LES ASTRONEWS de planetastronomy.com:
Mise à jour : 29 Décembre 2011       
 
Conférences et Événements : Calendrier   .............. Rapport et CR
Astronews précédentes : ICI        dossiers à télécharger par ftp : ICI
ARCHIVES DES ASTRONEWS : clic sur le sujet désiré :
Astrophysique/cosmologie ; Spécial Mars ; Terre/Lune ; Système solaire ; Astronautique/conq spatiale ; 3D/divers ; Histoire astro /Instruments ; Observations ; Soleil ; Étoiles/Galaxies ; Livres/Magazines ; Jeunes /Scolaires
             
Sommaire de ce numéro :  
L’Univers en accélération : CR de la conférence du Prix Nobel S. Perlmutter du 17 dec 2011. (29/12/2011)
L’espace, le temps et l’espace-temps : CR de la conférence SAF de M. Lachièze-Rey du 14 dec 2011. (29/12/2011)
Le boson de Higgs :  suite (et pas fin). (29/12/2011)
Voyager : Du nouveau avec cette vieille sonde ! (29/12/2011)
CNES : On fête ses 50 ans ! (29/12/2011)
La Super Nova du siècle : Vue dans M101. (29/12/2011)
Comète Lovejoy : Superbes vues à partir de l’ISS. (29/12/2011)
Dawn :.Premières vues en rase-mottes de Vesta. (29/12/2011)
Herschel :.Sur la piste de l’eau des océans terrestres. (29/12/2011)
Kepler 20 :.Encore un effort, des planètes terrestres mais très chaudes ! (29/12/2011)
ESO :.NGC 253 en grand champ. (29/12/2011)
Les Mathématiques de l'Astronomie :.Partie 33 :.E pur Si Muove Galilée suite et fin 2/2 (29/12/2011)
Cassini-Saturne :.Dioné vue de près. (29/12/2011)
Les magazines conseillés :..L’Astronomie de Janvier est paru. (29/12/2011)
Les magazines conseillés :.. Ciel et Espace de Janvier 2012 (29/12/2011)
 
 
 
LE BOSON DE HIGGS : SUITE (ET PAS FIN). (29/12/2011)
 
 
Après mon rapide article du dernier astronews, je me suis mis en chasse des meilleures références sur Internet concernant cette annonce.
 
En deux mots ce qu’il faut en retenir : mettez bien vos bouteilles de Champagne au frais, on va les ouvrir en 2012 pour fêter le boson !
 
Voici une liste des articles les plus intéressants avec quelques commentaires.
 
Le blog du Dr Éric Simon :
Il nous donne un bon résumé des expériences Atlas et CMS et confirme la fenêtre de 114 à 130 GeV avec la plus forte probabilité autour de 124 et 125 GeV. Le fait que les deux expériences fournissent un signal situé environ à la même énergie est très encourageant pour la mise en évidence du boson de Higgs à cette énergie.
Un plus grand nombre d’informations (de collisions) et des analyses plus fines sont nécessaires, ce sera la cas en 2012.
 
Sur ce site, Éric Simon poursuit en expliquant ce qu’est un résultat significatif en physique des particules pour le boson de Higgs.
En quelques mots :
Les physiciens doivent pouvoir séparer ce qu'on appelle le Signal et ce qu'on appelle le Bruit (le signal parasite, pour faire simple). Lorsque le bruit est du même ordre ou presque que le Signal, il faut alors utiliser des méthodes statistiques pour montrer qu'un signal "sort" du bruit.
Alors comment font-ils, au final, ces physiciens des particules ? Et bien ils mesurent un signal, un bruit et affectent au signal ce qu'on appelle un intervalle de confiance. L'intervalle de confiance, c'est la plage sur laquelle on peut être sûr avec une certaine probabilité que le résultat annoncé se trouve dedans.
La largeur de l'intervalle de confiance dépend du niveau de confiance que l'on souhaite imposer pour le résultat (la probabilité de vraisemblance du résultat), et surtout de l'écart type associé à la distribution statistique du signal mesuré
Je le dis tout de suite, un résultat significatif (une découverte) en physique des particules n'est affirmé que si un niveau de confiance de plus de 99.9999% est obtenu !
Et ce qui a été annoncé l’a été à seulement 95% !
 
 
Le site d’astronomie d’Olivier Esslinger, nous parle du champ de Higgs, car c’est en fait ce champ qui lorsque des particules vont le traverser, va communiquer une masse à ces particules.
Le Modèle Standard, la description moderne des particules et forces qui peuplent l’Univers (à part la gravité), est un des triomphes de la physique moderne. Ses prédictions ont été validées par des accélérateurs de particules depuis des dizaines d’années. Mais un élément crucial reste encore à confirmer : l’origine de la masse des particules.
…..le champ de Higgs emplit tout l’espace et interagit avec les particules élémentaires. Cette interaction se traduit par une résistance des particules aux changements de vitesse, ce qui est exactement la nature fondamentale de la masse.
Sans une interaction de ce type, les particules élémentaires auraient une masse nulle comme le photon et pourrait parcourir l’Univers à la vitesse de la lumière. Cet Univers serait très différent du nôtre, sans galaxies, étoiles, planètes ou vie.
Confirmer l’existence du champ de Higgs est donc une étape nécessaire pour mieux comprendre l’Univers qui nous entoure et son développement après le Big Bang.
…..le boson de Higgs est la particule associée au champ de Higgs
Le boson de Higgs est très instable et ne peut pas être détecté directement
 
 
Sciences et Avenir interroge François Englert un des concepteurs du boson sur la nature de ce boson de Higgs.
Très intéressant à lire. Extraits :
……il faudra des observations complémentaires autour de cette valeur de masse. Et que va-t-on trouver au juste ? Car le boson de Higgs, ou «boson scalaire», est une manifestation du mécanisme dit de «brisure spontanée de symétrie» issu de la physique des solides que Robert Brout et moi-même, nous basant sur l’idée du physicien Yoichiro Nambu (prix Nobel 2008), ….. 
Dans la nature, il existe des forces dites de «longue portée», parce qu’elles agissent entre objets quelle que soit la distance qui les sépare : la force électromagnétique, véhiculée par le photon, ou la gravitation. Et des forces de courte portée : l’interaction forte, qui assure la cohésion des noyaux d’atomes, et l’interaction faible, responsable notamment de la désintégration des éléments radioactifs.
Au début des années 60, nous nous sommes demandé s’il était possible de transformer les premières en secondes. La réponse est oui à condition que quelque chose confère de la masse aux particules transmettant ces forces à longue portée. Dans le mécanisme de «Brout-Englert-Higgs», un champ envahit tout l’espace en transportant le boson scalaire. Ce dernier permettrait de transformer les forces à longue portée en forces à courte portée. Mais il pourrait par ailleurs donner leur masse aux constituants fondamentaux de la matière, comme les électrons ou les quarks, qui vont constituer les atomes. Dans le modèle standard, les deux possibilités sont liées.
 
 
 
Les physiciens cernent le boson de Higgs, sur ce site Michel Alberganti, journaliste scientifique, nous indique que ce fameux boson fait rêver tous les héritiers d'Einstein. Si les équipes du CERN arrivent vraiment à le débusquer, on comprendra peut-être enfin pourquoi certaines particules ont une masse…
S’il existe, c’est là qu’il doit se trouver! Au Cern de Genève, la tension devait être à son comble, mardi 13 décembre 2011, lors de l’annonce des derniers résultats obtenus par deux expériences (Atlas et CMS) menées sur le grand collisionneur de hadrons, le LHC.
La chasse au boson de Higgs, une des clés fondamentales de l’univers, lancée fin 2009, semble proche de l’hallali.
Les physiciens ont en effet isolé une zone particulière, une sorte de «bosquet» pour poursuivre l'analogie avec la chasse, désormais encerclé par les 400.000 milliards de bombardements provoquant les collisions de protons qu’ils ont déjà réalisés en 2011.
Ce bosquet, c’est un créneau d’énergie compris entre 124 et 126 giga-électron-volts (GeV). Une énergie extrêmement faible puisque, comme le souligne souvent Etienne Klein, physicien au CEA, «l'énergie cinétique d'un moustique en vol atteint 7.000 GeV».  En revanche, la masse du boson de Higgs, s'il se trouvait bien dans le domaine prévu, serait égale à 133 fois celle d'un proton ou d'un atome d'hydrogène. Elle se classerait donc dans la catégorie des particules «lourdes»
 
 
 
La portail scientifique du gouvernement publie aussi des informations sur le boson avec des vidéos.
C’est Michel Spiro, que nos lecteurs connaissent bien qui est interviewé.
……Les scientifiques travaillent depuis environ 30 ans à ses recherches pour confirmer ou infirmer l’existence du boson de Higgs.
Ainsi, on savait déjà que le boson de Higgs devait avoir une masse comprise entre 0 et 1000 fois la masse du proton. Les machines qui ont précédé le LHC avaient établi que le boson devait avoir une masse plus grande que 115 fois la masse du proton. Et, au cours de l’année 2011, cette fenêtre a été précisée : la masse du boson est désormais circonscrite par les expériences Atlas et CMS dans le créneau entre 115 et 130 GeV . C’est le principal résultat permis par l’énorme volume de données qu’ont accumulé entre 2000 et 3000 physiciens de tous les pays, unis dans un commun effort de compréhension de la matière.
….Si on trouve le boson de Higgs, on aura confirmé le modèle standard. Il se pourrait aussi que le boson de Higgs qu’observent les expérimentateurs soit différent de la version la plus simple prédite par le Modèle standard. Plusieurs des théories décrivant la physique au-delà du Modèle standard, notamment la supersymétrie et les modèles composites, prévoient l’existence de tout un zoo de nouvelles particules, y compris différents types de bosons de Higgs. Si l’un de ces scénarios est conforme à la réalité, la découverte du boson de Higgs pourrait ouvrir la voie à la découverte d’une nouvelle physique, avec par exemple les superparticules ou la matière noire.  Mais si ce boson s’avère introuvable, les physiciens auront le champ libre pour élaborer une théorie complètement nouvelle afin d’expliquer l’origine de la masse des particules.
 
 
Une vidéo du CERN :Animation :
Journey to discover the nature of mass (the Higgs Field) by Chris Mann, Mannmade Productions, © 2008 CERN.
 
 
 
Nos amis Suisses de TSR info publient aussi un article intéressant.
 
De même nos amis Canadiens parlent du Higgs comme la non-découverte qu’ils ne pouvaient pas garder pour eux.
 
Un APOD sur le sujet.

 

 

La journal britannique The Guardian incluse dans son article une vidéo que je reproduis ici :
 
 
 
 
 
 
Du Fermilab de Chicago, “What is a Higgs boson?”. Bonne explication claire.
   
 
 
 
Nos amis Canadiens de radio Canada ne sont pas en reste avec cette vidéo sur la construction du LHC et sur le boson de Higgs.
   

 

 
 
 
 
 
 
chickens_up.gif
 
 
VOYAGER :.DU NOUVEAU AVEC CETTE VIEILLE SONDE! (29/12/2011)
Crédit NASA/ESA/STScI
 
 
Crédit image : NASA/JPL Caltech
 
 
En ce mois de Décembre 2011, la vaillante sonde Voyager 1 (lancée en 1977 !) vient de pénétrer une nouvelle région d’espace comprise entre notre système solaire et l’espace interstellaire, ce que nos amis américains ont baptisé plaisamment un purgatoire cosmique !
 
Dans cette région le vent solaire avec ses particules chargées s’est calmé, le champ magnétique solaire s’est aussi compressé et les particules de haute énergie internes au système solaire semblent s’échapper vers l’espace interstellaire.
 
On serait dans une région de stagnation dans cette dernière couche de notre bulle entourant le système solaire d’après Ed Stone l’un des pères fondateurs de la mission Voyager.
 
Voyager 1 est à 18 milliards de km du Soleil (près de 120 UA) et il n’est pas encore dans le milieu interstellaire, il est toujours dans l’héliosphère, cette bulle de particules chargées que le Soleil éjecte. On pense que la sonde franchira cette ultime frontière solaire dans quelques années.
 
 
 
Les instruments de Voyager.
 
Lors d’une conférence il y a quelques semaines, on a annoncé les dernières mesures de quelques instruments de cette sonde.
 
Les dernières manœuvres effectuées par la sonde ont permis de confirmer que le vent solaire était effectivement tombé à zéro dans cette région, une sorte de pot au noir (doldrums en anglais) comme on dirait dans la marine.
 
Le magnétomètre a détecté aussi un doublement de l’intensité du champ magnétique une sorte de compaction de ce champ.
 
 
 
 
Voyager a aussi détecté une augmentation d’un facteur 100 de l’intensité des électrons de haute énergie provenant de toutes les directions de la galaxie, ce qui semble bien indiquer que l’on s‘approche de la frontière.
 
Voyager 1 et 2 sont en bonne santé, V2 est plus proche de nous à 15 milliards de km.
 
Le site de la mission Voyager.
 
 
L’INSU ne veut pas être en reste avec la NASA, et publie un communiqué sur la première détection de l'émission ultraviolette de l'hydrogène par les sondes V1 et V2.
 
En voici l’essentiel :
 
Une équipe internationale dirigée par Rosine Lallement (médaille d'argent CNRS 2004) du Laboratoire Galaxies, Étoiles, Physique et Instrumentation - GEPI  de l'Observatoire de Paris, et incluant des chercheurs du CNRS et du Laboratoire Atmosphères, Milieux, Observations Spatiales LATMOS de l'Institut Pierre Simon Laplace IPSL annonce la première détection dans notre galaxie de l'émission ultraviolette des atomes d'hydrogène, constituant essentiel de la matière interstellaire.
Grâce à une analyse raffinée des observations des sondes spatiales Voyager 1 et 2 qui s'échappent du Système solaire, les chercheurs ont mis en évidence ce rayonnement dans la direction de la Voie lactée et de ses jeunes étoiles chaudes.
 
Il s'agirait de la fameuse émission, tant recherchée et jusqu'ici introuvable. Son étude détaillée va maintenant permettre de mieux comprendre le comportement des galaxies lointaines.
L'émission Lyman alpha, du nom du physicien américain Theodore Lyman qui l'a découverte et étudiée de 1906 à 1914, est la signature principale des atomes d'hydrogène dans l'Univers.
 
Illustration :Voyager 1 et 2, à la périphérie de l’héliosphère, sortent du rayonnement local intense et détectent le rayonnement en provenance des régions de formation d’étoiles dans la Voie Lactée (montrées ici en lumière Hα)
Crédit : GEPI/LATMOS
 
 
 
 
Elle se produit à 121,6 nanomètres de longueur d'onde, dans l'ultraviolet. C'est l'équivalent, avec un autre atome émetteur, de la couleur jaune-orangée des lampes à vapeur de sodium qui illuminent nos autoroutes et cités urbaines. Mais comme sa longueur d'onde se situe dans l'ultraviolet lointain, l'atmosphère de la Terre y est totalement opaque. On ne peut percevoir cette émission caractéristique que depuis l'espace.
 
Jusqu'à présent, on n'avait pas encore pu détecter l'émission Lyman alpha associée à la Galaxie : elle est complètement masquée par une émission intense dont la source est le Soleil. Notre étoile produit une profusion de photons ultraviolets, qui sont absorbés et rediffusés par les atomes d'hydrogène interstellaire qui proviennent de la Galaxie et coulent en permanence à l'intérieur du Système solaire. Les deux vaillantes sondes Voyager 1 et 2 s'éloignent de plus en plus du Soleil. Vue des sondes, dont les distances à notre étoile sont passées de 6 à 13 milliards de kilomètres (40 à 90 Unités Astronomiques, distance moyenne Soleil-Terre), la lueur Lyman alpha est devenue vingt fois moins intense que près de l'orbite de la Terre. L'équipe de Rosine Lallement a comparé la lumière ultraviolette résiduelle captée par les sondes Voyager à un modèle théorique de la lueur interplanétaire en fonction de la direction sur le ciel. Elle a ainsi mis en évidence un petit excès de rayonnement d'environ 10 % dans la direction de la Voie lactée et de ses jeunes étoiles chaudes émettrices d'un rayonnement« rouge »  caractéristique, H alpha à 656,3 nanomètres de longueur d'onde.
C'est le fameux rayonnement Lyman alpha recherché.
 
En perspective se profile la possibilité de comparer l'émission de notre galaxie à une modélisation complète. On connaît bien les sources locales, (étoiles jeunes et chaudes), et le contenu en gaz et poussières de notre galaxie. Il sera donc possible de tester localement les modèles développés pour interpréter le rayonnement Lyman alpha des galaxies de l'Univers primordial et le traduire en taux de formation stellaire. Pour ces galaxies, c'est souvent la seule raie observable, mais la façon dont les photons se propagent est extrêmement complexe, et par conséquent le lien entre l'émission et le taux de formation d'étoiles l'est également.
Cependant, les sondes Voyager ne pourront pas obtenir une cartographie complète de l'émission ultraviolette de la Galaxie. Leur générateur nucléaire d'électricité vieillit, et produit de moins en moins d'énergie. Ceci a conduit à l'arrêt de la plateforme de pointage, puis à l'arrêt du spectromètre ultraviolet qui faisait les mesures. Il faudra une mission spatiale dédiée pour obtenir une  cartographie plus complète de l'émission Lyman alpha de notre galaxie.
 
 
 
Voyager Measurements of Hydrogen Lyman-a Diffuse Emission from the Milky Way par R Lallement et al.
 
 
 
 
chickens_up.gif
 
CNES : ON FÊTE SES 50 ANS ! (29/12/2011)
 
En cette fin d’année 2011, nous fêtons les 50 ans du Centre National d’Études Spatiales, le CNES.
 
C’est en effet par la loi du 19 Décembre 1961 (année de la mise de Gagarine en orbite) qu’est crée cet organisme dont le but était de rendre la France indépendante au point de vue spatial.
 
Revivons ensemble ces 50 années (tiré de documents CNES), ceux qui ont des cheveux blancs comme moi se souviendront ?
 
L’histoire du CNES : les grandes étapes de l’histoire spatiale
·        19 décembre 1961 - Publication au Journal officiel de la République Française de la Loi créant le Centre National d'Études Spatiales (CNES).
·        10 février 1962 - Parution du décret d’application de la loi de création du CNES.
·        9 mai 1962 - Signature du protocole d'accord entre le CNES et la DMA organisant la réalisation du lanceur DIAMANT A sous maîtrise d'œuvre de la SEREB.
·        29 octobre 1962 - Début de la campagne des lancements de la fusée VÉRONIQUE.
·        18 février 1963 - Signature d’un accord avec les États-Unis pour le développement et le lancement du satellite français FR 1, conçu et construit par le CNES.
·        18 octobre 1963 – Une fusée Véronique emporte dans l’espace la chatte Félicette.
·        14 avril 1964 – Décision du gouvernement français de construire à Kourou, un centre spatial de lancement.
·        26 Novembre 1965 - Lancement du satellite ASTERIX/A1 (capsule technologique, Matra), par une fusée DIAMANT, depuis la base spatiale de HAMMAGUIR en Algérie. La France devient la 3èmepuissance spatiale.
·        6 décembre 1965 - Lancement du satellite FR 1 (FRANCE 1), par une fusée SCOUT, depuis la base de Vandenberg.
·        30 juin 1966 - Accord intergouvernemental France – Union soviétique pour l'étude de l'utilisation de l'espace à des fins pacifiques. 
·        7 juillet 1966  - Conférence du CECLES-ELDO. Nouvelle répartition des contributions financières, acceptation du programme de fusées EUROPA II à lancer de Kourou (Guyane).
·        13 décembre 1966 - Première réunion de la conférence spatiale européenne à Paris sous la présidence du ministre français de la recherche scientifique Alain Peyrefitte. Participants : pays membres de l’ESRO, de l’ELDO et de la CETS (Conférence européenne des télécommunications spatiales).
·        26/29 janvier 1967 – Le CNES lance 4 fusées-sondes Dragon depuis la Terre Adélie (Antarctique).
·        6 juin 1967 - La FRANCE et la RFA signent une convention prévoyant la réalisation des satellites de télécommunications : Programme SYMPHONIE.
·        30 juin 1967 - Décision de construire le lanceur DIAMANT B, version plus puissante que Diamant A.
·        1er juillet 1967 - Fermeture du champ de Tir d'Hammaguir.
·        1er mars 1968 - CNES - Ouverture du Centre Spatial de Toulouse.
·        9 avril 1968 - Entrée en service de la base de lancement de Kourou avec le tir d'une fusée Véronique.
·        1970 – Lancement de Diamant B
·        14 mai 1970 – Le gouvernement oriente la politique spatiale vers l’Europe et donne la priorité aux satellites d’application (télécommunication et météorologie). Rapport Aigrain
·        17 novembre 1970 - Un réflecteur laser français est déposé sur la Lune par la sonde soviétique Luna-17. Les premières mesures de distance Terre Lune ont lieu le 6 décembre.
·        20 décembre 1971 – Conférence spatiale européenne. ESRO compétente  dans les applications. Accord de principe sur les satellites Aerosat, Meteosat et sur Spacelab (programme post-Apollo)
·        10 janvier 1972 - Lancement du programme lanceur Diamant BP4.
·        23 mars 1972 - Le programme français Météosat devient un programme européen.
·        20 avril 1972 - Le Comité interministériel d'aménagement du territoire décide le transfert de toutes les activités techniques du CNES à Toulouse.
·        20 décembre 1972 - Conférence spatiale européenne à Bruxelles préparant la réforme des institutions spatiales de l'EUROPE. Une décision de principe est prise de réaliser la fusée L-3S proposée par la FRANCE.
·        31 Juillet 1973 - Conférence spatiale européenne de Bruxelles. Décision de fusionner les activités de l'ESRO et de l'ELDO au sein d'une organisation unique, l'ESA (Agence Spatiale Européenne). Accord pour le lancement des programmes Ariane (L-3S).
·        Février 1974 - Accord CNES ESRO sur la réalisation du programme de lanceur L-3S (Ariane) sous maîtrise d'œuvre française.
·        14 octobre 1974 - Le Conseil des ministres sur l'Espace décidant de l'abandon du programme Diamant.
·        Fin Décembre 1974 -  Installation à Evry de la Direction des Lanceurs du CNES.
·        30 mai 1975 - Signature de la Convention créant l'ESA avec pour états membres l'Allemagne, la Belgique, le Danemark, l'Espagne, la France, la Grande-Bretagne, l'Italie, les Pays-Bas, la Suède et la Suisse.
·        19 Septembre 1977 - Le conseil économique et social prend la décision de lancer le programme de satellites d'observation de la Terre, baptisé SPOT.
·        15 Octobre 1978 - Le système français de localisation et de collecte de données ARGOS embarqué sur le satellite de météorologie américain TIROS N, mise en orbite le 13 octobre, est mis en fonctionnement.
·        20 février 1979 - Conseil restreint sur l'espace. Décisions : Réformer le "CNES", mettre en place une structure de production et de commercialisation d'"ARIANE", lancer le programme de satellite "TELECOM 1".
·        1979 – Accord international de création du système Cospas-Sarsat à l’initiative de la France, des États-Unis, du Canada et de l’Union Soviétique. Plus de 23 000 vies sauvées grâce à ce système de balises de détresse et de localisation.
·        24 décembre 1979 - Succès du 1er tir D'ARIANE-1 à KOUROU. Voir l’histoire de ce lancement et d’Ariane.
·        18 juillet 1980 - Création de la société Arianespace pour l’exploitation commerciale des vols.
·        11 juin 1980 - Le CNES sélectionne Jean-Loup Chrétien et Patrick Baudry pour participer au premier vol habité franco-soviétique, à bord de la station Saliout en 1982.
·        24/30 juin 1982 - 1er vol d’un spationaute français, Jean-Loup Chrétien, avec les Soviétiques à bord de Saliout-7.
·        17/24 juin 1985 - Patrick Baudry réalise le 1er vol habité franco-américain à bord de la Navette spatiale. Vol STS-51G.
·        Décembre 1985- La France propose à l’ESA le programme Hermès d’avion spatial.
·        22 février 1986 - Ariane-V16 lance Spot-1, le 1er satellite français d’observation de la Terre.
·        31 mai 1986 – Lancement d’Ariane 2
·        Novembre 1987 - L’ESA approuve le projet français Hermès.
·        1989 – Mise en service de la première caravelle Zéro G, qui permet de reproduire les conditions de l’impesanteur pour effectuer des expériences scientifiques comme dans l’espace, en effectuant des vols paraboliques.
·        17 septembre 1994 - 1er lancement du ballon/télescope Pronaos
·        4 juin 1996 – Échec du premier lancement d'Ariane 5
·        17 août au 2 septembre 1996 – Claudie André-Deshays est la première femme Française spationaute.  Station  MIR (Vol Cassiopée)
·        24 septembre 1997 - Lancement de la 100ème Ariane.
·        30 octobre 1997 - Succès du second lancement d'Ariane 5.
·        1997 – Mise en service de l’Airbus A300 ZERO-G qui remplace la Caravelle pour les vols paraboliques.
·        20 février/28août 1999 - A l’occasion du 7ème vol franco-russe, Jean-Pierre Haigneré réalise le 1er vol de longue durée français. (Vol Perseus).
·        10 décembre 1999 - 1er vol commercial d’Ariane-5.
·        12 octobre 2000 : création de la Charte internationale Espace et catastrophes majeures, par le CNES,
·        l’ESA et l’ASC (agence spatiale canadienne) : objectif = fournir gratuitement des images satellites aux pays touchés par des catastrophes importantes.
·        19 octobre 2000 - La France et l’Italie signent des accords pour soutenir le développement du petit lanceur Vega.
·        2 mars 2004 – Premier lancement de la version Ariane 5 G+.
·        Mars 2005 - Un protocole d’accord est signé entre le CNES et la Russie pour développer ensemble à l’horizon 2020 un nouveau système de lancement.
·        12 février 2005 – Lancement de la première Ariane 5 ECA.
·        27 décembre 2006 -  Lancement du satellite CoRoT sur une fusée russe Soyouz-2 1B. CoRoT est un satellite du CNES, dédié à la recherche des planètes en dehors du système solaire, les exoplanètes.
·        9 mars 2008 - Lancement du premier ATV-1 Jules Verne sur une Ariane 5 ES. L’ATV (Automated Transfert Vehicle) est un cargo chargé de ravitailler la Station Spatiale Internationale. Il s’est amarré
·        le 3 avril 2008, et s’est détruit dans l’atmosphère le 29 septembre 2009.
·        3 juin 2008 – Vote de la loi sur les opérations spatiales 
·        15 mai 2009 – Lancement des satellites d’exploration de l’Univers Herschel et Planck depuis Kourou, avec les Instruments Spire, Pacs et Hifi embarqués.
·        2 novembre 2009 - Lancement du satellite européen d’étude SMOS (suivi du climat) sur un lanceur russe Rokot-KM.
·        3 février 2010 - Lancement des expériences Cardiolab/Cardiomed à bord de l’ISS par un vaisseau de ravitaillement russe Progress.
·        16 février 2011 - Lancement du deuxième ATV-2 Johannes Kepler sur  une Ariane 5 ES (200ème  Ariane), amarré à l’ISS le 24 février 2011, et détruit dans l’atmosphère le 21 juin 2011.  20 octobre 2011 – Première coopération spatiale entre la France et l’Inde avec le lancement du satellite Megha-tropiques avec des instruments français embarqués. 
·        21 octobre 2011 - Premier lancement d’une fusée russe Soyouz en Guyane française, avec à bord les deux premiers satellites de la constellation Galiléo.
 
 
Pour les 50 ans du CNES, la Poste émet un timbre spécial.
Astérix le premier satellite français mis en orbite par Diamant en 1965 depuis Hammaguir.
 
 
 
Voir les 50 ans d’aventures spatiales.
 
 
 
 
chickens_up.gif
 
LA SUPER NOVA DU SIÈCLE : VUE DANS M101. (29/12/2011)
 
 
D’après les professionnels, ce fut la plus brillante et le plus proche des explosions d’étoiles vues de Terre du dernier quart de siècle.
 
C’est bien sûr une Super Nova et du type très recherché, du type Ia, celui qui est une de ces chandelles standard qui jalonnent l’Univers pour nous montrer le chemin jusqu’à nos origines.
 
Cette SN baptisée officiellement SN2011fe, a été découverte notamment par Shri Kulkarni le responsable scientifique du PTF (Palomar Transient Factory dépendant du fameux Caltech) dont la mission est d’observer les cieux à la recherche de ces flashes lumineux intermittents.
 
Le 24 Août 2011, l’équipe du PTF a découvert cette SN dans un des bras de la galaxieM101 (Pinwheel galaxy ou moulin à vent située dans la Grande Ourse, découverte par P Méchain en 1781) à 21 millions d’années lumière de nous, et ceci seulement 11 heures après son explosion ; c’est assez exceptionnel de pouvoir détecter un tel événement aussi près de son déclenchement.
Cette découverte a donné lieu à un article de la revue Nature.
 
Le fait d’avoir pu observer cette explosion si proche en temps de son origine, grâce à des programmes informatiques qui ont immédiatement donner la possibilité de pointer un télescope sur cette zone du ciel, a permis de déterminer la catégorie d’étoile qui en était la source, c’ était une naine blanche de la taille de la Terre.
 
La SN2011fe avant et après son explosion. (crédit PTF)
 
Les SNIa trouvent leur origine dans un système binaire d’étoiles qui orbitent l’une autour de l’autre, l’une des étoiles étant une naine blanche (étoile constituée principalement de Carbone et Oxygène), la NB accrète de la matière provenant de son compagnon, jusqu'à atteindre la limite de Chandrasekhar (1,4 M solaire), elle s'effondre, ne pouvant pas lutter contre sa propre gravité, la température augmente et les réactions thermonucléaires démarrent.
Il se produit une réaction en chaîne, qui désintègre complètement la NB, la matière se propage dans l'espace.
Ces explosions se produisant toujours dans les mêmes conditions physiques, l’intensité est toujours la même, d’où la possibilité de les utiliser comme références lumineuses dans l’Univers.
 
La nature de l’étoile compagnon de la NB n’est pas toujours connue, ce pourrait être une autre NB, une étoile de la séquence principale ou une géante rouge.
 
Dans le cas de notre SN, les chercheurs ont pu en déduire que le compagnon était une étoile de la séquence principale.
Comment l’ont ils su ?
Par élimination :
·        Si le compagnon avait été une géante rouge; l’explosion de la NB aurait propagé une onde de choc à travers de la géante rouge, provoquant une surchauffe de celle-ci, ce qui aurait généré beaucoup plus de lumière que ce qui a été observé. De plus Hubble qui étudiait cette région n’avait pas détecté de géantes rouges à cet endroit.
·        Si le compagnon avait été une naine blanche son interaction avec l’explosion aurait produit des UV qui n’ont pas été détectés.
 
De plus les astronomes ont pu observer avec moult détails les matériaux issus de l’explosion.
Notamment de l’Oxygène éjecté à plus de 20.000 km/s (une première scientifique !), correspondant à la fine couche externe de l’étoile qui explose.
 
C’est grâce à l’observation aussi rapide de cette SN que nous avons pu en apprendre beaucoup plus sur ce processus d’explosion.
 
POUR ALLER PLUS LOIN :
 
Le communiqué de presse du Caltech.
 
The Palomar Transient Factory (PTF).
 
La classification des SN en un seul schéma par le Caltech.
 
Une animation gif de la SN2011fe.
 
Un article sur le sujet par nos amis de Science Daily.
 
Early radio and X-ray observations of the youngest nearby type Ia supernova (SN 2011fe) article de The Astrophysical Journal 
 
CR de la conf IAP de N Prantzos sur les SN sur votre site préféré.
 
Vie et mort des étoiles, CR de la conférence RCE 2010 de JPM.
 
 
chickens_up.gif
 
 
 
COMÈTE LOVEJOY : SUPERBES VUES À PARTIR DE L’ISS. (29/12/2011)
 
 
C’est l’histoire d’une comète qui a eu beaucoup de chance ; elle s’appelle Lovejoy, plus scientifiquement C/2011 W3, découverte cette fin d’année 2011 par l’astronome Australien Terry Lovejoy.
 
 
On la voit ici surprise par SOHO, et comme vous le remarquez, elle semble happée par le Soleil.
 
Elle va en faire le tour, très près, à moins de 150.000km de sa surface on pensait qu’elle allait être vaporisée en frôlant la couronne solaire (dont la température est de quelques millions de degrés), comme cela arrive à des milliers de comètes, mais non, elle va survivre à cette terrible épreuve.
 
On peut voir un gif très impressionnant du passage autour du Soleil et de son éloignement le 15 décembre 2011, pris par le coronographe LASCO C3 de SOHO, comme la photo ci-contre.
 
 
 
En plus de SOHO, d’autres sondes spatiales ont pu suivre cette aventure ; notamment SDO, les sondes STEREO, Proba-2.
La vidéo la plus édifiante est celle de SDO que vous pouvez voir ici : la première est l’arrivée vers le Soleil et la deuxième la sortie.
On voit nettement la queue de la comète virevolter à cause des ondes de plasma qui la touchent.
 
 
On pense que le noyau devrait avoir 1 km de diamètre au moins sinon elle n’aurait pas pu survivre au Soleil, et après son passage si près de l’astre du jour, elle semble s’être réactivée et elle est maintenant très visible dans l’hémisphère sud, notamment du Paranal d’où vient cette photo.
 
 
 
Mais pas seulement du sol, le plus extraordinaire, est qu’elle a été superbement photographiée depuis l’ISS.
 
 
 
C’est le commandant de l’Expédition 30, Dan Burbank qui a pris ces photos le 22 décembre 2011, en voici une.
 
 
 
 
Nos amis de Universe Today en ont quelques autres sur leur site.
 
 
D’autres informations sur le site de la NASA et de l’ESA.
 
Voir aussi ce Science at Nasa.
 
 
 
 
 
 
 
 
chickens_up.gif
 
 
 
DAWN :.PREMIÈRES VUES EN RASE-MOTTES DE VESTA. (29/12/2011)
Image crédit: toutes images : NASA/JPL-Caltech/UCLA/MPS/DLR/IDA
 
La sonde DAWN en orbite autour de l’astéroïde Vesta, a renvoyé ses premières images à partir d’une orbite basse (approx. 210km de la surface), et nous permet de voir des détails jusque là inconnus.
On remarque de nombreux petits cratères et certaines traînées bizarres. Le sol possède aussi des endroits brillants et sombres.
 
Vue partielle d’un cratère récent de l’hémisphère Nord. (17°lat et 77° long) image prise le 13 dec 2011 d’une altitude de 191km. Surface couverte : 18kmx18km.
Image de la région polaire Sud (78° lat et 298° long), des éjectas seraient en contact avec un matériau plus clair couvert de cratères. Les structures linéaires ne sont pas encore expliquées. Image prise aussi le 13 dec 2011 de 204km d’altitude surface au sol 20kmx20km.
 
 
La prise d’images à basse altitude (LAMO ou Low Altitude Mapping Orbit) devrait durer 10 semaines.
Une étude de la composition de Vesta va être aussi menée avec les détecteurs gamma et neutrons (GRaND), on procédera aussi à la mesure de la gravité.
 
Après la phase LAMO, Dawn devrait reprendre une orbite plus haute (680km) afin de procéder à d’autres mesures.
 
Elle quittera Vesta en Juillet 2012 pour arriver à Cérès en Février 2015.
 
 
 
POUR ALLER PLUS LOIN :
 
L’image du jour de Dawn.
 
Site de la mission au JPL.
 
Site de la mission à la NASA.
 
On peut visualiser sur cette animation l’orbite de DAWN dans notre système solaire lors de ces deux visites d’astéroïdes.
 
Galerie d’images.
 
 
 
 
chickens_up.gif
 
 
 
HERSCHEL:.SUR LA PISTE DE L’EAU DES OCÉANS TERRESTRES (29/12/2011)
 
 
Nous étions déjà sur une piste que je vous avais indiquée il y a quelques semaines ; avec l’étude par nos amis de l’Observatoire de Paris de la comète Hartley-2 ; elle renferme de l’eau similaire (au point de vue isotopique) à celle de l’eau terrestre.
C’était l’instrument HIFI d’Herschel qui avait fait cette découverte, le rapport D/H relevé était de 0,016 %, une valeur semblable à celle des océans de notre planète. L’eau de nos océans semblait donc provenir de ces corps glacés que sont les comètes.
 
Herschel a poursuivi son étude de l’eau dans l’Univers et s’est intéressé à une jeune étoile (TW Hydrae un peu plus petite et un peu plus froide que notre Soleil) entourée d'un disque de matière large d’approximativement 200 UA, et il a aussi mis en évidence de la vapeur d’eau, et c’est la première fois que de l’eau est trouvée dans cet environnement.
C’est ce genre de disque qui donnera naissance dans le futur à des planètes.
 
Cette découverte suggère que ce disque contient de grandes quantités d’eau, amenant à penser que des planètes couvertes d’eau seraient communes dans l’Univers.  L’eau de ce disque serait suffisante, d’après les calculs, pour remplir des milliers d’océans terrestres !
 
Le site français au CEA du télescope spatial Herschel publie un communiqué d’où j’extrait ces quelques lignes :
 
TW Hydrae, une jeune étoile âgée d'environ 5-10 millions d'années, est située à seulement 176 années-lumière de notre système solaire. Cette étoile termine sa croissance, et comme toute étoile en formation , elle est entourée d'un disque de gaz et de poussière interstellaire, sorte de relique du cocon qui lui a donné naissance. Ce disque pourrait donner naissance à son tour à un système planétaire composé de planètes, de comètes et autres petits corps. On parle ainsi de disque protoplanétaire.
 
Récemment la découverte d'eau sur la comète Hartley-2 dans une composition chimique similaire à celle de l'eau des océans a réaffirmé l'idée d'une origine céleste de l'eau. Cela n'est pas surprenant car la vapeur d'eau est détectée en abondance dans le milieu interstellaire où naissent les étoiles. Mais jusqu'à présent, la présence d'eau dans les disques protoplanétaires, étape entre la formation de l'étoile et celle de comètes, n'avait pas été complètement démontrée.
 
 
Grâce à l'instrument HIFI sur l'observatoire spatial Herschel, de la vapeur d'eau a été détectée dans le disque protoplanétaire autour de TW Hydrae (image ci-contre).
 
Piégée dans les manteaux glacés des grains de poussière du disque, le rayonnement UV des étoiles les a réchauffés, permettant la sublimation des glaces en vapeur d'eau.
Celle-ci demeure à très basse température dans l'espace.
 
Image : partie supérieure : impression d’artiste du disque protoplanétaire et partie inférieur, spectre de ce disque obtenu par HIFI.
On a détecté l’émission de vapeur d’eau froide dans ce disque, on pense que celle-ci se forme lors de l’impact de rayonnements énergétiques UV provenant de l’étoile avec les grains de glace du disque.
L’eau est présente sous deux formes isomériques ortho et para, dépendant du spin du noyau d’hydrogène.
En comparant les proportions relatives d’ortho et de para, on peut déterminer la température à laquelle l’eau se forme; dans notre cas, la température est suffisamment basse pour affirmer que de la vapeur d’eau froide s’est formée.
Crédits: ESA/NASA/JPL-Caltech/M. Hogerheijde (Leiden Observatory)
 
 
 
 
 
 
POUR ALLER PLUS LOIN:
 
Les molécules cométaires et leur rapport ortho/para par Jacques Crovisier de l’Observatoire de Paris.
 
L'eau dans le système solaire par Th Encrenaz et sa conférence à la SAF.
 
A gentle introduction to water and its structure, à lire pour apprendre plein de choses sur ce corps pas si simple qu’est l’eau!
 
Le communiqué de presse de l’ESA à ce sujet et celui de la NASA.
 
Herschel discovers tip of cosmic iceberg around nearby young star
 
Detection of the Water Reservoir in a Forming Planetary System, par M. Hogerheijde, et al., 2011, Science, Vol. 334
 
Des océans de glace dans un disque planétaire article de Sciences et Avenir.
 
 
 
 
chickens_up.gif
 
 
KEPLER 20 : ENCORE UN EFFORT ; DES PLANÈTES TERRESTRES MAIS TRÈS CHAUDES ! (29/12/2011)
 
Les premières planètes de la taille de la Terre sont enfin trouvées par la sonde Kepler, c’est ce que vient de communiquer la NASA dans une conférence de presse du Harvard-Smithsonian Center for Astrophysics (CfA).ce 20 Décembre 2011.
 
Cette découverte est importante car après de nombreuses annonces presque similaires, c’est enfin la bonne taille de planètes, mais pas encore la bonne distance à l’étoile hôte. On est quand même sur la piste de jumeaux de la Terre.
La dernière annonce ayant eu lieu il y a quelques semaines, concernant la première planète située en zone habitable.
 
C’est notre collègue Français François Fressin (ancien doctorant de l’OCA) qui travaille au CfA maintenant et qui est le rédacteur principal de cette annonce dans la revue Nature, qui a annoncé cette nouvelle.
 
Le but de la mission Kepler est de trouver des planètes de taille terrestre dans la zone habitable
Les planètes découvertes aujourd’hui, sont au nombre de 5, elles sont autour de l’étoile baptisée conventionnellement Kepler 20-a.
Cette étoile est du type solaire (G) mais un peu plus froide que le Soleil, elle est située à 950 années lumière de nous, donc pas trop loin au sens astronomique du terme et bien entendu dans nôtre Galaxie.
 
 
Parmi ces 5 nouvelles planètes, deux sont de type terrestre ; Kepler-20-e (orbite en 6,1 jours) et Kepler-20f (orbite en 19,6 jours).
 
Ce sont les plus petites trouvées à ce jour : respectivement 0,87 et 1,03 diamètre terrestre.
On pense que ce sont des planètes rocheuses et de masse 1,7 et 3 fois celle de la Terre.
 
Elles sont désespérément trop près de leur étoile, les températures de surface devant avoisiner 800°C et 400°C. comme on le voit, elles seraient inscrites dans l’orbite de Mercure.
 
Crédit: David A. Aguilar (CfA)
 
 
 
Comme on le voit sur ce dessin d’artiste, ce système possède aussi 3 plus grosses planètes, dont la répartition est pour le moins surprenante : on alterne une grosse, une petite, une grosse, une petite, une grosse.
Dans nôtre système solaire, les petites planètes (rocheuses) sont situées près du Soleil, alors que les géantes gazeuse sont reléguées au fond du système solaire. Que peut-on en déduire ??
 
Les planètes de Kepler-20 ne se sont certainement pas formées là où elles sont aujourd’hui ; elles se sont probablement formées beaucoup plus loin de leur étoiles et ont ensuite migré vers le centre.
 
C’est un phénomène similaire qui a certainement eu lieu dans notre système solaire, il s’appelle le Grand Tack, voir aussi:
Les confins du système solaire CR de la conférence SAF d’Alain Doressoudiram.
Et aussi lié à ce sujet :
La Terre est-elle une exception dans l’Univers, CR de la conférence SAF de François Forget.
 
Voir aussi sur cette découverte, ce communiqué de la NASA avec une courte vidéo à la fin.
 
La nouvelle chez Nature.
 
 
chickens_up.gif
 
 
ESO :.NGC 253 EN GRAND CHAMP! (29/12/2011)
Crédit photo : ESO/INAF-VST: A. Grado/L. Limatola/INAF-Capodimonte Observatory
 
Le télescope du VLT dédié aux sondages (le VST), a saisi la beauté de la galaxie spirale NGC 253, une de nos proches voisines.
Ce nouveau portrait est probablement l’image grand champ la plus détaillée jamais réalisée de cet objet et de ses environs.
Cette image démontre que le VST, le tout dernier télescope de l’Observatoire de Paranal, fournit de larges vues du ciel tout en offrant des images d’une impressionnante netteté.
Voici le communiqué publié à cette occasion :
 
NGC 253 brille à environ onze millions et demi d’années-lumière de la Terre dans la constellation australe du Sculpteur.
On l’appelle souvent simplement la Galaxie du Sculpteur bien qu’elle ait d’autres noms descriptifs comme la Pièce d’Argent ou la galaxie du Dollar en Argent. Il est assez facile de l’observer avec des jumelles, car c’est une des galaxies les plus brillantes dans le ciel après l’imposante galaxie voisine de la Voie Lactée, la galaxie d’Andromède.
 
 
Les astronomes ont remarqué une formation stellaire active généralisée dans NGC253 et l’ont de fait classée parmi les galaxies « starburst » , c'est-à-dire une galaxie à sursaut de formation d’étoiles. Les nombreux amas brillants éparpillés dans la galaxie sont des nurseries stellaires où de jeunes étoiles chaudes viennent juste de s'allumer. Le rayonnement émanant de ces « bébés » géants aux teintes bleu-blanc fait briller de manière éclatante les nuages d’hydrogène ionisé environnant (en vert sur cette image).
Cette galaxie spirale proche de la Terre a été découverte par l’Astronome germano-anglaise Caroline Herschel, sœur du célèbre astronome William Herschel, alors qu’elle cherchait des comètes, en 1783.
Les Herschel auraient été enchantés par la netteté de cette image riche en détail de NGC 253 que peut fournir le VST.
 
 
 
 
Cette dernière image de NGC 253 a été prise au cours de la phase de vérification scientifique du VST – quand la performance scientifique du télescope est évaluée avant sa mise en service. Les données du VST ont été combinées avec des images infrarouges obtenues avec VISTA (eso0949) afin d’identifier les plus jeunes générations d’étoiles se trouvant dans NGC 253.
Cette photo fait plus de 12 000 pixels de large.  Les superbes conditions du ciel à l'Observatoire de Paranal de l’ESO, combinées avec cet excellent télescope optique, donnent des images d’étoiles très nettes sur l’ensemble du cliché.
Le VST est un télescope de 2,6 mètres dédié aux sondages grand champ du ciel avec un champ d’un degré – deux fois aussi large que la pleine Lune . Le programme VST est une collaboration entre l’INAF–Osservatorio Astronomico di Capodimonte de Naples en Italie et l‘ESO (eso1119). La caméra de 268 mégapixels OmegaCAM située au cœur de ce télescope a été conçue pour cartographier le ciel à la fois rapidement et avec une très grande finesse d’image. Le VST est le plus grand télescope au monde conçu exclusivement pour sonder le ciel en lumière visible, complétant ainsi le télescope VISTA de l’ESO, dédié pour sa part aux sondages du ciel dans l’infrarouge, également installé à Paranal.
Zoomer dans cette nouvelle image ne permet pas seulement de faire une inspection très détaillée de la formation stellaire des bras spiraux de la galaxie, mais aussi de révéler une très riche fresque composée de galaxies bien plus distantes, derrière NGC253.
 
 
 
 
 
chickens_up.gif
 
 
LES MATHÉMATIQUES DE L'ASTRONOMIE PAR B LELARD (29/12/2011)
 
Voici une nouvelle rubrique dans vos Astronews, suite à une demande forte, notre ami Bernard Lelard, Président de l'Association d'astronomie VEGA de Plaisir (Yvelines) se propose de nous faire découvrir la genèse des mathématiques qui ont été utiles à l'Astronomie dans cette rubrique qui comportera de nombreuses parties.
Les parties précédentes :
 
o           Les Mathématiques de l'Astronomie : Partie 1 Géométrisation de l'Espace . (28/02/2008)
o           Les Mathématiques de l'Astronomie : Partie 2 La Mésopotamie . (13/03/2008)
o           Les Mathématiques de l'Astronomie : Partie 3 Thalès . (27/03/2008) 
o           Les Mathématiques de l'Astronomie : Partie 4 Anaximandre et Pythagore . (19/04/2008)
o           Les Mathématiques de l'Astronomie : Partie 5 Platon (1) . (10/05/2008)
o           Les Mathématiques de l'Astronomie : Partie 6 Platon (2) p. (19/06/2008)
o           Les Mathématiques de l'Astronomie : Partie 7 Aristote et Pythéas . (03/07/2008)
o           Les Mathématiques de l'Astronomie : Partie 8 Alexandre le Grand . (09/09/2008)
o           Les Mathématiques de l'Astronomie : Partie 9 Alexandrie et Aristarque . (06/11/2008)
o           Les Mathématiques de l'Astronomie : Partie 10 Euclide et les géométries . (19/12/2008)
o           Les Mathématiques de l'Astronomie : Partie 11 Archimède et son palimpseste . (11/01/2009)
o           Les Mathématiques de l'Astronomie : Partie 12 L'idée géniale d'Ératosthène  (30/01/2009)
o           Les Mathématiques de l'Astronomie : Partie 13 Coniques et orbites d'Apollonius  (22/02/2009)
o           Les Mathématiques de l'Astronomie : Partie 14  360° et les étoiles d’Hipparque . (27/03/2009)
o           Les Mathématiques de l'Astronomie : Partie 15 Nicomède, Poseidonios, et les derniers grands . (27/04/2009) 
o           Les Mathématiques de l'Astronomie : Partie 16 Les écoles, les Chinois etc . (15/05/2009)
o           Les Mathématiques de l'Astronomie : Partie 17 Indous, Mayas et autres . (15/05/2009)
o           Les Mathématiques de l'Astronomie : Partie 18 Les Romains, Ptolémée et Galilée . (15/05/2009)
o           Les Mathématiques de l'Astronomie : Partie 19 D'Hypatie aux maths arabes . (06/08/2009)
o           Les Mathématiques de l'Astronomie : Partie 20 Les maths des étoiles à Bagdad . (22/09/2009)
o           Les Mathématiques de l'Astronomie : Partie 21  Les sages d’al-ma’mun et le Ptolémée des arabes (27/10/2009)
o           Les Mathématiques de l'Astronomie : Partie 22 La petit nuage d'Al Sufi et la règle de trois. (04/12/2009)
o           Les Mathématiques de l'Astronomie : Partie 23 les zij des astronomes musiciens. (04/02/2010)
o          Les Mathématiques de l'Astronomie : Partie 24  Aristote au Mont Saint Michel. (02/04/2010)
o          Les Mathématiques de l'Astronomie : Partie 25 : Univ. de la Sorbonne à Oxford (17/05/2010)
o          Les Mathématiques de l'Astronomie : Partie 26 :Oresme, Einstein du XIV ième siècle (28/08/2010)
o          Les Mathématiques de l'Astronomie : Partie 27 :  Peuerbach, Müller,  La Trigo et Copernic (26/10/2010)
o          Les Mathématiques de l'Astronomie : Partie 28 : Copernic et la ronde des planètes. (22/01/2011)
o          Les Mathématiques de l'Astronomie : Partie 29 : La Nova de Tycho sur la table de Kepler. (05/05/2011)
o          Les Mathématiques de l'Astronomie :.Partie 30 : L’œil de Kepler. (17/08/2011)
o          Les Mathématiques de l'Astronomie :.Partie 31 : 83 Prix Nobel à Cambridge. (10/10/2011)
o          Les Mathématiques de l'Astronomie :.Partie 32 :.Les yeux de Galilée 1/2. (23/11/2011)
 
 
 
 
PARTIE 33 :. « E  PUR SI MUOVE »  GALILÉE   SUITE ET FIN   2/2
 
 
 
En 1610, année de publication du fameux « Sedereius Nuncius », le Messager Céleste, Galilée sur les conseils de son père, s’était fait tonsuré afin d’en tirer un bénéfice ecclésiastique bien qu’un tel état ne permettait pas de célébrer les offices ni d’être célibataire.
 
Galilée était donc, à son époque, reconnu comme un bon catholique défenseur de l’autorité de l’Église ce qui, en ces temps de lutte contre le protestantisme envahissant, était un atout important. Son esprit rebelle opposé à l’Église, fut donc une fois encore, une invention des philosophes des « Lumières », des rationalistes et des libertins à la mode  qui voulurent en faire un martyr en exemple à leur cause.
Au début du siècle de l’anticléricanisme, l’exemple Galilée illustrait bien l’archaïsme supposé de l’Église qui ne voulait pas s’en défendre.
 
 
 
Galilée était même ami avec le cardinal Maffeo Vincenzio Barberini, futur pape Urbain VIII qui deviendra futur acteur du célèbre procès. Barberini de culture florentine, c’est à dire proche des artistes et des savants de la Renaissance, était un esprit curieux et ouvert. Il écrivait des poèmes et fit venir à Rome Van Dyck, Poussin et Velázquez. Issu d’une riche famille ayant fait sa fortune dans le commerce des tissus d’Orient, il rassembla une immense bibliothèque et se passionnait pour les découvertes scientifiques.
 
 
En se promenant dans Rome on peut voir sur certaines façades les armes de son influente famille rehaussées des 3 abeilles des Barberini.
En 1612 Galilée voulut convaincre, d’abord sans succès, l’astronome jésuite Christophe Scheiner que le Soleil avait bien des tâches sur sa surface. Le jésuite, fort des théories d’Aristote, affirmait que le Soleil étant incorruptible ne pouvait pas avoir des tâches : ce que Galilée affirmait voir était pour lui des amas d’étoiles entre le Soleil et la Terre. Scheiner finit par reconnaître que Galilée avait raison, celui-ci disant même que si les tâches étaient des objets proches de la surface solaire il serait possible d’en calculer l’altitude. L’Académie des Lynx publiera leur correspondance en 1613 sous le titre « Istoira e domostrazioni intorno allé marchie Solari e loro accidenti ». Le 2 novembre 1612 : nouvelle attaque, le dominicain  Niccolo Lorini prononce un sermon opposé à la rotation de la Terre autour du Soleil. Il invoque dans la Bible  le passage de la prière de Josué (Josué 10, 12-14) :
« Alors Josué parla à l’Éternel, le jour où l’Éternel livra les Amorcéens aux enfants d’Israël, et il dit en présence d’Israël : Soleil, arrête-toi sur Gabaon, et toi, Lune, sur la vallée d’Ajalon ! Et le Soleil s’arrêta, et la Lune suspendit sa course, jusqu’à ce que la nation eût tiré vengeance de ses ennemis «.
Lorini disait : Cela n’est-il pas écrit dans le livre du Juste ?
Le Soleil s’arrêta au milieu du ciel, et ne se hâta point de se coucher, presque tout un jour”.
 
 
Drôle d’éclipse : si le Soleil s’arrête c’est qu’il tourne autour de la Terre et non l’inverse. Voulant comprendre ces polémiques la grande duchesse douairière Christine de Lorraine demande alors à Benedetto Castelli (le 2 novembre 1613) des explications convaincantes. Benedetto fut ancien élève de Galilée, puis devint son collègue à Pise. Il est surtout hydraulicien et aidera son élève Torricelli (le baromètre, la cycloïde, des objectifs, assistant de Galilée les derniers mois de sa vie) à assécher le Marais Poitevin en France. Christine de Lorraine connaît bien la France car elle fut élevée par la reine de France Catherine de Médicis à Paris dont elle hérita de tous les biens, meubles et de ses œuvres d’art, c’est la Reine de France qui l’a marié au futur grand duc Ferdinand Ièr, père de l’actuel Grand Duc.
Benedetto Castelli est dépassé par la polémique et Galilée vient à sa rescousse en écrivant à Christine de Lorraine une lettre (le 21 décembre) dans laquelle il dit la séparation nécessaire entre Science et Religion, précisant même que l’Écriture Sainte n’a pas de juridiction sur Terre :
«la Bible n'avait rien à voir en matières scientifiques [...] et qu'avant de condamner une proposition scientifique il fallait prouver par tous les moyens possibles qu'elle n'était pas rigoureusement démontrée ».
L’abbé Georges Lemaître devra dire la même chose au pape Pie XII, pourtant lui même astronome amateur, lorsqu’il crut dans le  soit disant « Big » soi disant « Bang » le « Fiat Lux » de la Genèse.
 
 
La Duchesse fut convaincue, mais pas les théologiens et la polémique fut relancée le 20 décembre par le père Caccini lors d’un sermon en la grande basilique de Florence Santa Maria Novella. Tommaso Caccini, accuse en chaire Galilée d'avoir dans son enseignement proposé l'héliocentrisme et la rotation de la Terre et d'avoir soutenu que dans la connaissance des lois de la nature c'est à la science et à ses expériences qu'il faut recourir et non à l'Écriture sainte faite pour dispenser aux hommes un enseignement spirituel et moral.
 
Galilée a pour partisan Tommaso Campanella qui, dans son Apologia pro Galileo, l’approuve de conduire librement des recherches sans ingérence de la théologie. Paolo Antonio Foscarini, protégé par le cardinal Millini, membre de la Congrégation du Saint-Office, soutient dans sa Lettre sur l'opinion des pythagoriciens et de Copernic, publiée à Naples le 6 janvier 1615, que l'héliocentrisme est une doctrine astronomique « des plus probables ». Le carme Foscarini écrit alors au cardinal Bellarmin - du Saint-Office, de la Propagation de la Foi et de l'Index - pour soutenir que ce débat sur la rotation de la Terre ne relevait pas de la foi et ne concernait pas les dogmes religieux. Galilée avait écrit que, reprenant les paroles du cardinal Cesare Baronio,  « l’intention du Saint Esprit est de nous enseigner comment on doit aller au Ciel, et non comment va le Ciel ».
 
Bellarmin, admirateur des travaux de Galilée, avait une réputation d’ouverture d’esprit bien qu’il fut inquisiteur 20 fois lors du triste procès de Bruno Giordano qui dura 7 ans. Il faillit être élu pape au conclave de 1605 mais l’Espagne avait opposé son veto et il devint plus strict avec la doctrine officielle. 
Bellarmin répondit à Foscarini, et à travers lui à Galilée, qu’il convient de s’en tenir à l’écrit de la Bible : » le Soleil se lève et se couche et Josué en a bien arrêté la marche le temps d’une bataille à gagner ». Point.
 
Le 8 février 1616 Galilée croit avoir trouvé la preuve de la rotation de la Terre dans la dynamique des marées. Il envoie au cardinal Orsini de la Congrégation de l’Index sa théorie des marées : « Discorso del Flusso e Reflusso », discours sur le flux et le reflux. Sa théorie explique une marée par le mouvement plus lent de la Lune par rapport à celui de la Terre. Mais on observe souvent 2 marées par jour et sa théorie est rejetée. Il faudra attendre 1728 pour que Bradley en observant l’aberration de la lumière prouve le mouvement de la Terre par rapport aux étoiles.
Galilée va se battre 2 mois pour prouver le mouvement de la Terre autour du Soleil, refusant un compromis de conciliation de Bellarmin sur l’équivalence des théories copernicienne (nouvelle) et ptoléméenne (ancienne, mais officielle).
 
Galilée met en avant l’observation qui prime sur la tradition. Il considère que Dieu a donné aux humains les sens et la raison pour découvrir la vraie nature de l’Univers. Quelle leçon !
 
 
Le 16 il est convoqué à Rome devant la congrégation de l’index pour l’exposé de ses preuves.
 
 
 
 
 
 
Le 24 février 1616 les consulteurs du Saint Office déclarent que les deux propositions soutenues par Galilée, à savoir que le Soleil est le centre du monde et que la Terre tourne sur elle même en même temps qu’autour du Soleil, sont « stupides et absurdes » et contraires à la Foi. L’absence du mouvement du Soleil est désormais considérée comme hérétique et le rotation de la Terre sur elle même est simplement considérée comme erronée (et donc non passible de sanctions).
 
 
 
La polémique doit cesser : le pape Paul V ordonne à Bellarmin « d’inviter Galilée à abandonner l’héliocentrisme » sous peine d’emprisonnement. Le 5 mars 1616 la Congrégation de l’Index publie le décret définissant l’héliocentrisme comme une doctrine fausse et contraire à l’Écriture.
C’est clair. En même temps les cardinaux de l’Index suspendent la diffusion du livre « De revolutionibus » de Copernic et interdisent la lettre de Foscarini. Galilée et Copernic sont mis à l’Index.
 
L’ « Index librorum prohibitum » est une liste de livres que les catholiques ne sont pas autorisés à lire. Ce sont des livres pernicieux, immoraux et contraires à la Foi. Le premier index fut publié par le pape Paul IV en 1559 à la demande de l’Inquisition.
La liste est fournie par la Congrégation de l’Index depuis 1571.
L’Index fut mis à jour jusqu’en … 1948. La dernière édition (32 ième), en circulation jusqu’en 1961 comprenait les livres de Montaigne, Diderot, Rousseau, Descartes, Sterne, Voltaire, Defoe, Balzac, le dictionnaire Larousse, André Gide. Les auteurs croyants n’étaient pas épargnés : Descartes, Kant, Berkley, Malebranche, Lamennais. Les athées notoires n’y figuraient pas car ils étaient de facto condamnés : Schopenhauer, Nietzsche. Il y eut des oublis célèbres par non dénonciation : Darwin.
 
 
En classe de MathElem mon professeur de philo, prêtre et agrégé de philo, exhibait un exemplaire de l’Index pour dénoncer l’intolérance historique de l’Église.
 
Le 25 février 1616 la censure est ratifiée par l’Inquisition et le pape Raul V.
 
L’héliocentrisme de Copernic est seul condamné, Galilée n’est pas condamné (avertissement sans frais).
Il peut même enseigner sa thèse en la présentant préalablement comme simple hypothèse.
L’arrêt est applicable dans tous les pays catholiques et doit y être affiché.
 
 
 
 
Parmi les pays catholiques : la France où règne la Régente florentine Marie de Médicis, veuve du roi Henri IV assassiné le 10 mai 1610 et mère du roi enfant Louis XIII et de son frère Gaston d’Orléans. Curieusement le roi Henri IV avait trouvé la solution pour effacer la dette souveraine française (déjà !) en épousant la fille de son banquier : le grand Duc de Toscane, Ferdinand Ièr de Médicis.
Le montant de la dot était égal au montant de la dette souveraine. Solution difficilement applicable aujourd’hui.
 
Marie de Médicis fit construire le Palais du Luxembourg où siège le Sénat depuis la Restauration en 1825 (Chambre des Pairs de France). Ce Palais voulait lui rappeler le Palais Pitti de son enfance à Florence relié par le couloir Vasari au Palazio Vecchio du Grand Duc. Une partie du nouveau palais fut décorée par les toiles de Rubens à la gloire de Marie, reine de France, aujourd’hui rassemblée dans une pièce spéciale au Louvre au fond de la Grande Galerie, près des peintures italiennes. En 1616 le jeune Louis XIII, qui avait été marié un an plus tôt avec l’Espagnole Anne d’Autriche, nomme Richelieu conseiller d’État. Ce mariage était un retournement d’alliance voulue par la Régente pour s’allier avec les Habsbourg de Vienne et de Madrid. Après les rendez vous manqués de François Iier et de Charles Quint un siècle plutôt l’Europe aurait pu encore se construire avec 4 siècles d’avance et beaucoup de guerres évitées. Le jeune roi Louis voulut alors sortir les Italiens de l’entourage de sa mère ex régente en nommant l’évêque de Luçon Richelieu (Armand Jean du Plessis duc de -) au Conseil d’État, Secrétaire à la Guerre puis ministres des Affaires Étrangères.
 
Ainsi entouré Louis XIII fera assassiner dans la cour du Louvre le 24 avril 1617 le florentin, (encore !), Concini, favori de sa mère et régent de fait, malgré ses 7.000 soldats personnels. « Grand merci à vous, à cette heure, je suis roi ! » dira Louis XIII à l’assassin, le baron de Vitry ,effaçant ainsi l’emprise sur la France des Florentins et des Ducs de Toscanes, protecteurs de Galilée.
 
 
Galilée a beaucoup souffert des interrogatoires du Saint Office et de la négation de ses théories. Il tomba malade pendant deux ans, vivant seul, ses filles rentrant au couvent d’Arceti. Il s’occupait en cherchant les moyens de déterminer la longitude des navires en mer, problème résolu un siècle plus tard par l’horloger anglais Harrison inventeur du chronomètre de poche.
 
En 1618 le ciel de Florence voit passer 3 comètes, ce qui relance la polémique sur l’incorruptibilité du ciel selon Aristote.
En 1619 le savant jésuite Horatios Grassi publie « de tribus cometis anni 1618 disputatio astronomica » confirmant la théorie de Tycho Brahé sur les trajectoires elliptiques des comètes.
Galilée revigoré lui répond en juin 1619 par le biais de son élève Mario Guidicci en publiant « Discorso delle comète », une théorie fantaisiste qui rapproche les comètes de l’apparition de phénomènes météorologiques. Grassi attaque directement Galilée en octobre par un pamphlet tordu mélangeant science et religion, insinuant une proximité des théories nouvelles avec la Contre Réforme. Galilée répond aussitôt, fort de l’appui de son ami le cardinal Barberini et de l’Académie du Lynx dont il est membre, avec un nouvel essai « il Saggiatore » (l’Essayeur) dans lequel il ridiculise Grassi.
Lequel envoie une dénonciation anonyme à l’Inquisition car l’ouvrage contient une allusion par Galilée à l’atomisme reprenant l’idée de Démocrite. L’accusation prétend que l’atomisme s’oppose au dogme de la transsubstantiation (conversion d’une substance en une autre, effectivement difficile en physique nucléaire). Un théologien intelligent de l’Inquisition prononce un non lieu pour Galilée et classe l’affaire.
 
Nicolas de Piersec, le découvreur de la nébuleuse d’Orion dès novembre 1610, est un ami et un grand admirateur de Galilée.
Il écrit au cardinal Barberini pour qu’il soutienne Galilée dans ses épreuves.
Le cardinal, qui va devenir pape, obéit et adresse (28 août 1620) un poème à Galilée « Adulatio Perniciosa ».
C’est l’époque où Galilée est couvert d’honneurs, le décret de 1616 est loin.
Il est nommé consul de l’Academia fiorentina (20 janvier 1621).
L’Apologie de Galilée de Tommaso Campanella (écrite en 1616) paraît à Francfort en 1622.
Le cardinal Maffeo Barberini, l’ami de Galilée est élu pape sous le nom d’Urbain VIII le 6 août 1623.
Galilée publie (20 octobre) alors « il Saggiatore » qu’il dédit au nouveau pape. 
Une nouvelle polémique s’installe contre l’obscurantisme des jésuites (pourtant consacrés scientifiques lors du Concile de Trente) et Galilée est considéré comme leader de la polémique. Dans son livre il écrit :
« La philosophie est écrite dans ce vaste livre constamment ouvert devant nos yeux (je veux dire l'univers), et on ne peut le comprendre si d'abord on n'apprend à connaître la langue et les caractères dans lesquels il est écrit. Or il est écrit en langue mathématique, et ses caractères sont le triangle et le cercle et autres figures géométriques, sans lesquelles il est humainement impossible d'en comprendre un mot.».
 
La chance sourit encore à Galilée : en septembre 1624 il perfectionne encore son oncchiolino (association de lentilles convexe et concave), son microscope. Le premier dessin au microscope sera les 3 abeilles du sceau du nouveau pape.
 
Les aristotéliciens l’attaquent encore sans succès, demandent la suppression de son salaire de l’université de Pise.
En 1624 il se concentre sur l’étude des armatures d’aimants.
 
En 1628 Galilée à 64 ans est très malade et a failli mourir en mars.
Il se rend à Rome auprès de son ami pape.
Urbain VIII a l’idée d’un livre qui exposerait les théories en présence, Copernic et Ptolémée, sous la forme d’un dialogue contradictoire.
 
Il charge Galilée de l’écrire. Son titre : » Dialogue sur les deux grands systèmes du monde ».
 
Galilée écrit ce livre jusqu’en 1631. Il est imprimé en février 1632, peu après (avril) la vue de Galilée (68 ans) baisse au point qu’il est presque aveugle. Ce livre va être le prétexte, seulement le prétexte, du futur procès de Galilée.
 
 
 
Le livre paraît officiellement à Florence le 21 février 1632 sous la protection du pape Urbain VIII et du Grand Duc de Toscane Ferdinand II de Médicis. C’est le dialogue des Massimi sistemi : » Dialogo sopra i due massimi sistemi del mondo ».
 
Le dialogue a pour cadre Venise et se déroule en 4 jours entre 3 interlocuteurs.
Les acteurs sont Filippo Salviati partisan de Copernic, Giovan Francesco Sagredo Vénitien ouvert et sans a priori et Simplicio dont le nom même indique un simple d’esprit soutenant la thèse de Ptolémée.
Le pape zozotait, Simplicio zozotait aussi et avait les mêmes tics et réparties que la pape.
Les adversaires de Galilée suggèrent au pape que l’auteur se moque de lui.
C’en est trop : le pape se range de l’avis des adversaires en rappelant qu’il avait demandé un ouvrage objectif et non un plaidoyer pour Copernic, plaidoyer qui, en prime, se fiche de lui. Le pape informe le Saint Office.
 
Galilée est donc convoqué le 1ièr octobre 1632 devant le Saint Office qui va faire d’abord « du juridique ». Il lui est reproché de ne pas avoir respecté l’interdit de 1616 (Galilée se croyait immunisé par son amitié avec le nouveau pape).
Galilée est malade et ne peut se déplacer à Rome (il habite Arceti près de Florence) qu’en février 1633.
Il est traité avec égards, dispose au Vatican d’un appartement de 5 pièces, d’un valet et d’un majordome secrétaire.
Peu avant le verdict on apprit que le Pape Urbain VIII avait eut pitié de Galilée et avait dit à l'ambassadeur de Toscane :
"nous examinerons ensemble le moyen de lui donner le moins de chagrin possible".
 
Le pape surveille qu’il soit bien traité par le préfet du Saint Office qui est son neveu, le cardinal Francesco Barberini, et confrère de Galilée à l’Académie du Lynx. Les interrogatoires sont rendus pénibles par 3 inquisiteurs dont un jésuite et un dominicain particulièrement sévères. Affaibli Galilée se défend bien, convainc les inquisiteurs sur la justesse de ses découvertes (chute des corps, satellites, phases de Vénus, ses instruments lunettes, thermomètre et microscopes).
Galilée n’avoue aucune erreur, argumente scientifiquement, mais il s’obstine à dire que la science mène à Dieu, que l’atomisme est la base des corps. Les inquisiteurs sont prêts à pardonner beaucoup, mais cette sorte de religion scientiste est pour eux hérétique.
 
Galilée comprend alors qu’il risque le châtiment de Bruno Giordano : le bûcher en place publique.
Il sait que le pape ne peut aller contre une accusation d’hérésie et ne pourra pas le sauver.
L’Inquisition lui tend une perche : abjurer pour sauver sa peau et être condamné à la prison à vie. Il accepte à regret.
Le 22 juin 1633 dans l’église Santa Maria Sopre Minerva il abjure solennellement l’héliocentrisme.
 
« Moi, Galileo, fils de feu Vincenzio Galilei de Florence, âgé de soixante dix ans, ici traduit pour y être jugé, agenouillé devant les très éminents et révérés cardinaux inquisiteurs généraux contre toute hérésie dans la chrétienté, ayant devant les yeux et touchant de ma main les Saints Évangiles, jure que j'ai toujours tenu pour vrai, et tiens encore pour vrai, et avec l'aide de Dieu tiendrai pour vrai dans le futur, tout ce que la Sainte Église Catholique et Apostolique affirme, présente et enseigne. Cependant, alors que j'avais été condamné par injonction du Saint Office d'abandonner complètement la croyance fausse que le Soleil est au centre du monde et ne se déplace pas, et que la Terre n'est pas au centre du monde et se déplace, et de ne pas défendre ni enseigner cette doctrine erronée de quelque manière que ce soit, par oral ou par écrit; et après avoir été averti que cette doctrine n'est pas conforme à ce que disent les Saintes Écritures, j'ai écrit et publié un livre dans lequel je traite de cette doctrine condamnée et la présente par des arguments très pressants, sans la réfuter en aucune manière; ce pour quoi j'ai été tenu pour hautement suspect d'hérésie, pour avoir professé et cru que le Soleil est le centre du monde, et est sans mouvement, et que la Terre n'est pas le centre, et se meut ».
Galilée est condamné à la réclusion à perpétuité.
Le pape commue immédiatement la sentence en résidence surveillée.
 
Vrai portrait par Leoni    cahier d’observation de Piersec sur la découverte d’Orion
 
 
Galilée n’a pas prononcé la trop belle phrase « e pur se muove » (et pourtant elle tourne) car sinon il aurait été immédiatement conduit au bûcher pour renier sa sentence. Encore une légende de détracteurs.
Le texte argumenté de la sentence fut affiché dans tous les pays catholiques (Rome le 2 juillet, Florence le 12 août, en Espagne, dans les états allemands), sauf en France pour éviter de nouvelles polémiques. Les travers contestataires des Français étaient déjà connus. Descartes, par crainte, ne publiera pas son « traité du monde et de la lumière ».
 
Beaucoup osèrent dire que Galilée, bien plus que l’obscurantisme du Saint Office (il y a toujours eu des savants parmi les ecclésiastiques), fut victime d’une cabale de jésuites qui voulurent venger l’affront subi par le savant jésuite Horatio Grassi dans le Saggiatore. Copernic fut un prétexte rapidement corrigé par l’Église (levée de l’Index dès 1757 et construction de l’Observatoire astronomique du Vatican). Par ailleurs, en pleine tourmente de la Contre Réforme, le pape Urbain VIII n’était pas libre vis à vis de son ami et devait des gages de rigueur auprès des cardinaux.
L’Histoire officielle peindra autrement à son avantage les véritables motivations.
 
Galilée est d’abord hébergé avec tous les égards chez l’archevêque Piccolomini de Sienne puis il pourra regagner sa villa d’Arceti, la « villa le Gioiello », non loin du couvent où priaient ses filles. Bien qu’il fût d’abord interdit de lui rendre visite des savants vont rencontrer l’illustre prisonnier. Galilée leur passe des manuscrits qui sont publiés à Strasbourg et à Paris. L’Inquisition laisse faire. Elzevier, le relieur libraire d’Amsterdam célèbre typographe qui distingua le premier les « u » des « v » et les « i » des « j »,  reçoit en 1636 le manuscrit « Discours sur deux sciences nouvelles », dernier livre de Galilée où apparaissent les fondement de la dynamique moderne, de la relativité, de la mécanique en tant que science physique. Galilée porte un coup fatal à la physique d’Aristote.
Le 4 juillet il perd son œil droit, le 2 janvier 1638 il devient aveugle. Dino Peri et le père Ambrogetti peuvent vivre chez lui et l’assister. Il dicte de nouveaux chapitres.
Ses anciens élèves, les élèves de ses élèves viennent le voir dont Torricelli qui lui racontera ce qu’il observe avec sa lunette. Triste mais belle  image du maître et de l’élève à l’oculaire noir pour l’un, brillant pour l’autre.
 
Galilée travaillait encore sur l’application des oscillations du pendule aux horloges lorsqu’il mourut le 8 janvier 1642, presque un siècle après Copernic dont il supportera en fait la « condamnation ». Il avait 77 ans.
D’abord enterré à Arceti dans le caveau familial il fut transféré à l’église Santa Croce de Florence dans un mausolée construit pour lui par Battista et Foggini juste en face du mausolée de Michel Ange. Lors du transfert du corps on perdit 2 de ses doigts aujourd’hui exposés près de ses 2 lunettes à la salle VII du Musée Galilée de Florence.
 
 
 
La véritable « Affaire Galilée » pouvait commencer.
Les doutes sur l’aristotélisme ne firent que croître avec notamment Descartes, contemporain et admirateur de Galilée
 
Avec les découvertes de Newton le XVIII ième siècle validera les thèses de Copernic et Galilée.
En 1728 l’astronome James Bradley, en étudiant la constellation du Dragon, découvre que les étoiles ne se déplacent pas comme prévu et montre par l’aberration de la lumière (dont il eut l’idée en regardant les drapeaux des bateaux sur la Tamise) que la Terre tourne bien autour du Soleil. C’est la preuve tant recherchée par Galilée et tant demandée par l’Église. Par cette découverte Bradley remplace Edmund Halley comme astronome royal et directeur de l’observatoire de Greenwich. En 1754 le pape Benoit XIV fait donner par le Saint Office l’Imprimatur à la première édition des œuvres complètes de Galilée, œuvres qui sont sorties de l’Index en 1757. Il s’agit là de la révision de la sentence de 1633. Église n’a pas attendu 1992 pour réagir !
Avant Benoit XIV, Grégoire XIII, avait fait construire en 1578 au Vatican un observatoire astronomique pour refonder le calendrier (calendrier grégorien). Benoit XIV le modernise avec un télescope afin qu’une affaire Galilée ne se reproduise plus. Cet observatoire existe toujours (il fut transféré en 1939 à Castel Gondolfo, résidence d’été des papes). Le pape Benoit XIV, politique, confie la direction de l’observatoire … aux jésuites. L’observatoire existe toujours. En 1860 le père jésuite astronome Angelo Secchi découvre le premier les protubérances solaires et va inventer la spectroscopie stellaire en publiant un catalogue d’étoiles sur la base de leur spectre.
 
 
 
En 1981 l’Observatoire du Vatican s’exporte aux USA en créant le VORG (Vatican Observatory Research Group) à Tucson Arizona. Des jésuites astronomes  (encore) participent à des recherches internationales sur les supernovae. Dès lors que Benoît XIV annule les sentences canoniques prises contre Galilée, parler de révision du procès n'a plus de sens. Cette décision n’a pas la portée de la condamnation de 1633 et elle est inconnue du public des fidèles. Le pape Pie VII en 1823 confirme à nouveau les décisions de Benoit XIV et le père Oliveri, commissaire du Saint Office ordonne l’imprimatur pour tous les livres parlant des thèses de Copernic et Galilée, rajoutant que ces thèses étaient vérifiées, y compris par l’Église.
 
Auparavant Napoléon, empereur aussi régent de son fils, roi de Rome, avait fait transférer à Paris  certaines archives du Vatican dont le procès de Galilée pour traduction (Napoléon voulait-il réhabiliter Galilée ? possible connaissant le personnage). La traduction était presque achevée lorsque l’Empire s’effondra. Les archives regagnèrent le Vatican, mais les pièces traduites sont restées en France. Les papes suivants furent aussi marqués par l’affaire Galilée et chacun à sa manière voulut rectifier sans grand succès le souvenir d’une erreur manifeste. En 1847 le pape Pie IX restaura l’Académie du Lynx qui avait cessé d’exister dès 1630 et lui donna le nom de « l’Académie Pontificale du Nouveau Licei ». Ce fut la première académie des sciences au monde.
 
Le but était d’avoir à portée toutes les sommités scientifiques du moment afin de ne pas commettre de nouvelles erreurs.
En 1936 le pape Pie reconstitua « l’Académie Pontificale des Sciences » à caractère international et indépendante du Saint Siège bien qu’hébergée dans les murs du Vatican à la Casino Pio IV. De nombreux prix Nobel en sont membres (récemment Claude Cohen Tannoudji) et des scientifiques renommés (Stephen Hawking). Pie XII, qui proclama l’Académie « libre de toute forme d’Inquisition » nomma le prêtre cosmologiste Georges Lemaître président de l’Académie Pontificale en disant :
« À vous, nobles champions des arts et disciplines humaines, l'Église reconnaît une totale liberté dans vos méthodes et vos recherches ».
En 1942, Agostino Gemelli, fondateur de l'Université catholique de Milan et président de l'Académie pontificale des sciences, écrit en préface d'un volume publié à l'occasion du troisième centenaire de la mort de Galilée : « Les catholiques ne craignent pas de reconnaître loyalement que le procès contre Galilée a été une erreur. Ce fut une erreur grave qui ne met en cause ni l'infaillibilité du pape ni l'autorité de Église Elle ne fut pas davantage contraire à la règle de charité observée par Église dans les procès canoniques. Ce fut une erreur de théologiens. »
 
 
 
Le concile Vatican II reconnaît le caractère indu de certaines interventions de Église dans le domaine de la science : « Qu'on nous permette de déplorer certaines attitudes qui ont existé parmi les chrétiens eux-mêmes, insuffisamment avertis de la légitime autonomie de la science. Sources de tensions et de conflits, elles ont conduit beaucoup d'esprits jusqu'à penser que science et foi s'opposaient. » La référence à Galilée est clairement exprimée dans la note jointe à ce texte.
 
Le cardinal français Poupard s’adresse au nouveau pape Jean Paul II :
« Voici 13 ans déjà, en recevant l’Académie Pontificale des Sciences, dans cette même Salle Royale, pour le premier centenaire d’Albert Einstein, vous rameniez l’attention du monde de la culture et de la Science sur un autre savant, Galileo Galilei. Et vous souhaitiez qu’une recherche interdisciplinaire de L’Académie Pontificale des Sciences soit menée. « C’est dans cette conjoncture historico-culturelle bien éloignée de notre temps, que les juges de Galilée, incapables de dissocier la foi d’une cosmologie millénaire, crurent, bien à tort, que l’adoption de la révolution copernicienne, par ailleurs non encore définitivement prouvée, était de nature à ébranler la tradition catholique, et qu’il était de leur devoir d’en prohiber l’enseignement ».
« Cette erreur subjective de jugement, si claire pour nous aujourd’hui, les conduisit à une mesure disciplinaire dont Galilée «  eut beaucoup à souffrir « ». Il faut loyalement reconnaître ces torts, comme vous l’avez demandé « .
 
Le 31 octobre 1992, lors de la séance inaugurale de l’Académie Pontificale le pape Jean Paul II déclare :
« Ainsi la science nouvelle, avec ses méthodes et la liberté de recherche qu'elle suppose, obligeait les théologiens à s'interroger sur leurs propres critères d'interprétation de l'Écriture. La plupart n'ont pas su le faire. »
« Paradoxalement, Galilée, croyant sincère, s'est montré plus perspicace sur ce point que ses adversaires théologiens. « Si l'écriture ne peut errer, écrit-il à Benedetto Castelli, certains de ses interprètes et commentateurs le peuvent, et de plusieurs façons ». On connaît aussi sa lettre à Christine de Lorraine en 1615) qui est comme un petit traité d’herméneutique biblique. ».
Il n’y eut pas de jugement cassé pour un tribunal qui n’existait plus, ni de réhabilitation car les papes précédents avaient réparés les erreurs de mise à l’Index.
 
 
 
Lors du jubilé de l'an 2000, se tenait, à Rome, celui de la science et, dans ce cadre, le 25 mai un hommage de la communauté scientifique était rendu à Galilée « qui peut être tenu comme le père de la physique moderne ». Le soir même un concert fut donné en mémoire de Galilée dans l'église Santa Maria Sopre la Minerva, là même où il du adjurer ... en 1633.
 
L’affaire Galilée n’est pas bien close : en janvier 2008, 67 professeurs et leurs étudiants de la prestigieuse université de Rome « La Sapienza » contestent le pape actuel Benoit XVI au point qu’il ne put participer à la séance d’ouverture de l’Université romaine.
En cause un de ses discours en 1990 à Parme où le futur pape faisait référence à un philosophe pour qui l’Église d’alors avait eu une position plus rationnelle que celle de Galilée.
 
Le 15 février 2009, 445 ans après la naissance de Galilée le président du Conseil Pontifical pour la Culture célèbre une messe en l’honneur de Galilée en la basilique Sainte Marie des Anges … et des Martyrs. L’année 2009, pour le 400 ième anniversaire des premières  observations de Galilée l’UNESCO décréta l’Année Mondiale de l’Astronomie.
Et après la sonde Galileo lancée vers Jupiter et ses satellites le 18 octobre 1989, le plus grand télescope européen de 42 mètres s’appellera Galileo, tout comme le système GPS européen.
Bernard LELARD
Des versions imprimables peuvent m’être demandées à :
Bernard. lelard@gmail.com
 
 
 
 
 
chickens_up.gif
 
 
CASSINI SATURNE :.DIONE VUE DE PRÈS. (29/12/2011)
(images : NASA/JPL/Space Science Institute)
 
 
Voici une des plus belles photos brutes de Dioné lors du dernier survol de Cassini le 12 Décembre 2011. en effet la sonde est passée à approximativement 100km de la surface de ce petit satellite de 1120 km de diamètre.
 
Sur cette vue, en plus de Dioné on peut voir une partie des anneaux et les tout petits satellites Épiméthée (qui partage la même orbite avec Janus) et Prométhée (un des gardiens de l’anneau F).
 
Le but de ce survol était d’imager avec plus de détails les fractures de l’hémisphère arrière et la faille de l’hémisphère avant baptisée Janiculum Dorsa
 
  CORRECTION : sur la photo j'ai permuté les labels des deux micro satellites. Désolé.
 
 
 
 
 
 
 
 
Comme d'habitude, vous trouverez toutes les dernières images de Cassini au JPL
Les animations et vidéos : http://saturn.jpl.nasa.gov/multimedia/videos/videos.cfm?categoryID=17
Pour vous y retrouver dans la numération et l'ordre des anneaux.
 
Les prochains survols : http://saturn.jpl.nasa.gov/home/index.cfm
Tout sur les orbites de Cassini par The Planetary Society; très bon!
 
Voir liste des principaux satellites.
 
Sur ce site les dernières nouvelles de la mission Cassini.
 
 
chickens_up.gif
 
LES MAGAZINES CONSEILLÉS.:.L’ASTRONOMIE DE JANVIER EST PARU. (29/12/2011)
 
 
 
Avec ce numéro de Janvier 2012, vous saurez si cette nouvelle année se terminera par une fin du monde ou non (je parie que non !!!).
Un dossier complet sur ce sujet polémique et toutes les fins du monde qui ont été annoncées dans le passé et qui n’ont pas eu lieu (heureusement).
 
Ce dossier fin du monde est dirigé par Fabrice Mottez du LUTh qui a écrit d’ailleurs un livre à ce sujet dont nous avons déjà parlé.
 
Patrick Rocher de l’IMCCE vous dira tout aussi sur les calendriers Mayas.
 
Après cela vous comprendrez facilement que le 21 Décembre 2012, il ne se passera….rien !
 
Aussi à lire, très bel article de Gloria Clifton, qui était récemment directrice de l’Observatoire de Greenwich, qui nous parle des astronomes royaux britanniques.
 
 
 
 
 
 
Bien entendu toutes les nouvelles astro nous sont données par S Collin J Borg et F Spite.
 
Enfin un article de votre serviteur sur Galileo, le GPS européen enfin sur orbite.
 
Une double page sur les événements célestes de 2012 conclue ce numéro en plus des autres rubriques habituelles.
 
 
 
 
chickens_up.gif
 
 
LES MAGAZINES CONSEILLÉS :. CIEL ET ESPACE DE JANVIER 2012 (29/12/2011)
 
 
Que va-t-on découvrir ? Les 13 grands défis des astronomes
 
Que ce soit dans l'exploration de l'espace, la compréhension de l'Univers ou celle de notre planète, treize spécialistes détaillent leurs ambitions pour les découvertes futures. Trouver une autre forme de vie dans le Système solaire, voir au plus près du big bang, ou encore décrypter l'histoire de Mars... Autant de défis à relever pour les prochaines décennies, et qui feront peut-être la une de Ciel & Espace d'ici le n° 1000 !
 
 
 
 
 
 
 
Voici l’édito d’Alain Cirou et le sommaire de ce numéro exceptionnel.:
 
On n'a pas tous les jours 500 !
 
C'est-à-dire un demi-millier d'éditions diffusées depuis la naissance, en novembre 1945, du premier Bulletin de la Société astronomique de Normandie. Une feuille ronéotée, signée Pierre Bourge, responsable régional de la Jeunesse astronomique de France à Paris...

Voilà pourquoi vous tenez entre les mains ce numéro exceptionnel, conçu par toute l'équipe de Ciel & Espace, pour fêter l'événement de ce compte rond. N'en déplaise aux responsables marketing - dont le métier n'existait pas à la naissance de notre publication -, le succès d'une revue n'est pas celui d'une recette éprouvée, mais le fruit d'une rencontre : celle d'un public et d'une rédaction. D'un besoin et d'une vision du monde qui lui correspond.

Sans doute faut-il rappeler ici que Ciel & Espace n'appartient ni à un homme, ni à une société commerciale, mais est éditée par l'Association française d'astronomie (AFA), une association à but non lucratif, dont l'un des objectifs est le partage des connaissances à travers la diffusion d'informations scientifiques au plus grand nombre.
 
 
Tout d'abord rédigée par des astronomes amateurs bénévoles, la publication a changé cinq fois de titre en 27 ans, avant de s'implanter en kiosques sous son nom actuel. Professionnalisée à partir de 1981, puis mensualisée en 1988, Ciel & Espace accompagne depuis lors tous ceux qui, de près ou de loin, s'intéressent aux événements célestes, aux sciences spatiales et aux grands mystères de l'Univers. Par leurs contributions, nos lecteurs - vous ! - grand public, curieux, amateurs d'astronomie, astronomes amateurs et professionnels, ont souvent enrichi les contenus éditoriaux d'informations, d'images, de commentaires et de débats. Et placé notre magazine au premier rang des publications francophones en astronomie.
C'est pourquoi ce numéro spécial s'architecture autour de deux grandes thématiques : l'histoire, par l'entremise des liens qu'entretient notre publication avec ses lecteurs ; et l'avenir, par le prisme des défis auxquels les astronomes devront faire face, chacun dans sa discipline, au cours des années à venir. Vous découvrirez dans ces deux "espace-temps" de nombreuses signatures connues, des contributions amicales, originales, provocatrices parfois, composantes essentielles d'un spectre d'intérêts complet.
En 2012, et dans les années à venir, Ciel & Espace évoluera pour mieux répondre à vos demandes d'informations, d'explications et d'interactivité. 
Si l'information peut circuler à la vitesse de la lumière et adopter facilement le canal du numérique, le temps long de la vérification, de l'explication, du commentaire et de l'analyse, suppose, lui, le maintien de compétences journalistiques et de supports adaptés. Cette conviction est aussi la feuille de route des numéros à venir, la rencontre que nous souhaitons renouveler chaque mois avec vous. Au nom des équipes de Ciel & Espace et de l'AFA, excellente année à toutes et à tous !
 
 
 
 
chickens_up.gif
 
 
Bonne Lecture à tous.
 
 
 
C'est tout pour aujourd'hui!!
 
Bon ciel à tous!
 
JEAN PIERRE MARTIN
Abonnez-vous gratuitement aux astronews du site en envoyant votre e-mail.
 
Astronews précédentes : ICI       
 
Pour vous désabonner des astronews : cliquez ICI.