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Mise à jour : 11 Mars 2006

 

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ARCHIVES DES ASTRONEWS

Sommaire de ce numéro :  

 

qConnaissez vous Jeremiah HORROCKS?: Non, et bien Joseph Magré nous conte son histoire. (11/03/2006)

qStrasbourg : Il n'y a pas que la choucroute : l'horloge astronomique vaut le détour! (11/03/2006)

qCryosat : Ouf, on va le reconstruire. (11/03/2006)

qLe centre de notre Galaxie : grâce au Laser. (11/03/2006)

qSwift : Une nouvelle race d'explosion cosmique! (11/03/2006)

qUn nouveau danger de l'espace : 2004 VD 17 en 2102! (11/03/2006)

qPluton aurait un anneau : Que ne ferait on pas pour garder sons statut de planète? (11/03/2006)

qCassini-Saturne :.Japet, toujours aussi énigmatique. (11/03/2006)

qCassini-Saturne : Les geysers d'Encelade. (11/03/2006)

qHuygens-Titan :.Du nouveau sur son atmosphère. (11/03/2006)

qLes rovers martiens.:.Spirit , panorama à Homeplate. (11/03/2006)

qLes rovers martiens : Opportunity : un panorama aussi. (11/03/2006)

qMars Express :.Olympus Mons enfin! (11/03/2006)

qUne composition de Rolf Arcan : La rencontre de Saturne et de Mars en cadeau. (11/03/2006)

qUn site Internet à découvrir :.Mise à jour d'Astrocalc. (11/03/2006)

qLes magazines conseillés :.Sky and Telescope Avril 2006. (11/03/2006)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

STRASBOURG : IL N'Y A PAS QUE LA CHOUCROUTE : L'HORLOGE ASTRONOMIQUE EST LÀ! (11/03/2006)

(Photos : JPM)

 

Vous savez que j'aime bien les vieux instruments astro, alors à l'occasion d'un passage par la belle capitale alsacienne, je me suis intéressé à l'horloge astronomique de la cathédrale de Strasbourg.

 

Wikipedia vous renseigne sur la cathédrale elle même, voici le début de son histoire:

 

Le site de la cathédrale de Strasbourg a été utilisé par plusieurs édifices religieux successifs à partir du l'occupation romaine - le site était occupé alors par un sanctuaire romain - jusqu'à l'édifice que nous connaissons aujourd'hui.

On sait qu'une cathédrale fut élevée par l'évêque saint Arbogast à la fin du VIIe siècle sur la base d'un temple dédié à la Vierge Marie mais il ne nous en reste rien.

Au VIIIe siècle, la première cathédrale fut remplacée par un édifice plus important qui sera terminé sous le règne de Charlemagne. Daté de 778, le testament de l'évêque Rémi (ou Remigius) atteste de sa volonté d'être inhumé dans la crypte. C'est certainement dans l'édifice qu'ont été prononcés les serments de Strasbourg. Les fouilles menées récemment révèlent que cette cathédrale carolingienne avait 3 nefs et 3 absides. Un poème décrit cette cathédrale ornée d'or et de pierreries par l'évêque Ratald (ou Rathold). La basilique est la proie des flammes à de multiples reprises en 873, 1002 et 1007.

En 1015, Werner de Habsbourg, évêque de Strasbourg, pose la première pierre d'une nouvelle cathédrale sur les ruines de la basilique carolingienne. Il construit donc une cathédrale romane. Celle-ci brûle en 1176 car à l'époque les nefs étaient couvertes d'une charpente en bois.

Après le sinistre, Heinrich von Hasenbourg, nouvel évêque de Strasbourg, décide de la construction d'une nouvelle cathédrale. Il fallait que celle-ci soit plus belle que celle de Bâle qui venait d'être achevée. Le chantier de la nouvelle cathédrale commença sur les fondations de la construction précédente et ne s'achèvera que plusieurs siècles plus tard.

 

Lire la suite sur la cathédrale.

 

 

Mais ce qui nous intéresse c'est l'horloge astronomique: elle est du XVIème siècle et correspond aux préoccupations de l'époque : déterminer la date de Pâques. (= premier dimanche après la première pleine lune de printemps).

 

 

 

 

Cette horloge a été construite par des horlogers suisses vers 1547, mais à la Révolution elle subit les derniers outrages et fut remise en état par Jean-Baptiste Schwilgué au XIXème siècle.

 

Tous les jours, vers midi trente (c'est en fait l'heure solaire de Strasbourg, qui est approximativement à un demi fuseau horaire de Greenwich), ses automates s'ébranlent. Les apôtres défilent devant le Christ, au dessous, les différents âges de la vie, passent devant la mort.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Cette horloge possède un ordinateur (de l'époque) qui calcule la date de Pâques, c'est le Comput ecclésiastique situé à gauche de la partie inférieure de la photo d'ensemble et que l'on voit plus en détail sur la photo suivante.

 

 

 

Une explication complète de cette horloge vous est présentée par  Jean Pierre Friedelmeyer de l'IREM (Institut de recherche sur l'enseignement des mathématiques) de Strasbourg dans ce document pdf de 6 pages. JB Schwilgué était vraiment un être exceptionnel.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le globe céleste reproduit le mouvement des étoiles autour de notre planète. Plusieurs milliers d'étoiles sont représentées.

Le temps sidéral se lit sur l'arc du dessus, une mécanique complexe reproduit aussi le mouvement de précession.

Le temps apparent est dans le fond, c'est le temps solaire vrai, deux aiguilles correspondent à l'évolution du Soleil et de la Lune.

Si on s'approche (ce qui n'a pas été mon cas) on pourrait voir les heures de lever et coucher du soleil. Sur l'extrême droite on aperçoit la mécanique des équations solaires et lunaires.

Sur les côtés de l'horloge (ici le côté gauche) il y a des tableaux en l'honneur de grands hommes de l'astronomie, on remarque ici un portrait de Nicolas Copernic situé en dessous de la Muse Uranie.

 

 

 

Pour terminer je suis bien obligé de vous citer la légende qui court sur cette horloge :

On prétend qu'après avoir construit l'horloge, son créateur eut les yeux crevés, afin d'éviter qu'il n'aille construire ailleurs une oeuvre semblable.

 

Cette fable complètement imaginaire (?), révèle cependant l'orgueil des Strasbourgeois de posséder un tel chef-d'œuvre (une des sept merveilles d'Allemagne, n'oublions pas que Strasbourg a été allemande pendant beaucoup plus longtemps qu'elle n' a été française, car elle n'a commencé à être française qu'à la suite de la fin de la très sanglante guerre de Trente ans à l'époque de Louis XIV).

 

 

 

À lire absolument tous les détails de cette horloge par Pierre Juillot de l'IN2P3 , il est attaché scientifique au CERN et Physicien à l'Institut des Recherches Subatomiques de Strasbourg, il nous propose une page somptueuse sur le sujet.

 

 

 

 

 

 

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CRYOSAT : OUF! ON VA LE RECONSTRUIRE. (11/03/2006)

 

Vous le savez, le lancement il y à quelques mois (8 octobre 2005) de Cryosat par une fusée russe de Baïkonour a échoué ; ce fut un sale coup porté à l’Europe spatiale, car ce satellite unique en son genre devait étudier les variations climatiques de notre encore belle planète.

 

Les scientifiques européens ont beaucoup insisté auprès des politiques afin que la mission en soit pas totalement abandonnée, on les a pour une fois écouté ; l’ESA lors de sa dernière réunion (23 et 24 Février 2006) a décidé de construire un back up de ce satellite, qui bien entendu a été appelé CryoSat-2.

Le lancement est prévu pour Mars 2009.

 

 

Il va avoir pour mission la même mission qu’originellement : étudier l’épaisseur de la couche de glace sur terre comme sur mer et trouver la relation entre la fonte des glaces polaires  et l’élévation du niveau des mers et sa contribution au changement climatique.

Il va orbiter la Terre avec une inclinaison importante lui permettant d’atteindre les hautes latitudes N et S.

 

Rappelons que l’instrument principal de CryoSat est le SIRAL ( Synthetic Aperture Radar / Interferometric Radar Altimeter), un radar particulier apte à mesurer les couches de glace. Il fonctionne en coopération avec DORIS (Doppler Orbitography and Radiopositioning Integrated by Satellite), servant à connaître la position avec une extrême précision.

 

 

Souhaitons meilleure chance à ce deuxième exemplaire de CryoSat.

 

 

 

(dessin ESA)

 

 

 

 

 

Les océans vus de l'espace en français et des détails sur Cryosat.

 

 

 

 

 

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LE CENTRE DE NOTRE GALAXIE AU LASER : GRÂCE À L'OPTIQUE ADAPTATIVE. (11/03/2006)

 

Le centre de notre Galaxie ne va plus avoir de secret pour nous, on vient de le passer au peigne fin avec un nouvel instrument : le LGS-AO, c’est à dire le Laser Guide Star Adaptative Optics (Optique adaptative pour étoile virtuelle Laser).

Ces observations ont été obtenues au Keck II d’Hawaï, un télescope de 10m et dirigées par Andrea Ghez, professeur d’astronomie au UCLA (University of the City of Los Angeles).

 

Cela leur a permis d’imager le centre galactique et en particulier les environs du trou noir super massif qui s’y trouve.

La technique utilisé fait appel à une nouvelle étoile virtuelle Laser qui a amélioré la vision du télescope, grâce à l’élimination des turbulences ennemies de tous les astronomes terrestres.

Cette étoile Laser virtuelle émise du télescope permet de corriger ces distorsions atmosphériques, c’est le principe de ce LGS-AO.

 

Vue du centre galactique avec LGS (à gauche) avec exposition de 8 minutes et sans (à droite) avec exposition de 150 minutes. Le signe + marque la position du super trou noir situé de SgrA*.

 

 

Des photos de notre trou noir situé à 26.000 années lumière de nous ont été prises à différentes longueurs d’ondes. Mais l'équipe s'est intéressé surtout à l'IR qui s'échappe de matière en train d'être avalée par les bords du trou noir (situé au niveau de l'horizon du TN appelé en anglais event horizon).

Apparemment la lumière IR varie de semaine en semaine et même d'heure en heure, et nos scientifiques se demandent si cela joue un rôle dans l'augmentation de masse du trou noir.

 

 

 

Carte routière du centre galactique : on voit une section de 1 seconde d'arc au carré. On a représenté l'évolution des étoiles entre 1995 et 2004 et on a estimé les trajectoires. La couleur représentant chaque étoile devient plus intense avec le temps.

Ces orbites prouvent bien encore une fois la présence de ce trou noir super massif.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Voir absolument la page de l'UCLA à ce sujet avec de nombreuses illustrations.

 

 

Animation montrant l'avantage de cette technique.

 

Article paru en Décembre 2005 dans Astrophysical Journal format pdf de 9 pages sur cette étude.

 

 

En relation avec cette étoile artificielle Laser, je vous signale aussi que le VLT de l'ESO (Yepun) a aussi créé une étoile artificielle en Janvier de cette année 2006.

 

On voit à quoi cela peut ressembler vu de l'extérieur, magique n'est ce pas?

Faisceau Laser de 50cm de diamètre créant une étoile artificielle à 90km d'altitude servant aussi à faire de l'optique adaptative.

 

C'est le fruit d'une collaboration entre l'ESO et le Max Planck Insitute de Garching et de Heidelberg.

 

 

 

 

 

 

Voir ou télécharger ABSOLUMENT la vidéo de 42MB en Windows media player, c'est un superbe film de visualisation et d'animation de 5 minutes de l'ESO expliquant le principe de l'optique adaptative et de l'étoile Laser. Génial, autres formats disponibles ICI.

 

 

 

 

 

 

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SWIFT : UNE NOUVELLE RACE D'EXPLOSION COSMIQUE (11/03/2006)

 

Le satellite Swift, qui étudie les sursauts gamma, a détecté un nouveau type d'explosion cosmique, qui pourrait bien être précurseur d'une supernova en formation, c'est ce que pense le responsable Swift du GSFC : Neil Gehrels.

 

C'est une explosion similaire à un sursaut gamme (GRB) qui s'est produite le 18 Février 2006 (numéroté GRB-060218) mais elle a duré très longtemps : plus d'une demie heure (2000 secondes) ce qui n'est pas commun pour un GRB qui dure entre quelques millisecondes et une dizaine de secondes. L'avantage de cette longue durée est que ce phénomène a pu être analysé par les trois instruments de Swift.

 

À gauche image du ciel avant l'explosion (cliché de SDSS) et à droite après, vue par le télescope
Ultra Violet de Swift (cliché NASA/SWIFT).

Chaque image : 5 minutes d'arc par 5 minutes d'arc.

 

 

 

 

Son origine : une galaxie à 440 millions d'années lumière, relativement proche dans la constellation du bélier (Aries).

Elle était 25 fois plus près et 100 fois plus long qu'un sursaut typique mais relativement faible en intensité, si bien que les astronomes pensent que l'on voit cette explosion "de côté".

 

Les télescopes terrestres et spatiaux se tournent maintenant vers cet objet pour l'étudier plus en détail, les scientifiques pensent que cela pourrait être le signe avant-coureur d'un vrai sursaut gamma.

 

D'autres scientifiques pensent que l'on assiste à un nouveau type d'explosion, il faudra attendre quelques semaines pour avoir une réponse.

 

Les astronomes de l'ESO au VLT ont suivi cette explosion ou plutôt sa rémanence (afterglow) qui a eu lieu dans le domaine visible, son augmentation de brillance semble aussi indiquer la naissance d'une super nova, qui serait d'après le responsable de l'étude, Nicolas Masetti de l'INAF de Bologne, de type Ic (très massive et métallicité importante).

 

Les astronomes sont très excités avec cette possibilité car cela leur permettraient d'étudier une supernova du début du phénomène jusqu'à sa fin.

 

 

Il est possible que la supernova explose dans quelques jours ou semaines et qu'elle soit visible par les mateurs aussi, c'est pour cette raison que je donne les coordonnées de sa position céleste :

Ascension droite : 03:21:39.71 et Déclinaison : +16:52:02.6.

 

 

 

 

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UN NOUVEAU DANGER DE L'ESPACE : 2004 VD 17  EN 2102! (11/03/2006)

 

Bruce Willis va vraiment avoir beaucoup de travail à faire dans quelques décennies, on vient en effet de découvrir un astéroïde baptisé 2004 VD 17 qui mesure 500m de diamètre approx. (un milliard de tonnes) et qui serait sur une course de collision avec notre belle planète le 4 Mai 2102 (à quelques jours de mon anniversaire!!!).

 

C'est la bonne taille pour faire des dégâts sur Terre (équivalent à l'explosion de toutes les armes nucléaires de la planète), rassurez vous certains d'entre nous survivront, l'astéroïde qui a décimé les dinosaures et 80% des espèces vivantes était 10 à 20 fois plus gros, mais quand même cela fera un choc et des Tsunamis.

 

La probabilité d'impact est évaluée à 1 pour mille ce qui est énorme et cet astéroïde a été classé 2 (mérite l'attention) sur l'échelle de Turin.

 

Son orbite devrait être précisée un peu plus en détail pour voir dans quel sens va évaluée sa position sur l'échelle de Turin.

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