires.
La courbe rouge est la meilleure approximation correspondant
au modèle cold dark matter avec constante cosmologique.
L'age de l'Univers est confirmé : 13,7 milliards d'années
ainsi que sa composition : 4% de l'Univers est de la matière ordinaire (vous,
moi, le ver de terre et les étoiles), 22% est de la matière noire non
identifiée; et 74% est la mystérieuse énergie noire.
EN COMPLÉMENT :
Voir aussi
les infos de
Johns Hopkins University à ce sujet.
Beaucoup d'animations sur le CMB sur le site de WMAP.
Une superbe présentation Power Point par nos amis du Canada de
l'Université de Montréal sur le CMB et le spectre de puissance (en français).
Sur ce site sujets liés au CMB :
La
théorie de l'inflation par N
Deruelle.
La
forme de l'Univers par
JP Luminet
Gravitation
et cosmologie par N
Deruelle.
L'univers
sombre et
les lentilles gravitationnelles par Y Mellier.
Et bien entendu la commission de cosmologie de la SAF.
L'Université américaine de Stanford (Californie) vient de
mettre au point une nouvelle technique permettant d'imager la face cachée du
Soleil.
C'est une technique connue qui s'appelle l'hélio sismologie et
dont nous avons déjà parlé.
C'est maintenant à la porté de tout le monde et c'est
important, car les taches solaires situées de l'autre côté du Soleil peuvent
ainsi être pronostiquées plus rapidement, on peut arriver à gagner quelques
semaines (rappel : le Soleil tourne sur lui même dans le sens direct (inverse
des aiguilles d'une montre) en approximativement 27 jours).
C'est en fait un système d'alerte avancée (early warning
system en anglais) des taches solaires fondamentales pour toutes les activités
liées aux satellites et aux communications.
Philip Scherrer et ses collègues de Stanford ont étudié les
données de SOHO (satellite d'étude du Soleil coopération NASA/ESA) à l'aide du
MDI (Spectro Imageur Doppler) ce qui permet d'accéder à l'intérieur du Soleil
qui se comporte en fait comme un gigantesque tambour. C'est une sorte d'échographie
du Soleil qui donne ainsi des images basées sur……le son!
On peut ainsi dire que l'on voit à travers une étoile grâce au
son.
Cette technique a déjà été expliquée ici,
mais elle avait quelques limitations, les nouveaux programmes mis au point par
ces chercheurs ont très nettement amélioré les images entières de la face
cachée du Soleil.
Cette nouvelle méthode est particulièrement intéressante pour
le prochain cycle solar max prévu pour 2011.
On voit sur l'image ci contre
en jaune la face visible du Soleil et en bleu la face cachée.
On remarque la prédiction de deux
régions actives (rappel : les taches sont numérotées en AR xxxx qui veut dire
active region) en train de traverser le "limbe" solaire.
On voit ces taches effectivement apparaître vers la face
visible au bout de quelques jours.
SOHO, fonctionne toujours parfaitement et on prévoit quand même
son remplacement en 2008 par SDO : Solar Dynamics Observatory.
EN COMPLÉMENT :
Tout
sur l'hélio sismologie (en
anglais) : fondamental et très bien fait par nos amis de Satnford.
Sur SOHO sur ce site.
Sur les
différentes taches solaires et
autres sur ce site.
La plus
belle tache de
l'année 2005.
(D’après l’ESA)
(photo JPM de la tapisserie de Bayeux, à voir absolument
d'ailleurs, montrant le passage de la comète de Halley au moment due la
bataille de Hastings en 1066)
Je me
rappelle de la mission Giotto, j’étais en Allemagne à cette époque là et je
suivais sur ZDF l’aventure des scientifiques à Darmstadt de la jeune agence
européenne ESA.
Il y a vingt ans, dans la nuit du 13 au 14
mars 1986, la sonde Giotto de l'ESA a survolé la comète de Halley. Il
s'agissait alors de la toute première mission de l'ESA vers l'espace lointain,
entreprise dans le cadre d'un programme international ambitieux destiné à lever
le voile de mystère qui entourait cet énigmatique objet.
L'aventure commence avec le lancement de Giotto à bord d’une Ariane 1 (Vol 14)
le 2 juillet 1985. La sonde effectue trois révolutions autour de la Terre, puis
un moteur embarqué la propulse sur une orbite interplanétaire. Le 12 mars 1986,
après huit mois de croisière dans l'espace et près de 150 millions de
kilomètres parcourus, les instruments détectent pour la première fois des ions
d’hydrogène en provenance de Halley, alors que la sonde se trouve encore à une
distance de 7,8 millions de kilomètres de la comète.
(photo
prise par la caméra à bord de Giotto ©Max planck Inst)
La rencontre avec la comète de Halley débute le lendemain, lorsque la sonde
traverse l’onde de choc due au vent solaire (la région dans laquelle les
particules solaires supersoniques sont ralenties et passent à une vitesse
subsonique). Lorsque Giotto entre dans la partie la plus dense de la chevelure
de poussières, la caméra commence à suivre l'objet le plus lumineux (le noyau)
entrant dans son champ de vision.
L'excitation grandit au Centre des
Opérations de l’ESA (ESOC) à Darmstadt, en Allemagne, au fur et à mesure que
les premières images floues et les données commencent à arriver.
Les
équipes scientifiques des dix expériences embarquées dépouillent minutieusement
les informations qui leur parviennent et s’attellent à émettre leurs premières
analyses.
Le premier des 12 000 impacts de poussières
est enregistré 122 minutes avant que la sonde ne passe au plus près du noyau de
la comète.
VOIR LE FILM DE LA RENCONTRE :
http://www.astrorx.org/NASA%20Movies/Halley's%20comet%20nucleus%20-%20Giotto.mpg
Les images continuent d’être transmises
tandis que Giotto se rapproche du noyau de la comète, jusqu’à une distance
d'environ 2 000 kilomètres. Les impacts de poussières s'intensifient
brutalement alors que la sonde traverse un jet de matière s'échappant du noyau.
La sonde se déplace à une vitesse de 68
kilomètres par seconde par rapport à la comète. Quelque 7,6 secondes avant
d'atteindre le point le plus proche du noyau, l’impact d'une « grosse »
particule (un gramme) envoie tournoyer Giotto. Sur Terre, les écrans deviennent
noirs tandis que tout contact est momentanément perdu. Les téléspectateurs et
les équipes du centre craignent alors le pire, quand, à la stupéfaction
générale, des bribes d'informations recommencent à être reçues. Giotto est
toujours en vie.
Au cours des 32 minutes suivantes, les propulseurs
parviennent à stabiliser la robuste petite sonde et le contact est complètement
rétabli. Giotto est passé à 596 kilomètres du noyau et s’enfonce à nouveau dans
l’espace interplanétaire.
Pendant encore 24 heures, cette incroyable
petite sonde continue de transmettre des données scientifiques. Le dernier
impact de poussière a été détecté 49 minutes après le passage au plus près de
la comète. Cette rencontre historique prend fin le 15 mars, lorsque les
instruments de Giotto sont éteints.
Six ans plus tard, en 1992, la sonde sera
ranimée pour survoler une autre comète, Grigg-Skjellerup.
Le chemin avait
été tracé par les sondes soviétiques Vega 1 et 2 qui ont frôlé Halley de 8000km
de distance et par des sondes japonaises de beaucoup plus loin.
Les caméras de Giotto
étaient du Max Planck Institut.
Les missions
cométaires se sont poursuivies avec les succès que l'on sait : Deep Space 1; Stardust;
Deep
Impact; nous attendons avec impatience l'arrivée de
Rosetta sur sa comète.
(Photo : NASA/Spitzer/ITAC)
Vous connaissez
tous le célèbre cigare, je veux dire la galaxie M82 surnommée ainsi.
Notre télescope
spatial Infra Rouge Spitzer vient
de l’imager dans cette longueur d’onde.
Et l’image est
tout autre que dans le visible, on voit à gauche M82 dans le visible et à
droite en IR ; elle semble en feu. M82 est supposée abriter de jeunes
étoiles massives émettant des gaz chauds dans toutes les directions.
L’image IR est en
fausse couleur, on y voit comme les deux ailes d’un papillon colorées de rouge
due à la poussière émise par toutes les étoiles. Cette poussière serait des hydrocarbures
aromatiques polycycliques que l’on retrouve sur Terre dans les restes de
combustion (la suie par exemple).
Généralement on
voit la fumée avant le feu, mais là c’est le contraire on avait repéré depuis
longtemps le feu de cette galaxie dans le visible. Ces nuages de poussière sont
parmi les plus importants autour d’une galaxie, ils se propagent de 20.000
années lumière autour de la galaxie dans les deux directions.
Les astronomes
n’ont pas encore toutes les explications correspondant à ces nuages de
poussière.
M82 est situé à 12
millions d’années lumière de nous dans la Grande Ourse, donc une voisine ;
d’ailleurs à propos de voisine, M82 en a une : M81 qui entre en interaction avec elle.